Château de Trémazan

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Château de Trémazan
Image illustrative de l'article Château de Trémazan
Les ruines du château
Nom local Tremazan
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVe siècle
Protection  Inscrit MH (1926)
Coordonnées 48° 33′ 03″ N 4° 42′ 45″ O / 48.5508, -4.7124 ()48° 33′ 03″ Nord 4° 42′ 45″ Ouest / 48.5508, -4.7124 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Bretagne
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Landunvez

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Château de Trémazan

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Château de Trémazan

Le château de Trémazan (écrit Tremazan en breton) se trouve sur la commune de Landunvez, face à Portsall. Il est situé en contrebas de la route côtière, caché depuis la mer. Il est en ruine. C'était le fief de la famille Du Chastel. Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 18 mai 1926[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le château de Trémazan, bâti en bordure de la Manche sur les bords de l'anse de Portsall, au village de Kersaint dans la paroisse, désormais commune, de Landunvez, se situé à environ 30 km au nord-ouest de Brest.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château de Trémazan date probablement des IXe siècle ou Xe siècle (les galets ronds employés pour sa construction, la position du château dans une cuvette et non sur une hauteur, l'existence d'une seule enceinte sans ouvrages avancés ni défenses extérieures, la place du donjon sur l'un des côtés des fortifications [et non au centre, formant un petit château-fort dans le grand comme ce fut le cas plus tard], les hourds ou machicoulis en bois dont les traces sont encore perceptibles au sommet du donjon le laissent penser), mais un ouvrage en bois l'a probablement précédé. Aucun fossé n'existait devant le donjon, dont l'accès était toutefois fermé par une herse. Détruit partiellement vers 1220 par Pierre de Dreux, il fut toutefois en partie reconstruit vers 1250 par Bernard du Chastel. Au cours des siècles qui suivirent, le château subit de nombreuses transformations nécessitées par les progrès de l'art militaire[3]. Le château était recouvert d'ardoises si l'on en croit la grande quantité d'ardoises retrouvées lors des fouilles.

Cette chronologie ancienne, sans grand fondement, a été remise en cause par les recherches les plus récentes. L'étude très précise des éléments de bois conservés dans la structure montre que la construction de Trémazan remonte au plus tôt à la première moitié du XIVe siècle. Quant à la famille Du Chastel, elle ne tire pas son nom de cette forteresse mais de sa fonction de garde du château de Brest au siècle précédent. Voyez pour cela les mises au point très savantes publiées dans Le Trémazan des du Chastel du château fort à la ruine, Actes du colloque de Brest de juin 2004, Y. Coativy (dir.), Brest, CRBC-UBO.

Ce bel édifice médiéval, dressé sur un affleurement rocheux, a un donjon carré encore haut de 28 mètres (probablement était-il haut de 30 à 35 mètres à l'origine), qui en s'écroulant en partie, pendant l'hiver 1995, a mis l'intérieur à nu et révélé une tour habitable à quatre étages, abritant chacune une chambre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le donjon

Le nom du château de Trémazan est intimement lié à celui d'une famille : celle des du Chastel. Ce sont eux qui le construisirent et en firent leur principale demeure pendant plusieurs siècles. L'origine de ce lignage est encore environné de brumes, mais au fil de l'histoire, il gagna sa place au soleil. Tant et si bien que les du Chastel finirent par prendre rang dans la haute aristocratie bretonne et compter parmi les quatre familles les plus importantes du Léon qu'un ancien dicton caractérise en ces termes : antiquité de Penhoët, vaillance du Chastel, richesse de Kermavan et chevalerie de Kergounadeac'h. Mais la fin du XVIe siècle leur sera fatale car, faute d'héritier mâle, la branche aînée finira par s'éteindre.

Au Moyen Âge, le village de Kersaint comtait une dizaine de maisons groupées entre la forteresse et la chapelle. L'histoire du château de Trémazan reste mal connue, sa position excentrée dans l'espace national l'ayant mis à l'abri de la plupart des grands conflits qui ont ensanglanté la France au fil des siècles.

Le château de Trémazan fut abandonné au XVIIIe siècle et vendu pendant la Révolution française comme bien national, de même que la chapelle de Kersaint qui ne fut rendue au culte qu'en 1804. En ruines, il fut toutefois habité fin XIXe siècle-début XXe siècle par un pauvre hère surnommé "Napoléon", vivant de la charité publique et qui en fut le dernier habitant[4].

La famille du Chastel (du Chatel)[modifier | modifier le code]

« Le nom du Chastel, donné aux membres de la famille propriétaire du château de Trémazan vient du prestige et de la puissance de ce château qui dominait tellement toute la contrée que pour en désigner les nobles habitants, il suffisait de les appeler les seigneurs du Chatel[5]. »

La légende de saint Tanguy[modifier | modifier le code]

La famille du Chastel apparaît dès 525 dans un récit légendaire qui raconte comment un noble, Galonus, qui avait eu plusieurs enfants d'une première épouse, dot Haude et Gurguy, épousa après son veuvage une princesse galloise qui prit en haine les enfants de son mari. Lassé des mauvaises traitements de sa marâtre, Gurguy quitta la maison paternelle pour la cour du roi de France Childebert Ier; lorsqu'il revint après 12 ans à Trémazan, et croyant sa belle-mère qui accusait sa sœur Haude d'avoir commis les pires infamies pendant son absence, il décapite cette dernière le 18 novembre 545. Le soir même, Haude parut, tenant sa tête dans ses mains et criant « Je suis innocente ! » et pardonnant à son frère avant de mourir. Ce dernier, désespéré, alla se jeter aux pieds de saint Pol, évêque de Léon, fit pénitence, entra en religion sous le nom de Tanguy, et fonda plusieurs monastères, dont celui de Saint-Mathieu. Il est désormais connu sous le nom de saint Tanguy et sa sœur sous celui de sainte Haude[6].

La dynastie des Du Chastel (Du Chatel)[modifier | modifier le code]

Le blason de la famille du Chastel

Cette généalogie[7] est simplifiée et reste lacunaire[8] :

L'hôtel de Tanneguy du Châtel à Recouvrance (dessin du XIXe siècle)
  • 1057 à Nantes et 1080 à Rennes : premières mentions de membres de la famille du Chastel dans des actes officiels
  • 1185 : deux membres de la famille Du Chastel participent à une assise tenue cette année-là par Geoffroy II de Bretagne, duc de Bretagne.
  • vers 1250 : Bernard du Chastel, de retour de la septième croisade, reconstruit le château de Trémazan, qui aurait été partiellement détruit vers 1220 par Pierre de Dreux. Époux de Anne de Léon. Il scelle de son sceau un acte en 1274. « Il y est représenté à cheval, tenant l'épée haute de sa main droite, et soutenant de la gauche un écu chargé de fasces, le cheval caparaçonné aux mêmes armes. »
    • fin XIIIe siècle : Hervé du Chastel (son existence est attestée par des actes de 1288 et 1294), époux de Sybille de Leslen reçoit en fief le bourg de Recouvrance, en remerciement de sa résistance lors d'un siège de Brest par les Anglais, probablement en 1296. « La Motte-Tanguy, sur laquelle s'élèvera plus tard la bastide de Quilbignon, marquait le siège de cette juridiction »[9]. Cette tour, désormais connue à Brest sous la dénomination de "Tour Tanguy", avait été construite pour asseoir le pouvoir de cette seigneurie, en face du château qui représentait le pouvoir ducal.
      • Bernard II du Chastel, époux d'Éléonore de Rosmadec.
        • ? - 1352 : Tanguy Ier du Chastel, époux de Tiphaine de Plusquellec, lieutenant général des armées de Jean de Montfort lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341 - 1364) à laquelle il participa, gagnant en 1347 la bataille de La Roche-Derrien contre Charles de Blois et en 1352 la bataille de Mauron. Constructeur de la Tour Tanguy à Brest.
          • Bernard du Chastel et Briant du Chastel, tous deux exécutés parce qu'ils soutenaient Jean de Montfort.
          • Garfin du Chastel servit le roi d'Angleterre Édouard III en 1367 puis le duc d'Anjou qui en fit le maréchal de son armée[10].
          • Tanneguy du Chastel, seigneur de la Roche-Dronion, fondateur de la branche des seigneurs de Melle.
          • ? - 1370 : Guillaume I du Chastel, époux de Alix de Lesourny, sire du Chatel et de Coetangars (titre qu'il hérite de son frère Garfin, décédé sans postérité). Il rendit de grands services au duc de Bretagne Jean pour le compte duquel il demeura prisonnier, payant 6000 écus d'or pour sa rançon.
            • Hervé II du Chastel (1340 -1397), seigneur du Chastel, Leslem et Lesourmy, qui épouse en 1360 Mencie de Lescoet. Il se battit pour le compte du roi Charles V. Il eut quatre fils :
              • Hervé III du Chastel
              • Thomas du Chastel, époux de Marie de Coëtelez, devint seigneur de Coëtelez.
              • Catherine du Chastel (née en 1365), épouse d'Alain III de Coëtivy et mère du cardinal d'Avignon.
              • 1370 - 1459 : Tanneguy III du Chastel, chambellan du Roi, prévôt de Paris, servit le roi Charles VII et décéda en Provence sans postérité.
              • ? - 1455 : Olivier du Chastel, épouse en 1408 Jeanne de Plœuc, chambellan du duc de Bretagne, capitaine de Dinan et de Brest.
                • ? - 1441 : Guillaume III du Chastel, pannetier de Charles VII, écuyer du dauphin, le futur Louis XI, décédé lors du siège de Pontoise en 1441. Décédé sans postérité. Enterré dans la basilique Saint-Denis.
                • Jean du Chastel, évêque de Carcassonne entre 1459 et 1475
                • vers 1425 - 1477 : Tanneguy IV du Chastel, vicomte de la Bellière, grand écuyer de France, gouverneur du Roussillon et de Cerdagne, époux de Jeanne Raguenel de Malestroit. Tué en 1477 au siège de Bouchain (Nord), en Picardie, au cours d'un guerre contre la Bourgogne, après la mort de Charles le Téméraire.
                • François du Chastel, époux de Jeanne de Kerman, chevalier banneret en 1455.
                  • Olivier II du Chastel, épouse en 1459 Marie de Poulmic
                    • Tanguy V du Chastel, qui épouse le 21 octobre 1492 Louise du Pont-l'Abbé (décédée en 1495) et le 26 mars 1501 Marie du Juch, constructeur de l'actuelle chapelle de Kersaint, consacrée à saint Tanguy et sainte Haude.
                    • Gabriel du Chastel, seigneur de Coetangars, épouse Jean de Saint-Gouhenon
                      • Tanguy du Chastel, seigneur de Coetangers, époux de Marie de Kerguiziau
                        • Olivier du Chastel, abbé de l'abbaye Notre-Dame de Daoulas entre 1536 et 1550. Fils de Tanneguy IV du Chastel, il est le constructeur de la fontaine Notre-Dame-des-Fontaines à Daoulas et fut inhumé dans le chœur de l'église abbatiale.
                        • Guillaume du Chastel, seigneur de Coetangars, époux de Marie de Kerazret, puis de Leventze de Kermeno.
                          • Jean du Chastel, seigneur de Coetangars, gentilhomme de la Chambre du Roi, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, époux de Marguerite du Cosquier, puis en 1625 de Marie Le Long de Keranroux, qui le rendit père d'au moins trois fils :
                            • Ignace-François du Chastel, époux de Marie de Kerman.
                            • Marc-Antoine du Chastel, seigneur de Kéranroux.
                            • Tanguy du Chastel, baron de Bruillac, épouse en 1659 Françoise de Kerprigent.
                              • Jacques-Claude du Chastel, épouse en 1691 Marguerite de La Porte.
                                • Hyacinthe-Marie du Chastel, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, épouse en 1730 François-Mauricette de Kergariou.
                                • Jacques-Thomas du Chastel, lieutenant de vaisseau du Roi, tué en 1759.
                                • Raymond-Balthazar du Chastel, époux de Louise des Vergers.
                                  • Claude-Tanguy du Chastel, épouse en 1770 Marie-Louise de Kerliviau, capitaine de vaisseau du Roi.
                                  • 1742 - 1816 : Victor-Pierre du Chastel, époux de Catherine de Saint-Gervazy.
                                    • 1790 - 1865 : Gabriel-Victor du Chastel, épouse à la Martinique Marie d'Anglar de Bassignac.
                              • Louis-Jonathas du Chastel, inspecteur général des troupes du Roi en Amérique, chevalier de Saint-Louis, gouverneur de Marie-Galante.
                    • Olivier III du Chastel, évêque de Saint-Brieuc entre le 9 mars 1506 et le 16 mai 1525, date de son décès.

Par ailleurs (lien de parenté non trouvé) :

Description du château en 1903[modifier | modifier le code]

Allain Ferrand en fait en 1903 la description suivante :

« [Du] pigeonnier on embrasse de biais tout l'ensemble du château. On voit, à droite, la façade dans laquelle se dessine la grande porte ogivale, en face de soi la tour ronde qui défendait l'angle gauche de cette façade; à cette tour est une tourelle à pans coupés. Après avoir suivi la muraille à-demi écroulée, qui s'enfuit vers la gauche, l'œil aperçoit le donjon, haute tour carré, sans toit, percé de nombreuses fenêtres. Tout cela est en ruines ; il ne reste pas un mur entier debout. Des corneilles innombrables, des chats-huants ont établi leur domicile dans le donjon que surmontait autrefois la bannière des Du Chastel. Mais ces ruines ont un aspect majestueux. Elles attestant de la grandeur de cette noble famille qui fut l'une des premières de Bretagne et dont deux des membres eurent l'honneur d'être inhumés à Saint-Denis, près des rois qu'ils avaient servis. »

SOS Château de Trémazan[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, l'Association "SOS Château de Trémazan" s'attache à préserver le château et à accroitre la connaissance de son passé.

Ainsi des prélèvements sur les poutres du château ont donné lieu à une étude de dendrochronologie pour mieux dater l'édifice.

En attendant que des fonds soient trouvés pour sa restauration, l'association SOS Château de Trémazan a financé la mise en place d'une protection temporaire contre les effondrements.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Trémazan des du Chastel du château fort à la ruine, Actes du colloque de Brest de juin 2004, Y. Coativy (dir.), Brest, CRBC-UBO ; Landunvez, Association SOS Château de Trémazan, 2006, p. 273-298.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail
  2. « Notice no PA00090049 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Allain Ferrand, Le château de Trémazan, Bulletin de la Société académique de Brest, 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076688/f106
  4. Allain Ferran, "Le château de Trémazan", Bulletin de la Société académique de Brest, 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076688/f112
  5. Allain Ferran, "Le château de Trémazan", Bulletin de la Société académique de Brest, 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076688/f109.r=Daoulas.langFR
  6. Allain Ferran, "Le château de Trémazan", Bulletin de la Société académique de Brest, 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076688/f103.r=Daoulas.langFR
  7. Mercure de France, décembre 1757, consultable http://books.google.fr/books?id=wyUYAAAAYAAJ&pg=PA423&lpg=PA423&dq=Coetangars&source=bl&ots=Zl7hINwkxz&sig=IbW63UksbkZLWIEeyInY3hxIEfg&hl=fr&ei=SHO3TuecFIHG-QampKCFBg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CCIQ6AEwAQ#v=onepage&q=Coetangars&f=false
  8. Allain Ferrand, "Tableau généalogique de la famille du Chatel", Bulletin de la Société académique de Brest, 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076688/f125.image.r=Daoulas.langFR
  9. Armand Corre et Paul Aubry, " Documents de criminologie rétrospective (Bretagne, XVIIe et XVIIIe siècles)", A. Storck, Lyon, 1895, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5824885k/f21.image.r=Recouvrance.langFR
  10. Louis Moreri, "Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane", tome III, 1759, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5497481f/f559.image.r=Daoulas.langFR
  11. http://www.skoluhelarvro.org/culture-bretagne/batailles/detail.php?id=29

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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