Ardoise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ardoise (homonymie).

Ardoise

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Déchets d'ardoise à Fumay, Ardennes

Catégorie roche métamorphique
Sous-catégorie schiste
Minéraux principaux
Minéraux accessoires
Texture grain fin
Couleur du blanc au noir, en passant par toutes sortes de gris, de rouges sombres et de verts

L’ardoise est une roche métamorphique qui s'est formée dans de fortes conditions de pression et de température. Elle appartient à la famille des schistes dont elle se distingue par la qualité de son grain, très fin, et sa fissilité. Ces propriétés font qu'on peut l'utiliser comme matériau de couverture.

L'ardoise est résistante et sa couleur peut varier du blanc au noir, en passant par toutes sortes de gris, de rouges sombres et de verts. L'ardoise de couverture peut être droite (rectangulaire) ou en forme d'écaille. Son épaisseur varie de 3 à 9 mm. Entre 20 et 40 mm, il s'agit de lauze, autre schiste plus massif et moins plissé. La pose à l'ancienne est la pose au clou, fin XIXe siècle apparaît la pose sur crochet.

Ardoises anciennes en schiste pourpre provenant de la même toiture (22 × 31 cm pour la grande).

Gisements ardoisiers en France[modifier | modifier le code]

Statut juridique des ardoisières[modifier | modifier le code]

Le code minier de 1810, a classé les ardoisières dans la famille des carrières souterraines. Depuis 1946, les ardoisiers sont assimilés au statut de mineur.

Quelques repères historiques[modifier | modifier le code]

Anjou[modifier | modifier le code]

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les principaux centres de production de l'ardoise se situent en Anjou. Les mines ardoisières se développent à Angers, Combrée, La Pouëze, Noyant-la-Gravoyère, Saint-Barthélemy-d’Anjou, Trélazé, et Renazé en Mayenne angevine. On compte près de 2 000 ouvriers qui font vivre plus de 6 000 personnes. Au fil des siècles, Trélazé s’affirme comme le centre le plus important, pour la quantité comme pour la qualité. Le gisement angevin fournit l’essentiel de la production française. Le maximum est atteint en 1905 avec 175 000 tonnes[2].

Ardennes[modifier | modifier le code]

Entre le XIIe et le milieu du XXe siècle[3], le département des Ardennes possédait également d'importantes exploitations (Fumay, Haybes, Rimogne, etc.) qui ont toutes cessé leur activité vers 1971.

Autres régions[modifier | modifier le code]

On trouve aussi des bassins ardoisiers en:

Mais aussi dans les Alpes, dans les Pyrénées et en Haute-Savoie (Morzine).

Répartition géographique des différents bassins[modifier | modifier le code]

On trouve de l'ardoise dans les départements suivants :

Répartition des sites ardoisiers français
Numéro sur la carte Département Quelques sites
1 Ardennes Rimogne, Fumay, Haybes, Deville
2 Corrèze Travassac (Donzenac)
3 Côtes d'Armor Maël-Carhaix, Plévin
4 Finistère Châteaulin, Saint-Goazec
5 Maine et Loire Trélazé, Noyant-la-Gravoyère, La Pouëze
6 Mayenne Renazé
7 Morbihan Gourin
8 Hautes Pyrénées région de Lourdes
9 Savoie Saint-Julien-Mont-Denis
10 Tarn Dourgne, Lacaune (Tarn)

Actuellement, le gisement le plus important en France se situe sur le territoire de la ville de Trélazé jouxtant Angers, en Maine-et-Loire. On y produit entre 15 et 20 000 tonnes d'ardoise par an au sein de deux exploitations souterraines.

Quelques données géochimiques sur l'ardoisière angevine[modifier | modifier le code]

Composition chimique moyenne de l'ardoise angevine (d'après Marty) :

silice 50 %, alumine 30,1 %, oxyde de fer 8 %, magnésie 2,3 %, potasse 3 %, soude 1,3 %, eau 3,3 % et divers 2 %

L'ardoise angevine s'est formée il y a 460 millions d'années, à l'ordovicien et est issue de la transformation d'argiles océaniques compactées, peu à peu métamorphisées en schiste très pur.

Extraction et fabrication[modifier | modifier le code]

Un couvreur découpant une ardoise avant de la poser

L'extraction peut s'effectuer à ciel ouvert ou bien de manière souterraine. Certaines régions, Corrèze et Anjou, ont vu les deux techniques coexister. Dans d'autres, comme dans les Ardennes, la Savoie, elle est ou fut exclusivement souterraine. Le principal facteur qui conditionne le mode d'extraction repose sur le pendage de la veine.

Ensuite, les blocs sont découpés en blocs proches des formats d'ardoises à fabriquer, étape au cours de laquelle le fendeur veille à placer le longrain, qui correspond à la direction selon laquelle la roche a été plissée, dans le sens de la longueur de la future ardoise. Ensuite, vient l'étape du fendage qui consiste à diviser le bloc dans son épaisseur, en désolidarisant les feuillets de la roche. La dernière étape, la taille, consiste à donner à l'ardoise sa forme définitive.

Gisements ardoisiers en Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

À Saint-Marc-du-Lac-Long, au Québec, se trouve la plus importante ardoisière exploitée en Amérique du Nord, à ciel ouvert, comparable aux exploitations françaises.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Couverture de bâtiments[modifier | modifier le code]

Toits en ardoise, Loches, France
Article détaillé : Ardoise (élément de couverture).

L'ardoise constitue le matériau employé pour la couverture des bâtiments (on parle alors d'ardoises). Les régions traditionnelles de production sont aussi les régions où ce type de couverture est privilégié : il s'agit par exemple, en France de la Bretagne, du Maine-et-Loire et des Ardennes ainsi qu'en altitude dans les Pyrénées.

La durée de vie d'une ardoise est de 70 ans à 300 ans. La qualité du gisement, le type d'extraction (machine ou main) et bien sûr l'épaisseur, le type de pose (sur crochet ou cloutée), le pureau, ont une incidence sur cette durée. Il n'y a pratiquement pas d'entretien (démoussage) sur les ardoises. Pour les plus fiables, il faudra changer le support avant l'ardoise (changement de volige ou même de charpente). C'est pour cela qu'il y a un marché d'occasion pour les ardoises, et que les monuments historiques (leurs architectes et artisans spécialisés) préconisent en rénovation des ardoises à longue durée de vie.

Les ardoises de mauvaise qualité sont sujettes à la rouille. Ce défaut provient de la présence de minerai de fer (la forme la plus connue est celle de la pyrite, mais on rencontre également des grenats, de la magnétite) contenu dans certaines veines du gisement ou dispersée. C'est donc après l'extraction que les lots défectueux peuvent être mis de côté systématiquement par un test à l'acide. Le traitement des ardoises sur le toit est possible avec le passage d'un produit chimique (réaction acide-base)

En règle générale, l'ardoise est aujourd'hui moins utilisée, du fait de l'apparition de matériaux de construction synthétiques moins onéreux, dont certains imitant l'apparence de l'ardoise.

Autres usages extérieurs[modifier | modifier le code]

Les ardoises peuvent aussi servir de parement protecteur (ancienne gare en Wuppertal).

Dans le domaine de la construction, l'ardoise ne se contente plus de couvrir les toits. Elle sert aussi en parement protecteur et en dallage.

On l'utilise aussi en paillis comme couvre sol.

En outre, l'ardoise se sculpte et se grave. Des plaques commémoratives, ou funéraires, des plaques de rues ou décoratives sont réalisées par des artisans.

Usages intérieurs[modifier | modifier le code]

Ardoise à écrire (vers 1950)

L'ardoise s'utilise en aménagement intérieur comme dallage ou comme plan de travail en cuisine ou salle de bains.

L'ardoise fut aussi largement utilisée sous forme de plaque mince en tant que support d'écriture effaçable.

Dans la fabrication des billards, la table comprend une (ou plusieurs) plaque en ardoise assemblée sur un châssis métallique. Cette ardoise est rectifiée, opération de précision qui ajuste le plan au 20e de millimètre (gage de qualité du billard). Aucun autre matériau n'a pu remplacer à ce jour l'ardoise pour la qualité du roulement. La densité et l'effet de masse évitent les déformations de la table dans le temps.

Importance économique[modifier | modifier le code]

Selon les enquêtes de l'UNICEM, en 2005, le chiffre d'affaires global des producteurs français est de 41 147 000 euros dont 20 383 000 euros à l'exportation, dans 39 entreprises ou sections d'entreprises. Toutefois, la dernière mine d'ardoise en activité en France est fermé en mars 2014[4].

Musées[modifier | modifier le code]

Les communes suivantes abritent chacune un musée de l’ardoise qui traite également de son exploitation locale :

Divers[modifier | modifier le code]

  • « Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine » : extrait du poème publié en 1558 Heureux qui comme Ulysse, de Joachim du Bellay.

Couleur[modifier | modifier le code]

L'ardoise est d'une couleur gris très foncé, allant du gris neutre au gris bleuté. On dit aussi « gris ardoise » ou « bleu ardoise »:

  • ██████  : Gris ardoise.
  • ██████  : Bleu ardoise.

Il en existe d'autres couleurs dans le monde:de la bleu-vert voir mordorée et de la violette en Amérique du sud.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le degré de métamorphisme, l'ardoise présente des minéraux intermédiaires entre les argiles et les micas, aussi est-il préférable d'utiliser le terme générique de phyllosilicates lorsque les critères de reconnaissance de ces minéraux sont peu évidents.
  2. L’essor de l’industrie ardoisière Sur le site trelaze.fr
  3. http://www.cndp.fr/carte-des-ressources/rclvisu/fic_edit.asp?Ecr=CRDPconsult.asp&fETABL=5257
  4. « Dans la banlieue d'Angers, la fin d'une mine d'ardoise pèse sur les municipales », sur http://www.lemonde.fr,‎ 20 mars 2014
  5. Centre de l'interprétation de l'ardoise
  6. Centre d'intretation de l'ardoise Sur le site centreardoise.ca - consulté le 19 avril 2012
  7. La Mine Bleue
  8. Souterroscope

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Reportage photographique dans une ancienne ardoisière
  • Annie Remacle, Les ardoisières de l’Ardenne belge. Intérêt biologique et état des lieux des sites en surface. Région wallonne, Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement, Division de la Nature et des Forêts, dans Travaux n° 30, 2007, 189 p. [(fr) texte intégral]