Prévôt de Paris

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Indépendamment du prévôt des marchands de Paris, le prévôt de Paris, établi dès le XIIe siècle, cumulait de nombreuses fonctions pouvant se résumer dans l’office de représenter le gouvernement. Il avait pour mission d’intervenir dans les actes où le Roi avait quelque intérêt à défendre et il le remplaçait aux audiences du Châtelet, à la juridiction duquel il était préposé. Il y était installé par un Président à mortier qui lui disait : Je vous installe dans la Charge de Prévôt de Paris, pour l’exercer dignement, et au consentement du Roi et du Public. Il veillait à la bonne administration de la justice et au maintien des coutumes du pays et il siégeait de droit aux Etats généraux, comme premier juge de Paris. Il confirmait les sentences d’interprétation du parloir aux bourgeois, régissait le commandement de la noblesse, l’intendance des armes et la surveillance du guet de la ville : la police et la sûreté de la ville étaient remises à ses soins. Le prévôt de Paris remplissait également les fonctions de bailli.

Le prévôt de Paris dut d’abord gérer seul sa charge, avec l’assistance d’un clerc pour les écritures. Mais bientôt on lui donna pour l’aider un procureur du Roi, un lieutenant civil, deux avocats du Roi, huit conseillers et un lieutenant criminel. La multiplicité toujours croissante des affaires fit qu’il dut s’adjoindre des enquêteurs pour le seconder dans l’instruction des procès et des auditeurs pour l’aider à rendre la justice.

La prévôté de Paris était constituée de plusieurs chambres, à savoir : la chambre de la prévôté au parc civil, le présidial, la chambre de police, la chambre criminelle, la chambre du prévôt de l’Ile de France, la chambre du procureur du Roi et la chambre du juge auditeur.

Le costume du prévôt consistait en une robe courte avec manteau, col rabattu, épée, chapeau à plumes, bâton de commandement entouré d’étoffe d’argent. Il revêtait cette tenue pour assister aux séances royales, où il occupait sa place sur les derniers degrés du trône, au-dessous du chambellan, aussi bien que pour se présenter aux audiences du Parlement.

Le siège du prévôt de Paris et de ses lieutenants réside au Grand Châtelet.


Principales évolutions de la charge[modifier | modifier le code]

Mise en place[modifier | modifier le code]

Le comté de Paris ayant été réuni à la couronne sous Hugues Capet, on y établit un prévôt. On ne peut préciser la date de cet établissement, mais il existait en 1060, selon une charte de cette année-là.

Philippe Auguste ordonna en 1200 que le prévôt de Paris prête serment entre les mains du recteur de l’Université, car il en était le garant des privilèges. Les prévôts ont régulièrement prêté ce serment jusqu’au XVIIe siècle.

La réforme de Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Sous la régence de la mère de Saint-Louis, la prévôté de Paris fut donnée à ferme, par adjudication à des bourgeois de Paris, comme l’étaient déjà toutes les autres prévôtés du royaume, et partagée entre deux officiers exerçant l'un le pouvoir judiciaire, l'autre le pouvoir financier.

En 1260, au retour de la septième croisade, Saint-Louis mit fin à tous les abus générés par cette décision, en abolissant la vénalité de l’office et il y plaça Etienne Boileau, un homme renommé pour sa probité, son savoir et son énergie. Le roi créa également un nouveau poste, celui de gardien de la ville, ayant compétence sur le guet royal et le guet des métiers chargé de la sécurité de la ville. Son premier titulaire fut Geoffroy de Courtray.

Les évolutions successives[modifier | modifier le code]

Philippe le Bel octroya au prévôt de Paris, en 1309, le privilège de paraître dans les cérémonies escorté de douze sergents vêtus de cottes d’armes et munis de hallebardes.

Charles VI de France voulut, après la suppression du prévôt des marchands, donner plus d’éclat au prévôt royal et, dans ses lettres du 27 janvier 1382 qui réunissaient la maison de ville de Paris à l’office de la prévôté de Paris, il désigna le Petit Châtelet, réédifié par Hugues Aubriot, pour servir de demeure au prévôt, afin qu’il soit toujours au centre même de ses fonctions.

Louis XII exigea en 1498 que dorénavant les prévôts de Paris soient docteur in utroque jure pour que la justice ne s’appuie plus sur la force mais sur le droit.

Dans les derniers temps, le prévôt de Paris ne siégeait qu'aux cérémonies d'éclat. Il ne conservait au Châtelet que sa voix comme le moindre conseiller, et quoique président, il ne parlait jamais et ne prononçait même pas les sentences rendues en son nom. C'est le lieutenant civil qui articulait : Monsieur le prévôt de Paris a dit ...

Le dernier prévôt de Paris fut Anne Gabriel de Boulainvilliers, jusqu'en 1792. Le marquis de Boulainvilliers portait le titre de prévôt de ville, prévôté et vicomté de Paris, et conservateur des privilèges royaux de l'Université et, à cette époque, le nombre des agents du prévôt dépassait 1550.

Liste des Prévôts de Paris[modifier | modifier le code]

Depuis Etienne Boileau et la réforme de la fonction voulue par Saint-Louis.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Châtelet de Paris, son organisation, ses privilèges (C.A Desmaze)
  • Histoire de l’administration de la police de Paris (H.A. Fregier)
  • Répertoire méthodologique et alphabétique de législation (M.D. Dalloz)
  • Dictionnaire historique de la ville de Paris (P.T.N. Hurtaut et Magny)
  • Heurs et Malheurs des Prévôts de Paris (Jean Marie DURAND - L'Harmattan 2008)
  • Manuscrits de dom Lenoir, dépouillés par Bertrand Pâris, volume 21 n° 3962 (Lettres de Charles VI du 18.09.1413).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean Favier, Les contribuables parisiens à la fin de la guerre de Cent ans, Librairie Droz,‎ 1970 (ISBN 2600033637, lire en ligne), p. 57