Calédonie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Nouvelle-Calédonie.

La Calédonie est l'ancien nom de l'Écosse. C'est la forme française du terme latin Caledonia (utilisé aussi en anglais) qui désignait la partie de l'île de Bretagne au nord du mur d'Hadrien, puis du mur d'Antonin.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Caledonia est vraisemblablement le pays des Calédones, peuple brittonique[réf. nécessaire], dont l'ethnonyme est basé sur l'adjectif caled- « dur » que l'on retrouve en breton kaled et en gallois caled, même sens[1]. Le suffixe "-one" se retrouve dans les ethnonymes de nombreux peuples celtes, continentaux ou britoniques (Ligons, Santons, Pictons…)

On retrouve cet adjectif dans le nom de nombreuses tribus brittoniques et gauloises comme les Ancalites « les très durs » de Grande-Bretagne ou encore les Calètes en Gaule. Ensuite, il est présent dans des théonymes, des anthroponymes ou des toponymes comme (Mercure) vassocaleti « dur aux soumis » ou « valet difficile », Caletius, Caletinus, Caletiu (Styrie), ainsi que Chédon (Loir-et-Cher, Calatonno au VIe siècle), peut-être de *Caleto-dunon[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Calédonie ne fut pas conquise par les Romains malgré l'expédition militaire de Julius Agricola de 82/84, et la victoire des « Mons Graupius », elle ne fait jamais partie de l'Empire romain. Une flotte romaine en fit le tour, vérifiant ainsi le caractère insulaire de la Bretagne[3] et Tacite note que les cheveux roux et la stature des Calédoniens plaident selon lui en faveur d'une origine germanique.

En 122 l'empereur Hadrien vient en Britannia afin de consolider la frontière avec la Calédonie et fait édifier le Mur d'Hadrien. En 142 Quintus Lollius Urbicus reprend pour le compte d'Antonin le Pieux la « Brigantia » qui avait été abandonnée depuis 100. Le nouveau limes construit sous cet empereur, le Mur d'Antonin (situé au nord du précédent, entre le Firth of Forth et le Firth of Clyde), est toutefois abandonné après une révolte des Brigantes dès 154. Entre 160 et 200 la frontière est rétablie au Mur d'Antonin.

Entre 180 et 185 le Mur d'Hadrien est forcé par les « Barbares » . Après la chute de l'usurpateur Clodius Albinus en 197, Virius Lupus traite avec les Maiatai. En 207 Caracalla réoccupe Carpow sur le Firth of Tay (?). En 208 Septime Sévère et ses fils Caracalla et Geta envahissent la Calédonie. Ils négocient avec un chef nommé « Argentocoxos » (i.e: jambe d’argent) [4]. Ils sont proclamés « Britannici » par leur armée en 209. L'année suivante Caracalla en 210 attaque « Maiatia » (i.e: Maètes) et « Caledonia » . L'offensive s'arrête après la mort de Septime Sévère à Eboracum en 211. La forteresse légionnaire de Carpow est abandonnée en 215.

Dion Cassius vers 230, complète son « Histoire » et donne de la Calédonie la description suivante:

« Il y a en Bretagne deux nations très importantes, les Calédoniens et les Maètes, et c'est à eux que se rapportent les noms, pour ainsi dire de tous les autres peuples. Les Maètes demeurent le long de la muraille qui divise l'île en deux parties, les Calédoniens sont derrière eux ; les uns et les autres habitent sur des montagnes sauvages et arides, ou des plaines désertes et marécageuses, sans murailles, ni villes, ni terres labourées, ne mangeant que de l'herbe, du gibier et du fruit de certains arbres ; car ils ne goûtent jamais de poisson bien qu'ils en aient en quantité innombrable. Ils passent leur vie sous des tentes, sans vêtements et sans chaussures, usant des femmes en commun et élevant tous les enfants qui naissent. »

— Dion Cassius, Histoire Romaine, livre 76, chapitre 12.

En 305 Constance Chlore envahit le nord de la « Britannia » mais il meurt à Eboracum en juillet 306. Euménius, son panégyriste écrit en 297 que les Pictes comme les Calédoniens ont les cheveux roux (rutilantia). Constantin Ier proclamé empereur à York en 306 rétabli les Limes d'Hadrien. À partir de 310, on utilise plutôt le nom de « Pictes » pour parler des habitants de la future Écosse.

Selon Ammien Marcellin en août 367 une « barbarica conspiratio » éclate en Britannia. Elle inclut des « Picti » du nord qu'il divise en « Dicalydones et Verturiones » ainsi que des « Scotti » d'Irlande et des « Attacotti », selon lui une nation guerrière d'origine insulaire identifiée parfois avec les Novantae. Le comte Nectaride qui commandait sur la côte (comes litus Saxonicus) est tué et le Dux Britanniarum Fullobaudes est capturé dans une embuscade. L'ordre est rétabli par le comte Théodose l'Ancien [5].

Théodose l'Ancien débarque en Britannia à Rutupiæ en janvier 368 avec un corps expéditionnaire composés d'unités d'élites comme les « Joviens » et les « Victores » et des troupes de barbares fédérés Hérules et Bataves. Par une série d'opérations les Scots et les Pictes sont rejetés en Calédonie et une nouvelle région miliaire entre les deux murs est créée sous le nom de « Valentia » en l'honneur de l'empereur. La situation est restaurée en 370 lorsque le comte regagne le continent.Les peuples locaux dont la fidélité a été démontrée les Dumnonii à l'ouest et les Uotadini à l'est sont désormais chargés d'assurer la sécurité des limites. D'autres peuples sont liquidés comme les Selgovae ou enrôlés sur le continent comme les Atecotti [6]

Vers 383/384 l'usurpateur Magnus Maximus combat les « Picti » et les « Scotti ». Vers 387 les garnisons romaines se retirent sur les Pennines. La dernière intervention de Rome dans la région semble être vers 400 celle attribuée au général Stilicon par Claudien qui envoie l'ordre de lancer une expédition maritime sur les côtes occidentales de la Britanniæ [7]. Toutefois l'ouest de la Calédonie, est conquise par ces Scots venus d'Irlande à partir du Ve siècle , elle devint de ce fait Scotia, qui donna en français le terme Écosse. En 407 les romains abandonnent la Bretagne insulaire.

Au VIe siècle Jordanès écrit encore cependant:

« Les habitants de la Calédonie ont les cheveux roux et de grands corps souples. »

— Jordanès Histoire des Goths (Getica)

.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris (éditions errance) 2001. ISBN 978-2-87772-198-1, p. 97 - 98, article caleto.
  2. Xavier Delamarre, Op. cité.
  3. Tacite, Vie d'Agricola
  4. Dion Cassius: Livre LXXVI § 16
  5. Ammien Marcellin Livre XXVII Chapitre 8 § 1,5,8
  6. Alan-Joseph Raude La Naissance des nations brittoniques éditions Label LN Brest 2009 (ISBN 978291915253) p. 16-18
  7. Alan-Joseph Raude op.cit p. 25

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) James E. Fraser From Caledonia to Pictland, Scotland to 795 The New Edinburgh History of Scotland I. Edinburgh University Press, (Edinburgh 2009) (ISBN 9780718612321).
  • (en) Alfred P. Smyth Warlords and Holy Men Scotland ad 80~1000 Edinburgh University Press, Edinburgh (1984)(ISBN 0748601007).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :