Carhaix-Plouguer

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Carhaix-Plouguer
La « maison du sénéchal » (XVIe siècle),devenue syndicat d'initiative.
La « maison du sénéchal » (XVIe siècle),
devenue syndicat d'initiative.
Blason de Carhaix-Plouguer
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Carhaix-Plouguer (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Poher
Maire
Mandat
Christian Troadec
2014-2020
Code postal 29270
Code commune 29024
Démographie
Gentilé Carhaisiens
Population
municipale
7 541 hab. (2011)
Densité 292 hab./km2
Population
aire urbaine
14 136 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 16′ 42″ N 3° 34′ 02″ O / 48.278334, -3.56722348° 16′ 42″ Nord 3° 34′ 02″ Ouest / 48.278334, -3.567223  
Altitude Min. 69 m – Max. 169 m
Superficie 25,81 km2
Localisation

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Liens
Site web ville-carhaix.com/

Carhaix-Plouguer [kaʁε plugεʁ] est une commune française du département du Finistère, en région Bretagne. C'est une ville bretonne du Poher.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de Carhaix et Plouguer avant leur fusion

Carhaix se situe dans le Poher, important territoire de la Cornouaille, enserré entre les monts d'Arrée au nord et les montagnes Noires au sud. L'agglomération s'est développée principalement sur une plateau situé vers 140 mètres d'altitude, en pente douce vers l'ouest, les altitudes les plus élevées étant à l'est au-delà de l'agglomération vers 155-169 mètres d'altitude. Ce plateau est limité au nord par la vallée encaissée de l'Hyères (dénivelé de 60 mètres qui imposa la construction d'un aqueduc à l'époque romaine pour pouvoir la franchir), qui coule vers 80 mètres d'altitude, et au sud par le ruisseau de la Madeleine dont le tracé a été repris par le canal de Nantes à Brest. L'Hyères provoque parfois de graves inondations: en mars 1903, la chapelle Sainte-Catherine située en Plounévézel mais à la limite de Carhaix, eut de l'eau jusqu'à la toiture[1] et en 1910 jusqu'aux vitraux[2].

Géologiquement, Carhaix se trouve au centre du bassin de Châteaulin, constitué principalement de schistes souvent ardoisiers et de grès et qui forme une dépression topographique entre monts d'Arrée et montagnes Noires.

Devenues communes à la Révolution française, Carhaix et Plouguer ont fusionné en 1956 et ont pris le nom de Carhaix-Plouguer. Dès 1862, le conseil municipal de Carhaix avait émis un vœu en ce sens[3].

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Distance de plusieurs villes françaises (à vol d'oiseau)[modifier | modifier le code]

Carhaix-Plouguer occupe une position de carrefour au centre de la partie occidentale de la péninsule bretonne. Elle se trouve approximativement à égale distance de plusieurs grandes aires urbaines : Brest, Quimper, Saint-Brieuc, Lorient[4]

Ville Morlaix Guingamp Pontivy Quimper Lorient St-Brieuc Brest Vannes Rennes Nantes Le Mans Paris
Distance

Orientation

39 km

(N)

45 km

(N-E)

50 km

(E)

51 km

(S-O)

61 km

(S)

65 km

(N-E)

69 km

(N-O)

92 km

(S-E)

141 km

(E)

191 km

(S-E)

282 km

(E)

440 km

(E)

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Si Carhaix a en partie perdu le rôle de nœud en matière de transports qui fut le sien par le passé, la ville est toutefois au carrefour de deux axes routiers importants : la N 164, axe (Rennes)- Montauban-de-Bretagne - Loudéac - Rostrenen - Carhaix - Châteaulin, progressivement transformé en voie express et l'axe Lorient-Roscoff via Carhaix et Morlaix, à deux voies mais avec un profil modernisé. La ville a aussi conservé une liaison ferroviaire avec Guingamp qui lui permet des correspondances principalement avec Rennes et Paris.

En matière de transports urbains, depuis décembre 2007, une ligne de bus à la demande gratuite appelée « Hep le Bus » a ouvert ; cette ligne couvre désormais Carhaix et localités proches telles que Plounévézel, Saint-Hernin[5].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom en breton de la commune est Karaez-Plougêr.

Dans une charte signée du comte de Cornouaille, Hoël, pour faire « don d'une villa située près de Caer Ahes, dans laquelle se trouve l'église de sanctus Kigavus (saint Quijeau) »[6], on trouve la forme la plus ancienne du nom de Carhaix, proche et contemporaine de celles mentionnées dans les romans médiévaux. La charte est nécessairement antérieure à la mort d'Hoël (1084). Saint-Quijeau est une ancienne trève rattachée à celle de Plouguer au XIIIe siècle.
Le nom breton est Karaez (orthographié Carahes au XIe siècle dans une charte du comte Hoël, basé sur le préfixe « Kaer » qui signifie « lieu fortifié »). Carhaix est certainement la ville qui se cache derrière le Carahes des textes médiévaux[7].
À l'époque de La Tour d'Auvergne et au XIXe siècle, on croyait reconnaître dans Kaer Ahès, le nom, Ahès, de la légendaire fille de Gradlon qui aurait entraîné Ys dans sa perte.

Les grands chemins menant à Carhaix ont donc été souvent appelés « chemins d'Ohès » ou « chemins d'Ahès » (Bernard Tanguy). Ohès comme Ahès sont proches du nom Hoël. L'identification du lieu Corophesium, mentionné uniquement dans les Annales de Lausanne, fait débat (Carhaix ou Coray ?) pour un des lieux de la guerre menée par Louis le Pieux contre le roi breton Morman. Il se peut que Corophesium ne représente ni l'un, ni l'autre, mais corresponde, comme l'indique Léon Fleuriot dans son livre Les Origines de la Bretagne (1987), à une erreur du scribe.

Bernard Tanguy rapproche Karaes de Carofes, attesté en bas-latin pour le nom de la cité des Diablintes et pour Charroux (Vienne). Ce serait alors un ancien *Carofum/*Carofensis (évolution de quadruvium en carruvium), inscrivant Carhaix dans sa fonction de carrefour routier. Pour lui, le Corophesium où se rend Louis le Pieux en 818 est une cacographie de Carophesium[8]. D'ailleurs, l'association de Charlemagne avec Carhaix dans le Roman d'Aiquin ne pourrait-elle avoir comme source l'expédition de son fils, Louis le Pieux, à propos de laquelle est nommée Corophesium?

La permanence de la fonction de carrefour de Carhaix, jointe à son déclin au Bas-Empire, peut expliquer que, si la ville a été la capitale des Osismes, ceux-ci ne lui ont pas laissé leur nom comme cela a été le cas le plus souvent en Gaule.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La région de Carhaix semble n'avoir été occupée que relativement tardivement par les hommes de la Préhistoire, les analyses de pollen effectuées dans la tourbière du Ménez-Cam en Spezet prouvant une déforestation amorcé seulement à la fin du 3e millénaire avant J.-C., sans doute en raison du relatif éloignement de la mer. Aucun vestige antérieur à la période gauloise n'a été retrouvé à Carhaix, même s'il s'en trouve plus au nord (camp d'Artus au Huelgoat) et plus à l'est (camp de Paule)[9].

Vorgium, petite capitale gallo-romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vorgium.

L'agglomération gallo-romaine est donc une création ex nihilo résultant d'un choix délibéré de l'administration romaine, sans doute en raison de la situation centrale du lieu dans la cité des Osismes[10] et de l'existence d'un plateau favorable à l'urbanisation[11], même si la date de création de la ville reste inconnue.

Des fouilles archéologiques[12] commencées au XVIIIe siècle et maintenant méthodiques depuis 1995 font apparaître de plus en plus de restes de bâtiments. De nombreux vestiges gallo-romains y ont été trouvés et ils ont intéressé en son temps Théophile Malo Corret de la Tour d'Auvergne.

L'importance de l'agglomération a longtemps été mesurée par le réseau en étoile de voies antiques et le fait qu'un aqueduc, forcément coûteux et dont il reste plusieurs éléments a été construit pour capter l'eau d'une source située à 13 kilomètres.

Les fouilles sur le site de l'hôpital ont révélé que les modèles architecturaux romains ont été importés et adaptés pour une petite ville disposant des bâtiments officiels (forum, thermes, temples) et des équipements habituels dans la romanité de l'époque, dont un quartier regroupant des artisans.
Le forum n'a pas pour l'instant été découvert, mais Louis Pape pense qu'il se trouvait au croisement des actuelles rues Brizeux et G.-Lambert, qu'il présente comme étant respectivement le cardo et le decumanus, mais ce n'est qu'une hypothèse pour l'instant.

Un fanum a été découvert à Kerdaniel et un escalier monumental mis au jour en 2004 au champ de foire appartenait peut-être à des thermes romains. Mais la trace la plus importante du passé gallo-romain de Carhaix trouvée jusqu'à présent reste les aqueducs : un premier aqueduc fut construit pendant la seconde moitié du Ier siècle de notre ère, acheminant les eaux d'un ruisseau distant de 11 km ; il contournait les inégalités du relief afin de suivre une pente régulière, mais il fallut toutefois construire à l'entrée de Vorgium un pont-aqueduc long d'un kilomètre et haut de 14 mètres pour que l'eau parvienne à un château d'eau situé en haut de l'agglomération. Ce premier aqueduc fut construit en partie en conduits de bois reliés par des plaques de fer et pour partie maçonné[13].. Le second aqueduc[14] qui date de la fin du IIe siècle, partant des actuelles communes de Paule et Glomel, parcourt un tracé sinueux de 27 km[15], avec une pente moyenne de 0,27 m par km, pour acheminer l'eau au prix de quelques prouesses techniques comme la construction d'un tunnel long de 0,9 km (près du lieu-dit Kervoagel au Moustoir) et d'un aqueduc de même longueur et haut de 13 mètres près du lieu-dit Kerampest.

Cet aqueduc, long de 27 km a fait l'objet d'une étude globale menée par A. Provost et L. Aubry, qui a restitué l'ensemble de son tracé. « La conduite était constituée d'un canal maçonné enduit de mortier de tuileau de teinte rose, rendu plus étanche par les morceaux de tuile pilée qui y ont été incorporés. L'aqueduc était le plus souvent couvert de dalles de schistes recouvertes d'une mince couche de terre. Ainsi pouvait-on facilement accéder à la conduite pour les opérations d'entretien ». Un tunnel long de 900 mètres fut foré dans le schiste à 25 mètres de profondeur sous une colline à Kervoaguel en Le Moustoir pour permettre le passage de l'eau, des puits espacés de 20 à 44 mètres ayant servi à évacuer les déblais lors du creusement du tunnel[13].

Relevé, par Robert Mowat, du milliaire de Maël-Carhaix (1874).

Les historiens s'accordent sur le fait que Carhaix était, à l'époque gallo-romaine, (et peut-être avant) la ville de Vorgium, chef-lieu de la cité des Osismes, qui est mentionnée dans la Géographie de Ptolémée au IIe siècle (sous le nom de Vorganium, mais un doute existe, plus probablement s'agit-il de Kernilien en Plounéventer et non de Carhaix), puis dans la Table de Peutinger[16]. L'assimilation de Vorgium à Carhaix a été proposée en 1874 par Robert Mowat au vu d'une borne milliaire trouvée à Maël-Carhaix[17]. Cette thèse a été confirmée par Louis Pape[18] et est maintenant généralement admise par Jean-Yves Éveillard qui note que la distance entre Darioritum (Vannes) et Carhaix est exactement celle de la table de Peutinger (44 lieues romaines) et que, dans la liste des villes des Notes tironiennes[19], Vorgium suit Othismus comme son remplaçant[20].

Deux étymologies sont proposées pour Vorgium. Soit un radical gaulois *verg qui désigne souvent un ouvrage fortifié, soit, pour ceux qui pointent qu'aucun lieu fortifié n'a été attesté à l'époque antique, un mot gaulois *worrike désignant le saule.

Deux trésors monétaires trouvés dans la ville, tous deux datés de la fin du IIIe siècle, illustrent un enfouissement monétaire lié à la peur d'envahisseurs et des cendres traces d'incendies à cette époque ont été identifiées[11]. L'aqueduc est abandonné également au IVe siècle. La cité ne semble pas toutefois avoir été complètement abandonnée, une grande domus du IVe siècle a été trouvé à l'emplacement de l'actuel centre hospitalier, abandonnée toutefois dans le troisième quart du IVe siècle. La ville est au cours des IVe siècle et Ve siècle rebaptisée Othysmus ou Civitas Osismorum[21]. L'absence de fortifications du Bas-Empire laisse supposer la perte de la fonction de capitale des Osismes que Carhaix détenait jusque-là, peut-être au profit de Brest, pour répondre aux attaques des pirates scots, puis, de Saint-Pol-de-Léon et des ports d'estuaires bien abrités comme Morlaix et Quimper[9].

Une « réserve archéologique » a été décidée en l'an 2000 rue du Docteur Menguy (anciens Ets Le Manac'h vins) pour protéger les ruines de Vorgium trouvées au sud-ouest du centre-ville et les terrains sont désormais propriété du conseil général du Finistère[22].

Carhaix, carrefour de voies romaines puis royales ; les « chemins d'Ahes »[modifier | modifier le code]

Carhaix : le pont du Moulin-Meur (en ruine) sur l'Hyères
Le Petit Carhaix : l'Hyères et le vieux pont du XVIIIe siècle
Le Petit Carhaix : le pont du XVIIIe siècle sur l'Hyères (vu du côté aval)

Dès l'époque romaine, Vorgium (Carhaix) a été un véritable carrefour, les Annales de Lausanne en 818 dénomment même Carhaix (où Louis Le Pieux et son ost (= armée) aurait séjourné à cette date) Corophesium ( = carrefour) en raison de sa position centrale dans l'ouest de la péninsule armoricaine : huit voies romaines sortaient de Carhaix allant, en tenant compte des embranchements, dans 12 directions différentes[23].

Par la suite, la tradition populaire a dénommé au Moyen Âge puis à l'époque moderne en langue bretonne Hent Ahes ( = chemin d'Ahes) ou encore « chemins ferrés » (l'expression provient probablement du fait que les résidus issus d'anciens ferriers gallo-romains ont été utilisées pour empierrer les routes), un peu à la manière des chaussées Brunehaut dans le Nord-Est de la France, de nombreuses routes traditionnelles qui reprenaient le plus souvent les tracés des anciennes voies romaines même si parfois les tracés ont différé dans le temps. Bernard Tanguy pense que Ahes est une déformation de Carahes, ancien nom attribué à Carhaix. Ces chemins sont souvent devenus par la suite des routes royales, modernisées au XVIIIe siècle par le duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne.

Carhaix au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Carhaix au Haut Moyen Âge : la paroisse primitive de Plouguer[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Haut Moyen Âge et Plouguer.

Cette période de l'histoire de Carhaix est fort mal connue. La ville ne semble pas avoir été choisie lors de l'implantation du christianisme comme siège d'évêché et l'ancien territoire des Osismes se retrouve divisé entre Domnonée et Cornouaille. Probablement Conomor, prince semi-légendaire de Domnonée y avait-il une de ses résidences. Par crainte de la prophétie qui lui annonçait qu'il serait tué par son fils, il aurait tué successivement ses épouses enceintes dont sainte Tréphine, la mère de saint Trémeur[21].

Dans l'Armorique des débuts du christianisme en Bretagne (une bague retrouvée prouve l'existence d'une communauté chrétienne à Carhaix dès le IVe siècle), c'est la paroisse primitive de Plouguer (celle-ci n'est mentionnée pour la première fois qu'en 1383, donc assez tardivement) qui inclut Carhaix qui en serait resté longtemps une trève dite de Saint-Trémeur (différents aveux du XVIIIe siècle parlent de « Carhaix en la paroisse de Plouguer »[24]). Par contre le rôle des décimes de 1788 ne cite plus pour Plouguer que deux trèves : Treffrin et Saint-Quijeau.

L'origine du nom Plouguer provient des mots breton plou (= paroisse) et gallois caer (= château ou lieu fortifié), dérivé du latin castrum que l'on retrouve aussi dans des toponymes comme Plougastel, Locmariaquer ou Chester.

Karahes dans le romans courtois et de chevalerie assimilable à Carhaix ?[modifier | modifier le code]

Si la forêt de Paimpont, assimilée alors à Brocéliande, est vue parfois comme un lieu légendaire des romans courtois, le dossier de Carhaix pour être vu comme un lieu arthurien est bien plus épais avec comme vedettes Arthur, Tristan et, pour ajouter à la gloire, Charlemagne[7]. À la fin du XIe siècle, Eilhart d'Oberg écrit un roman, dont le héros est Tristan, en démarquant le Tristan de Béroul, mais une partie du récit n'est pas dans Béroul, dont il ne reste que des fragments.
Le chevalier quitte la cour d'Arthur, alors qu'il se trouve déjà en Bretagne et chevauche 7 jours et 7 nuits. Il parvient à la ville de Karahès dans laquelle est assiégé Havelin ou Hovelin, roi du pays par le comte de Nantes, Riol. Hovelin refuse d'abord l'aide, mais son fils Kehenis (Kaherdin dans d'autres récits) le fait changer d'avis, si bien que Tristan provoque Riol en combat singulier, le vainc, mais il faut une seconde bataille avec le renfort des neveux de Hovelin pour obtenir la victoire totale. Kehenis offre alors à Tristan la main de sa sœur Isalde (Iseult aux Blanches mains, homonyme de la reine Iseult la Blonde). Hovelin est une variante de Hoël, nom de plusieurs comtes de Cornouaille et de Bretagne.
Ce qui retient l'attention, c'est que Béroul (manuscrit 217 de la Bibliothèque nationale de France, vers 3076) fait jurer le roi Marc, oncle et rival de Tristan, « par saint Tresmor de Caharès ». Saint Trémeur est le saint principal de Carhaix et l'épicentre de son culte est dans l'église Saint-Trémeur. C'est un fort argument pour l'assimilation.

Est-ce un hasard si Conomor, comte de Poher et roi de Domnonée au VIe siècle, meurtrier de son fils Trémeur, a été rapproché d'un Marcus Quonomorus, prénom et gentilice, peut-être communs au roi Marc et à son neveu Tristan[25]. Dans les hagiographies de certains saints bretons (Vie de saint Gildas, Vie de saint Méloire, par exemple), on trouve la forme Comorrus pour un souverain local de la Domnonée), régnant aussi en Cornouailles britannique.
Le Tristan en prose précise que « Tristan qui revenu est à Karahèse en Bretaingne avec le roi Hoel et fu frere Kehedin et Yseult femme Tristan, qui moult firent à Tristan grant fete et grant joye, et tous ceux du paîs aussi, quant il fu revenu à Karahes »[26].

Sans mentionner Karahes, Thomas d'Angleterre conte le mariage de Tristan et Iseult aux Blanches Mains et sa mort dans laquelle Iseult la Blonde vient le rejoindre.

Un autre suiveur de Thomas d'Angleterre, Gottfried von Straßburg, conte le siège de Karke dans le duché nommé Arundel, avec Tristan, Javelin, Kaedin et sa sœur Isot et l'un des ennemis s'appelle Rigolin (Riol?).
Certains textes du cycle de Tristan, comme la saga en norrois de 1226 intitulée Tristrams saga ok Isondar, s'inspirent du texte fondateur de la légende arthurienne, l'Historia Regum Britanniae, alors que Le Livre des Premiers faits du Roi Arthur (daté de la première moitié du XIIIe siècle) mentionne la ville de Carohaise, Karouaise ou Carouhaise où Arthur rencontre la fille d'un comte de Canparcorentin, ce qui désigne, à coup sûr, Quimper, dont l'évêque légendaire est saint Corentin, à seulement 60 km de Carhaix et, qui plus est, capitale du comté de Cornouaille, dont fait partie Carhaix depuis le Xe siècle.

Le Roman d'Aiquin, daté de la fin du XIIe siècle, mentionne Carahes (et aussi Charhès, Carhès et Quarahes) où s'est réfugié, quelque temps, le roi sarrazin Aiquin qui voit arriver Charlemagne et une immense armée. Charles passe du Mont-Saint-Michel à Saint-Malo, puis prend le « grand chemin ferré que fist la famme Ohès le veil barbé ». Ce chemin ferré ressemble fort à la voie romaine de Corseul à Aquilonia (Quimper), donc menant à Carhaix, le grand nœud routier gallo-romain. Poursuivant Aiquin, Charlemagne le retrouve près de l'ermitage de saint Corentin (Plomodiern ou Quimper), ce qui confirme que la Cornouaille et ses deux grands centres sont bien le théâtre du récit. Les noms Ohès, Ahès, Hoël induisent des rapprochements intéressants. Les noms de certains ennemis Riol, Rion, Rigol, Riothem (Historia Regum Britanniae) sont aussi très proches. Des influences entre le roman de chevalerie et les écrits tristaniens sont indéniables, car dans le Tristan en prose, on trouve Alquin, Aquyn et même Aiquin, comme neveu de l'ennemi d'Hoël.

Après tamisage, Goulven Péron, dans l'article cité datant de 2010, avance prudemment l'hypothèse d'une bataille à une époque indéterminée entre un héros local contre un ennemi non identifié dans ou devant la ville fortifiée de Carahès/Carhaix et le vainqueur, qui ne s'appelait, sans doute, ni Tristan, ni Arthur, ni Charlemagne, aurait alors reçu la main de la fille d'un petit souverain qui s'appelait peut-être Hoël.

La capitale du Poher médiéval[modifier | modifier le code]

Le Poher est le Pou-Kaer, le pays de la Cité. Le nom Kaer est un terme commun aux langues celtiques britonniques, qui désigne un lieu fortifié.

En 878, la ville a peut-être été pillée par les Vikings, mais cela reste incertain. Dès le IXe siècle, le Cartulaire de Redon parle du Poucar ou Poucher et correspondrait à l'espace entre monts d'Arrée et montagnes Noires, embouchure de l'Aulne et le pagus de Quintin à l'est[27]. L'existence d'une « vicomté du Poher » est attestée dans un acte antérieur à 1108 qui mentionne, la fondation, « près du château de Carhaix », d'un prieuré Saint-Nicolas, remis par le vicomte du Poher à l'abbaye de Redon[28]. La chanson d'Aiquin, datée de la fin du XIIe siècle, évoque à deux reprises l'existence de fortifications et mentionne plusieurs fois Carhaix[9]. Des restes du château médiéval de Carhaix qui n'était connu que par les archives ont été retrouvés en 2010, et ceux de la muraille médiévale commencée au Xe siècle sont connus depuis La Tour d'Auvergne.

Article détaillé : Poher.

Le cartulaire de Quimperlé, daté 1081-1084, évoque Caer Ahes (Carhaix) et l'église de Sancti Kivagi (Saint-Quijeau). Le même texte évoque aussi la fondation du prieuré Saint-Nicolas. C'est en 1206 que Carhaix entre dans le domaine ducal du duc de Bretagne, date à laquelle est aussi évoqué pour la dernière fois l'existence d'un vicomte du Poher, en l'occurrence Rivallon III[29]. Carhaix devient le siège d'un bailliage, puis d'une sénéchaussée. L'existence d'un archidiaconé du Poher est mentionnée pour la première fois en 1289.

Au milieu du Moyen Âge, Carhaix n'était encore qu'une trève de Plouguer (Plou-Kaer = la paroisse de la Cité ou du château) ayant son église tréviale Saint-Trémeur. Plouguer, dont l'église est dédiée à saint Pierre, est le siège de la paroisse primitive qui tire son nom du site anciennement fortifié qu'elle englobe[30].
Les ducs de Bretagne considèrent comme stratégique une région où se trouvent les mines de plomb argentifère de Poullaouen, l'argent étant indispensable à la confection de leur monnaie. La forêt de Duault est une chasse ducale où ils aiment à chasser.

Les destructions liées à la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Succession de Bretagne.

Un texte de 1210[31] évoque les bourgeois (= habitants d'une ville, à l'époque) de Carhaix, ce qui laisse entendre que la ville (un gros bourg en fait) avait alors une certaine importance. L'église est devenue collégiale (un texte de 1330 l'atteste la présence de chanoines) et un couvent des augustins s'installe en 1355 ou 1372, fondé par Éon II de Quelen (travaux achevés en 1416 par Claude de Lannion, seigneur de Quélen). Mais la ville va souffrir des tourmentes de la guerre de Succession de Bretagne.

En 1342 la forteresse de Carhaix, alliée à Jean de Montfort, est assiégée par Charles de Blois. La ville subit une demi-douzaine de sièges en 20 ans. En 1345, les Anglais, commandés par le comte de Northampton et qui soutiennent Jean de Montfort pour ses prétentions à la couronne ducale, reprennent la ville et y prennent garnison. Ils en furent chassés par Bertrand Du Guesclin en 1363 au bout d'un siège de six semaines. C'est par une poterne du jardin du couvent des Augustins que les troupes de Charles de Blois se faufilèrent dans l'enceinte[32]. L'enceinte fut alors démolie et Carhaix devint une ville ouverte.

Les destructions subies par la ville furent importantes comme en témoignent deux actes pontificaux : en 1371, une « indulgence d'un an et quarante jours » pour ceux qui visiteront l'église Saint-Trémeur en y faisant des offrandes et en 1391 un autre texte pontifical incite aux donations « en faveur de l'église paroissiale de Saint-Trémeur de Keraes en partie ruinée par les guerres et dépouillée de ses ornements et vases sacrés »[9].

Carhaix toutefois se relève de ses ruines et est dotée au XVe siècle d'une capitainerie, jouant donc un rôle militaire et l'essor du couvent des Augustins à cette époque témoigne du dynamisme de l'agglomération. Au milieu du XVIe siècle, s'appuyant sur l'étude du rôle rentier de 1539-1542, Jean-Pierre Leguay comptabilise 106 maisons et estime la population de la ville à environ 500 habitants[33]. En 1565, la sénéchaussée de Carhaix s'étend sur une soixantaine de paroisses alentour, réparties en 5 barres de justice : Gourin, Landeleau, Huelgoat, Duault et Carhaix.

Carhaix à l'époque moderne[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, la ville est surtout dominée par ses édifices religieux (collégiale Saint-Trémeur, couvent des Augustins); le château est alors en mauvais état et a perdu tout usage militaire, des habitations s'installant même à son emplacement. Des places existent: place des halles, place du Martray, place aux charbons), même si Carhaix n'est encore qu'une petite agglomération.

Ses neuf foires annuelles en font une cité marchande attractive. « Il n'est de bon bœuf que de Carhaix » dit-on[34].

La « surprise de Carhaix », la « boutade » de 1590 et les guerres de la Ligue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres de la Ligue.

Le 4 septembre 1590, les « Royaux » (partisans du roi Henri IV luttant contre les Ligueurs) commandés par Yves du Liscouët, La Tremblaye, Kergourmarc'h et la Bastinaye, s'emparent par surprise de Carhaix, la ville étant mal gardée en raison d'un mariage survenu la veille à l'occasion duquel tout le monde avait festoyé. Carhaix « n’était pas fort, n’étant clos que de barrières et chétives murailles, sans aucune garnison »[35]. Ce samedi matin de 1590, la ville est assoupie. On y a célébré le mariage de la fille Guillaume Ollimand, greffier de la ville avec un notable quimpérois, Antoine Silly. « Chacun y avait apporté ce qu’il avait de plus beaux ameublements, pour honorer les noces »[35]. Les réjouissances ont été conséquentes et « les habitants, après bonne chère des noces, dormaient profondément, ne se doutant rien de moins que de l’ennemi ». Une centaine d'habitants de la ville furent tués, d'autres trouvant leur salut dans la fuite en pleine nuit, et la ville fut pillée[36], églises incluses. Le bruit de cet événement se répandit dans toute la contrée, le tocsin sonna dans les églises. Les paysans accourus de Plouyé, Plounévez, Landeleau, Cléden, Huelgoat et paroisses voisines s'acheminèrent sans ordre ni discipline vers Carhaix, y compris le sieur du Cleuziou Roudoumeur, en criant « Marou! Marou Desh! » (« Mort! Mort à eux! »). Arrivés au Granec, Coatanezre, le sieur de Prat-Maria, seigneur du Granec, refuse de marcher à leur tête, mais leur propose comme chef un vieux soldat nommé Lanridon. « Il ne savait pas (…) qu'entreprendre de régler les esprits scabreux et mutins, c'est mener paistre une troupe de renards et se charger de les ramener tous les soirs à l'étable ». Parvenus au pont du Moulin du Duc, ils élèvent une barricade mais, indisciplinés, sont écrasés[37]. « Il y eut en cette déroute un grand massacre de rustiques » écrit le chanoine Moreau. Lanridon, trouvé parmi les morts, fut enterré le lendemain à Collorec par le chanoine Moreau qui habitait alors au château du Granec[36].

Le lendemain de cette bataille, des paysans accourus de paroisses plus éloignées comme Pleyben, Loqueffret, Brasparts, Spézet, accourent à leur tour, commandés par le sieur du Bizit et le prêtre Linlouët (de Pleyben tous les deux), attaquent les « royaux » sans attendre les renforts devant arriver de Châteauneuf, Gouezec et Briec ; ils réussissent un moment à entrer dans Carhaix, mais des renforts dirigés par le sieur du Liscouet, de Tréguier, permirent aux « royaux » de renverser la situation et les paysans furent presque tous exterminés, y compris leurs deux chefs. Cette « boutade » (= révolte, jacquerie) de paysans fut donc pour ces derniers un terrible échec. Le seigneur du Liscoët, furieux d'avoir été blessé (sa main droite avait été coupée d'un coup de hache) mit le feu à la ville de Carhaix et « l'incendie dévora ce que le feu avait épargné ». La destruction fut si complète que longtemps après l'on « était obligé d'aller à quatre lieues chercher du vin pour célébrer la messe»[38].

En 1591, Jan de Kerampuil, procureur du Roi à Carhaix, voulut punir les paroisses de la juridiction de Carhaix qui avaient adhéré « aux ennemis de Sa Majesté & émancipées de son obéissance, du nombre desquelles il a présentement nommez estre ladite ville de Carhaix avec ses faubourgs, la paroisse de Plouguer, Moustoir, Trébrivan, Plévin, Motreff, Quelen(Locarn), Duault, & Landugen, Le Loc’h, Tréogant, Spézet, Mael-Pestivien, Botmel & Callac, Plusquellec, Calanhel, Plourach, Carnoët, Scrignac & Bolazec, Poulaouen, Plounévézel & Kergloff » . Pour assurer « le payement de la garnison de Quintin », 3000 écus furent exigés dont « avons ordonné estre levé de la somme sur la ville de Kerahez [Carhaix] avec Tregleubihan & Kergroez, les fauxbourgs la somme de 500 escus »[39]. On ignore si cette somme fut effectivement payée[40]. Les habitants de Carhaix durent en 1591 faire une requête aux États provinciaux de Nantes[41] disant « ladicte ville auroict esté finalement pillée totallement ravaigée, et une grande partie icelle bruslée par les ennemis de ladite Union, et à présant est inhabitée et presque déserte» demandant « exemption de tailles, fouages et subsides ordinaires » pour « remectre ladicte ville en son premier estat ».

La Tremblaye envisage de venir en représailles attaquer le château du Granec, trêve de Collorec à l'époque[42]: « Nous y trouverons honneur et profit ; la garnison ne saurait nous résister ; nous emporterons un butin considérable » disait-il, mais du Liscoët l'en dissuada : « La garnison est trop nombreuse et dirigée par un habile capitaine (...) ». il fit aussi valoir que le château était très fort, entouré de larges et profonds fossés, flanqués de quatre tourelles munies de canons. Le château du Granec ne fut pas alors attaqué alors que « l'ennemi n'aurait eu qu'à se présenter pour s'en rendre maître. Il restait à peine six hommes de garnison »[43].

En 1592, le célèbre bandit Guy Eder de la Fontenelle s'empare de la ville et installe son quartier général dans la collégiale Saint-Trémeur à partir de laquelle il organise ses différentes exactions. En juillet 1594, un autre bandit, La Plante, « satellite de Fontenelle » disait-on, retranché dans un moulin fortifié près de Carhaix, et qui exerçait des brigandages quotidiens, fut tué par Kergomar au grand soulagement des populations avoisinantes[37].

En 1615, la communauté de la ville adresse une supplique au roi de France : « la ville [...] est encore quasy détruite, la tour de l'église collégiale d'icelle a esté démantelée ; le surplus des bastiment de la dite ville grandement endommagés, et la maison presbytérale joignant icelle ruynée de fond en comble, sans qu'il y reste vestige quelconque du bastiment qu'autrefois y a esté. Les portes et les barrières de la ville entièrement abattues et ponts advenant et pavez fort endommagez, et l'hospital tout ruyné »[44].

En 1674, le célèbre prédicateur Julien Maunoir prêche une mission à Carhaix[45].

La famille de Saisy de Kerampuil[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : de Saisy de Kerampuil et Saint-Quijeau.

La famille de Saisy de Kerampuil, qui habitait le château de Kerampuil situé dans la trève de Saint-Quijeau (qui dépendait alors de la paroisse de Plouguer) a marqué pendant plus de quatre siècles l'histoire de Carhaix.

Carhaix et la révolte des Bonnets rouges (1675)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolte des Bonnets rouges.

Carhaix a été au centre de l'insurrection paysanne dite révolte des Bonnets rouges entre le 6 juillet et le 12 octobre 1675[46].

Sébastien Le Balp, originaire de Kergloff, ancien notaire royal à Carhaix, mène des actions antifiscales et antiseigneuriales[47]. À la tête de paysans armés, il attaque et pille le 6 juillet 1675 la demeure de Claude Sauvan, fermier des devoirs à Carhaix et le 7 juillet celle de Henri Porcher, greffier et notaire à Spézet. C'est le début de la révolte antifiscale, dite aussi révolte du papier timbré qui se transforme rapidement en révolte antiseigneuriale. Quelques jours plus tard, plus de 6 000 paysans prennent d'assaut le château de Kergoat en Saint-Hernin et dans les semaines suivantes des centaines de manoirs sont attaqués dans la région. Un bourgeois de Carhaix écrit dans un témoignage que Sébastien Le Balp avait « acquis une telle réputation parmi les paysans révoltés […] qu'il s'était fait passer pour le chef, que lesdits révoltés suivaient entièrement ses ordres pour sonner les tocsins, pour s'attrouper et s'assembler où il voulait, que pendant la sédition, il a été le premier en tête, à tous les incendies, pillages et désordres »[48]

L'arrivée à Carhaix du duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne, à la tête de 6 000 hommes de troupes, établit son quartier général à Carhaix, et va chnger les rapports de force. En dehors de Sébastien Le Balp, tué par Montgaillard le 2 septembre 1675 au château de Tymeur en Poullaouen qu'il avait investi, les autres chefs de la révolte sont pris et immédiatement jugés à Carhaix. La plupart sont pendus ou roués. De nombreux paysans finirent leurs jours aux galères[49].

Carhaix aux XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

L'ancien couvent des Hospitalières au début du XXe siècle
Carhaix : l'ancien couvent des Hospitalières, ce qu'il en reste

Dans le cadre de la Contre-Réforme, trois nouveaux couvents s'installent au XVIIe siècle dans la ville : celui des ursulines (enseignement) en 1644, celui des carmes déchaussés (charité publique) en 1687, grâce au soutien de Jeanne Guynement de Trévigny, et celui des hospitalières (hôpital) achevé en 1698. La ville est remodelée par des grands travaux au milieu du XVIIIe siècle : les rues et le pavage sont remodelés, l'hôpital installé place du Martray ; l'ingénieur Moreau remodèle l'espace urbain en 1759, aménageant la place du Champ de bataille (actuelle place de la Tour-d'Auvergne) au niveau de l'ancien Martray et démolissant les portes de la ville pour faciliter la circulation. La population de la ville est estimée à environ 1 400 habitants en 1770.

Le 25 juin 1752, la célèbre bandit Marion du Faouët est à la foire Saint-Pierre de Carhaix avec sa fidèle servante Marguerite Cariou et quelques autres. Elle est arrêtée le 2 juillet à Poullaouen par les gendarmes et conduite à la prison de Carhaix avant d'être transférée à Quimper le 15 juillet, mais elle fut finalement cette fois-là libérée[50]. L'almanach royal de 1753 indique en 1753 comme foires « les plus considérables » à Carhaix la foire « vers la mi-carême qui dure 15 jours » et celle « du 1er novembre qui dure six jours »[51].

Jacques Cambry ne dresse pas de Carhaix en 1794 un tableau très reluisant : « Quelles rues ! Quelle malpropreté ! La grande rue est entièrement pavée de quartz : cette pierre indestructible, dont les plus lourdes voitures ne peuvent briser les pointes anguleuses, dégarnis de sable, de la terre qui les environnait, fatiguent le pied des piétons et estropient les animaux. Beaucoup de maisons enfumées, au-dessous du sol de la rue, recevant ses écoulements ; une multitude de chaumières des habitants, en rendaient le séjour inhabitable, sans l'élévation sur laquelle cette ville est placée, sans les vents violents qui balayent et purifient l'atmosphère »[52]. Il écrit aussi : « la commune est un amas de maisons mal bâties, coupées de jardinets mal entretenus », constate « la pauvreté, la nonchalance et la malpropreté d'une partie des habitants. (…) L'eau-de-vie seule les agite ». Il évoque aussi « la vieille ville de Carhaix composée de tanneries », situées en fait au bord de l'Hyères au lieu-dit Le Petit-Carhaix[53] où existent aussi des moulins à foulon, à blé et à papier.

Carhaix et la Révolution française[modifier | modifier le code]

Jean Marie Golias de Rosgrand, député du tiers état aux États généraux de la sénéchaussée de Carhaix
Billette, député du tiers état aux États généraux de la sénéchaussée de Carhaix
Article détaillé : Révolution française de 1789.

Le tiers état de la sénéchaussée de Carhaix rédigea un cahier de doléances[54] demandant notamment l'égalité des trois Ordres devant l'impôt, la suppression des tailles, fouages et de la dîme ainsi que celle des domaines congéables et des justices seigneuriales. Il ajoute : « Que les droits de servitude odieuse, tels que de se jeter dans l'eau à certains jours, de faire taire les grenouilles, quintaines et autres droits ridicules de cette espèce soient abolis ainsi que les péages et coutumes, moyennant indemnités »[55]. Le clergé et la noblesse de Bretagne ne firent pas de cahiers de doléances. Jean Marie le Golias de Rosgrand, originaire de Brasparts, avocat à Châteaulin et Billette, négociant et entrepreneur de la manufacture de cuirs de Quimperlé, sont élus députés du tiers état aux États généraux pour représenter la sénéchaussée de Carhaix (N. Quarguet, procureur du roi à Châteauneuf-du-Faou étant député suppléant).

En septembre 1791, l'Assemblée nationale décrète la fusion en une seule paroisse, sous l'invocation de Saint-Trémeur, des paroisses et trèves de Carhaix, Plounévézel, Sainte-Catherine, Saint-Quijeau et Treffrin[56].

Refusant d'abandonner la vie monastique, les moines du couvent des Carmes sont expulsés dès 1790 et ceux du couvent des Augustins en 1791 (il n'y subsistait que trois moines). Les religieuses hospitalières sont expulsées le 13 avril 1792 contre la volonté des habitants (elles reviennent en 1811). La proportion de prêtres réfractaires est élevée dans le district de Carhaix: 39 sur 51 prêtres recensés en 1791[57].

Pendant la Terreur, Carhaix est sous l'emprise d'un « Comité des Six » composé de jacobins extrémistes dirigés par Allain Launay et Jacques-Gabriel Launay ; les saccages sont nombreux, par exemple la très riche bibliothèque du château de Kerampuil[58], formée par plusieurs générations de conseillers au Parlement de Bretagne.

Des chouans écument la région de Carhaix dirigés principalement par De Bar à partir de l'été 1792. En 1798 par exemple ils pendent dos à dos le curé constitutionnel de Motreff et le commissaire du canton de Saint-Hernin. En 1802, ils enlèvent un riche marchand de toiles de Ploudiry, Alain Pouliquen, qu'il libéra contre rançon de 30 000 francs versée dans une auberge de Carnoët[59]. Après 1805, De Bar finit par émigrer en Angleterre pour échapper aux poursuites.

Le découpage départemental opéré en 1790 désavantagea la ville, séparée par le nouveau découpage administratif d'une part importante de son arrière-pays naturel ; c'est en vain que « en 1790, les paroisses de Plévin, Paule, Trébrivan, Carnoët, Maël-Carhaix et Duault demandèrent à être rattachées au district de Carhaix et à être disjointes du département des Côtes-du-Nord »[60] parce que « les habitans de ces paroisses qui ne parlent que l'idiome breton répugnent à se rendre à Saint-Brieuc où ils ne sont point entendus »[61]. Même Treffrin, pourtant ancienne trève de Plouguer, fut à la suite d'une erreur cartographique, placée dans les Côtes-du-Nord. La ville fut certes chef-lieu de district de 1790 à 1799 mais c'est Châteaulin qui fut préféré à Carhaix comme chef-lieu d'arrondissement lors de la création de ces derniers en 1800.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La persistance de la vie traditionnelle[modifier | modifier le code]

"Port-de-Carhaix" en 1900 : le canal de Nantes à Brest et la gare du « réseau breton »

L'ouverture du canal de Nantes à Brest vers 1830, s'il profite aux ardoisières et à l'agriculture de la région, ne dynamise guère Carhaix, même s'il provoque la création du port de Carhaix.

Émile Souvestre décrit ainsi Carhaix en 1836 : « Carhaix est encore une ville du Moyen Âge, aux rues sans pavés, entremêlées de champs labourés... Elle est fangeuse, délabrée, noircie, toute lépreuse de misère et d'ignorance. La voie publique y fait partie de chaque demeure. La moitié de la vie des habitants s'y passe. Les enfants mangent assis sur les seuils, les femmes filent en chantant devant les portes. (…) C'est dans la rue que le pauvre bat le blé de son petit champ, que la Cornouaillaise étend son linge au sortir du lavoir »[62].

En 1846, le journal La Feuille de Morlaix écrit : « On prétend qu'à la dernière foire de Carhaix on a vendu cinquante-quatre peaux de vaches mortes de froid et de faim »[63].

Les communications restent très difficiles : un rapport de 1846 parle du « manque absolu de voies de communications dans le triangle Guingamp - Carhaix - Morlaix »[64]. Un autre rapport du même Conseil général des Côtes-du-Nord daté du milieu du XIXe siècle signale que les dépêches doivent fréquemment être transportées à pied entre Guingamp et Carhaix et parviennent alors toutes mouillées dans cette dernière ville. En 1832, des auteurs écrivent : « Entre les villes de Châteaulin, Carhaix, Rostrenen, Pontivy, Josselin, Malestroit et Redon, il n'existe absolument aucune voiture, aucune communication régulière »[65]. Les accidents étaient fréquents: par exemple le 1er décembre 1846, la diligence qui effectuait le service entre Lorient et Morlaix verse près du pont du Petit-Carhaix, un voyageur fut tué et plusieurs gravement blessés[66].

Édouard Vallin ne dit guère mieux en 1859 : « C'est une cité du Moyen Âge, triste, silencieuse, fidèle à ses vieilles mœurs, en un mot c'est une de ces villes de Bretagne qui sont restées en arrière de la civilisation »[67].

L'état sanitaire de la population reste médiocre ; par exemple une épidémie de dysenterie sévit dans la région de Carhaix en 1857[68]. Des épidémies de choléra font 5 morts à Carhaix en 1849 et 40 entre le 28 février et le 30 avril 1866[69]. Une nouvelle épidémie de dysenterie survient en novembre 1901 à Carhaix, Kergloff, Cléden-Poheretc./[70]. Une épidémie de rougeole en 1913 fait plusieurs morts[71].

Le préfet du Finistère note en 1880 « que les deux écoles publiques de Carhaix sont dans un état de délabrement qui exige des réparations immédiates »[72].

Une race bovine dite « de Carhaix », issue du croisement de la race bretonne pie noir et de la race Durham se développa dans la seconde moitié du XIXe siècle. Elle donnait des animaux produisant plus de viande et de lait que les races élevées antérieurement[73].

Dans la seconde moitié du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle, Carhaix fit partie des rares communes de France ayant conservé la tradition d'élire chaque année une rosière, un legs fait à la commune par un ancien officier de la Révolution française qui s'illustra lors de la bataille de Marengo, Gaspard Mauviel, lui en faisant obligation[74].

Carhaix et La Tour d'Auvergne[modifier | modifier le code]

Statue de La Tour d'Auvergne à Carhaix (par Carlo Marochetti)

Au XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle, Carhaix est véritablement obnubilée par le souvenir de La Tour d'Auvergne, son « grand homme », en faveur de qui elle multiplie commémorations et fêtes diverses, souvent avec la venue de personnalités nationales, pendant plus d'un siècle. En 1841, l'inauguration de sa statue à Carhaix donne lieu à une fête grandiose. Le Journal des débats écrit : « Le 27 juin a été pour la Bretagne une fête vraiment nationale. Ce jour-là elle inaugurait, comme on sait, la statue du « premier grenadier de France ». Toutes les autres villes, jalouses de figurer à la fête, avaient envoyé des députations; l'armée avait voulu être représentée; les campagnes elles-mêmes n'y restaient point étrangères et l'on voyait arriver, à grandes journées, à pied, à cheval, en voiture, par toutes les routes, des montagnes, de tous les villages, de tous les châteaux d'Armorique, une foule immense attirée par l'admiration pour la gloire féodale et populaire qu'on allait consacrer »[75]. Théodore de La Villemarqué entonna un chant en breton, puis traduit en français, à la gloire du héros. Une polémique gâcha toutefois un peu la fête : au dernier moment, un écusson représentant les armoiries de la famille de La Tour d'Auvergne fut retiré du socle du monument et sous la pression des républicains de l'époque, l'on dut y inscrire le nom du « citoyen Corret ». La foule présente a pu découvrir l'urne renfermant le cœur de La Tour d'Auvergne déposée aux autorités de la ville de Carhaix pour l'occasion par la famille du Pontavice de Heussey[76].

Le centenaire de sa mort en 1900 est fêté en grande pompe en présence d'une « foule énorme »[77], du ministre de la Guerre, le général André, du général Lambert et de Théodore Botrel qui compose des strophes enflammées[78] en l'honneur du grand homme[79]. C'est le cas encore en 1924[80] ou en 1925 pour le 125e anniversaire de sa mort[81].

Gustave Flaubert, dès 1847, l'avait très bien remarqué : « Après que nous eûmes passé auprès de la statue de La Tour-d'Auvergne, que nous eûmes traversé la place de La Tour-d'Auvergne, la rue de la Tour-d'Auvergne, le boulevard de La Tour-d'Auvergne, le cul-de-sac de La Tour-d'Auvergne, après que nous eûmes regardé la maison où naquit La Tour-d'Auvergne et que nous ne fûmes pas entrés à l'auberge de La Tour-d'Auvergne, nous arrivâmes à je ne sais quel hôtel établi en face du cours de La Tour-d'Auvergne. (…) La statue de ce monsieur qui fut, dit l'histoire, un archéologue distingué, le premier grenadier de France, et tué d'un coup de lance au combat d'Oberhausen est due au ciseau de Marochetti. (…) Tout cela est triste, emphatique, bête »[82].

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Carhaix : le marché aux chevaux, place de l'église à la fin du XIXe siècle
Carhaix : danse après le grand marché sur la place du Champ-de-Bataille peu après 1900

Carhaix demeure encore au début du XXe siècle célèbre pour ses foires et marchés. Édouard Charton écrit en 1903 : « Carhaix est l'un des plus importants marchés de bestiaux de la Bretagne. En dehors des marchés du samedi, il s'y tient plusieurs grandes foires, le 13 mars, le jeudi après Pâques, la veille de l'Ascension, le 30 juin, deux autres en août, le 20 septembre, le 2 novembre et les jours suivants, et la dernière le 29 novembre »[83]. En 1934 encore, la grande foire aux chevaux organisée en novembre durait deux jours[84].

En 1905 les grandes fêtes bretonnes en présence du barde Théodore Botrel chantant ses œuvres et de représentations théâtrales du « drame de Pont-Callec » avec le barde Jaffrennou dit Taldir suscitent des contre-manifestations de la part des « laïcs », le maire, Anthoine et les instituteurs publics en tête de cortège chantant l'Internationale alors que les partisans des fêtes chantent Breiz-Izel da Vaniellou (« Lève, ô Bretagne, tes étendards »)[85]. Ce n'est là qu'un exemple des nombreuses polémiques, manifestations et contre-manifestations opposant « cléricaux », souvent aussi chantres de la bretonnité (mouvement Bleun-Brug par exemple) et « laïcs » à Carhaix dans la première moitié du XXe siècle.

Le progrès parvient peu à peu à Carhaix : le bureau télégraphique ouvre en 1873, l'électrification survient en 1908 (pour le centre-ville), l'eau courante et le tout à l'égout entre les deux guerres mondiales.

L'étoile ferroviaire de Carhaix[modifier | modifier le code]

L'étoile ferroviaire de Carhaix
La gare de Carhaix au début du XXe siècle

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, Carhaix devient progressivement le centre d'une étoile ferroviaire connue sous le nom d'« étoile de Carhaix », formé de lignes ferroviaires à voies métriques du réseau breton, se dirigeant au départ de Carhaix dans toutes les directions (Guingamp, Morlaix, Camaret via Châteaulin et Crozon, Rosporden et Rennes via Rostrenen, Loudéac et La Brohinière. Carhaix a été à l'époque un nœud ferroviaire accompagné d'ateliers de maintenance qui ont employé jusqu'à 400 personnes.

La gare de Carhaix en 2011
Locomotive E415, près de la Gare

La ligne Carhaix-Morlaix fut mise en service en 1891, Carhaix-Guingamp-Paimpol en 1893, Carhaix-Rosporden en 1896, Carhaix-Rostrenen en 1898 (prolongée en 1902 jusqu'à Loudéac), Carhaix-Pleyben en 1904 (prolongée en 1906 jusqu'à Châteaulin et en 1925 jusqu'à Camaret). Certaines de ces lignes n'ont été en service que peu de temps puisque la fermeture s'amorce dès 1939 (fermeture du trafic voyageurs sur la ligne Carhaix-Morlaix qui ferma totalement en 1962). À l'exception de la Carhaix - Guingamp, mise à voie normale en 1967 et toujours en service, maintenant desservie par la CFTA TER Bretagne toujours en service, les autres lignes de l’« étoile de Carhaix » ferment en 1967.

Article détaillé : Réseau breton.

Le réseau breton totalisait plus de 420 km de voies métriques (c’est-à-dire de voies dont la largeur était d'1 mètre, taille utilisée pour les lignes secondaires). Aujourd'hui, on peut visiter la seule locomotive du Réseau breton qui est restée en région (n° E415) près de la gare de Carhaix.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Première Guerre mondiale.

207 soldats de Carhaix et Plouguer sont tués pendant la Première Guerre mondiale.

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La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seconde Guerre mondiale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des résistants sont torturés dans les caves du Castel Ruz (« château Rouge »).

Joseph Jean Borgne, né le 22 novembre 1913 à Carhaix, facteur à la SNCF à Carhaix, membre du Réseau Johnny, fut fusillé au Mont-Valérien le 24 juillet 1942[86].

Le 6 mai 1944, une jeune femme originaire de Carhaix, Marie Le Manach, maîtresse d'un officier allemand et suspectée d'avoir aidé les Allemands à arrêter des résistants FTP lors de la rafle de Callac le 9 avril 1944 est assassinée chez elle par deux résistants[87], dont Jean Le Jeune[88].

Le 8 juin 1944, huit jeunes résistants pris par surprise par des Allemands de la division de parachutistes Kreta, qui se dirigeait vers le front de Normandie, dans une ferme du hameau de Lamprat en Plounévézel sont successivement pendus à différents endroits entre Plounévézel et Saint-Caradec, dont l'un, Georges Auffret, 23 ans, à l'entrée de Carhaix, route de Brest, devant la café Harnais, et un autre, Marcel Goadec, 22 ans, en pleine ville de Carhaix, rue de la Fontaine-Banche (actuelle rue des Martyrs)[89].

Un rôle de capitale locale à nouveau ?[modifier | modifier le code]

En 1966 ouvre le lycée Paul-Sérusier. Carhaix est toujours la capitale du Poher, comme le montre le nom de la communauté de communes dont elle est désormais le chef-lieu et ambitionne d'être celle du centre-ouest breton, ce qui n'est pas toujours facile, la ville étant handicapée par le découpage administratif (elle est à la limite de trois départements : Finistère, Morbihan et Côtes-d'Armor) et la faiblesse démographique du Kreiz Breizh, nouveau nom de l'ancien GALCOB : la lutte en 2010 pour le maintien de son hôpital (finalement fusionné avec le CHU de Brest) et de sa maternité, impulsée par son maire Christian Troadec, montre que cette ambition reste fragile.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Carhaix : la mairie et affiche bilingue (à l'occasion d'une étape du Tour de France cycliste 2011)
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1792   Théodore Le Gogal    
avant 1845 après 1845 Bernard   Conseiller général
avant 1853 après 1867 Révault   Notaire. Nommé par l'Empereur. Conseiller général en 1866
avant 1877 après 1880 Joseph Nédellec   Notaire. Conseiller général et député[90]
avant 1900 après 1900 Anthoine    
1906 mai 1945 Ferdinand Lancien Radical-socialiste Sénateur
février 1957 mars 1977 Jean Rohou Divers droite Entrepreneur de travaux publics
mars 1977 juin 1995 Jean-Pierre Jeudy PCF Conseiller général du Canton de Carhaix-Plouguer

(1973-1979)

juin 1995 mars 2001 André Le Roux UDF Pharmacien
mars 2001 en cours Christian Troadec DVG puis MBP Journaliste

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 7 541 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 627 1 734 1 522 1 597 1 939 1 984 2 021 2 201 2 143
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 229 2 197 2 365 2 496 2 518 2 880 2 789 3 064 3 032
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 308 3 600 3 493 3 943 4 115 4 237 4 295 4 273 4 032
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
6 065 7 049 8 210 8 591 8 198 7 648 7 676 7 667 7 541
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[91] puis Insee à partir de 2004[92].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (32,5 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (24,5 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (53,6 %) est supérieur de plus de deux points au taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 46,4 % d’hommes (0 à 14 ans = 15 %, 15 à 29 ans = 18,6 %, 30 à 44 ans = 17,4 %, 45 à 59 ans = 21,8 %, plus de 60 ans = 27,3 %) ;
  • 53,6 % de femmes (0 à 14 ans = 12,4 %, 15 à 29 ans = 14 %, 30 à 44 ans = 15,8 %, 45 à 59 ans = 20,7 %, plus de 60 ans = 37,1 %).
Pyramide des âges à Carhaix-Plouguer en 2007 en pourcentage[93]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90  ans ou +
1,5 
9,8 
75 à 89 ans
17,2 
17,0 
60 à 74 ans
18,4 
21,8 
45 à 59 ans
20,7 
17,4 
30 à 44 ans
15,8 
18,6 
15 à 29 ans
14,0 
15,0 
0 à 14 ans
12,4 
Pyramide des âges du département du Finistère en 2007 en pourcentage[94]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90  ans ou +
1,2 
6,7 
75 à 89 ans
11,6 
13,6 
60 à 74 ans
15,3 
21,4 
45 à 59 ans
20,2 
20,8 
30 à 44 ans
18,9 
18,4 
15 à 29 ans
16,1 
18,7 
0 à 14 ans
16,7 

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Revue Spered Gouez / L'Esprit sauvage, fondée en 1991 par Marie-Josée Christien, éditée par le Centre culturel breton Egin à l'occasion du Festival du Livre en Bretagne.
  • Revue "Regard d'Espérance", journal d'information et de réflexion, mensuel gratuit publié depuis décembre 1985 par le Centre Missionnaire de Carhaix, édité à 8 500 exemlaires comprenant interview, chronique historique, économique, de société, conseil du médecin...Directeur de publication : Y. Charles.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Le semi-marathon Huelgoat-Carhaix et le 10 km Poullaouen-Carhaix[96] se déroulent chaque année au mois de mai.

Économie[modifier | modifier le code]

La rue commerçante principale de Carhaix (rue Lambert)

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

Un exemple de bilinguisme français-breton
Forêt de drapeaux bretons à Carhaix lors des 30 ans des écoles Diwan en 2008

Ya d'ar brezhoneg[modifier | modifier le code]

L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le 27 septembre 2004. Le label de niveau 2 de la charte a été remis à la commune le 14 mars 2005 et le label de niveau 3 le 31 janvier 2009.

Deskadurezh[modifier | modifier le code]

À la rentrée 2013, 491 élèves étaient scolarisés à l’école Diwan et dans les filières bilingues (soit 24,8% des enfants de la commune inscrits dans le primaire)[98].

La position de Carhaix comme centre de la Bretagne Ouest a été un élément déterminant pour l'implantation de l'unique lycée Diwan, où la majorité de l'enseignement est dispensée en breton. Il occupe en partie une ancienne maison de retraite près du château de Kerampuilh.

Les crèches Galipette / Toutig penn et La main dans la main ont signé la charte Divskouarn.

Le siège central de l'Office public de la langue bretonne est situé 32 bis rue des Martyrs. Il est prévu par la Région Bretagne, qu'il soit transféré dans le château de Kerampuilh.

Le premier bureau de poste bilingue français-breton a été inauguré en novembre 2012 à Carhaix[99].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Carhaix – à l'époque Vorgium – était le chef-lieu du peuple gaulois des Osismes après la conquête romaine. On trouve un important patrimoine dans la commune[100], notamment de nombreux vestiges gallo-romains.

Monuments religieux
  • L'église paroissiale Saint-Pierre de Plouguer est à l'origine une église romane mais maintes fois remaniée, elle contient des éléments de style gothique et même renaissance (sa nef romane est prolongée par des travées gothiques). Son porche sud est de style gothique flamboyant, avec une arcade en fer à cheval. Sa sacristie date de 1514. Construite au XIe siècle sur l'ancienne paroisse de Plouguer (rattachée en 1956 à la commune de Carhaix), transformée au XVIe siècle puis en 1746, elle fut en partie détruite par un incendie le 9 décembre 1923 et sa restauration fut achevée en 1927.
  • L'église paroissiale Saint-Trémeur, consacrée à saint Trémeur, de style néogothique a été reconstruite entre 1881 et 1887 par l'architecte Ernest Le Guerranic[101], à l'exception du clocher-porche de style gothique flamboyant plus ancien (1529-1535), construit par l'atelier de Saint-Herbot, à l'emplacement de l'ancienne collégiale Saint-Trémeur construite en 1370 et restée collégiale jusqu'en 1790.
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  • Le couvent des Augustins dont il ne subsiste que quelques arcades et un portail. Son cloître a été vendu au Cloisters Museum[réf. nécessaire] de New York en 1930.
  • Le couvent des Carmes dont il ne subsiste que la façade de l'ancienne chapelle ; les services de l'urbanisme de la ville y sont installés.
  • L'ancien couvent des Hospitalières et la chapelle Notre-Dame-de-Grâce. Fondé en 1663 par Anne du Chastel de Kerlech, sa construction fut achevée vers 1698.
  • La chapelle Notre-Dame des Grâces, bien que désaffectée, est la seule trace subsistante des religieuses hospitalières chargées de la gestion de l'hôpital Sainte-Anne. La chapelle a été construite en 1663 par Anne du Chastel de Kerlec'h. Un incendie survenu en 1875 a accéléré la ruine des bâtiments.
  • La chapelle Sainte-Anne, reconstruite au XIXe siècle dans le style néogothique est le dernier vestige de la « maison des pauvres » fondée en 1478 par Maurice du Méné et qui fut le premier « hôpital » de Carhaix. Cette chapelle a conservé des statues en bois polychrome du XVIe siècle (sainte Catherine d'Alexandrie, Vierge à l'Enfant) et du XVIIe siècle (Christ en croix.
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Monuments civils
  • L'aqueduc gallo-romain[102].
Carhaix : la « maison du sénéchal », détail de la façade
  • La maison du Sénéchal (actuellement office du tourisme), datant du XVIe siècle, où siégea Guillaume Guinamant, sénéchal de Carhaix en 1562, député de Carhaix aux États généraux en 1576-1577 à Blois et un des rédacteurs de la nouvelle coutume de Bretagne de 1580 et auteur de l'usement du Poher Sommaire déclaration que fait le sénéchal de Karhaye de l'usance observée de tous temps au terrouer de Poher pour les détenteurs de tenues à titres convenant franc et congéable. Elle est classée Monument historique depuis 1922 (façade rue Auguste-Brizeux) et 1976 (façade rue Félix-Faure).
  • Le pont de Petit Carhaix : ce pont sur l'Hyères date probablement du XVIIIe siècle et est à la limite des communes de Carhaix et Plounévézel. Le seigneur de Tymeur en Poullaouen y percevait des droits.
  • Le pont de Moulin-Meur : situé aussi sur l'Hyères (en aval du précédent), il date également probablement du XVIIIe siècle et le seigneur de Tymeur y percevait aussi des droits. Ce pont est situé sur l'ancienne voie romaine reliant Vorgium à l'Aber Wrac'h.
  • La place de la mairie : elle correspond à l'ancienne place des halles. Les halles médiévales en bois qui s'y trouvaient ont été détruites à la fin du XIXe siècle. La mairie actuelle date de la décennie 1890.
  • Le manoir de Kerniguez : la majeure partie du corps du bâtiment principal date du XVIIIe siècle, mais à l'ouest, un bâtiment du XVIe siècle subsiste. Il fut mis à sac pendant les guerres de la Ligue entre 1590 et 1598.
  • Le château de Kerampuil : l'actuel château, situé alors dans la trève de Saint-Quijeau a été construit en 1760 par Charles Robert, comte de Kerampuil, descendant de la famille de Saisy de Kerampuil dont l'un des ancêtres Alain de Kerampuil fut écuyer de Bertrand Duguesclin. Bien national pendant la Révolution française, il fut ensuite restitué à ses anciens propriétaires et la famille le vendit en 1939 pour qu'il serve d'hospice. Il est devenu propriété de la ville de Carhaix en 1999. Sa façade et ses toitures sont inscrites à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 1965. Gilles de Kerampuil (vers 1530-1578) fut curé de Cléden-Poher et un lettré de son temps.
  • Le château Rouge (Kastel Ruz) a été construit au début du XXe siècle par l'architecte Le Guerranic pour Constant Lancien, notable carhaisien de l'époque.
  • La place de la Tour d'Auvergne correspond à l'ancienne place du Champ-de-bataille aménagée en 1760. Une statue en bronze, hommage à Théophile Malo Corret de La Tour d'Auvergne, sculptée par le baron Carlo Marochetti, a été érigée place de la Tour d'Auvergne le 27 juin 1841.
  • Le manoir de Kerampest faisait partie de l'ancienne trève de Saint-Quijeau en Plouguer. Il n'en subsiste que des vestiges datés du XVIe siècle[103].
  • Le monument aux morts, représentant une mère, a été sculpté par René Quillivic.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Naissances[modifier | modifier le code]

Fiction[modifier | modifier le code]

Artistes, écrivains et personnalités ayant vécu à Carhaix[modifier | modifier le code]

Conte[modifier | modifier le code]

« Il y avait autrefois, du côté de Plouguer, là-bas, sur les bords de l'Aulne, au-dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, des déesses, des diablesses et un tas de vilaines choses. J'ai entendu dire par des savants que leurs chefs s'appelaient des druides... »

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Le blason de Carhaix-Plouguer.
D'or au bœuf de sable colleté, clariné et accorné d'argent.
Présent sur l'armorial d'Hozier de 1696.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif (Erwan Chartier, dir.), Carhaix : deux mille ans d'histoire au cœur de la Bretagne, Éditions ArMen, 2005, 203 p.
  • Carhaix et le Poher, itinéraires intérieurs, direction Marie-Josée Christien (hors-série Spered Gouez, 2004)
  • Ronan Gorgiard, Les Vieilles Charrues : le Wood-soc breton : 10 ans de labour, Éditions An Here, 2002
  • Mesgouez D., Histoire des rues de Carhaix, Coop Breizh, Spezet, 1991
  • François Moal, Carhaix et le Poher : aux carrefours de l'histoire, Coop Breizh, Spezet, 1986
  • Louis Pape. La Civitas des Osismes à l'époque gallo-romaine . Presses universitaires de Rennes, 1978. Thèse universitaire.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Journal des débats politiques et littéraires n° du 7 mars 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4811192.r=carhaix.f3.langFR.hl
  2. Le Temps no 18039 du 19 novembre 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k240307x.r=carhaix.f4.langFR.hl
  3. Procès-verbal des séances du conseil général du Finistère, session de 1862, [lire en ligne]
  4. « Calcul de l'orthodromie » (consulté le 9 octobre 2011)
  5. [PDF]Ar Gazetenn
  6. Paul de Berthou, Cartulaire de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, 2e édition, 1904, consultable sur Gallica.
  7. a et b Goulven Péron, « La bataille légendaire de Carhaix », dans Kaier ar Poher, no 28, mars 2010.
  8. Tanguy, Bernard. Dictionnaires des noms des communes du Finistère. ArMen-Le Chasse-Marée. Article Carhaix-Plouguer
  9. a, b, c, d et e Régis Le Gall Tanguy, L'Évolution d'un ancien chef-lieu de cité : Carhaix (Finistère) au Moyen Âge, université de Poitiers, 2006, consultable http://www.scribd.com/doc/34989956/L%E2%80%9Fevolution-d%E2%80%9Fun-ancien-chef-lieu-de-cite-Carhaix-Finistere-au-Moyen-Age
  10. Louis Pape, La Civitas des Osismes à l’époque gallo-romaine. Paris, C. Klincksiek, Institut armoricain de la recherche économique et humaine, 1978
  11. a et b Jacques Briard, Pierre-Roland Giot, Louis Pape, Protohistoire de la Bretagne, Édilarge (Groupe SIPA - Ouest-France), Rennes, juin 1995, 422 p. [ISBN 2-7373-1659-6], 1995
  12. http://vorgium.pagesperso-orange.fr/accueil.htm
  13. a et b Yves Menez et Stéphane Hingant, "Fouilles et découvertes en Bretagne", éditions Ouest-France, INRAP, 2010 [ISBN 978-2-7373-5074-0]
  14. http://fr.topic-topos.com/aqueduc-gallo-romain-detail-mael-carhaix
  15. Carte de l'aqueduc consultable http://www.marikavel.org/bretagne/carhaix/aqueduc.htm
  16. Bernard Tanguy, "Des cités et diocèses chez les Coriosolites et les Osismes", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXIII, 1984
  17. Robert Mowat, « La station de Vorgium déterminée au moyen de l'inscription itinéraire inédite de Mael-Carhaix (Côtes-du-Nord) », dans Revue archéologique, Paris, janvier 1874, p. 1-8 et Pl. I (en ligne).
  18. Louis Pape, La Civitas des Osismes à l'époque gallo-romaine
  19. Loth, Romania, 1900
  20. Gaétan Cloirec, l'archéologue responsable de la fouille de la zone de l'hôpital en est aussi d'accord.
  21. a et b http://www.ville-carhaix.com/fr/decouvrir/historique/media/carhaix_origines_anosjours.pdf
  22. http://perso.wanadoo.fr/vorgium/index.htm
  23. Jean-Yves Éveillard, La Voie romaine de Rennes à Carhaix. Recherches autour d’un itinéraire antique. Brest, université de Bretagne occidentale, 1975
  24. Patrick Galliou, L'Armorique romaine, éditions Armeline, 2005
  25. Inscription portant « Marcus Quonomorus Drustanus » trouvée à Castle Dore (en) en Cornouailles britannique, qui pourrait mentionner le roi Marc'h ou son neveu, Tristan
  26. BNF. manuscrit 103
  27. R. Couffon, « Les pagi de la Domnonée au IXe siècle selon les hagiographes bretons », Mémoires de la Société d'archéologie et d'histoire de Bretagne, tome 24, 1944
  28. Bernard Tanguy. Dictionnaire des noms de communes du Finistère
  29. Dom Le Duc, 1863
  30. Jean-François Caraës, "Les origines féodales de la ville de Carhaix. Topographie de la cité médiévale", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXIII, 1984
  31. Acte concernant un litige de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé
  32. «Les Francoys arivez ô les Bretons de la partie monseigneur Charles, il eut si grand ost que grant terre pourprnoient ses gens d'armes. Et lors les mena asseoir la ville de Karahès fut par le greveulx assault tellement tourmentée que ses habitans enfin furent contrains à la mectre à son obéisance » écrit Froissart
  33. Jean-Pierre Leguay, Vivre dans les villes bretonnes au Moyen Âge, PUR, juin 2009
  34. Noël Du Fail, Propos rustiques
  35. a et b Chanoine Jean Moreau, Henri Wacquet (publié par), Mémoires du chanoine Jean Moreau sur les guerres de la ligue en Bretagne, Quimper, 1960
  36. a et b Compagnie de Jésus, Études religieuses, historiques et littéraires, éditions C. Douniol, Paris, 1870/07 (A15,SER4,T6), [lire en ligne].
  37. a et b Édouard Gorges, Chroniques bretonnes, Fontenelle, histoire de la Ligue en Bretagne, éditeur C. Gosselin, Paris, 1844, [lire en ligne].
  38. Mélanges d’histoire et d’archéologie bretonne, tome 1, page 42, cité par Études religieuses, historiques et littéraires, Compagnie de Jésus, 1870/07, [lire en ligne].
  39. Dom Hyacinthe MORICE, « Mémoire pour servir de preuves »( 9 mars 1591)-Preuves-Tome 3
  40. Bulletin du Centre généalogique et historique du POHER, Kaier ar Poher ("Cahier du Poher") no 21, juin 2008, consultable http://joseph.lohou.perso.sfr.fr/Callac-de-Bretagne/poherligue.html
  41. Requête aux habitants de la Ligue par les habitants de Carhaix, [lire en ligne].
  42. Le Granec fait partie désormais de la commune de Landeleau
  43. Études religieuses, historiques et littéraires, éditions C.Douniol, Paris, 1870/07 (A15,SER4,T6), [lire en ligne].
  44. Du Laz, 1898-1899
  45. R.P.G. Le Roux, Recueil des vertus et des miracles du R. P. Julien Maunoir, Saint-Brieuc, 1848, [lire en ligne].
  46. http://www.skoluhelarvro.org/culture-bretagne/batailles/detail.php?id=299
  47. Site complet sur la révolte des Bonnets rouges et Sébastien Le Balp, révolte du papier timbré
  48. http://p.ribot.free.fr/bonnetrouge.htm
  49. Leclerc (G), « La Révolte du Papier timbré à Carhaix et dans sa région », Bull. Association bretonne, CX, 2001, p. 137-152 Puillandre (A), Sébastien Le Balp, Bonnets rouges et papier timbré, Keltia Graphic, Spézet, 1996
  50. Jean Lorédan, La Grande Misère et les voleurs au XVIIIe siècle : Marion du Faouët et ses associés, 1740-1770, [lire en ligne].
  51. Almanac'h royal, 1753, [lire en ligne].
  52. Jacques Cambry, Voyage dans le Finistère ou état de ce département en 1794 et 1795, Société archéologique du Finistère, 1999
  53. Société d'émulation de Brest, Annuaire de Brest et du Finistère pour… / publié par la Société d'émulation de Brest, Imprimerie de Combes et Bonetbeau, Brest, 1851, [lire en ligne].
  54. Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages. Série 1 / Tome 2 / impr. par ordre du Sénat et de la Chambre des députés ; sous la dir. de MM. Jules Mavidal et Émile Laurent... consultable sur Gallica.
  55. Cité par Maxime Du Camp dans "Journal des débats politiques et littéraires n° du 23 août 1868
  56. Décret de l'Assemblée nationale, 11 septembre 1791, Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 8-17, 19, 21-33. Assemblée nationale constituante. 30. Du 28 août au 17 septembre 1791 / impr. par ordre du Sénat et de la Chambre des députés, consultable sur Gallica.
  57. Philippe Sagnac, « Étude statistique sur le clergé constitutionnel et le clergé réfractaire en 1791 », Revue d'histoire moderne et contemporaine, n° de novembre 1906, [lire en ligne].
  58. Cambry, Catalogue des objets échappés au vandalisme dans le Finistère : dressé en l'an III, consultable sur Gallica.
  59. Daniel Bernard, « Recherches sur la chouannerie dans le Finistère », revue Annales de Bretagne no 1 et 2, année 1937, [lire en ligne].
  60. Daniel Bernard, revue Annales de Bretagne no 1, année 1921, consultable sur Gallica.
  61. P.Hémon, Carhaix et le district de Carhaix pendant la Révolution, tome 2
  62. Émile Souvestre, Les Derniers Bretons, Paris, Charpentier libraire-éditeur, 1836, [lire en ligne]
  63. Cité par La Presse no 3264 du 4 avril 1845, [lire en ligne]
  64. Procès-verbal des délibérations du Conseil général des Côtes-du-Nord, session de 1846, Saint-Brieuc, consultable sur Gallica.
  65. Corrèze et Manès, Mémoire sur les routes et le roulage, éditions Carilian-Gœury, 1832, [lire en ligne].
  66. Journal des débats politiques et littéraires n° du 8 décembre 1848, [lire en ligne]
  67. Édouard Vallin, Voyage en Bretagne, Finistère, Comptoir de la Librairie de province, Paris, 1859, [lire en ligne].
  68. Charles Benoist, Mémoire sur les causes de l'épidémie dysentérique de 1857, 1858, [lire en ligne].
  69. Henri Monod, Le Choléra (histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886), éditeur C. Delagrave, Paris, 1892, [lire en ligne].
  70. Le Temps no 14738 du 18 octobre 1901
  71. La Croix no 9170 du 7 février 1913, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k258527p.r=Poullaouen.f6.langFR.hl
  72. Rapport présenté au conseil général par Gilbert Leguay, session d'avril 1880, [lire en ligne].
  73. Journal des débats politiques et littéraires n° du 26 juin 1875, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k459395d.r=carhaix.f2.langFR.hl
  74. Le Temps no 19907 du 7 janvier 1916, [lire en ligne]
  75. Journal des débats politiques et littéraires n° du 6 juillet 1841, [lire en ligne]
  76. voir Dominique Taillandier, Manoir de La Carrée, 2011,[ISBN 978-2-7466-3631-6], extraits consultables http://www.manoir-de-la-carree.com/Extraits-de-Manoir-de-La-Carree
  77. Le Temps no 14264 du 28 juin 1900, [lire en ligne]
  78. Journal Ouest-Éclair no 324 du 27 juin 1900, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k638932q/f1.image.r=Kerhuon.langFR
  79. Le Temps no 14265 du 29 juin 1900, [lire en ligne]
  80. Le Temps no 22969 du 9 juin 1924, [lire en ligne]
  81. Le Temps no 23332 du 29 juin 1925, [lire en ligne]
  82. Gustave Flaubert, Œuvres complètes de Gustave Flaubert, tome 10, Par les champs et par les grèves ; Voyages et carnets de voyages, Société des études littéraires françaises, 1973 (première édition 1885), [lire en ligne]
  83. Édouard Charton, Le Tour du monde, 1903, [lire en ligne].
  84. Rustica, 28-10-1834, [lire en ligne].
  85. La Presse no 4884 du 13 octobre 1905, [lire en ligne]
  86. http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com/index.php?option=com_content&task=view&id=185&Itemid=63
  87. Yves Mervin, "Joli mois de mai 1944 : la face cachée de la Résistance en Bretagne", Yoran Embanner, 2011 [ISBN 978-2-916579-52-8]
  88. Né en 1921 à Plévin, militant communiste, devint pendant l'été 1943 responsable du Parti communiste clandestin pour sept cantons du sud-ouest du département des Côtes-du-Nord. Arrêté par 4 gendarmes français à Lanvellec, blessé par une patrouille allemande alors qu'il tentait de s'évader et hospitalisé à Lannion, il est libéré par un commando FTP. Il anime ensuite le groupe de résistants "Bataillon Guy Moquet" actif dans les communes de Plévin, Paule, Maël-Carhaix et Glomel et participe à la bataille de la Pie en Paule le 29 juillet 1944 qui fit 36 tués parmi les résistants, auxquels s’ajoutent des paysans arrêtés dans leurs fermes et fusillés. Il participa par la suite aux combats pour la libération des Côtes-du-Nord et la réduction des poches allemandes de Lorient et de Saint-Nazaire, voir http://almrd22.fr/IMG/pdf/Hommage_a_JEAN_LE_JEUNE.pdf
  89. Éric Rondel, "Crimes nazis en Bretagne (septembre 1941 - août 1944), Astoure éditions, 2012, [ISBN 978-2-36428-032-8] et "Guerre et libération dans le Finistère", hors-série publié par le journal "Ouest-France", 2014 et http://www.ouest-france.fr/carhaix-le-martyre-de-neuf-jeunes-resistants-2579850
  90. Fit partie des 363 députés qui s'opposèrent au coup de force de Mac Mahon en 1877. Né en 1821, décédé en 1905 à Carhaix
  91. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  92. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  93. « Évolution et structure de la population à Carhaix-Plouguer en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 21 novembre 2010)
  94. « Résultats du recensement de la population du Finistère en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 21 novembre 2010)
  95. France 3, « Le festival des vieilles Charrues », L'Ouest en Mémoire (INA),‎ 7 juillet 1995 (consulté le 27 Juin 2011)
  96. Courses Huelgoat-Carhaix
  97. « Office du tourisme : visite de la brasserie »
  98. http://www.opab-oplb.org/98-kelenn.htm
  99. http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Ti-Post-Karaez-bilingue-Un-pas-important-_29024-avd-20121109-63958757_actuLocale.Htm
  100. http://www.ville-carhaix.com/fr/decouvrir/patrimoine/index.asp
  101. http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29003472
  102. http://academia-celtica.niceboard.com/bretagne-breizh-bertaeyn-brittany-f1/l-aqueduc-romain-de-carhaix-t958.htm
  103. http://fr.topic-topos.com/photos-complexe-judiciaire-corbeil-essonnes/vestiges-du-manoir-de-kerampest-carhaix-plouguer
  104. René Kerviler, Recherches et notices sur les députés de la Bretagne aux États-généraux et à l'Assemblée nationale constituante de 1789, 1885, consultable sur Gallica.
  105. Journal Le Matin no 6165 du 11 janvier 1901, consultable sur Gallica.
  106. http://www.memoresist.org/spip.php?page=oublionspas_detail&id=1227
  107. Yann Brekilien Histoire de la Bretagne, pages 237 à 239
  108. Émile Souvestre, Ernest Du Laurens de La Barre, François-Marie Luzel, "Contes et légendes de Basse-Bretagne", Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne, Nantes, 1891, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110018s/f103.image et pages suivantes