Kerlouan

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Kerlouan
L'église Saint-Brévalaire
L'église Saint-Brévalaire
Blason de Kerlouan
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Brest
Canton Lesneven
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Lesneven et de la côte des Légendes
Maire
Mandat
Charlotte Abiven
2001-2014
Code postal 29890
Code commune 29091
Démographie
Gentilé Kerlouanais, Kerlouanaise
Population
municipale
2 257 hab. (2011)
Densité 127 hab./km2
Population
aire urbaine
25 712 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 38′ 46″ N 4° 21′ 52″ O / 48.646111111, -4.364444444 ()48° 38′ 46″ Nord 4° 21′ 52″ Ouest / 48.646111111, -4.364444444 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 61 m
Superficie 17,80 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Kerlouan [kɛʁluɑ̃] (en breton : Kerlouan) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. La commune est jumelée avec Orschwihr (68).

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

Au Ve siècle, saint Séni (ou saint Sezni), moine irlandais, s'installe et établit un petit ermitage « peneti Sant Sezni » au lieu-dit "Pors Huel". Le village de Kerlouan naquit donc au bord de la rivière Quillimadec. Au IXe siècle saint Pol construisit un autre monastère.

La paroisse de Kerlouan faisait partie de l'archidiaconé de Kemenet-Ily relevant de l'évêché de Léon et était sous le vocable de saint Brévalaire. Elle avait comme trève Lerret. Elle est issue d'un démembrement de la paroisse primitive de Plounéour-Trez.

Le toponyme provient du breton ker ( = village) et de saint Louan, moine ermite d'origine irlandaise, connu au Pays de Galles sous le nom de saint Llywan. Ce nom louan est transcrit pour la première fois en 1505[1]. Saint Louan a aussi donné son nom à Poullaouen ainsi qu'à un hameau de Riantec.

Révolution française[modifier | modifier le code]

En mars 1793, Kerlouan fit partie, avec Plounéventer, Ploudaniel, Guissény et Plouguerneau, des communes condamnées à payer chacune 40 600 livres de dédommagement pour s'être rebellée contre le gouvernement républicain[2].

Le 25 germinal an II (), un lundi, jour de marché, deux prêtres réfractaires sont guillotinés à Lesneven. La sentence est "justifiée" ainsi par le tribunal révolutionnaire : « Tous les deux sont convaincus d'êtres prêtres non assermentés et comme tels avoir été sujet à la déportation. En conséquence , ordonne que les dits Jean HABASQUE et Guillaume PETON seront livrés dans les 24 heures à l'exécuteur des jugements criminels pour être mis à mort sur la place du marché publique de Lesneven »[3].

  • Jean Habasque, 42 ans, né au terroir de Keraigen en Kerlouan le . Il est arrêté à Kerlouan le .
  • Guillaume Péton, 41 ans, né à Plourin-Ploudalmézeau en 1753, demeurant à Saint-Thégarec, commune de Kerlouan. Devenu prêtre le , puis prêtre de Kerlouan, il est arrêté le .

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'épidémie de variole de 1864[modifier | modifier le code]

En 1864, 1 517 cas de variole sont recensés dans le département du Finistère, dont de nombreux cas dans le canton de Lesneven :

« La variole a fait de nombreuses victimes dans plusieurs communes du canton : Plouider, Ploudaniel et Kernouës ont été les communes les plus éprouvées : les cas de mort y ont été nombreux. Plounéour-Trez, Kerlouan, Goulven ont eu aussi beaucoup de malades, mais la mortalité y a été moins sensible[4]. »

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le droit de bris et le naufrage du Vesper en 1903[modifier | modifier le code]

Le journal La Lanterne raconte ainsi une scène consécutive au naufrage du Vesper le sur les rochers d'Ouessant (des fûts de vin, que contenait le navire, dérivent jusqu'à Kerlouan et les pêcheurs locaux ne se privent pas d'user du droit de bris) :

« À Kerlouan, les choses prirent une tournure comique. Un fût ayant été trouvé sur la grève, il fut éventré  ; et comme les pêcheurs n'avaient pas de récipients, ils burent à pleins sabots. À Landéda, il y avait une noce. On mit deux fûts en perce, et le soir toute la noce était ivre. Bref, toute la contrée se grisa pendant huit jours[5]. »

Les querelles liées à la laïcité au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les querelles liées à l'application de la Loi de séparation des Églises et de l'État, votée en 1905, ont été particulièrement vives dans le Léon au début du XXe siècle ; en voici un exemple qui concerne Kerlouan en 1907, paru dans le journal Ouest-Éclair sous le titre "Les crucifix des écoles" :

« C'est à une véritable rafle de crucifix scolaires que MM. les instituteurs se sont livrés pendant les vacances du Premier de l'An dans l'arrondissement de Brest, d'après les instructions de M. l'inspecteur primaire. es classes étant vides, l'opération n'a offert aucune difficulté, mais la rentrée a été mouvementée dans certaines communes. (...) À Kerlouan, l'opération du vide dans l'école dépouillée de ses Christs s'est faite d'une façon [très] radicale (...). Dès la rentrée, un certain nombre d'écoliers, en constatant que les crucifix avaient disparu, étaient immédiatement rentrés, mais la plupart n'avaient pas osé résister aux instances de leurs maîtres. Mais le lundi ce fut une autre affaire. Tous les pères et mères de famille ayant des enfants à l'école accompagnèrent ceux-ci jusqu'à l'entrée de l'immeuble scolaire. Au nom de tous, l'un d'eux parlementa avec le directeur, lui faisant expliquer comment et pourquoi avait été commis cet acte froissant la conscience des parents catholiques, et le mettant finalement en demeure de replacer les Christs. Sur le refus du maître d'école, les parents ordonnèrent à leurs enfants de prendre leurs livres et cahiers, et de s'en retourner chez eux, ce qui fut fait en un clin d'œil[6]. »

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le plus beau monument de Kerlouan est son site naturel, en bord de mer. Ce site est émaillé de rochers granitiques, qui ont souvent servi de sujet de légende.

La commune de Kerlouan abrite églises et chapelles : l'église paroissiale Saint-Brévalaire, les chapelles Sainte-Anne, du Croazou, de Saint-Égarec, de Saint-Guénal et de Saint-Sauveur.

Disséminées sur la commune, de nombreuses croix et calvaires aux croisements des routes (pas moins de 58 croix répertoriées !). Quelques fontaines sont également remarquables : la fontaine noire (Feunteun zu), les deux fontaines de Saint-Égarec et la fontaine de Saint-Sauveur.

Il subsiste encore trois manoirs sur le territoire communal : Kerivoas, Kerenez et Pen ar Méas. Celui de Kerivoas est classé au titre de monument historique[7].

À la limite avec Plounéour-Trez se trouve un des quatre centre de transmissions militaire des forces sous-marines servant entre autres à la transmission d'informations à destination des sous-marins français.

Le hameau de pêcheurs de Meneham[modifier | modifier le code]

Le poste de garde de Ménéham

Le village de Meneham abritait encore il y a une trentaine d'années quelques paysans pêcheurs. D'abord fut construite "la maison des douaniers" ou maison du corps de garde. À l'origine, il s'agissait d'un poste de guet (XVIIe siècle sous Vauban). Cet édifice a pour particularité d'avoir un toit en pierre. En effet à chaque relève des gardes, les habitants venaient voler la charpente en bois qui servait pour le feu.

Ce poste de guet est inséré dans un énorme chaos de rochers granitiques. Le hameau fut construit derrière ce chaos, bien abrité des éléments. On trouve dans ce hameau une construction étonnante par sa longueur (plus de 40 m) : "la caserne". Cette bâtisse est en fait constituée de 6 logements. Sur le site : la maison Boédoc, la maison Salou, la Chaumière, les maisons à avancées. Propriété de l'armée, ces édifices furent confiés par la suite à la Douane (1817) et celle-ci l'occupa jusqu'en 1835. Un particulier racheta les lieux et les loua à des paysans, pêcheurs, goémoniers.

Ce village est quasi désert et en ruine dans les années 1990. Une opération de réhabilitation est alors engagée à partir de 2004. C'est la renaissance du village. Les travaux débutent par les bâtis, restaurés d'après les images d'archives de 1950.

L'ancienne chaumière devient l'auberge du village (restaurant), les maisons à avancée un gîte d'étape où l'on peut dormir dans des lits clos, la caserne un espace artisans.

Pour appréhender l'histoire du village, 4 espaces muséographiques sont créés et ouverts au public depuis l'été 2009 :

  • le corps de garde aborde les défenses côtières et la légende des naufrageurs,
  • la maison Salou est consacrée au quotidien : une première partie évoque la convivialité et la solidarité entre les villageois, une seconde la vie quotidienne et une dernière pour présenter les veillées,
  • les activités - la pêche, l'agriculture et le goémon - sont présentées à l'extérieur dans la lochenn (c'est une remise qui servait à entreposer des outils encombrants comme la charrette et les casiers de pêche et à stocker les betteraves pour le bétail),
  • la maison Boédoc, la maison de site, est un espace d'accueil et d'informations sur le village et ses environs et un lieu d'exposition.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le 24 février 2011.

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 986 3 244 2 854 3 201 3 204 3 351 3 362 3 560 3 406
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 262 3 176 3 158 3 038 3 140 2 930 2 772 2 772 2 700
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 865 2 933 3 061 3 003 3 035 2 820 3 042 2 877 2 745
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
2 717 2 693 2 656 2 572 2 406 2 238 2 257 2 258 2 257
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.marikavel.org/bretagne/poullaouen/accueil.htm
  2. Charles-Laurent Marie, "Histoire de la Bretagne républicaine depuis 1789 jusqu'à nos jours", 1875, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57656266/f151.image.r=Ploun%C3%A9venter.langFR
  3. http://les.guillotines.free.fr/habasque%20jean.htm
  4. Henri-Marie Husson, Rapport sur les vaccinations pratiquées en France ..., Imprimerie impériale, 1866, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6361337z/f73.image.r=Ploudaniel.langFR
  5. Journal La Lanterne no 9715 du 28 novembre 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7509021k/f2.image.r=Molene.langFR
  6. Journal Ouest-Éclair n°2926 du 15 janvier 1907, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6413147/f5.image.r=Plouvien.langFR
  7. Base de données Mérimée du Ministère de la Culture
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "Gwel'ta ! - viens voir !" - guide du patrimoine architectural naturel et économique de Kerlouan - réalisé par Stéphanie Cousquer, Daniel Guézénoc, Nolwenn Ménez, Séverine Pascoët, Sandra Viaud - Environnement et Patrimoine.
  • Croix et Calvaires de Kerlouan - Environnement et Patrimoine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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