Chronique médiévale

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Au Moyen Âge, une chronique (du grec chronos, « temps ») est un ouvrage, parfois écrit collectivement, relatant une série de faits chronologiquement. Cette littérature historique en langue vulgaire prend le relais de la chanson de geste en relatant des épopées légendaires héroïques qui mettent en scène les exploits guerriers de rois ou de chevaliers, ou en racontant l'histoire officielle de communautés, d'une cause ou de grands personnages qui sont les protecteurs des chroniqueurs à leur service.

Les évêques et presque toutes les grandes abbayes perpétuent leurs chroniques qui relatent les faits importants dans l’ordre de leur succession, autrement dit chronologiquement. L’intérêt de ces chroniques, est de conserver la lignée des rois, des nobles, des abbés, surtout s’ils furent saints ou conquérants, afin de reconstituer les généalogies et de servir de « référence » à leurs descendants. Elles servent également à mémoriser les donations, achats, échanges, mises en usufruit des villas (centres agricoles), églises, chapelles ou parcelles de terres.

Les chroniques ont également pour vocation de permettre la datation des événements, dans la mesure où il n’existe pas de calendriers, sauf de très rares exceptions. Tout fait important est situé en fonction de l’année du règne d’un pape, d’un roi ou d’un empereur. Cette notation est fonction du lieu où la chronique est écrite. Elles peuvent décrire une époque restreinte comme les Chroniques de Froissart ou balayer plusieurs siècles comme les Grandes Chroniques de France.

La rédaction de ces chroniques est confiée à un lettré de confiance, qui se fait un devoir d’embellir, de purifier et de sanctifier toutes les actions des personnages commanditaires dont il relate les exploits. Sous ce jour, les annales (annales et chroniques se confondent fréquemment, les « Annales de Lorsch » qui couvrent la période de 785 à 803, sont ainsi habituellement qualifiées de chroniques) ont aussi un rôle de propagande ou d’endoctrinement, car elles servent de livre d’heures aux membres de la cour et aux innombrables enfants des leudes qui y sont élevés. Compte tenu de ce côté partial, leur lecture se fait de nos jours avec une certaine circonspection. Ce d’autant, que certaines autorités royales ou pontificales ont parfois fait confectionner des faux pour soutenir leurs prétentions (« Donation de Constantin » ou « Fausses décrétales » par exemple)

Un bon exemple est donné par :

  • Les « Annales regni francorum » ou Annales Royales couvrant la période de 741 à 829, et entamées vers 791.
  • Le « Liber Pontificalis », qui relate les grands événements de la vie des papes, sans interruption depuis le VIe siècle.

Par contre la « Chronique de Frédégaire » est un écrit quelque peu atypique, car il émane de proches des Pippinides tels le moine de Laon, Childebrand et son fils Nibelung, qui tous se sont succédé studieusement pour présenter d’une façon avantageuse la prise de pouvoir progressive de leur famille, et son ascension vers le titre suprême.

La classique « Chronographie » de Théophane retrace l'histoire byzantine pour toute la période couvrant la période dite de la querelle des images 726-784 et 813-842. Il y avait donc également des chroniques byzantines.

On trouve également des chroniques mozarabes en Espagne, et des chroniques islamiques concernant la vie des différents califes abbassides ou omeyyades.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Graeme Dunphy, Encyclopedia of the Medieval Chronicle, Brill (Leiden), 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]