Abbé

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Icône de paronymie Cet article possède des paronymes ; voir : Abbe et Labé.

L’abbé (du grec ancien ἀϐϐᾶ / abbã, « père » ; de l'araméen abba, « le père ») est le moine élu par les moines réunis en chapitre pour diriger une abbaye.

C'est aussi depuis le XVIIIe siècle le terme en usage en français pour désigner un clerc séculier (c'est-à-dire non religieux au sens propre) ayant au moins reçu la tonsure (ordres mineurs). On appelle ainsi un vicaire de paroisse, ou un prêtre séculier: « Monsieur l'abbé ». L'usage s'est répandu dans les années 1970 d'appeler les prêtres séculiers « mon Père », alors que c'était autrefois réservé aux prêtres réguliers.

L’abbé monastique[modifier | modifier le code]

Abbé régulier[modifier | modifier le code]

Anciennement, les abbés réguliers devaient avoir au moins vingt-trois ans (vingt-cinq s'ils étaient électifs), être de naissance légitime, avoir fait profession dans l'ordre. Aujourd'hui, ils doivent généralement, pour pouvoir être élus, être prêtre et avoir fait profession religieuse perpétuelle (ou vœux solennels) depuis sept ans. Ils administrent le temporel du monastère, reçoivent les religieux lors de leur profession solennelle, leur donnent la tonsure. Autrefois, ils leur conféraient les bénéfices dont le monastère avait la collation. Ils ont sur leurs religieux un droit de juridiction, une autorité qu'il leur est recommandé de n'exercer que par la voie de la patience et de la douceur. Les moines le désignent généralement sous le nom de « père abbé ». Sa titulature est Très Révérend Père (=TRP)

Un religieux a contre les éventuels abus de pouvoir de son supérieur un droit d'appel auprès du procureur général de l'ordre, et jusqu'au Saint-Siège.

Abbé mitré[modifier | modifier le code]

Thomas Schoen 1903, OCist.

Ce terme désigne un abbé, dont le pouvoir d'ordre et de juridiction a été solennellement reconnu par la bénédiction abbatiale conférée par un évêque mandaté par le Saint-Siège. L’abbé élu obtient alors le droit de porter certains insignes épiscopaux : mitre (d’où son nom), crosse (insigne de juridiction, pasteur) et anneau (lien avec l’Église). Notons que les abbés mitrés, qui ont eu la bénédiction abbatiale, peuvent célébrer une messe pontificale comme un évêque sacré.

Abbé nullius diœceseis[modifier | modifier le code]

Un abbé nullius est un abbé mitré qui a en outre la juridiction épiscopale sur un territoire. Cette pratique autrefois courante dans les pays de mission dans lesquels l'abbaye était la seule présence ecclésiale est tombée en désuétude depuis le Concile Vatican II, en faveur de l'érection de nouveaux diocèses. Il reste aujourd'hui onze abbayes territoriales.

Abbé laïc[modifier | modifier le code]

Les carolingiens créèrent des abbés laïcs : laïcs titulaires de droits sur une abbaye, et qui ne sont donc pas des religieux. Hugues Capet fut ainsi abbé laïc des abbayes de Saint-Martin de Tours et Saint-Denis. Il doit d'ailleurs son surnom à la chape d’abbé qu’il portait fréquemment. Pour des raisons similaires, l’oncle maternel de son grand-père (Robert Ier) était dénommé Hugues l’Abbé. Lorsqu’un abbé laïc était nommé dans une abbaye, celle-ci était en fait dirigée par le prieur.

Au XVe siècle, l'abbé laïc fonctionnait encore :

« ......... Donne au Plessis du Parc, le XVIIe jour de janvier.

(De la main du roi : ) Reserve le proces de monsr St Martin, dont je suis abbe.

LOYS.
L. TINDO.

A noz amez et feaulx conseilliers les gens tenans nostre court de Parlement. »

— Lettre du roi Louis XI, datée le 17 janvier 1478[1]

Les abbés laïcs ont toutefois disparu depuis les réformes du concile de Trente.

Abbé commendataire[modifier | modifier le code]

Les abbés commendataires formaient un système semblable aux abbés laïcs : François Ier, après le concordat de Bologne de 1516 établit ce système en France. Les abbés commendataires ont possédé la plupart des abbayes françaises jusqu’en 1790.

Abbesse[modifier | modifier le code]

Les abbesses ont dans leurs monastères la même autorité que les abbés dans le leur, sauf les fonctions de la prêtrise. L’abbesse de Notre-Dame-de-Jouarre, du diocèse de Meaux, eut jusqu’en 1692, date à laquelle cette prérogative lui fut retirée à la demande de Bossuet, la juridiction épiscopale sur ses religieuses. Elle l’avait aussi sur les religieux qui dépendaient de son abbaye et approuvait les prêtres pour la confession sacramentelle.

Abbé-chancelier[modifier | modifier le code]

Terme[Quoi ?] souvent abrégé en abbé ch.

L’abbé séculier[modifier | modifier le code]

Jusqu'au XVIIIe siècle les clercs séculiers étaient appelés monsieur. Depuis, il est entré dans la coutume de les appeler abbé : c'est ainsi que les abbés de cour sont des clercs séculiers pas forcément prêtres d'ailleurs. La tonsure, signe de l'entrée dans l'état ecclésiastique, est suffisante pour cette appellation. La titulature normale de tout clerc séculier (séminariste admis, diacre ou prêtre) est monsieur l'abbé, même si certaines fonctions peuvent primer : monsieur l'abbé Vianney, curé d'Ars, est ainsi appelé par ses paroissiens monsieur le curé. Depuis les années 1970, cette appellation a tendance à laisser la place, dans l'usage actuel, à l'emploi de Mon Père, ce qui est parfaitement synonyme, mais qui est restreint aux prêtres. Ce terme est ainsi employé pour les nominations décidées par l'évêque dans son diocèse ; exemple : "M. l'Abbé..... est nommé curé /vicaire /autre(s) de...." ou bien " M. l'Abbé..... est déchargé de ses fonctions de...... et est nommé / se retirera pour prendre sa retraite.... (/ prendra un congé / une année sabbatique)".

Personnages parvenus à la notoriété sous le titre d’abbé[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Ouvrages littéraires[modifier | modifier le code]

Romanesques[modifier | modifier le code]

Biographiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome VI, p. 300, Société de l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris 1898