Lit-clos

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Lit-clos, 1re moitié du XIXe siècle, collection des Musées départementaux de la Haute-Saône.
Lit-clos en Autriche.

Le lit-clos est un lit enclos dans un meuble en forme d'armoire profonde, ajouré ou non et juché sur quatre hauts pieds.

Le lit-clos ne doit pas être confondu avec le lit-cage (ou « lit cage », aussi appelé « lit à barreaux »), qui est ouvert au dessus et est destiné au sommeil d'un enfant en bas âge. Ce type de petit lit est entouré de barreaux qui empêchent l'enfant de partir à quatre pattes lorsqu'il n'est pas surveillé par les adultes.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le lit-clos étant fermé de tous côtés de panneaux de bois, on y pénètre en écartant des rideaux, en ouvrant une porte sur charnière ou en faisant coulisser une ou deux portes sur glissières. Le lit est placé en hauteur pour éviter l'humidité due à un sol de terre battue, un banc-coffre de même longueur sert donc de marchepied ainsi que de banc à lingerie le reste du temps.

Aspects régionaux[modifier | modifier le code]

Bretagne[modifier | modifier le code]

Lit-clos dans le Finistère (Maison Cornec à Saint-Rivoal)

Le lit-clos est un meuble traditionnel de la Bretagne, et l'est resté plus longtemps qu'ailleurs en Basse-Bretagne. Dans des logements habituellement constitués d'une seule pièce, abritant toute la maisonnée, le lit-clos permettait un peu d'intimité et conservait la chaleur de ses occupants l'hiver. Il pouvait être à deux niveaux ; dans ce cas, les jeunes dormaient à l'étage. Un banc-coffre se trouvait généralement devant le lit-clos, servant à la fois de marche-pied pour accéder au lit et de meuble de rangement pour le linge.

Article détaillé : Style breton.

C'était le meuble principal des maisons rurales bretonnes jusqu'au XXe siècle. Souvent sculpté et orné, il était une fierté pour ses propriétaires.

Ils mesuraient entre 1,60 et 1,70 m ; dimension suffisante pour les Bretons qui étaient assez petits et aussi parce qu'ils « couchaient presque assis, adossés à trois ou quatre oreillers[1],[2]. »

Ne correspondant plus à la norme ni à la mode, les lits-clos ont été progressivement abandonnés aux XIXe et XXe siècles. De beaux exemplaires de ces meubles ont été placés dans les musées de Lampaul-Guimiliau, Nantes, Quimper, Rennes, Saint-Brieuc, etc., pendant que la plupart se voyaient plus ou moins reconvertis en bibliothèque, vaisselier ou en meuble-télé. Beaucoup ont suivi l'émigration bretonne un peu partout en Europe, ou ont été emportés chez eux par des touristes. Au XXIe siècle, des loueurs de gîtes proposent des nuits dans un authentique lit-clos.

On affirme parfois[3] que les lits-clos avaient pour but de protéger leurs occupants des animaux domestiques (porcs, poules...) qui vivaient dans les chaumières avec les paysans. Et même des loups qui pouvaient parfois pénétrer dans les maisons pour s'emparer d'un nourrisson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erwan Vallerie, p. 104
  2. Habitude héritée du Moyen Âge où la position allongée est celle de la mort et est déconseillée pour le sommeil car celle des gisants (réf. mobilier médiéval).
  3. http://www.wagner-juergen.de/franz/litclos.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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