Cathédrale Saint-Paul de Londres

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cette cathédrale ne doit pas être confondue avec une autre cathédrale de Londres.
Page d'aide sur l'homonymie D’autres cathédrales portent le nom de cathédrale Saint-Paul.
Cathédrale Saint-Paul de Londres
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Paul de Londres
Présentation
Nom local St Paul's Cathedral
Culte Anglican
Type Cathédrale
Rattachement Évêché anglican de Londres (siège)
Début de la construction 1675
Fin des travaux 1720
Style dominant Classique
Baroque
Géographie
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Région Angleterre
Commune Londres
Coordonnées 51° 30′ 49″ N 0° 05′ 53″ O / 51.513611, -0.09805651° 30′ 49″ Nord 0° 05′ 53″ Ouest / 51.513611, -0.098056  

Géolocalisation sur la carte : Londres

(Voir situation sur carte : Londres)
Cathédrale Saint-Paul de Londres

La cathédrale Saint-Paul de Londres a été construite après la destruction de l'ancien édifice lors du grand incendie de 1666. Elle couronne Ludgate Hill et se trouve dans la City, le cœur historique de la ville, devenue aujourd'hui le principal quartier d'affaires londonien. Elle est considérée comme étant le chef-œuvre du célèbre architecte anglais, Christopher Wren.

Le site de Ludgate Hill (en) accueillit quatre sanctuaires avant la cathédrale actuelle.

Les trois premières cathédrales[modifier | modifier le code]

La première connue, incorporée à l'enceinte romaine, fut construite en bois, sous le règne de Æthelbert, roi de Kent qui la dota du manoir de Tillingham dans l’Essex, domaine encore entretenu de nos jours par le doyen et le chapitre. C’est cette première cathédrale qui connaîtra en l'an 604, la consécration de Mellitus, premier évêque de Londres par Augustin de Cantorbéry.

Elle fut incendiée une première fois, puis rebâtie en pierre entre 675 et 685, par l’évêque Erkenwald dont le tombeau attira de nombreux pèlerins durant le Moyen Âge. Elle fut détruite par les Vikings au IXe siècle et rebâtie en 962.

La quatrième cathédrale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Old St Paul's Cathedral.
L'ancienne cathédrale Saint-Paul de Londres.

L’église saxonne fut détruite par le feu une deuxième fois en 1087 et la construction d’une quatrième cathédrale commença presque aussitôt sous l’égide de Guillaume le Roux, fils de Guillaume le Conquérant auquel il venait juste de succéder. Maurice, jadis aumônier et chancelier de ce dernier, devenu évêque, en profita pour construire une cathédrale sur une échelle plus grande jamais envisagé jusqu’ici à Londres. Celle-ci constitua d'après les témoignages[1], un joyau de l'architecture normande.
Le « vieux Saint-Paul » tel qu’on nomma ce 4e édifice était, avec ses 586 pieds (179 m), la troisième cathédrale la plus longue d'Europe et sa flèche culminait à 164 m. Elle se dressait sur un vaste espace entouré de murailles qui suivaient Creed Lane et Ave Maria Lane à l’ouest, Paternoster Row au nord, Old Change à l’est et Carter Lane au sud. Cette enceinte était alors percée de six portes.
Selon les premiers plans, la cathédrale devait comporter une nef de douze travées, un transept et un petit chœur absidial, tous construits dans le style des voûtes en berceau (ou voûtes romanes). La construction du bâtiment fut retardée par un incendie dans le chœur en 1136. Cependant, les dernières phases de la construction de la nef et de l’extrémité ouest furent terminées avant la fin du XIIe siècle.
Vers 1220, on commença l’édification de la flèche (terminée en 1315) et on embellit le chœur.
La cathédrale terminée, on la consacra en 1240.
Au XIIIe siècle, on décida de rebâtir le chœur dans le style gothique, les travaux commencèrent en 1258. Celui-ci fut déplacé de douze travées supplémentaires, impliquant la démolition de l’église paroissiale Sainte-Foy qui se trouvait à l’est de la cathédrale. Les travaux prirent fin en 1314.
La flèche fut frappée par la foudre en 1447 et réparée en 1462.
Autour de la cathédrale romane, se trouvaient le palais de l’évêque, la résidence du doyen et les habitations des chanoines en résidence. En 1332, un chapitre fut édifié contre le côté méridional du bâtiment par William de Ramsey, un des plus éminents architectes de l’époque. On peut toujours apercevoir aujourd’hui dans les jardins sud, les ruines du cloître du chapitre, ainsi que les fondations de deux contreforts du chapitre lui-même.
Mais l’après-midi du 4 juin 1561, cet édifice fut néanmoins détruit lors d'un incendie provoqué par la foudre, lors d’un violent orage. La flèche, la tour centrale qui la supportait et l’ensemble de la toiture furent détruites. La restauration sera achevée en 1588, la flèche ne fut jamais reconstruite.
Charles Ier Stuart en profita pour faire modifier la façade par le grand architecte Inigo Jones qui y plaqua un portique corinthien d'un effet contestable, après des travaux qui durèrent de 1634 à 1643.
Parmi les personnalités inhumées dans cette cathédrale, citons Robert III d'Artois en 1342.

La cinquième cathédrale[modifier | modifier le code]

À la suite de l'incendie de 1666, la reconstruction d'un édifice tout aussi impressionnant s'imposait donc. Cette tâche fut confiée à Sir Christopher Wren le 30 juillet 1669[2]. Le plan de l'actuel de la cathédrale en croix latine, fut le troisième projet que Wren présenta au clergé anglican après que celui-ci eut rejeté les deux premiers : d'abord un plan central en croix grecque avec coupole que le roi Charles II avait néanmoins approuvé en 1670, puis un plan en forme d'énorme temple romain.

La première pierre fut posée le 21 juin 1675, le chœur ouvert au public le 2 décembre 1697, la dernière pierre couronna le bâtiment en 1710, trente-cinq ans après le début de sa construction.
Wren fut secondé dans sa tâche par son fidèle assistant, l'architecte et mathématicien Robert Hooke, ainsi que par le sculpteur Grinling Gibbons pour les stalles[3] et le fronton sculpté du transept nord[4], et le ferronnier d'origine française Jean Tijou[5].
Cet édifice faillit cependant connaître le même sort que ses prédécesseurs. En effet, lors du bombardement de Londres en 1940 par les nazis, la cathédrale Saint-Paul était pour l'aviation d'Hitler un des points névralgiques de la capitale anglaise et, par conséquent, une cible privilégiée pour ces derniers. Mais la nuit du bombardement, tandis que la plupart des bâtiments de la ville étaient en proie aux flammes, la cathédrale ne reçut qu'un seul projectile ; ce dernier n'endommagea que superficiellement la toiture car des Londoniens eurent aussitôt fait d'éteindre succinctement les flammes rougeoyantes issues de la bombe. Le lendemain matin, alors que la ville suffoquait à cause de l'évènement de la veille, la cathédrale Saint-Paul se dressait, avec sa blancheur immaculée, au dessus des fumerolles noirâtres qui montaient vers le ciel. C'est en partie à cause de cet évènement que la cathédrale est devenue un symbole fort pour les londoniens.

Description[modifier | modifier le code]

La façade principale côté ouest
Le dôme

La cathédrale de Wren est un mélange d'architectures classique et baroque.

Son dôme, d'un poids total de 65 000 tonnes, a été composé avec trois enveloppes imbriquées, et ses clochers conçus pour dominer la cité tout entière. Au sommet du dôme culminant à 110 mètres de hauteur (que l'on atteint en gravissant 528 marches), la vue sur la cité y est magnifique.

L'étude de ce dôme, a débuté en 1669. Wren s'est inspiré de la coupole de Michel-Ange, conçue pour la basilique Saint-Pierre de Rome, et aussi de celle de François Mansart, conçue pour l 'Église du Val-de-Grâce à Paris, visitée en 1665.

Le dôme extérieur est de forme hémisphérique, car la sphère possède intrinsèquement une belle forme, mais sa simplicité et sa perfection, en font un symbole important pour l'église car représentant la forme du cosmos.

Dôme de la Cathédrale Saint-Paul de Londres

La conception du dôme intermédiaire a été influencée par la théorie de Robert Hooke : la courbe formée par une chaîne de suspension, lorsque renversée (« chaînette renversée »), donne la forme d'un arc de maçonnerie « parfait », suivant et contenant la ligne de poussée[6].

On trouve une "approximation" de la « courbe caténaire » (« catenary curve ») dans les croquis de Wren pour la construction de celui-ci[7]. Cette esquisse d'un dôme triple enveloppe (vers 1690), conservée au British Museum, représente un moment clé, dans la conception de la cathédrale Saint-Paul. L'inscription de la main de son élève Nicholas Hawksmoor, se trouvant en bas de cette esquisse est notée comme étant l'œuvre de Christopher Wren[Note 1].

Bien que les deux architectes avaient connaissance des propriétés remarquables de cette courbe, ils étaient incapables à l'époque, d'en trouver une formulation mathématique exacte (qui n'est venue qu'en 1691 avec Jean Bernoulli, Leibnitz et Huygens). Pour la construction du dôme intermédiaire, l'esquisse représente une parabole cubique (voir la figure 2 du document en référence, et les trois courbes superposées). Le dôme intermédiaire est formé par le conoïde qui est créé par la rotation de la demi-parabole cubique y=x3, sur l'axe des ordonnées[8].

Dotée d'une nef gigantesque de 150 mètres de longueur et 36 mètres de largeur, l'intérieur est saisissant avec en point de mire, l'autel surmonté d'un impressionnant baldaquin. Tandis que le transept, très saillant, atteint 76 mètres de façade à façade.

Au-dessus de l'autel, s'élève la coupole, haute de 86 mètres sous voûte, dont la galerie qui se trouve à la base de celle-ci à 30 mètres du sol, est baptisée « galerie des murmures » (Whispering Gallery) parce qu'un mot chuchoté d'un côté s'entend distinctement au côté opposé, à plus de 34 mètres. Il y a aussi une salle destinée a y mettre les portraits des rois et reines qui mesure 45 mètre de longueur et 10 mètres de largeur, dont Christopher Wren eut l'idée pour faire honneur à la Reine. Avec ses 125 cloches, la cathédrales s'entend de loin. Le dôme n'est pas fait que de simple vitraux mais contient aussi quelques diamants que la reine avais offert à Christopher Wren pour lui rendre hommage pour son courage.

Âgé de quarante-trois ans au moment du début des travaux, il n'espérait pas voir le bâtiment achevé, mais sa longévité remarquable, (il décèdera à quatre-vingt-dix ans), lui permettra de voir son œuvre terminée en 1711, soit douze ans avant sa mort.

Parmi les tombes situées dans la crypte : celles de l'amiral Horatio Nelson, du duc de Wellington, du peintre Edwin Landseer et de Christopher Wren. En 2003, pour le tricentenaire de la mort de Robert Hooke, un mémorial a été érigé à côté de la tombe de « son ami et collègue, Sir Christopher Wren »[9].

Saint-Paul au cinéma[modifier | modifier le code]

À cause de sa silhouette reconnaissable et visible de loin, la cathédrale Saint-Paul sert souvent à situer l'action à Londres.

La cathédrale apparaît notamment dans :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Esquisse du dôme conservée au British Museum, référence : PD 1881-6-11-203

Références[modifier | modifier le code]

  1. William Benham écrivait en 1902 dans son ouvrage Old St. Paul's Cathedral : « It had not a rival in England, perhaps one might say in Europe. » (« Elle n'avait pas de rivale en Angleterre, peut-être pourrait-on dire en Europe. »)
  2. Campbell (2007), p. 26.
  3. Lang (1956), p. 166.
  4. Lang (1956), p. 209.
  5. Lang (1956), p. 169.
  6. (en)The dome of St Paul's Cathedral, London, sur le site mathsinthecity.com, consulté le 27 septembre 2014
  7. (en)Designing the dome of St Paul's, sur le site mhs.ox.ac.uk, consulté le 31 août 2014
  8. [PDF](en)Snezana Lawrence - The dome that touches the Heavens, sur le site ima.org.uk, consulté le 31 août 2014
  9. (en)The Robert Hooke Society, Freshwater, Isle of Wight, sur le site roberthooke.org, consulté le 4 octobre 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :