Chape (catholicisme)

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Chape

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Saint Dominique en chape

Caractéristiques
Type vêtement liturgique
Matière laine
lin
coton
autre...
Origine cape


La chape, du latin cappa qui signifie capuchon, cape, est un vêtement employé dans la liturgie catholique.

Il s'agit d'une grande cape de cérémonie, appelée par les rubriques pluvial, de forme semi-circulaire, agrafée par-devant et portée par le prêtre et l'évêque principalement lors des bénédictions solennelles, telles que les vêpres, les laudes solennelles ainsi que lors des processions. Sa couleur dépend du temps liturgique.

Jusqu'à la promulgation du missel romain de 1969, elle était également portée pour l'aspersion de l'eau bénite avant la grand-messe du dimanche. La chape n'a aucune signification symbolique. De ce fait, elle a longtemps été portée par de simples clercs ou par les chantres.

Chape chorale[modifier | modifier le code]

La chape chorale est, à l'origine, employée par la plupart des communautés séculières vouées au chant de l'office, pour se protéger du froid et couvrir les vêtements ordinaires. Dès le Moyen Âge, elle est adoptée par les chanoines réguliers comme habit de chœur. Comme telle, elle leur est empruntée par certains ordres mendiants, tels que les dominicains, carmes, trinitaires, mercédaires ou encore les servites.

Elle se compose d'un manteau et d'un chaperon à capuchon. Le manteau, sans manches, est fendu par devant. Fermé par une ou deux agrafes, il descend jusqu'aux pieds. Presque toujours noir, il est aujourd'hui sans fourrure. Au Moyen Âge, en hiver, il était doublé d'une pelisse et porté par dessus le vêtement de chœur principal, la coule ou la cuculle. Durant l'époque médiévale, durant une partie du temps pascal, certaines communautés monastiques et canoniales revêtaient des chapes blanches. Il en était ainsi de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés de Paris et des chanoines de Saint-Victor.

Le chaperon a parfois été double, composé de deux troncs coniques joints par leur base, le second cône finissant en capuchon. Les novices chartreux et les chanoines réguliers de l'Immaculée-Conception le portent toujours ainsi. Pour les autres il a évolué en un chaperon simple, toujours fermé par devant, finissant en pointe au milieu du dos, avec un capuchon derrière le cou, qui n'est plus guère porté au chœur.

Chape curiale[modifier | modifier le code]

Évêque avec la cappa relevée

La chape curiale est un vêtement réservé à la cour pontificale pour certaines fonctions, comme jadis les chapelles papales, les consistoires, les processions, les cavalcades et les réunions des collèges dont elle était un privilège. Elle est le signe distinctif de certains fonctionnaires de la curie romaine en présence du pape. En dehors de ces cas précis, ces clercs portent le manteau de chœur (mantellone) ou l'habit de chœur qui leur est propre. Elle se porte directement sur la soutane, sans l'intermédiaire de surplis ou de rochet.

Elle se compose de deux parties, un manteau et un chaperon. Le manteau, de laine, agrafé au cou, est entièrement ouvert en avant et muni de deux manches courtes et larges, à revers, qui ne dépassent pas l'avant bras. Les parements sont de soie. Le chaperon est très différent de celui de la cappa magna. Il est en forme à fond de cuve, tel que le portaient les maîtres de l'université au Moyen Âge. Il comprenait autrefois deux chaperons superposés, celui de dessous un peu plus long que celui de dessus, qui actuellement est double par derrière et se termine en capuchon boutonné derrière le cou. L'été, le chaperon est entièrement en soie. L'hiver, il était recouvert d'hermine. Les prélats de mantellone portaient une chape écarlate avec des agréments de couleur ponceau (rouge très vif).

Les avocats consistoriaux avaient droit à la chape violette, avec agréments de soie cramoisie et un chaperon ouvert à l'avant. Les procureurs du collège avaient une chape entièrement noire, avec les agréments de soie noire et un chaperon sans fourrure. Les caudataires des cardinaux avaient une sorte de chape de laine violette, avec revers de soie violette et un chaperon de soie mis de travers, ce qui lui a valu le nom italien de crocia (croisière).

La chape est parfois concédée par indult à certains chapitres.

Chape prélatice[modifier | modifier le code]

Un cardinal posant avec sa cappa magna dans la première moitié du XXe siècle.

La chape prélatice, aussi appelée cappa magna, est un grand manteau de chœur, descendant aux pieds et fermé par devant, comportant une queue de longueur variable selon la dignité, recouvert sur les épaules et la poitrine d'un chaperon, double par derrière et qui finit en capuchon boutonné derrière le cou, avec une fente sous le chaperon pour y passer les mains. La chape prélatice est portée au chœur, sur le rochet, par les cardinaux et les évêques résidentiels dans leur diocèse pour les fêtes les plus solennelles. Dans la pratique, elle est très rarement revêtue, en France, depuis le milieu des années 1960.

La cappa des cardinaux est en soie moirée de couleur rouge, celle des évêques de laine violette. Le chaperon, de moire rouge ou de soie cramoisie, selon le rang, était, en hiver, doublé sur l'extérieur et à l'intérieur du capuchon, d'une fourrure blanche. Cette fourrure a été supprimée par l'Instruction Ut sive sollicite du 31 mars 1969.

Lorsque celui qui la porte est debout, la partie antérieure du manteau est retroussée sur les bras et quand il est au chœur, assis ou à genoux, il la laisse retomber au sol. Quand la queue de la chape prélatice est portée déployée, elle est un signe de juridiction. Elle est portée par un caudataire.

Certains chapitres de chanoines ont le privilège de la chape prélatice violette, au chaperon de soie cramoisie, avec jadis, la fourrure blanche pendant l'hiver. En ce cas, la queue de la cappa n'est pas déployée et se ramène alors sur le bras gauche auquel elle est suspendue par un ruban de soie. Les bénéficiers de ces chapitres la portent également, mais le chaperon est doublé à l'extérieur de soie grise, et en hiver de fourrure grise. Ils la portent sur un rochet sans manches.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Jacques Paul Migne, Origine et raison de la liturgie catholique, Paris, Ateliers catholiques, coll. « Bibliothèque universelle du clergé »,‎ 1844 (réimpr. 1863), « chape »