Abbaye Saint-Guénolé de Landévennec

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Ancienne abbaye de Landévennec
Image illustrative de l'article Abbaye Saint-Guénolé de Landévennec
Présentation
Culte Catholique
désaffectée en 1793
Type Abbaye
Rattachement Ordre bénédictin
Début de la construction Ve siècle
Fin des travaux XIe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1992)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Landévennec
Coordonnées 48° 17′ 25″ N 4° 16′ 00″ O / 48.290278, -4.26666748° 17′ 25″ Nord 4° 16′ 00″ Ouest / 48.290278, -4.266667  

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Ancienne abbaye de Landévennec

L'abbaye Saint-Guénolé de Landévennec est une abbaye située en la commune de Landévennec dans le département du Finistère. Elle est réputée avoir été fondée au Ve siècle par saint Guénolé, ce qui en fait une des plus anciennes et plus importantes de Bretagne. L'historien Arthur Le Moyne de la Borderie l'a qualifiée de "Cœur de la Bretagne". Abandonnée en 1793 et ruinée dans les années 1810, elle est relevée par une nouvelle communauté monastique bénédictine en 1958, qui y construit de nouveaux bâtiments. Elle est affiliée à la congrégation de Subiaco.

Les ruines de l'ancienne abbaye ainsi qu'un musée historique sont accessibles au public.

L'ancienne abbaye de Saint-Guénolé fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 26 mai 1992[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le site de l'abbaye de Landévennec est remarquable : une presqu'île isolée entre le dernier méandre de l'Aulne maritime et la Rade de Brest, au milieu d’une nature magnifique et du calme de l’estuaire, un Éden, où choisirent de s’installer quelques moines au tout début du Haut Moyen Âge.

Gurdisten, abbé de Landévennec et auteur d'une "Vie de saint Guénolé" a écrit[2] :

Il est un lieu secret
Au ceux de la clairière
Paradis qu'un rutilant soleil
Éclaire à son lever
Tout embaumé de parfum
De mille fleurs printanières
C'est là qu'avec ses compagnons
Se fixa saint Guénolé

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancienne abbaye de Saint-Guénolé[3][modifier | modifier le code]

Les origines de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Ruine de la nef

Selon une étymologie douteuse Landévennec signifierait le monastère (breton lan) du (petit) Guénolé (Guinnoc ou Vinnoc); mais Gwinnog est le nom d'un autre saint, et la forme ancienne du nom du saint fondateur, saint Guénolé est bien Wingalloe.

Disciple de Budoc qui s'était fixé avec des moines dans l'île de Lavret, près de l'île de Bréhat, (aujourd'hui département des Côtes-d'Armor), Guénolé vint s'établir avec onze compagnons dans le site de l'estuaire de l'Aulne (Finistère), d'abord dans l'île de Tibidy en 482 et, trois ans plus tard, à Landévennec. Il gagna l'amitié de Gradlon, premier roi de Cornouaille, contemporain de saint Corentin que l'on considère comme le premier évêque de Quimper.

La vie de saint Guénolé nous a été rapportée par ses deux hagiographies, rédigées au IXe siècle par l'abbé Gurdisten et le moine Clément dont le texte est repris par Gurdisten. Saint Guénolé prit une part considérable à l'évangélisation de la Cornouaille et l'abbaye de Landévennec devint par la suite la principale source des institutions monastiques en Bretagne.

Cette abbaye, créée si l'on en croit la tradition vers 485, suivait la règle des Scots, dans la tradition du christianisme celtique. Les moines irlandais, ou scots, étaient vêtus d'une tunique souvent de couleur blanche et d'une coule (vêtement à capuchon) en grosse étoffe de laine, munie d'un capuchon.

Obéissance, pauvreté et chasteté étaient strictement pratiquées par les moines bretons. « Vaquez à l'étude avec humilité, sans vous enorgueillir de votre science, soumettez-vous au travail manuel avec abaissement et contrition de cœur, sans rechercher la louange des hommes dans l'exercice de votre art, sans mépriser celui qui l'ignore, insistez sans cesse sur la prière accompagnée de jeûnes et de veilles ». Telles étaient les recommandations faites par Budoc, le maître de saint Guénolé. Selon la tradition, le successeur de saint Guénolé fut saint Gwenaël que l'abbé accueillit tout jeune au monastère. Le rayonnement de cette abbaye traversera les siècles.

L'abbaye carolingienne[modifier | modifier le code]

Abbaye de Landévennec : les ruines de l'église abbatiale carolingienne
Musée de l'ancienne abbaye de Landévennec : sarcophage en bois trouvé en 1985 sous le porche de l'ancienne église abbatiale

Les fouilles récentes, commencées en 1978, et effectuées entre autres par Annie Bardel[4], a confirmé la construction aux alentours de l'an 500 d'un petit oratoire rectangulaire, situé à quelques dizaines de mètres d'un établissement gallo-romain, et entouré de tombes, dont peut-être celle de saint Guénolé[5]. L'oratoire fut reconstruit et agrandi vers 700, transformé en un premier monastère construit donc à l'époque mérovingienne.

En 818, venu soumettre le roi élu par les Bretons Morvan, l'empereur Louis Ier (dit Louis le Pieux ou Louis le Débonnaire), fils de Charlemagne, persuadé que son pouvoir venait de Dieu et désireux d'unifier les règles monastiques, demanda à l'abbé de Landévennec du moment, Matmonoc, lors d'une entrevue à Priziac, près de Gourin (Morbihan) de renoncer à "ses usages scotiques" (la règle de saint Colomban) et d'adopter pour son monastère la règle de Saint Benoît. Pour autant, cela n'abolit pas la spécificité bretonne : en témoignent les enluminures des manuscrits du scriptorium. C'est alors, au IXe siècle donc, que l'abbaye connaît pendant environ un siècle son "âge d'or". C'est à cette l'époque carolingienne que l'abbaye adopte la règle bénédictine et est reconstruite, sans doute à la suite de l'édit de Louis le Débonnaire : l'église est raccordée à l'oratoire et les bâtiments se rassemblent classiquement autour d'un cloître formé d'une galerie couverte avec des piliers maçonnés à la chaux selon une méthode gallo-romaine donnant sur une grande cour ; les toits étaient couverts de tuiles, le sol de la nef recouvert de mortier de chaux. Les reliques de saint Guénolé sont transférées de l'église antérieure et déposées dans un tombeau dressé dans le chœur. Les traces d'un puits et d'un bas-fourneau (ayant probablement servi à couler la cloche du monastère) ont été retrouvés. L'abbaye était aussi à cette époque entourée d'un mur d'enceinte. Tout cela indique une puissance et une richesse certaine. Trois sarcophages en bois, situés dans un caveau sous le porche de l'église, ont aussi été trouvés lors de ces fouilles, l'un d'entre eux est exposé dans le musée de l'abbaye. Le milieu humide conservant bien les éléments organiques, les fouilles ont permis aussi des graines, des fruits utilisés à l'époque (des noix, des prunes, des pêches) et de prouver que la vigne était cultivée du VIIIe siècle au XIe siècle[5].

L'intégration au système carolingien vient de Nominoë fixant les sièges épiscopaux de Saint-Pol-de-Léon et de Quimper, les sièges de Tréguier et de Saint-Brieuc n'étant créés qu'au Xe siècle.

La destruction par les Vikings[modifier | modifier le code]

L’abbaye au 17e siècle, planche gravée du Monasticon Gallicanum
Abbaye de Landévennec : le jardin médiéval (jardin des simples) reconstitué

Le grand tournant vint des invasions normandes qui s'attaquèrent principalement aux monastères dès 884[6]. En 913, Landévennec fut pillé puis brûlé par les Vikings[7]. Les moines survivants fuirent et, emportant leurs reliques, notamment celles de Saint Guénolé, et leurs manuscrits et, après être passés par Le Mans et Château-du-Loir, se réfugièrent à Montreuil près du comte Helgaud où ils créèrent en 926 une nouvelle abbaye, l'abbaye Saint-Walloy[8] (nom attribué localement par déformation à saint Guénolé), sous l'invocation de saint Guénolé (dénommé aussi localement "saint Walois")[9].

L'archéologie a conservé des traces du passage des Normands à Landévennec : sur une grande partie du site, une épaisse couche de cendres témoigne de l'incendie qui détruisit l'abbaye. Un calendrier conservé à Copenhague précise à la date de 913, en latin : « Cette même année fut détruit le monastère de saint Gwennolé par les Normands ». À proximité du coin sud-est du chœur de l'église carolingienne, un tumulus a été trouvé. Il contient rassemblés sous une couche de pierres, des cendres et des ossements calcinés. Il semble qu'il s'agisse là d'un rite païen alors en usage dans le monde scandinave, d'une pratique viking, qui aurait pour but de se faire pardonner la violation des sépultures en incinérant rituellement les restes et en les ré-enfouissant sous un tumulus[5]. Durant le règne scandinave, les échanges économiques, intellectuels et religieux s'effectuèrent par mers. La règle de st Colomban fait son retour et c'est désormais dans la pierre que va s'opérer un syncrétisme culturel. De la Scandinavie à la Méditerranée, de Constantinople à la cité d'Alet, de Dublin à Brest, de Jaffa, Alexandrie, Oran, Cadix... à Nantes. La pensée Grecque contournant le monde Carolingien, amena scientifiques, architectes et médecins en Bretagne continentale. Le premier âge Roman va s'y épanouir. Les chefs du royaume de Cornouaille fuirent également, par exemple le comte Mathuedoï de Poher et son fils Alain Barbetorte, futur duc de Bretagne (Alain II de Bretagne), avec un grand nombre de Bretons, en Grande-Bretagne ou chez les Francs. C'en était fini de la royauté bretonne. En attendant la renaissance de l'effort démographique au XIIe siècle : Le pouvoir se déplaça vers la Haute-Bretagne, vers Rennes, puis Nantes. Le contact avec les Francs et l'apprentissage que les moines et chefs avaient fait de la langue romane durant l'exode, eurent pour conséquence de réduire le breton à une langue d'échanges, une langue non-écrite. C'était aussi désormais à l'Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, ou ailleurs, en France ou en Grande-Bretagne, qu'il fallait se rendre pour vénérer les saints bretons. La dépossession des corps saints avait privé la Bretagne des richesses que représentaient les pèlerinages aux reliques. Les abbayes bretonnes étaient privées de leurs manuscrits, et les écoles monastiques bretonnes qui enseignaient les sciences profanes aux enfants et aux jeunes gens près des abbayes, leur apportant une culture intellectuelle très appréciable, ne deviendraient plus jamais de grandes écoles.

L'enfeu de Jehan du Vieux-Chastel, dernier abbé régulier de Landévennec, décédé en 1522 (Musée de l'ancienne abbaye de Landévennec)

Toutefois la libération de la Bretagne fut préparée par le moine Jean, Abbé de Landévennec, qui dirigeait la colonie bretonne réfugiée à Montreuil-sur-Mer près du comte Herluin, successeur du comte Helgaud. Au cours d'un voyage à travers la Bretagne, Jean se rendit compte que les bretons restés sur le sol natal étaient impatients de secouer le joug des Normands et que ceux-ci vivaient dans une sécurité si profonde qu'ils pouvaient être surpris et abattus facilement par une attaque à l'improviste. Jean trouva dans la personne du prince Alain, fils du compte de Poher Matuédoï, et petit-fis d'Alain Le Grand, celui qui, réfugié à la cour du roi d'Angleterre Æthelstan, accepta de prendre la tête du mouvement. Débarqué en Bretagne, Alain livra des combats heureux à Dol et à Saint-Brieuc (936). Il réussit à s'emparer de Nantes, ce qui eut pour conséquence le fait que les Normands abandonnent la Loire maritime. À la suite de ses victoires, Alain, à qui l'Histoire donna le surnom de "Barbe-Torte", fut reconnu duc de Bretagne (937). Il donna à l'abbaye la paroisse de Batz-sur-Mer, le monastère de Saint-Médard-de-Doulon (situé près de Nantes), les églises Saint-Cyr et Sainte-Croix, situées aussi à Nantes. C'est le seul acte de donation fait par Alain Barbetorte en faveur d'un sanctuaire, ou du moins le seul qui soit parvenu jusqu'à nous[10].

L'abbaye romane[modifier | modifier le code]

Abbaye de Landévennec : les ruines de l'église abbatiale romane

Au milieu du Xe siècle, les moines reviennent et rebâtissent le monastère, la construction de l'église abbatiale romane commençant au milieu du XIe siècle. C'est de cette époque également que date la compilation du cartulaire de Landévennec[11].

Statue de saint Guénolé dans les ruines de l'abbaye (vers 1903)
Abbaye de Landévennec : statue de saint Guénolé en kersanton réalisée en 1522 à la demande de l'abbé Jehan du Vieux-Chastel

L'édifice carolingien est conservé au cœur de la nouvelle église abbatiale agrandie, qui est dotée d'un transept et d'un chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes. La nef est prolongée vers l'ouest. La nef de la petite église carolingienne sert désormais de sacristie ; un mausolée est construit à l'angle sud-ouest de la croisée du transept, sans doute s'agit-il d'une sépulture seigneuriale que la tradition à attribué au roi Gradlon. Les piles et les colonnes sont ornées de chapiteaux et de bases ornées de motifs traditionnels en Bretagne à l'époque : entrelacs, palmettes, fougères, etc. Quelques chapiteaux montrent un décor historié, mais très fruste.

Au XIVe siècle, l'abbaye souffre de la guerre de Succession de Bretagne et de pillages anglais. À partir de 1524, l’abbaye de Landévennec devient une abbaye en commende, les abbés successifs profitant du bénéfice procuré par l'abbaye mais ne s'en occupant guère, d'où son déclin progressif. À la fin du XVIe siècle, l'abbaye est pillée à plusieurs reprises par les Ligueurs et est dans un triste état dans les premières années du XVIIe siècle sous la direction d'un abbé incapable, Pierre Largan. L'abbaye est restaurée par son successeur Jean Briant, qui reconstruit les bâtiments conventuels.

L'abbaye mauriste[modifier | modifier le code]

Face à un relâchement de la discipline monastique, et à l'influence néfaste des abbés commendataires, l'abbaye qui était rattachée à la Société de Bretagne fut, comme ses autres membres, par un bref du Pape Urbain VIII en date du 8 novembre 1627, rattachée à la Congrégation de Saint-Maur, le 28 septembre 1628, ce qui est à l'origine d'un renouveau spirituel et intellectuel. Entre 1650 et 1655, les bâtiments abbatiaux sont rebâtis par un jene moine architecte, le frère Robert Plouvier. Mais l'abbaye, critiquée par les Jansénistes, est à nouveau quasiment en ruine à la fin du XVIIe siècle.

Le 4 février 1781 un brevet du Roi « autorise l'évêque à engager en cour de Rome la procédure en vue d'extinction et d'union de l'abbaye », la mense abbatiale étant rattachée à l'évêché de Cornouaille et bénéficiant à son évêque Toussaint-François-Joseph Conen de Saint-Luc.

Le scriptorium de l'abbaye de Landévennec[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Landévennec fut au Moyen Âge un lieu important d'écriture de manuscrits, de parchemins et un atelier de copistes. À partir de la 2e moitié du IXe siècle, les moines lettrés de l'abbaye forment, sous l'impulsion de l'abbé Gurdisten, une véritable école hagiographique puisant son inspiration pour partie dans la tradition celtique mais s'adaptant aux idées carolingiennes et aux nouveaux standards bénédictins, maîtrisant les techniques littéraires caractérisant la renaissance des Lettres de leur époque. C'est véritablement « l'âge d'or » de l'abbaye. Les moines de Landévennec bénéficient du soutien des rois et comtes de Cornouaille et des commandes de l'Évêché de Léon, par exemple pour les Vitæ de saint Guénolé et de saint Pol[12].

Cinq manuscrits de l'Évangéliaire de Landévennec provenant de ce scriptorium nous sont parvenus[13]:

La décoration des manuscrits provenant de Landévennec a été méprisé par certains auteurs comme J. Porcher[15] qui reproche par exemple à l'Évangéliaire de Landévennec d'être décoré de portraits d'évangélistes zoocéphales en raison des représentations anthropozoomorphiques des quatre Évangélistes qu'il contient, y voyant une inspiration demi-païenne, ou encore Dom Leclercq qui y voit, comme dans les manuscrits irlandais, « un ragoût de blasphème et de sacrilège »[16]. René Crozet décrit les manuscrits du groupe de Landévennec comme « caractérisé par une exécution très grossière et par de curieuses hésitations iconographiques »[17]. Au contraire J.C. Alexander y voit une « résistance à la domination culturelle carolingienne »[18].

Par ailleurs, un manuscrit du XIe siècle de l'abbé Gurdisten (Gurdestenus) en latin Vita et miracula sancti Winvaloei ("Vie et miracles de saint Guénolé") se trouve à Paris à la Bibliothèque nationale de France[19].

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Listes des abbés[modifier | modifier le code]

Les abbés sont des abbés réguliers jusqu'en 1522, puis des abbés commendataires jusqu'en 1780[20],[21]. Avant 1400, la liste des abbés reste très incertaine, des contradictions existant selon les sources.

Nom Période Nom latin dans le cartulaire Particularités
Saint Guénolé 490(?)-532 Sanctus Uuingualocus
saint Judulus (vers 520) Cité aussi comme abbé de Landévennec par Albert Le Grand
Saint Gwenaël 532-590 Sanctus Guenhael Mourut dans le diocèse de Vannes
818 - ? Matmunuc C'est lui qui abandonne la règle de saint Colomban au profit de celle de saint Benoît
Segneu
Aelam Alanus
Gurdisten (Wrdisten) 880 - ? Gurdistin (Gurdestenus) Auteur du Cartulaire de Landévennec, y compris la Vie de saint Guénolé
Jean Iohan
Clemens Cité trois fois, mais il s'agit probablement du même abbé
Clemens Cité trois fois, mais il s'agit probablement du même abbé
Clemens Cité trois fois, mais il s'agit probablement du même abbé
Jean 931 - ? Iohan Mentionné dans le Cartulaire de Quimperlé ; aurait reçu Batz et Guérande
Justin
Benoît 954 - ? Benedict Aurait reçu l'église de Saint-Thois pour le compte de l'abbaye
Gurdilec (Gurdiler) Gurdilerius
Cadnou Cadiocus Témoin de la donation d'Édern par Budic Castellin
 ? - 1031 Blenvilet
Elisuc 1047-1055 Elisuc Décédé en 1045 selon le Cartulaire de Quimperlé
Kyllai 1056-1085 Kyllæ Décédé le 5 juin 1075 selon Dom Noël Mars[22]
Justin Justinus Moine venu de l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon ; il fit construire le prieuré de Notre-Dame de Camfrout
Guillaume  ? - 1084 Guilhelmus Il reçut en don du duc Alain Fergent les moulins, écluses et pêcheries de Châteaulin
Lancelin Lancelinus
Orscand Orscandus
1128 (?) - 1142 Elimarius Moine venu de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé
Gradlon (Graslon) Gradlonus ou Graslonus
Rivallon de Brouvérec  ? - 1163 Riuuallonus
Gradlon II (Graslon II) Gradlonus de plebe Sancti Eneguorii de pago Cap Cavall Dit aussi de Saint-Enogat
Jacob (Jacques) Iacobus
Rivallon II avant 1224 - 1233 Rivalonus Originaire du Faou, mais moine venant de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. Controverse avec l'évêque de Quimper dont il refuse la prééminence[23]
Tadic (Cadic)  ? - 1240 Tadic
Rivallon III  ? - 1254 Rivallonus de Ploemergat Originaire de Plumergat
Rivallon IV  ? - 1256 Rivallonus de Treles Originaire du village de Trefflez en Briec
Bernard  ? - 1271 Bernardus Originaire d'Édern. Décédé le 6 août 1271
Bernard  ? - 1282 Bernardus Bernard de Kerlouré (ou de Kerlozrec), originaire de Ploudalmezeau
Rioc  ? - 1283 Riocus Originaire de Plonéour-Cap Caval
Jean du Parc 1293 - 1308 Johannes dictus porcus Originaire de Rosnoën. Il fit rédiger le nécrologe de l'abbaye par Guillaume de Rennes en 1293
Guillaume 1308 - 1311 Guilhelmus Originaire de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes ; décédé à Vienne
Yves (ou Eudes) Gormon 1311 - 1344 Eudo Gormon de Leon Fut un temps accusé d'hérésie par Yves de Boisboissel, évêque de Quimper
Alain Piezres Alanus Piezresii Mort à Avignon
Armel de Villeneuve  ? - 1362 Armaelus de Villanova apud Languern Originaire de Lanvern
Alain de Daoulas  ? - 1371 Alanus de Doulas Dernier abbé cité dans le Cartulaire de Landévennec
Bernard  ? - 1380 Également prieur de Lanvern
Guillaume de Parthenay 1381 - 1399 Auparavant prieur de l'abbaye de Saint-Denis
Yves Poulmic 1400 - 1425 Originaire de Poulmic en Lanvéoc
Henri de Morillon 1425 - 1442 Originaire de Riec
Jacques de Villeblanche 1443 - 1490 Nommé abbé à l'âge de 21 ans ; chanoine de Luçon
Mathieu Hémery 1490 - 1496
Jehan du Vieux-Chastel 1496 - 1522 Originaire de Trébrivan ; prieur de Concarneau ; restaurateur de plusieurs prieurés dépendant de l'abbaye ; dernier abbé régulier
Thomas Le Roy 1522 -1524 Originaire de Messac ; envoyé à Rome où il résida entre 1512 et 1524 par Anne de Bretagne ; premier abbé commendataire ; décédé à Rome
Alain de Trégain 1524 - 1538
Louis de Kerguen 1530 - 1534 Originaire de Dirinon et archidiacre de Cornouaille
Maurice Briant 1534 - 1538
Arnoul Briand 1538 - 1542 Neveu de Maurice Briant, l'abbé précédent. Il était aussi doyen des chanoines de Notre-Dame-de-Cléry, bénéficier de Saint-Martin-de-Tours, recteur de la paroisse Saint-Martin à Cléon, etc.
Maurice Commacre 1542 - 1577 Neveu d'Arnoul Briand, l'abbé précédent. Il fut abbé à 19 ans.
Pierre Largan 1577 - 1608 Abbé considéré comme inapte à diriger l'abbaye, dirigée en fait par le seigneur de Kermoalec, René du Mescouez. Il démissionne en 1608
Jean Briant 1608 - 1630 Peut-être originaire de Corseul ; recteur de Crozon ; chanoine et grand archidiacre de Cornouaille. Il trouve l'abbaye dans un état déplorable, mais la restaure.
Pierre Tanguy 1630 - 1665 Parent de l'abbé précédent ; aussi recteur de Crozon
Jacques Tanguy 1665 - 1695 Neveu de l'abbé précédent ; laisse l'abbaye quasiment en ruines lors de son décès
Pierre Le Neboux de la Brosse 1695 - 1701 Évêque de Léon depuis 1701
Balhtasar Rousselet du Châteaurenault 1702 - 1712 Déjà abbé de l'abbaye de Fontaine-les-Blanches ; membre de la famille du maréchal de Châteaurenault, comte de Crozon et gouverneur de Brest
Charles-Marie Duplesssis d'Argentré 1712 - 1713 Originaire d'Argentré (diocèse de Rennes)
Jacques-Philippe de Varennes 1713 - 1746 Originaire d'Auvergne
Jean-Baptiste-Marie Champion de Cicé 1746 - 1779 Originaire de Rennes ; devient abbé à 21 ans ; il fut aussi vicaire général de Bourges, évêque de Troyes puis évêque d'Auxerre ; dernier abbé commendataire
Toussaint Conen de Saint-Luc 1780 - 1790 La mense abbatiale est réunie à l'évêché de Cornouaille dont il est alors l'évêque de 1773 à 1790 ; il fut aussi abbé de l'abbaye de Langonnet entre 1767 et 1790

La liste des prieurs de l'abbaye de Landévennec peut être consultée sur un site Internet[24].

La Révolution française et ses conséquences pour l'abbaye[modifier | modifier le code]

Dès le 22 février 1791, la paroisse de Landévennec fait usage de l'église abbatiale « attendu qu'il ne s'y trouve plus de religieux ». En 1792, l'abbaye bénédictine de Landévennec où il ne restait que 4 moines fut abandonnée, la communauté monastique est dissoute, la bibliothèque dispersée et le monastère est vendu comme bien national[25] (les bâtiments abbatiaux le 21 mai 1792, l'église abbatiale en 1796). L'abbaye existait encore entière vers 1810 ou 1815, mais son acquéreur d'alors s'acharna à la détruire, il y établit un four à chaux et employa une grande partie des matériaux de l'église et de l'abbaye à cette industrie[3]. L'abbaye changea six fois de propriétaire au cours du XIXe siècle. En 1875, ce qui reste de l'abbaye est vendu au comte Louis de Chalus, qui entreprend de sauver ce qui peut encore l'être.

Lors des fêtes du Bleun Brug, l'abbé Yann-Vari Perrot fit jouer une pièce historique sur le moine Jean, abbé de Landévennec, image du renouveau religieux et national selon l'auteur.

Aujourd'hui, sur le site d’origine, les ruines stratifiées témoignent des heurs et malheurs de cette longue histoire montrant ce qui reste des abbayes carolingienne (IXe siècle), romane (XIIe siècle et XIIIe siècle) et mauriste (XVIIe siècle) qui se sont succédé sur le site[26].

Depuis 1978, des recherches archéologiques en font parler les pierres. Les églises carolingienne et romane, les cloîtres superposés au fil des siècles, le plus ancien datant du IXe siècle demeure jusqu’à aujourd'hui le seul connu de cette période, contribuent à faire de Landévennec un lieu majeur de l'archéologie médiévale en Europe.

Le musée de l'ancienne abbaye de Landévennec[modifier | modifier le code]

Ouvert sur le site et inscrit dans une intéressante architecture contemporaine, le musée de l'ancienne abbaye[27] inauguré en juillet 1990 participe à la découverte de la signification profonde du lieu et sa relation avec les évènements fondateurs de l'histoire bretonne : reconstitution d'un scriptorium, sarcophage en chêne daté du IXe siècle, chapiteaux romans, fac-similés de manuscrits anciens, etc. jalonnent un itinéraire où le visiteur chemine au hasard de l'histoire. Deux salles présentent de façon ludique et pédagogique le travail des archéologues de la fouille à l'analyse des découvertes. À l'extérieur, un jardin de simples rappelle l'intérêt que les moines portaient aux plantes.

Depuis 1988, l'association "Abati Landevenneg" gère et anime cet ensemble exceptionnel. Tous les ans, des expositions temporaires proposent un autre regard sur l'histoire des lieux et sur la vie monastique à travers le temps. Chaque été, l'église à ciel ouvert devient l'écrin insolite où se produisent artistes, comédiens et musiciens ajoutant encore à la poésie des lieux.

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Nouvelle abbaye[modifier | modifier le code]

Nouvelle abbaye de Landévennec
Image illustrative de l'article Abbaye Saint-Guénolé de Landévennec
Présentation
Culte Catholique
Type Abbaye
Rattachement Ordre bénédictin
(congrégation de Subiaco)
Début de la construction 1950
Fin des travaux 1965
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Landévennec
Coordonnées 48° 17′ 26″ N 4° 16′ 10″ O / 48.29055556, -4.2694444448° 17′ 26″ Nord 4° 16′ 10″ Ouest / 48.29055556, -4.26944444  
L'Aulne et la nouvelle abbaye de Landévennec à l'arrière-plan

À partir de 1930, avec le puissant mouvement du Bleun-Brug (fleur de bruyère), créé par le prêtre régionaliste Yann-Vari Perrot, des militants engagés dans la restauration de l'identité culturelle et religieuse de la Bretagne se prennent à rêver de "relever" avec les moines de Kerbénéat en Plounéventer, le vieil ermitage de Guénolé[28].

Le 18 juin 1950 est prise la décision du rachat de l'abbaye, propriété de M. de Chalus, par la communauté monastique de l'abbaye bénédictine de Kerbénéat, sous l'impulsion du père-abbé Louis-Félix Colliot (supérieur de cette communauté monastique depuis 1937) après de nombreux pourparlers buttant sans cesse sur des difficultés financières enfin surmontées. La nouvelle abbaye est édifiée entre 1950 et 1965 (architecte Yves Michel, vitraux de Maurice Rocher), la première pierre étant posée par le cardinal Roques, archevêque de Rennes, le 10 mai 1953.

L'abbatiale est inaugurée le 7 septembre 1958 en présence des évêques et des abbés de Bretagne, des abbés de Congrégation de Subiaco, à laquelle la nouvelle communauté de bénédictins est affiliée, et d'une foule nombreuse et enthousiaste.

En avril 1970, à sa demande, l'abbé Louis-Félix Colliot est remplacé par le père-abbé Robert Jean-de-la-Croix, venu de l'abbaye de la Pierre-Qui-Vire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00090040 », base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 11 août 2009
  2. Cité par http://ablogjeanfloch.over-blog.com/article-landevennec-haut-lieu-de-la-spiritualite-bretonne-51024531.html
  3. a et b Chanoines Abbé Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, [Notices sur les paroisses] Landévennec, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236, Lire en ligne
  4. Voir www.brest.maville.com
  5. a, b et c Landévennec, haut lieu de la spiritualité bretonne - Le blog de Erwan Chartier-Le Floch
  6. Annie Bardel, Les Vikings à Landévennec. Les traces du passage des Normands en 913, Chronique de Landévennec, no 85, janvier 1996
  7. http://www.benoitbremer.com/913/hulin3.html
  8. Jacques Baudoin, Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident, éditions Créer, 2006, [ISBN 978-2-84819-041-9], ( Lire en ligne)
  9. Annie Bardel, L'abbaye carolingienne de Landévennec, Chronique de Landévennec, no 62, avril 1990
  10. Pierre Bauduin, Les Fondations scandinaves en Occident et les débuts du duché de Normandie, Colloque de Cérisy-la-Salle, Publications du CRAHM, Caen [ISBN 2-902685-28-9]
  11. Quimper, bibliothèque municipale, ms.15
  12. Yves Morice, L’abbaye de Landévennec des origines au XIe siècle à travers la production hagiographique de son scriptorium, thèse, Rennes 2, 2007, (résumé : Lire en ligne
  13. Danièle Conso, Nicole Fick-Michel, Bruno Poulle : Mélanges François Kerlouégan, 1994, (Lire en ligne)
  14. http://chrestopedia.free.fr/artsacre/textes/landevennec.html
  15. Hubert J., Porcher J., Volbach W.F., L'Empire carolingien, page 199
  16. Dom Leclercq, Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, article Irlande
  17. René Crozet, Les représentations anthropozoomorphiques des évangélistes dans l'enluminure et dans la peinture murale aux époques carolingienne et romane, Cahiers de civilisation médiévale, 1958, volume 1, pages 182-187, (Lire en ligne)
  18. J.-C. Alexander, Landévennec et le monachisme breton dans le Haut Moyen Âge, Bannalec, 1986, pages 269-285
  19. Site de l'université de Nancy
  20. F. Grégoire Ollivier, F. Marc Simon, "Les abbés de Landévennec", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CX, 1982
  21. www.infobretagne.com
  22. Dom Noël Mars, Histoire du Royal monastère de Landévennec
  23. http://www.infobretagne.com/landevennec-abbes.htm
  24. http://www.infobretagne.com/abbaye_de_landevennec.htm
  25. http://abbaye-landevennec.cef.fr/histoire.htm
  26. http://www.infobretagne.com/landevennec-abbaye.htm
  27. Conseil général du finistère
  28. Extrait de l'article de Pierre-Yves Le Priol dans le journal "La Croix " du 16-17 août 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frère Marc Simon, Annie Bardel, Roger Barrie, Yves-Pascal Castel, Jean-Luc Deuffic, P. Jean de la Croix Robert, Auguste Dizerbo, Job An Irien et Bernard Tanguy "L'Abbaye de Landévennec de saint Guénolé à nos jours", Ed. Ouest-France, 1985, (ISBN 978-2-85882-835-7)
  • Père Marc Simon, "Saint Guénolé et l'abbaye de Landévennec"", éditions Gisserot, 1997.
  • Abbé Henri Poisson, Histoire de Bretagne Éditions Breiz, 6e édition 1975
  • Minihi Levenez et Chrétiens-Medias Sillons et sillages en Finistère, an 2000, (ISSN 1148-8824)
  • Gildas Salaün, Analyse du mobilier numismatique mis au jour à l'abbaye Saint Guénolé de Landévennec, Armor-Numis, 2012.
  • Louis Lemoine : Le scriptorium de Landévennec et les représentations de saint Marc, Mélanges François Kerlouégan, Les Belles Lettres, 1994, p. 363-379
  • Yves Morice : L’abbaye de Landévennec des origines au XIe siècle à travers la production hagiographique de son scriptorium, Thèse, Université Rennes 2, 2007