Tumulus

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Tumulus des athéniens morts à la bataille de Marathon, Grèce
Tumulus de Colombiers-sur-Seulles, Basse-Normandie, France
Tumulus de Kercado, Carnac, France

Le mot latin tumulus (au pluriel tumuli) désigne une éminence artificielle, circulaire ou non, recouvrant une sépulture. En haut français on emploie aussi le mot tombelle[1].

Un tertre n'est fait que de terre, un tumulus de terre et de pierres et enfin un cairn (ou galgal), de pierres.

La tombe peut être de dimensions très variables : d'un simple dépôt d'ossements brûlés jusqu'à une chambre sépulcrale très élaborée en pierre sèche et/ou en dalles, auquel cas on parlera de tumulus mégalithique (Voir Dolmen).

Actuellement, les tumuli de terre sont rares, car l'érosion et l'action de l'homme les ont en partie effacés. Les tumuli de pierre (ou cairns) sont par contre assez bien conservés.

Le tumulus est souvent consolidé sur son pourtour par un parement en pierre sèche, voire par des blocs plus gros ou même par des pierres levées (le péristalithe). Dans le cas des monuments les plus imposants, il peut y avoir une façade architecturée au niveau de l'entrée de la sépulture.

Certains tumuli sont très élaborés et peuvent être structurés en parements concentriques. Ils présentent alors une élévation en gradins.

Conservation[modifier | modifier le code]

De nombreux tumuli ont été pillés, ont servi de carrière, parfois de butte de tir, ou ont été détruits par l'agriculture. On a aussi pu y construire des tours de guets, ou de petites fortifications.

Quelques exemples dans le monde[modifier | modifier le code]

Amérique précolombienne[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Le plus ancien tumulus d'Amérique du Nord (vers -5500) se trouve à L'Anse Amour. Un autre site est le tumulus Augustine, à Metepenagiag. D'autres tumulus a été retrouvé en 2008 sur la presqu'île de Plaisance dans la province de Québec. On retrouve des amas de pierres semblable derrière l'ancien cimetière protestant MacGillivray du rang 7 est dans la munipalité de Lochaber, Qc.

Territoire des États-Unis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mound Builders.

La culture des bâtisseurs de tumulus (« mound » en anglais) s'est épanouie du Ier millénaire av. J.-C. au VIIIe siècle dans une grande partie des États-Unis actuels. Les premiers tertres ont été aménagés vers 3 400 avant J.-C.[2]. Les Adenas semblent être les premiers à pratiquer l'art de la poterie et à enterrer leurs chefs sous des tumuli. Les Hopewells ou leur ont succédé dans la vallée de l'Ohio du Ier siècle av. J.-C. au VIIIe siècle. Ils enterraient leurs morts avec des bijoux et des objets précieux, toujours sous des tumuli. Enfin la civilisation du Mississippi reprend la tradition en érigeant des tertres monumentaux.

De nombreux tumuli ont été détruits à cause de l'agriculture, des fouilles sauvages ou la construction d'équipements. Les sites les plus connus aux États-Unis sont :

  • La pyramide tronquée de Monk's Mound dont la base mesure 316 mètres sur 241 mètres[3]. Elle appartient au site archéologique de Cahokia (Collinsville (Illinois)) dont la grande place était bordée de dix-sept tumuli[3].
  • Le tumulus du Grand serpent (Serpent Mound), à Peebles dans l'Ohio) qui dessine un serpent long de 381 mètres[4]. Il fut aménagé entre -1500 et -800[4]. Dans la bouche du serpent se trouve un œuf qui pourrait figurer une éclipse[4].
  • L'Effigy Mounds National Monument, le monument national des tumulus en forme de silhouettes d'animaux situé dans l'Iowa.
  • En Géorgie, des vestiges de la culture des bâtisseurs de tumuli ont été découverts à Etowah Indian Mounds.
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Angleterre[modifier | modifier le code]

Silbury Hill

Silbury Hill[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Silbury Hill.

Silbury Hill est un tumulus de 40 mètres de haut, 167 mètres de diamètre à la base, situé près d'Avebury, comté de Wiltshire, Angleterre. Il est donné pour le plus grand tumulus d'Europe[5].

Il n'a jamais révélé de structure funéraire interne malgré les recherches effectuées depuis le XVIIIe siècle.

Sutton Hoo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sutton Hoo.

Ce groupe de tumuli, qui abritait notamment la tombe d'un roi anglo-saxon du VIe siècle, a révélé aux archéologues un véritable trésor désormais exposé au British Museum. On y a retrouvé un bateau tombe.

Belgique[modifier | modifier le code]

Tumulus d'Hottomont
Article détaillé : Liste des tumuli de Belgique.

Bulgarie[modifier | modifier le code]

Chine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pyramides chinoises.

La Chine compte de nombreux tumuli abritant la sépulture de hautes personnalités, principalement dans la vallée de la rivière Wei (province du Shaanxi), où l'on trouve 65 sépultures d'empereurs allant de la dynastie des Qin à celle des Tang, et plus de 200 d'autres personnalités (impératrices, princes, princesses et hauts fonctionnaires).

Égypte antique[modifier | modifier le code]

Les Égyptiens de l'Antiquité ont utilisé les tumuli pour enterrer leurs morts jusqu'à la fin de période prédynastique. C'est n'est qu'à l'Ancien Empire que les mastabas (puis les pyramides) prendront le pas sur les tumuli ; d'abord pour les pharaons, puis pour les nobles et les notables.

Tumulus de la nécropole de la Banditaccia à Cerveteri.

Pour les Égyptiens, le tumulus représente la butte émergeant de l'océan primordial d'où naquit le soleil dans la mythologie héliopolitaine.

Étrurie[modifier | modifier le code]

Les Étrusques ont utilisé des tumuli pour la sépulture de leurs morts (en plus de leurs tombes enfouies). Les tombes étaient souvent ornées de fresques et regroupées en nécropoles, comme à Monterozzi, Cerveteri ou Populonia (Italie).

France[modifier | modifier le code]

Les tumuli de Bougon (Deux-Sèvres)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tumulus de Bougon.

Il s'agit d'un ensemble de cinq tumuli regroupés sur un seul et même site, à Bougon. Cas assez rare, la construction et l'utilisation de ceux-ci s'est étalée sur une très longue période, de 4 500 à 3 000 ans avant J-C. Il s'agit de l'une des plus anciennes nécropoles mégalithiques d'Europe occidentale.

Les tumuli de Bussy-le-Château (Marne)[modifier | modifier le code]

La commune Bussy-le-Château compte cinq tumuli sur son territoire, dont trois relativement intacts, alignés le long de la rivière Noblette.

Voici leurs noms[6] : Le premier des cinq tumulus à l'ouest est le château Tholengo, dit Lebel. Le second, plus gros, dit la Grosse Tour, ouvrage des Romains, a été acheté le 5 décembre 1863, pour le compte du département, comme un monument historique et commémoratif de la bataille de Mauriac (La Cheppe), où Attila aurait été vaincu par l'armée romaine coalisée, en 451. Ce tumulus est l'œuvre des Romains. Le troisième tumulus, dit la petite Tour, a été fait par les Wisigoths qui secondés par les Alain, avaient le plus contribué à la délivrance du pays. Le quatrième tumulus, dit la Voisaiterie, est en partie disparue et mise en culture. Le cinquième tumulus, dit le Châtel, érigé par les Bourguignons ; il était le plus volumineux. On a bâti un moulin à vent sur le milieu de son cône aplati (avec dit-on des pierres du château dont il ne reste aucune trace), encore visible malgré la végétation qui l'a envahi. C'est sur ce tumulus que le jour de Pâques voyait se dérouler un rituel : certains hommes du village, jeunes en général, y venaient en sortant de la messe, buvaient une bouteille entière de vin rouge, à la romaine (c'est-à-dire sans que le goulot ne touche les lèvres) et d'une traite, puis s'essayaient à casser cette bouteille en la jetant en bas de la butte, sur la terre meuble du chemin. L'entreprise étant fort peu simple, ils devaient s'y reprendre à plusieurs fois, les montées et descente de la butte ainsi que l'alcool, ne favorisant pas la réussite à ce jeu.

Le jeu a pris fin après que les Ponts-et-Chaussées ont prétexté d'une dégradation de la voie carrossable pour le faire interdire[7].


Le tumulus de Meulson (Côte d'Or)[modifier | modifier le code]

À une altitude de 386 mètres, le tumulus de Meulson repose sur des cryoturbations périglaciaires, sur une légère pente du nord vers le sud. Le site découvert lors d’un décapage de carrière présente des traces de labours. Un épandage de fragments de poterie et de minerai de fer serait postérieur et remonterait à la fin de l’âge du Bronze, voire du Hallstatt. Ces niveaux furent préservés des labours actuels par un monument de pierres sèches. Il présente une architecture complexe de tertres concentriques. Ils s’engloberont de la manière suivante : deux tertres quadrangulaires aux angles arrondis, puis deux tertres circulaires et deux tertres quadrangulaires aux angles aigus. Les deux premiers s’organisent autour et pour une incinération centrale coupant une fosse. Les suivants deviennent ensuite le lieu de déposition d’une à plusieurs sépultures. Le matériel des tombes est principalement métallique, on note l’absence de vase en terre cuite. Découvert dans le monument, il permet de dresser son évolution depuis le Hallstatt, La Tène A ancienne et récente. La Tène moyenne est signalée par des bûchers ayant livrés un matériel métallique et céramique, indiquant une modification des pratiques funéraires. La dernière construction présente une technique de construction originale pour cette période, en arête de poisson. Des conduits évoquent le lien du monde des morts et du monde des vivants. Des dépôts d’objets, suggérant des rituels, sont pour l’instant méconnus dans le Châtillonnais à La Tène ancienne : de fondation, de construction, de confinement. Le groupement de sépultures, remplaçant les tombes individuelles sous tumulus, s’observe. Pour les derniers tertres, l’effet de concentration selon un axe commun des sépultures se faisait sur une à plusieurs générations. L’installation de sépultures n’équivaut pas systématiquement à une mise en place dans le comblement du monument contemporain, mais peut induire un rapprochement à des sépultures plus anciennes en perçant si besoin les monuments antérieurs. Il semble vraisemblable que l’on soit en présence de sépultures décrites par nos prédécesseurs comme des « sépultures adventices ». Les écartements des tertres circulaires et des grands tertres quadrangulaires aux angles arrondis, ainsi que les longueurs de parements nord des tertres quadrangulaires, permettent d’authentifier de l’utilisation d’un système de mesure au commencement de La Tène ancienne[8].

Le tumulus Saint-Michel de Carnac[modifier | modifier le code]

Plan du tumulus Saint-Michel (par Zacharie Le Rouzic)
Le tumulus Saint-Michel de Carnac

Ce tumulus fut construit entre 5000 et 3400 avant J.-C. (au Néolithique).

À la base, il est long de 125 mètres et large de 60 mètres et mesure 12 mètres de haut. Il a nécessité 35 000 mètres cubes de pierres et de terre. Sa fonction était la même que celle des pyramides d'Égypte, tombeau pour les membres d'une élite, il contenait divers objets funéraires pour la plupart exposés dorénavant au musée de préhistoire de Carnac.

La chapelle érigée dessus, construite en 1663, fut détruite en 1923 pour être reconstruite à l'identique en 1926[9].

Les tumuli de Locmariaquer[modifier | modifier le code]

À quelques kilomètres de Carnac, on trouve également de nombreux monuments mégalithiques dans la commune de Locmariaquer. En particulier, on y découvre les tumuli d'Er-Grah (140 mètres par 20 mètres), à proximité du célèbre Grand menhir brisé, du Mané-Lud (80 mètres par 50 mètres) et de Mané-er-Hroeg (100 mètres par 60 mètres).

Les tumulus de champ Châlons de Courçon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tumulus de champ Châlons.

Sur le site situé dans la forêt de Benon, sur la commune de Courçon, sont implantés cinq tumuli.

Le tumulus de Dissignac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tumulus de Dissignac.

Le dolmen du Lamalou (Hérault)[modifier | modifier le code]

Ce tumulus n'est actuellement pas recouvert de terre (le fut-il?) et sa structure de pierre sèche (calcaire) est apparente. C'est l'un des rares dolmens héraultais à être encore couverts et enserré par un gros tumulus.

Le dolmen de la bergerie de Panissière (Gard)[modifier | modifier le code]

Le tumulus de pierre sèche de ce dolmen est original (mais pas unique) : son pourtour est délimité par un cercle de pierres levées intégrées à l'ensemble (le « péristalithe »).

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Le tumulus de Tanouédou à Bourbriac (Bretagne, Côtes d'Armor)[modifier | modifier le code]

-Le tumulus de Tanouédou de l'âge d'or est classé depuis le 22 juillet 1914 [10]

Le Cairn de Barnenez à Plouezoc'h (Finistère)[modifier | modifier le code]

La partie la plus ancienne de ce tumulus en pierres sèches daterait de 4 850–4 450 av. J.-C., du Néolithique

Barnenez front2.jpg
Article détaillé : Cairn de Barnenez.


Le tumulus du Péré[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tumulus du Péré.
Le tumulus Saint-Fiacre de Melrand, Morbihan

Le tumulus de Saint Fiacre en Melrand (Morbihan)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tumulus de Saint Fiacre.

Les tumuli d'Appenwihr (Haut Rhin)[modifier | modifier le code]

Sur le ban de la commune d'Appenwihr, dans la forêt de Kastenwald, se trouve un groupe de neuf tumuli de hauteur modeste (environ 1,50 m). À quelques centaines de mètres au nord-ouest de ce groupe, se dresse un tumulus d'une hauteur de 4 à 5 mètres qui n'a jamais été fouillé.

Sept des tumuli du groupe ont été fouillés, l'un ayant été détruit par la construction de la départementale D1 et un autre n'a pas fait le sujet de fouilles. Ils ont été datés de l'époque du Bronze moyen et le résultat des fouilles est exposé au musée Unterlinden à Colmar.

Irlande[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Newgrange.

Japon[modifier | modifier le code]

  • Les kofun : Cette forme de tumulus mégalithique se développa au Japon entre le IVe et le VIIe siècle. Étant les seuls témoins archéologiques de cette période, ils ont donné leur nom à l'ère Yamato.

Suède[modifier | modifier le code]

Les tumuli de Vitlycke - Tanum en Suède

Suisse[modifier | modifier le code]

Est de l'Europe[modifier | modifier le code]

Pologne[modifier | modifier le code]

Russie et Ukraine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kourgane.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Nouveau Petit Robert. 40e éd. 2007. s.v. Tombelle, p.2568
  2. Andrew O’Hehir, « La huitième merveille du monde : les grandes pyramides du Mississippi » dans Courrier international, no 983, 3-09-2009, [lire en ligne]
  3. a et b Larry J. Zimmerman, Les Indiens d'Amérique du Nord, Gründ, Paris, 2003 (ISBN 2-7000-3114-8), p. 48
  4. a, b et c Larry J. Zimmerman, Les Indiens d'Amérique du Nord, Gründ, Paris, 2003 (ISBN 2-7000-3114-8), p. 33
  5. Atkinson, 1967
  6. Pierre-Hilaire Létaudin Étude historique sur la Cheppe, le camp d'Attila et les environs, Châlons-sur-Marne, 1869
  7. A. Guillemot, Contes, légendes, vieilles coutumes de la Marne : Le Massacre des bouteilles sur la "tour" de Bussy-Le-Château
  8. Alain Gelot, Le tumulus de Meulson (Côte-d'Or), études architecturales et pratiques funéraires du Hallstatt final au milieu de la Tène moyenne. Mémoire de master II, École pratique des hautes études
  9. Informations recueillies sur un panneau du Ministère de la culture et de la communication à Carnac
  10. http://fr.topic-topos.com/tumulus-de-tanouedou-bourbriac

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Articles connexes[modifier | modifier le code]