Siège titulaire

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Un siège titulaire (épiscopal ou archiépiscopal) est, dans l’Église catholique, un titre accordé à certains prélats qui, sans avoir de juridiction territoriale sur des églises particulières (les diocèses 'actuels'), occupent des fonctions dans le gouvernement de l’Église catholique requérant qu’ils soient consacrés évêques. La nomination d’évêques ou archevêques titulaires est strictement du ressort du Saint-Siège.

Ceux auxquels ce titre est accordé, autrefois appelés évêques in partibus ou in partibus infidelium (« en pays des infidèles »), par référence à d’anciens diocèses disparus au cours de l’histoire, sont depuis Léon XIII (1882) dénommés « évêques titulaires ».

Origine et histoire[modifier | modifier le code]

Il semble que quelques archevêques titulaires étaient présents au concile de Nicée Page d'aide sur l'homonymie[Lequel ?], qui d’ailleurs concède aux évêques de Nicée et de Chalcédoine le titre de « métropolitain », sans qu’aucune juridiction y soit attachée.

Plus tard, surtout aux VIIe siècle et VIIIe siècles, un grand nombre de diocèses, particulièrement en Afrique du Nord, en Espagne et au Proche-Orient, ravagés par le schisme, les persécutions et les invasions sarrasines, disparaissent effectivement et sont abandonnés. Notamment, on évalue à environ 480 le nombre de diocèses en Afrique du Nord[1]. Ils ne sont pas supprimés cependant, l’Église souhaitant garder la mémoire de ces communautés chrétiennes des premiers siècles du christianisme.

D’autres disparaissent après la conquête de la Terre sainte par les Turcs (vers 1268). Les évêques chassés sont reçus comme auxiliaires dans des diocèses d’Europe. À leur mort, leurs successeurs comme auxiliaires reçoivent également leur titre et diocèse, connu alors comme étant in partibus infidelium (i.p.i.). Cette manière de faire est réglementée par le concile de Vienne de 1311.

À partir du quatrième concile du Latran (1512-1517) et sous le pontificat de Léon X, ces titres sont également accordés aux cardinaux de la Curie romaine qui le souhaitent. La coutume s’élargit et se développe au point qu’il est octroyé à tous les prélats consacrés évêques sans qu'ils reçoivent pour autant de juridiction territoriale (auxiliaire, vicaire apostolique, prélat de la Curie romaine).

Des réorganisations ecclésiastiques au XVIIIe siècle et XIXe siècle, avec la suppression de diocèses, ont également créé de nouveaux sièges titulaires. Ainsi, par exemple, Ypres et Tongres, en Belgique, Natchez et Kearney aux États-Unis, Lindisfarne en Angleterre et d’autres en Irlande.

Au XIXe siècle, acquiesçant à la demande des évêques orientaux, Léon XIII, par sa lettre apostolique In suprema du 10 juillet 1882 change la dénomination de l’évêque in partibus infidelium en « évêque titulaire ». Il y aurait en tout plus de 1 500 diocèses titulaires.

Exemple historique[modifier | modifier le code]

Un exemple intéressant de diocèse in partibus infidelium ayant eu une certaine durée est celui de Bethléem. En 1168, le croisé Guillaume IV, comte de Nevers, avait promis à l'évêque de Bethléem que, si cette ville devait tomber aux mains des musulmans, il l'accueillerait, lui ou ses successeurs, dans la petite ville de Clamecy, sur ses terres de Bourgogne. Après la prise de Bethléem par Saladin en 1187, la volonté du défunt comte fut honorée et l'évêque de Bethléem élut domicile dans l'hôpital de Panthénor, à Clamecy, en 1223. Clamecy demeura le siège permanent de l'évêché in partibus infidelium de Bethléem pendant près de six cents ans, jusqu'à la Révolution française en 1789[2]. Bethléem est toujours diocèse titulaire, même s’il est vacant (en 2013).

Liste d’archevêchés et d’évêchés titulaires[modifier | modifier le code]

Cette liste n'est pas exhaustive. L'Annuario pontificio du Saint-Siège (2010) donne une liste de près de 2000 sièges titulaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]