Mer Méditerranée

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Mer Méditerranée
Image satellite du bassin méditerranéen.
Image satellite du bassin méditerranéen.
Géographie humaine
Pays côtiers Espagne, Gibraltar (territoire britannique d'outre-mer), France, Monaco, Italie, Malte, Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Albanie, Grèce, Turquie, Chypre, Chypre du Nord, Akrotiri et Dhekelia (territoire britannique d'outre-mer), Syrie, Liban, Israël, Palestine, Égypte, Libye, Tunisie, Algérie, Maroc
Géographie physique
Type Mer intercontinentale
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 36° N 17° E / 36, 17 ()36° Nord 17° Est / 36, 17 ()  
Subdivisions Mer d'Alboran, mer Ligure, mer Tyrrhénienne, mer Ionienne, mer Adriatique, mer de Crète, mer Égée, mer de Thrace, mer de Marmara
Superficie 2 510 000 km2
Profondeur
· Moyenne 1 500 m
· Maximale 5 267 m
Salinité 38 g.L-1

Géolocalisation sur la carte : océan Atlantique

(Voir situation sur carte : océan Atlantique)
Mer Méditerranée

La mer Méditerranée (prononcé [me.di.tɛ.ʁa.ne ]) est une mer intercontinentale presque entièrement fermée, située entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie et qui s’étend sur une superficie d’environ 2,5 millions de kilomètres carrés. Son ouverture vers l’océan Atlantique par le détroit de Gibraltar est large de 14 kilomètres.

Elle doit son nom au fait qu’elle est littéralement une « mer au milieu des terres », en latin mare medi terra[1].

Durant l’Antiquité, la Méditerranée était une importante voie de transports maritimes permettant l’échange commercial et culturel entre les peuples émergents de la région — les cultures de la Mésopotamie, de l’Égypte, perse, phénicienne, carthaginoise, berbère, grecque et romaine. L’histoire de la Méditerranée est importante dans l’origine et le développement de la civilisation occidentale.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le détroit de Gibraltar et la mer d'Alboran à l’extrême occidental de la Méditerranée vue depuis un satellite

Le terme de Méditerranée vient du latin mediterraneus qui veut dire « au milieu des terres », sous-entendu « du monde connu » (medius pour milieu et terra pour terre).

La mer Méditerranée est, ou a été, connue sous de nombreux noms à travers l’histoire :

  • la « Grande Verte » (wȝḏ-wr), désignait parfois chez les Égyptiens de l’Antiquité la Méditerranée (mais aussi la mer Rouge ou les grands lacs du delta du Nil) ;
  • elle s’appelait le plus souvent Mare nostrum (« notre mer ») ou occasionnellement Mare internum (« mer intérieure ») dans l'Empire romain ;
  • dans l’Ancien Testament, sur la côte ouest de la « Terre sainte », elle s’appelait la « mer Hinder », parfois traduite comme la « mer de l’Ouest » (Dt. 9,24 ; Joel, 2,20), ou comme la « mer des Philistins » (Ex. 23,31), car ce peuple occupait une grande partie des côtes situées près de la Palestine. Cependant, parfois il s’agissait de la « Mer suprême » (Nb.34,6-7 ; Jos.1,4 ; 9,1 ; 15,47 ; Ez. 47,10..15..20), ou simplement « la Mer » (1 Rois 5,9 ; 1 Macc. 14,34 ; 15,11) ;

La plupart des langues des peuples situés autour de la Méditerranée ont un nom propre à leur culture, souvent une traduction de la « mer du milieu » ou de la « mer blanche » :

Langue Vocable
Albanais Deti Mesdhe
Arabe Al-Baħr Al-Abyad Al-Muttawasit (البحر الأبيض المتوسط, « la mer blanche médiane »)
Arménien Միջերկրական ծով (Mitchergragan dzov - Midjerkrakan tsov) (Mer entre terres)
Berbère Ilel Agrakal (« la mer d'entre terre », Ilel-Agr-Akkal)
Bulgare Средиземно Море
Catalan Mar Mediterrània
Corse Mare Mediterraniu
Croate Sredozemno more
Espagnol Mar Mediterráneo
Français Mer Méditerranée
Géorgien Khmelt'ashua zghva (ხმელთაშუა ზღვა) "mer entre terre"
Grec Mesogeios Thalassa (Μεσόγειος Θάλασσα), et plus avant, Asori Thalassa (Ἀσώρι Θάλασσα)
Hébreu ha-Yam ha-Tikhon (הים התיכון) « la mer du milieu », une adaptation littérale de l’allemand Mittelmeer
Italien Mar(e) Mediterraneo
Latin Mare Mediterraneum, ou Mare Nostrum
Macédonien Средоземно Море
Maltais Baħar Mediterran
Occitan mar Mediterranèa, mar Mediterrànea (Nissard), Mar Nòstra, Miegterrana (littéraire)
Roumain Marea Mediterană
Russe Средиземное море (« la mer de la terre du milieu »)
Serbe Sredozemno more (Средоземно море) (« mer du milieu des terres »)
Slovène Sredozemsko morje (« mer du milieu des terres »)
Turc Akdeniz (« la mer blanche » ou « mer du Sud ». Anciennement les Turcs désignaient les points cardinaux par des couleurs : noir pour le nord, rouge pour l'ouest, vert ou jaune pour l'est et donc blanc pour le sud.)

Le terme de « mer Méditerranée » désigne également parfois une mer presque fermée communiquant avec l’océan, car l’Espagne et le nord du Maroc se touchent presque.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Méditerranée.

Le bassin méditerranéen est riche d’une histoire complexe et ancienne. Elle est le berceau de la civilisation occidentale. L’Antiquité connaît un foisonnement de civilisations diverses comme les Égyptiens ou les Mésopotamiens. Puis, de grands empires prennent le contrôle des côtes de la mer Méditerranée. La Grèce, Carthage et Rome sont bien connus pour leur domination autour du bassin méditerranéen. Ils développèrent le commerce maritime et les guerres navales.

Venise reprend le flambeau progressivement, puis monte en puissance au XIVe siècle, lorsque la "Bourse du Rialto" facilite l'échange des parts de navires, le développement d'une flotte commerciale, et le quadruplement de la superficie de l'Arsenal de Venise, mené par les autorités de la ville. La rivalité avec Gènes, autre grande cité maritime, favorise aussi le commerce, avant que la découverte des Amériques ne déplace le centre de gravité commercial, très progressivement, plus à l'Ouest.

Géologie[modifier | modifier le code]

Relief de la mer Méditerranée
Carte tectonique de la Méditerranée

La mer Méditerranée se divise en deux bassins bien individualisés, séparés par des hauts fonds situés entre la Sicile et la Tunisie : la Méditerranée occidentale et la Méditerranée orientale, elles-mêmes nettement compartimentées. La première recouvre une superficie d’environ 0,85 million de kilomètres carrés tandis que la seconde recouvre environ 1,65 million de kilomètres carrés.

La Méditerranée se trouve à la limite entre deux plaques: les plaques africaine et eurasienne. Ces deux plaques se rapprochent, ce qui est à l'origine de collisions continentales et de subduction. Cela explique la forte activité sismique dans cette région et le volcanisme (Vésuve, Etna, Stromboli, Santorin...).

Le fond de la Méditerranée occidentale est constitué d'une lithosphère océanique relativement récente, qui a commencé à se former au Miocène. La Méditerranée orientale est aussi constituée de lithosphère océanique mais d'âge plus ancien datant de l'ère secondaire. C'est le vestige d'un ancien océan : la Téthys. Cette lithosphère océanique ancienne s'enfonce (subduction) sous l'Italie, la Sicile, la mer Égée, ce qui est à l'origine de la remontée du continent africain, mais aussi de l'étirement de la lithosphère dans la mer Égée et le bassin algéro-provençal et la mer Tyrrhénienne. Les séismes récents en Italie ont pour origine cet étirement de la croûte.

Histoire géologique[modifier | modifier le code]

La mer Méditerranée est en partie le vestige d’un ancien domaine océanique que l’on nomme aujourd’hui la Téthys, qui était plus vaste que la mer Méditerranée actuelle. À partir du Crétacé, la Téthys s’est « refermée » progressivement par subduction, avec le rapprochement des continents africain et eurasiatique. Ceci entraîne la formation de chaînes de montagne, comme les Pyrénées, ou les Alpes. Durant l’Oligocène (il y a 30 millions d’années), la Méditerranée occidentale subit une phase d’étirement qui sépare la Corse et la Sardaigne du continent européen.

Il y a cinq millions d’années, le détroit de Gibraltar s’est refermé réduisant la mer Méditerranée à un lac très salé. On nomme cet épisode la crise de salinité messinienne. Des dépôts salins au fond de la mer produits durant un million d’années témoignent de ce phénomène. Puis la différence de niveau entre l’Atlantique et la Méditerranée a causé la rupture de la digue naturelle de roche qui bloquait le détroit. Une énorme cascade a alors vraisemblablement rempli en quelques mois à quelques années le volume d’eau qui avait pris des centaines d’années pour s’évaporer[2]. Les fonds marins de la mer Méditerranée se modifient encore aujourd’hui car les plaques africaine et eurasienne sont en contact. Leurs mouvements provoquent des séismes en Italie, Grèce, Turquie et Israël et entretiennent une activité volcanique en Italie avec l’Etna, le Vésuve et le Stromboli.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Méditerranée est reliée à l’océan Atlantique par le détroit de Gibraltar à l’ouest et le canal du Midi, à la mer de Marmara et à la mer Noire par les Dardanelles et le Bosphore à l’est. La mer de Marmara - mais pas la mer Noire - est souvent considérée comme faisant partie de la Méditerranée. Le canal de Suez au sud-est relie la Méditerranée à la mer Rouge. Il s'agit géographiquement d'une mer semi-fermée partagée par 23 États riverains même si certains États comme la Fédération de Russie utilisent une argumentation juridique pour refuser ce qualificatif, arguant du fait qu'il s'agit d'une mer très grande contenant beaucoup d'autres mers (comme la mer Adriatique à son tour semi-fermée) et utilisée pour la navigation internationale, comme s'il s'agissait d'un océan[3].

Article détaillé : climat méditerranéen.

Le climat méditerranéen est caractérisé par un hiver humide et doux et par un été chaud et sec. Cependant, les inter saisons laissent place à une violence certaine du climat. Des pluies très importantes et très violentes s’abattent parfois alors que la terre asséchée par des périodes de sécheresse ne peut absorber ces précipitations (parfois équivalents à trois mois de pluie voire bien plus selon la latitude). Les inondations fréquentes en témoignent comme pour les vidourlades fréquentes, à Vaison-la-Romaine en 1992 et l’Aude en 2000.

Les marées sont de faible amplitude et l’évaporation y est plus importante que dans l’océan Atlantique. Les précipitations et la quantité relativement faible d’eau apportée par les fleuves qui s’y jettent sont largement insuffisantes pour combler cette évaporation (déficit d’environ 3 000 millions de mètres cubes) ; d’où un taux de salinité plus élevé et des températures d’eau plus chaudes qu’en Atlantique.

La mer Méditerranée, carte politique

Îles méditerranéennes[modifier | modifier le code]

Les principales îles de la Méditerranée sont :

Pays côtiers[modifier | modifier le code]

Les États qui bordent la Méditerranée sont :

Auxquels on peut ajouter Gibraltar et les enclaves britanniques de Chypre (possessions du Royaume-Uni), ainsi que la bande de Gaza, qui est de facto rattachée à la Palestine.

Cantons méditerranéens[modifier | modifier le code]

La mer Méditerranée se divise en deux bassins bien séparés par des hauts-fonds entre la Sicile et la Tunisie. Chaque bassin est divisé en différents compartiments portant le nom de mers, bassins ou golfes, parfois eux-mêmes divisés en zones géographiques de taille inférieure :

Méditerranée occidentale

Méditerranée orientale

Plusieurs détroits relient ces différentes parties de la Méditerranée :

Quelques chiffres de géographie physique[modifier | modifier le code]

  • Superficie : 2,51 millions de kilomètres carrés (3 millions avec la mer Noire, soit 1 % de l’océan mondial) ;
  • Dimensions : 3 860 km de l'est à l'ouest et 1 600 km du nord au sud[4]
  • Périmètre : 46 000 km de littoral
  • Profondeurs : moyenne : 1 500 m, maximale : 5 267 m[4]
  • Profondeur moyenne : 1 500 mètres. Certains de ses abysses rivalisent avec ceux des océans, comme dans la Mer Ionienne (5 121 mètres dans la fosse sous-marine Calypso[5]) et dans la Mer Tyrrhénienne (3 731 mètres) ;
  • Volume : 3,7 millions de kilomètres cubes ;
  • Marnage des marées : de 0 à 2 m environ, 40 cm en moyenne[6]
  • Renouvellement de l'eau : environ 90 ans.
  • Salinité moyenne : aux alentours de 3,8 %.
  • Fleuves les plus importants : , Rhône, Nil, Èbre, Medjerda
  • Apport de la pêche : approximativement 2 % de la pêche mondiale

Écologie[modifier | modifier le code]

Biodiversité[modifier | modifier le code]

La Méditerranée étant un des derniers vestiges océaniques de la Téthys, la plupart de ses espèces étaient pantropicales (espèces présentes dans toutes les mers chaudes du globe : récifs coralliens à porites, mangroves) avant la crise de salinité messinienne. La fermeture de la communication avec l'océan Indien il y a 14-18 Ma et l’assèchement de la Méditerranée durant cette crise messinienne il y a 5,96 à 5,33 Ma ont eu pour conséquence que le biotope marin de la mer Méditerranée est depuis lors principalement issu de l’océan Atlantique. L’Atlantique Nord est beaucoup plus froid et plus riche en aliments que la Méditerranée, et la vie marine méditerranéenne a dû s’adapter à des conditions changeantes au cours des cinq millions d’années qui ont suivi son remplissage[7].

La Méditerranée représente 0,8 % de la surface de l’océan mondial et 8 à 9 % de la biodiversité marine (10 à 12 000 espèces). Le domaine continental de la Méditerranée représente 1,6 % de la surface des continents et 10 % de la biodiversité mondiale (notamment 20 000 plantes, dont 52 % d’endémiques). La faune et la flore méditerranéennes comportent environ 20-30 % d’endémiques, 3-10 % d’espèces pantropicales, 55-75 % d’espèces atlantiques et 5 % d’« espèces lessepsiennes »[8]. Le taux d’endémisme y est de 18 % chez les Decapoda et les poissons[9], 48 % chez les spongiaires, 20 % chez les algues, 50 % chez les ascidies, si bien que la Méditerranée occupe la deuxième place mondiale en termes de richesse d’espèces endémiques[10].

État de la mer Méditerranée[modifier | modifier le code]

La mer Méditerranée est plus salée et plus pauvre en nutriments que l’océan Atlantique, en particulier à cause du détroit de Gibraltar qui bloque les grands courants de l’Atlantique. À cause de l’aridité du climat et de l’effet des vents, l’évaporation est plus importante que les apports des pluies et des fleuves, ce qui concentre la teneur en sel ; un équilibre est globalement préservé grâce à deux écoulements contraires au niveau de Gibraltar : un flux d'eau Atlantique entrant en surface et un flux d’eau salée sortant en profondeur[11].

Le percement du canal de Suez en 1869 a créé le premier passage d’eau de mer entre la mer Méditerranée et la mer Rouge. Cette dernière étant plus haute que la partie orientale de la Méditerranée, le canal forma un fleuve d’eau salée de la mer Rouge dans la Méditerranée. Traversé par le canal, le Grand Lac Amer (très salé avant le percement) a bloqué la migration des espèces de la mer Rouge vers la Méditerranée pendant plusieurs décennies. Progressivement, la salinité de ce lac s’est égalisée avec celle de la mer Rouge, la barrière migratoire s’est levée, et les plantes et les animaux de la mer Rouge ont commencé à coloniser la Méditerranée orientale.

Les espèces animales et végétales de la mer Rouge prennent l’avantage sur les espèces de l’océan Atlantique dans l’environnement méditerranéen oriental salé et pauvre en aliments. La construction du barrage d'Assouan sur le Nil dans les années 1960 a réduit l’apport d’eau douce riche en nutriments dans la Méditerranée orientale, ce qui rend l’environnement de la Méditerranée proche de celui de la mer Rouge. Cet échange d’« espèces lessepsiennes » ou « érythréennes » (du grec eruthros signifiant « rouge ») est connu sous le nom de migration de Lesseps, d’après Ferdinand de Lesseps, l’ingénieur qui a surveillé la construction du canal. Ces espèces s'installent principalement dans le bassin oriental et s'y acclimatent, si bien que 15 % des poissons de la Méditerranée orientale sont exotiques en 2007 (en Turquie elles représentent 43 % des ressources halieutiques ; au Liban, 72 % des poissons sont des Siganus rivulatus[12]). Certaines migrent dans le bassin occidental (Siganus luridus, Fistularia commersoni).

En 2008, 560 espèces exotiques (une majorité de poissons, arthropodes et mollusques) ont été recensées en Méditerranée. Leurs voies d'arrivée sont le détroit de Suez, le détroit de Gibraltar et la voie anthropique (notamment l'aquaculture, les eaux de ballasts ou le fouling). 220 proviennent du bassin indo-pacifique, 100 de l'océan Indien, 58 de la mer Rouge, 34 de l'océan Atlantique[13].

Prospective[modifier | modifier le code]

Le dérèglement climatique pourrait avoir des effets exacerbés sur la zone biogéographique méditerranéenne qui abrite un grand nombre de hot-spots de biodiversité. Anticiper les effets du changement climatique sur l’eau, l’agriculture, le tourisme, la pêche, l’énergie, le transport et l’urbanisme et l’environnement et la santé (zoonoses, épidémies, maladies émergentes) dans cette zone est une priorité croissante pour les élus et habitants de cette région déjà très dégradée par les feux de forêts et les sécheresses[14].

Économie[modifier | modifier le code]

La Méditerranée vue depuis Menton.

Le bassin méditerranéen concentre 150 millions d’habitants et attire quelque 200 millions de visiteurs chaque année[15]. 20 % des pétroliers, 30 % des navires marchands du monde circulent en Méditerranée, pour un trafic total de 120 000 bateaux[15].

Sport[modifier | modifier le code]

Les Jeux méditerranéens, qui se déroulent tous les quatre ans, sont une compétition multisports où se rencontrent des sportifs des pays du bassin méditerranéen.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la bonne société européenne ne cherchait pas la chaleur et le soleil, se déplaçant sur des stations balnéaires de la côte atlantique, de la Manche ou de la Baltique dès le début de l'été, mais pas en Méditerranée. C'est à la même époque que naît le tourisme en Angleterre, où la population est déjà très urbanisée et invente la notion de vacances : les Anglais sont ainsi premiers à fréquenter les bords de la Méditerranée (mais en hiver), donnant naissance à de nombreux palaces (en particulier à Nice, la promenade des Anglais en étant un souvenir). À cette époque, « bronzer, c'était prendre le risque de régresser socialement et racialement » affirme l'anthropologue Jean-Didier Urbain (en effet, c'étaient les couches les plus pauvres de la population - paysans… - qui travaillaient au soleil ; il s'agissait donc d'un marqueur social, obligeant les couches aisées à garder la peau claire et à se couvrir)[16].

La première description d'un bain de soleil comme plaisir bourgeois date ainsi seulement de 1902, dans L'Immoraliste d'André Gide et Coco Chanel fait scandale en 1927 en prenant le soleil sur la Côte d'Azur, alors que l'écrivain Théo Varlet créé le nudisme en 1905. Le tourisme méditerranéen, encore privilégié, se développe à partir de cette période. Jean-Didier Urbain poursuit : « Longtemps, la fréquentation de la Méditerranée s'est faite autour de trois usages. Il y avait l'aspect sanitaire, avec les stations balnéaires, de la côte espagnole à la Riviera italienne. Puis, dans le croissant allant des côtes adriatiques à l'Égypte, une imbrication entre découverte des racines de notre civilisation et une Méditerranée des loisirs dont le principal attrait était le tourisme sexuel »[16].

En France, pays rural en comparaison de l'Angleterre, c'est avec les congés payés de 1936 et surtout la société de consommation des Trente Glorieuses que le tourisme méditerranéen se développe et se démocratise, donnant naissance au camping et à la fréquentation populaire des villes du Sud de la France. En 1950, l'entrepreneur belge Gérard Blitz créé le Club Méditerranée, des camps de vacances (en Italie, en Grèce, en Tunisie, etc.). « Le coup de génie de Blitz, c'est la création d'un concept de vacances qui n'a strictement rien à faire de l'endroit où l'on s'implante du moment qu'il y a le sable, le soleil et la mer. Un endroit où l'on est heureux ensemble : sur ces côtes méditerranéennes, on créé une Polynésie fantasme, avec paréos, paillotes et monnaie propre. On ne vient plus là pour découvrir le monde mais pour l'oublier » conclut Jean-Didier Urbain[16]. Avec l'apparition des boîtes de nuits, certains endroits se voient dédiés à la fête estivale, comme l'île d'Ibiza.

Depuis, la région accueille un nombre toujours croissant de voyageurs : elle capte près du tiers du tourisme mondial[réf. nécessaire]. De 2000 à 2020, la France, l'Espagne et l'Italie sont leaders mais la Turquie et l'Égypte devraient tripler, voire quadrupler leur nombre de visiteurs. Pendant la même période, le nombre de touristes devrait y atteindre de 300 à 600 millions[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. selon Isidore de Séville au VIIe siècle
  2. Garcia-Castellanos, D. et al. (2009) 'Catastrophic flood of the Mediterranean after the Messinian salinity crisis', Nature, 462, 10 décembre 2009, p778.
  3. Umberto Leanza, Le Nouveau droit international de la Mer Méditerranée, Editoriale Scientifica,‎ 1994, p. 46
  4. a et b Qu’est-ce que la mer Méditerranée ? Sur le site polmar.com
  5. Au creux de la fosse de Matapan au large du Péloponnèse (à 56 km au SO de Méthone (Piérie))
  6. Grandes et petites marées en Méditerranée, sur le site aviso.oceanobs.com, consulté le 27 mars 2013
  7. Jean-Pierre Suc, Origin and evolution of the Mediterranean vegetation and climate in Europe, Nature no 307, 1984, p. 429-432.
  8. Biodiversité : faune, flore et endémisme Site de l'Université de la Méditerranée Aix-Marseille II sur la biologie méditerranéenne
  9. G Fredj et C. Maurin, Les poissons dans les banques de données Médifaune, Cybium, 11, 1987, p.218-299.
  10. L. Garibaldi et J.F. Caddy, Biogeographic characterization of Mediterranean and Black seas faunal provinces using GIS procedures, Ocean Coast. Manage, 39, 1998, p. 211-227.
  11. [www-g.oca.eu/cerga/gmc/kids/cd/pdffr/Med.pdf]
  12. M. Bariche et coll, Settlement of the lessepsian blue-barred parrotfish Scarus ghobban (Teleostei: Scaridae) in the eastern Mediterranean, J. Mar. Biolog. Assoc. 2. Biodiversity records, 2005
  13. (en) Frida Ben Rais Lasram et coll., « Historical colonization of the Mediterranean Sea by Atlantic fishes: do biological traits matter? », Hydrobiologia, vol. 607, no 1,‎ 2008, p. 51-62 (DOI 10.1007/s10750-008-9366-4)
  14. Stéphane Hallegatte, Anticiper le changement climatique autour de la Méditerranée, coll. « Notes & Documents », Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPEMED), 76 p.
  15. a et b Pablo Linde, « Méditerranée. La mer la plus polluée du monde », dans Courrier international du 27 juillet 2007, [lire en ligne]
  16. a, b et c Guillaume de Dieuleveult, « Et la Méditerranée découvrit l'été… », Le Figaro Magazine, semaine du 9 mai 2014, pages 40-41.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]