Anne de Bretagne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Duchesse Anne.
Anne
Portrait d'Anne de Bretagne, en robe de soie à larges manches à parements doublés de fourrure, qui porte sur un béguin de soie blanche un chaperon noir cerclé d’un rang de joyaux[Note 1].
Portrait d'Anne de Bretagne, en robe de soie à larges manches à parements doublés de fourrure, qui porte sur un béguin de soie blanche un chaperon noir cerclé d’un rang de joyaux[Note 1].
Titre
Duchesse de Bretagne, comtesse de Montfort
9 septembre 14889 janvier 1514
(25 ans, 4 mois et 0 jour)
Couronnement 10 février 1489
Prédécesseur François II
Successeur Claude
Archiduchesse consort d'Autriche et
reine consort de Germanie
19 décembre 14906 décembre 1491
(11 mois et 17 jours)
Monarque Maximilien Ier d'Autriche
Prédécesseur Catherine de Saxe
Successeur Blanche-Marie Sforza
Reine consort de France
6 décembre 14917 avril 1498
(6 ans, 4 mois et 1 jour)
Monarque Charles VIII
Prédécesseur Charlotte de Savoie
Successeur Jeanne de France
8 janvier 14999 janvier 1514
(15 ans, 0 mois et 1 jour)
Monarque Louis XII
Prédécesseur Jeanne de France
Successeur Marie d'Angleterre
Duchesse consort de Milan
6 septembre 14995 février 1500
(4 mois et 30 jours)
17 avril 150016 juin 1512
(12 ans, 1 mois et 30 jours)
Prédécesseur Béatrice d'Este
Successeur Claude de France
Reine consort de Naples
1er août 150129 décembre 1503
(2 ans, 4 mois et 28 jours)
Prédécesseur Isabelle des Baux
Successeur Isabelle Ire de Castille
Comtesse d'Étampes
11 avril 15129 janvier 1514
(1 an, 8 mois et 29 jours)
Prédécesseur Gaston de Foix-Nemours
Successeur Claude de France
Biographie
Dynastie Maison de Montfort
Date de naissance 25 janvier 1477
Lieu de naissance Nantes (Bretagne)
Date de décès 9 janvier 1514 (à 36 ans)
Lieu de décès Blois (France)
Père François II de Bretagne
Mère Marguerite de Foix
Conjoint Maximilien de Habsbourg
(1490, annulé)
Charles VIII de France
(1491-1498)
Louis XII de France
(1499-1514)
Enfant(s) Charles-Orland de France,
dauphin de France
Claude Couronne héraldique (3 branches trilobées)
Renée de France

Anne de Bretagne
Ducs de Bretagne

Anne de Bretagne, née le 25 janvier 1477 à Nantes et morte le 9 janvier 1514 (à 36 ans) à Blois, est duchesse de Bretagne et comtesse de Montfort (1488-1514) et d'Étampes (1512-1514) et, par ses mariages, archiduchesse consort d'Autriche, reine consort de Germanie (1490-1491), puis de France (1491-1498), puis de nouveau reine consort de France (1499-1514) et de Naples (1501-1503) et duchesse consort de Milan (1499-1500) et (1500-1512).

Elle était la fille de François II (1435-1488), duc de Bretagne, et de sa seconde épouse Marguerite de Foix (v. 1449-1486), princesse de Navarre.

Elle est un enjeu central dans les luttes d’influence qui aboutiront après sa mort à l’union de la Bretagne à la France. Elle a également été élevée dans la mémoire bretonne en un personnage soucieux de défendre le duché face à l'appétit de ses voisins.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Anne de Bretagne naît le 25 janvier 1477 (ou le 15 janvier 1477 ancien style[Note 2]) au château des ducs de Bretagne à Nantes.

De l'éducation d'Anne de Bretagne, on conserve peu de traces. D'intelligence moyenne, il est probable qu’elle reçoit l’éducation d’une jeune noble de son temps : elle apprend à lire et à écrire en français, peut-être un peu de latin. Contrairement à ce que l’on retrouve parfois, il est peu probable qu’elle ait appris le grec ou l’hébreu[1] et n'a jamais parlé ni compris le breton, langue à laquelle les milieux nantais où elle évolue sont étrangers[2]. Elle est élevée par une gouvernante : Françoise de Dinan, comtesse consort de Laval[3]. Elle a plusieurs précepteurs, tel son maître d'hôtel, le poète de cour Jean Meschinot (de 1488 à la mort de celui-ci en 1491), qui, lors des loisirs d'Anne, va chasser au faucon avec elle. On lui aurait peut-être enseigné la danse, le chant et la musique[4].

Héritière de Bretagne[modifier | modifier le code]

En cette période, la loi successorale est imprécise, établie principalement par le premier traité de Guérande en 1365 par Jean IV. Celle-ci prévoyait la succession de mâle en mâle dans la famille des Montfort en priorité ; puis dans celle de Penthièvre. En effet, côté Montfort, il ne reste qu'Anne (puis Isabeau) et côté Blois-Penthièvre, Nicole de Penthièvre. Or en 1480, Louis XI achète les droits de la famille de Penthièvre pour 50 000 écus. Anne de Beaujeu confirme cette vente en 1485 à la mort de Jean de Brosse, mari de Nicole de Penthièvre.

Pour la succession du duc François II, le manque d’un héritier mâle menaçait de replonger la Bretagne dans une crise dynastique voire de faire passer le duché directement dans le domaine royal. François II étant en résistance contre les prétentions du roi de France il décide de faire reconnaître héritière sa fille par les États de Bretagne malgré le traité de Guérande. Ceci a lieu en 1486 et accroit les oppositions au duc dans le Duché, la concurrence des prétendants au mariage avec Anne de Bretagne et mécontente l'entourage du roi de France.

Fiançailles[modifier | modifier le code]

En mariant sa fille, François II comptait renforcer sa position contre le roi de France. La perspective de joindre le duché à leur domaine a ainsi permis successivement d'obtenir l'alliance de plusieurs princes d'Europe :

Le vicomte Jean II de Rohan, autre héritier présomptif, proposa avec le soutien du maréchal de Rieux le double mariage de ses fils François et Jean avec Anne et sa sœur Isabeau, mais François II s'y opposa.

Mariages[modifier | modifier le code]

En 1488, la défaite des armées de François II à Saint-Aubin-du-Cormier qui conclut la guerre folle le contraint à accepter le traité du Verger dont une clause stipule que François II ne pourra marier ses filles sans le consentement du roi de France.

À la mort de François II quelques jours plus tard, s’ouvre une nouvelle période de crise qui mène à une dernière guerre franco-bretonne, le duc, sur son lit de mort, ayant fait promettre à sa fille de ne jamais consentir à l'assujettissement au royaume de France. Avant de mourir, François II a nommé le maréchal de Rieux tuteur de sa fille, avec pour mission de la marier[5]. Dans la cathédrale de Rennes le 19 décembre 1490, Anne, devenue duchesse, épouse en premières noces et par procuration le futur Maximilien Ier (devenu par la suite empereur romain germanique), veuf et qui était alors titré roi des Romains. Ce faisant, elle devient reine, conformément à la politique de son père. Cependant, ce mariage est une grave provocation à l'égard du camp français qui considère qu'il viole le traité du Verger, il réintroduit un ennemi du roi de France en Bretagne, ce que leur politique a toujours tenté d’éviter aux XIVe et XVe siècles. De plus, il est conclu au mauvais moment : les alliés de la Bretagne sont occupés sur un autre front (siège de Grenade pour le roi de Castille, succession de Hongrie pour Maximilien d’Autriche) qui rend la procuration inopérante pendant neuf mois[6].

En dépit de renforts anglais et castillans venus soutenir les troupes ducales, le printemps 1491 voit de nouveaux succès de La Trémoille (déjà vainqueur à Saint-Aubin-du-Cormier), et, se posant en héritier, Charles VIII vient mettre le siège devant Rennes où se trouve Anne, afin qu’elle renonce à ce mariage avec l’ennemi du royaume de France[Note 3].

Après deux mois de siège[Note 4], sans assistance et n'ayant plus aucun espoir de résister, la ville se rend et Charles VIII y fait son entrée le 15 novembre, les deux parties signant le traité de Rennes, mettant fin à la quatrième campagne militaire des troupes royales en Bretagne. Anne ayant refusé toutes les propositions de mariage avec des princes français, les fiançailles avec Charles VIII sont célébrées à la chapelle des Jacobins de Rennes le 17 novembre 1491. Puis Anne de Bretagne se rend, escortée de son armée (et donc libre, ce qui était important pour la légitimité du mariage et du rattachement de la Bretagne[7]) jusqu'à Langeais pour les noces des deux fiancés. L'Autriche combat désormais sur le terrain diplomatique (notamment devant le Saint-Siège), soutenant que la duchesse vaincue a été enlevée par le roi de France et que leur descendance est donc illégitime.

Reconstitution en cire de l'union royale de Charles VIII et Anne dans la « salle du mariage » au château de Langeais[Note 5].

Le 6 décembre 1491 à l'aube, Anne épouse officiellement dans la grande salle du château de Langeais le roi de France Charles VIII. Ce mariage discret est conclu en urgence car il n'est validé qu'après coup par le pape Innocent VIII qui se décide, en échange de concessions appréciables, à adresser à la cour de France le 15 février 1492 l’acte d’annulation antidaté[Note 6] du mariage par procuration[Note 7] d'Anne avec Maximilien et la dispense concernant la parenté au quatrième degré d'Anne et de Charles par la bulle du 15 février 1492[8]. Le contrat de mariage comprend une clause de donation mutuelle au dernier vivant de leurs droits sur le duché de Bretagne. En cas d'absence d'héritier mâle, il est convenu qu’elle ne pourra épouser que le successeur de Charles VIII[9]. De cette union naissent six enfants, tous morts en bas âge[10].

Reine consort de France[modifier | modifier le code]

La duchesse Anne en prière.
Miniature tirée des Grandes Heures d'Anne de Bretagne.

Épouse de Charles VIII[modifier | modifier le code]

Par le mariage de 1491, Anne de Bretagne est reine consort de France. Son contrat de mariage précise qu’il est conclu pour assurer la paix entre le duché de Bretagne et le royaume de France. Il fait de Charles VIII son procureur perpétuel. Le 8 février 1492, Anne est sacrée et couronnée reine de France à Saint-Denis. Elle est le première reine couronnée dans cette basilique[Note 8] et sacrée, « oincte, chef et poitrine », par André d'Espinay, archevêque de Bordeaux[11]. Son époux lui interdit de porter le titre de duchesse de Bretagne[12]. Gabriel Miron sera chancelier de la reine et premier médecin. Il a signé le contrat de la reine, le 1er janvier 1499, avec le roi Louis XII[13],[14]

Procuration d'Anne de Bretagne pour conclure un traité d'alliance avec le roi d'Angleterre, donnée à Rennes, le 15 février 1490. Signature autographe. Sceau pendant de la duchesse Anne. Archives nationales. AE/II/525

Elle passe beaucoup de temps en grossesses (avec un enfant tous les quatorze mois en moyenne). Lors des guerres d’Italie, la régence est attribuée à Anne de Beaujeu, qui a déjà tenu ce rôle de 1483 à 1491. Anne de Bretagne est encore jeune, et sa belle-sœur la suspecte[15]. Elle n'a qu’un rôle réduit en France comme en Bretagne et doit parfois accepter d'être séparée de ses enfants en bas-âge. Anne vit essentiellement dans les châteaux royaux d'Amboise, de Loches et du Plessis ou dans les villes de Lyon, Grenoble ou Moulins (lorsque le roi est en Italie). À Amboise, Charles VIII fait faire des travaux, tandis qu'elle réside à côté, au Clos Lucé, futur logis de Léonard de Vinci. Elle y a sa chapelle.

Elle devient reine consort de Naples et de Jérusalem lors de la conquête de Naples par Charles VIII.

Duchesse de Bretagne, épouse de Louis XII[modifier | modifier le code]

Dès la mort de Charles VIII, héritière des droits des rois de France sur la Bretagne, elle reprend la tête de l'administration du duché de Bretagne. Elle restaure notamment la chancellerie de Bretagne au profit du fidèle Philippe de Montauban, nomme lieutenant général de Bretagne son héritier Jean de Chalon, convoque les États de Bretagne, émet un monnayage à son nom (une monnaie d'or à son effigie[Note 9])[16]. Elle nomme aussi responsable du château de Brest son écuyer Gilles de Texue.

Parmi ses poètes de cour, il faut rappeler l'humaniste italien Fauste Andrelin de Forlì, le chroniqueur Jean Lemaire de Belges et le rhétoriqueur français Jean Marot[17]. Elle y prend également à son service les musiciens les plus célèbres de son temps, Johannes Ockeghem, Antoine de Févin, Loyset Compère, Jean Mouton[18]. Anne de Bretagne est sans aucun doute la première reine de France à apparaître comme une mécène recherchée par les artistes et auteurs de son époque[19].

Médaille d'Anne de Bretagne réalisée pour son passage à Lyon en 1499

Trois jours après la mort de son époux, le principe du mariage avec Louis XII est acquis[20], à la condition que Louis obtienne l'annulation de son mariage avant un an. Elle retourne pour la première fois en Bretagne en octobre 1498, après avoir échangé une promesse de mariage avec Louis XII à Étampes le 19 août, quelques jours après le début du procès en annulation de l’union entre Louis XII et Jeanne de France[21].

Le contrat de son troisième mariage, en 1499 est conclu dans des conditions radicalement différentes du second. À l'enfant vaincue a succédé une jeune reine douairière et duchesse souveraine désormais incontestée, en face de qui l'époux est un ancien allié, ami et prétendant. Contrairement aux dispositions du contrat de mariage avec Charles VIII, le nouveau lui reconnaît l'intégralité des droits sur la Bretagne comme seule héritière du duché et le titre de duchesse de Bretagne. Le contrat affirme aussi clairement que le duché de Bretagne reviendra au deuxième enfant, mâle ou femelle « et s'il avenoit que d'eux deux en ledit mariage n'issist ou vinst qu'un seul enfant masle, que cy-après issent ou vinssent deux ou plusieurs enfans masles ou filles, audit cas, ils succéderont pareillement audit duché, comme dit est »[22],[23]. Une clause qui ne sera pas respectée par la suite. Renée sera déshéritée au profit de son ainée, Claude de France, et surtout de son mari : François Ier. Pour le moment, le pouvoir régalien en Bretagne est exercé par Louis XII, qui prend alors le titre de duc consort, quoique les décisions soient prises au nom de la duchesse. Anne vit à Blois où la présence de la duchesse de Bretagne est partout signée. Elle fait édifier le tombeau de ses parents en la cathédrale de Nantes (où son cœur reviendra également selon ses dernières volontés) avec les symboles des 4 vertus : prudence, force, tempérance, justice, qu'elle aura toujours essayé de porter. Tous les arts italiens seront appréciés par cette reine de plus en plus cultivée. Durant la maladie de Louis XII elle fait un tour de la Bretagne (mais pas le Tro Breizh, contrairement à ce qui est souvent raconté[1]) et les Bretons peuvent lui savoir gré d'avoir aussi longtemps que possible, maintenu les impôts seulement sur les états, les octrois sur les pays et les jugements également sur les pays.

Leur fille Claude de France, héritière du duché, est fiancée à Charles de Luxembourg en 1501, pour faciliter la conduite de la 3e guerre d’Italie en renforçant ainsi l’alliance espagnole, et pour convenir au dessein d'Anne de lui faire épouser le petit-fils de son premier mari Maximilien d'Autriche. Ce contrat de mariage est signé le 10 août 1501 à Lyon par François de Busleyden, archevêque de Besançon, Guillaume de Croÿ, Nicolas de Rutter et Pierre Lesseman, les ambassadeurs du roi Philippe Ier de Castille le Beau, père de Charles de Luxembourg. Les fiançailles sont annulées quand le risque d'encerclement plus complet du royaume peut être évité par l’absence d’un dauphin, à qui le contrat de mariage de Louis et Anne aurait interdit d'hériter de la Bretagne. C’est désormais au futur François Ier que sa fille est fiancée. Anne refusera jusqu'au bout ce mariage, qui aura lieu quatre mois après sa mort, et tentera de revenir à l'alliance matrimoniale avec le futur Charles Quint. C'est à ce moment qu'elle commence son « tour de Bretagne », visitant bien des lieux qu’elle n’avait jamais pu fréquenter enfant. Officiellement il s'agit d'un pèlerinage aux sanctuaires bretons mais en réalité il correspond à un voyage politique et un acte d'indépendance qui vise à affirmer sa souveraineté sur ce duché. De juin à septembre 1505, ses vassaux la reçoivent fastueusement. Elle en profite pour s'assurer de la bonne collecte des impôts et se faire connaître du peuple à l'occasion de festivités, de pèlerinages et d'entrées triomphales dans les villes du duché[24].

Mort et sépulture[modifier | modifier le code]

Reliquaire en or (la tache sombre étant due au transfert du fer et du plomb des boîtes métalliques qu'il contenait[25]) du cœur d’Anne, musée Dobrée, Nantes.
Tombeau de Louis XII et d’Anne de Bretagne à la basilique de Saint-Denis.

Usée par les nombreuses maternités et les fausses couches, atteinte de la gravelle, elle meurt le 9 janvier 1514 vers six heures du matin au château de Blois, après avoir dicté par testament la partition de son corps (dilaceratio corporis, « division du corps » en cœur, entrailles et ossements) avec des sépultures multiples, privilège de la dynastie capétienne. Elle permet ainsi la multiplication des cérémonies (funérailles du corps, la plus importante et funérailles du cœur) et des lieux (tombeau de corps et de cœur)[26].

La reine Anne de Bretagne est inhumée dans la nécropole royale de la basilique de Saint-Denis. Ses funérailles sont d’une ampleur exceptionnelle : elles durent quarante jours, et inspirent toutes les funérailles royales jusqu’au XVIIIe siècle. À cette occasion, le héraut d'armes de Bretagne Pierre Choque prononce pour la première fois le cri funèbre : « La reine est morte ! la reine est morte ! la reine est morte ! »[27].

Selon sa volonté, son cœur a été placé dans un reliquaire en or rehaussé d’émail (cette boîte en or étant enfermée dans une autre boîte en plomb puis une autre en fer) puis transporté à Nantes en grande pompe pour être déposé, le 19 mars 1514, en la chapelle des Carmes, dans un coffre à la tête du tombeau de François II de Bretagne qu’elle a fait réaliser pour ses parents et transféré plus tard à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes.

Le reliquaire du cœur (appelé cardiotaphe) de la duchesse Anne de Bretagne, exécuté par un orfèvre anonyme de la cour de Blois et peut-être dessiné par Jean Perréal (l'absence de poinçon et d’archives rendant cette attribution hypothétique), est une boîte ovale, bivalve, en tôle d’or repoussée et guillochée, articulée par une charnière, bordée d’une cordelière d’or et sommée d’une couronne (un cercle de lettres romaines[Note 10], sommé de neuf fleurs de lys alternant avec neuf trèfles ornés de filigranes qui dissimulent un fermoir en forme de « M. » romain émaillé vert foncé). Ce précieux vaisseau amati au ciselet pour lui donner un aspect satiné est cerné d’inscriptions en lettres d’or rehaussées d’émail vert, bleu, rouge, à la gloire du cœur d’Anne[28]. Sur les deux coques[Note 11],, on peut y lire ces inscriptions :

Sur l’une des faces extérieures : Sur l’autre :

« En ce petit vaisseau
De fin or pur et munde
Repose ung plus grand cueur
Que oncque dame eut au munde
Anne fut le nom delle
En France deux fois royne
Duchesse des Bretons
Royale et Souveraine.
  C
M V XIII »

« Ce cueur fut si très hault
Que de la terre aux cyeulx
Sa vertu libérale
Accroissoit mieulx
Mais Dieu en a reprins
Sa portion meilleure
Et ceste terrestre
En grand deuil nous demeur. »

Sur le revêtement intérieur en émail blanc, on grava d’un côté : Et de l’autre :

« O cueur caste et pudicque
O juste et benoît cueur
Cueur magnanime et franc
De tout vice vainqueur. »

« Cueur digne entre tous
De couronne céleste
Ore est ton cler esprit
Hord de paine et moleste. »

Tombeau d'Anne à Saint-Denis - vue de face.

Gérard Mellier, alors maire de Nantes, fit exhumer en 1727 le reliquaire, craignant que les religieux n'en aient fait fondre l'or. La boîte est vide car le cœur s'était probablement désagrégé[29]. Le 25 décembre 1793, pour répondre à une instruction de la Convention nationale, le reliquaire fut à nouveau exhumé, vidé, saisi puis, au titre de la collecte des métaux précieux appartenant aux églises, envoyé à la Monnaie de Nantes pour y être fondu. Mais, reconnu « Monument des Sciences et des Arts », il fut préservé et transféré au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale. Il fut rendu à Nantes aux Musées départementaux de Loire-Inférieure (actuellement Loire-Atlantique) le 25 septembre 1819 à des fins d'exposition, puis au musée d’Archéologie de l’Oratoire à partir du 25 juin 1886, au Musée Dobrée depuis le 18 avril 1896. Sa fragilité et sa valeur patrimoniale sont telles qu'il est rarement prêté. Une escorte policière l'accompagne notamment lorsqu'il est prêté au château des ducs de Bretagne en 2007 le temps d’une exposition intitulée Anne de Bretagne, une Histoire, un mythe[30]. À l’occasion des 500 ans de la mort d’Anne de Bretagne en 2014, le musée Dobrée le prête à nouveau au château de Blois, de Nantes et au Musée de Bretagne à Rennes[31]. À cette occasion également, l'écrin est numérisé en 3D et analysé au spectrométrie de fluorescence X par le laboratoire Archéosciences de l'Université de Rennes 1. Cette analyse révèle que les deux coques sont composées d’or à près de 90 %, les lettres à 85 %, la cordelière à 85 % et ses nœuds à 80 %, l’argent et le cuivre qui complètent l’alliage ayant pour objet de diminuer la malléabilité de l'objet[25].
Une réplique fidèle de ce reliquaire, réalisée en 1991, est acquise par le Musée du château des ducs de Bretagne qui le prête également pour des expositions[32].

Le mausolée à double étage de Louis XII et d’Anne de Bretagne, sculpté en marbre de Carrare, est installé dans la basilique de Saint-Denis en 1830. Le dais à arcades, les bas-reliefs du socle sarcophage illustrant les victoires de Louis XII (bataille d'Agnadel, entrée triomphale à Milan), les statues des douze apôtres et des quatre vertus cardinales sont l'œuvre des frères Juste, sculpteurs italiens qui en ont reçu la commande en 1515. Les transis (dont le réalisme a poussé à faire figurer sur leur abdomen l'ouverture recousue pratiquée lors de leur éviscération[33]) et les orants devant un prie-Dieu couronnant la plate-forme sont attribués à Guillaume Regnault[34]. Ce tombeau est profané pendant la Révolution, le 18 octobre 1793, leurs corps étant jetés dans une fosse commune. Alexandre Lenoir sauve en grande partie le monument qui est restauré et conservé dans le Musée des monuments français en 1795 avant d'être restitué à la basilique royale sous la Seconde Restauration[35].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

COA fr BRE.svg Jean IV
(1339-1345-1399)
 
Jeanne de Navarre
(1370-1437)
 
 
 
 
 
 
 
 
Richard (1395-1438)
Comte d'Étampes
 
Marguerite d'Orléans Gaston IV de Foix-Béarn
 
Éléonore de Navarre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marguerite de Bretagne
(1443-1469)
 
 
COA fr BRE.svg François II
(1433-1458-1488)
 
 
 
 
Marguerite de Foix
(-1486)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Blason famille fr Chalon Orange.svg Jean de Chalon
(1443-1502)
Anne de Bretagne
(1477-1514)
Isabeau de Bretagne
(1478-1490)


Article détaillé : Guerre franco-bretonne (1489-1491).

Descendance[modifier | modifier le code]

Tombeau de Charles-Orland et Charles, à la cathédrale Saint-Gatien de Tours.

De son mariage avec Charles VIII elle eut de nombreuses fausses couches et six enfants, tous morts en bas âge:

  • Charles-Orland de France (1492 - 1495), mort de la rougeole à 3 ans.
  • François (Courcelles, août 1493 - idem), né à deux mois de son terme, inhumé en l'église Notre-Dame de Cléry
  • N, fille mort-née (printemps 1495)
  • Charles de France (1496)
  • François de France (1497 - 1498)
  • Anne (20 mars 1498)

Des quatre enfants issus de son mariage avec Louis XII, seules survécurent :

Chaque fausse-couche ou mort d'un enfant mâle de la reine ravit l'ambitieuse Louise de Savoie, dont le fils François (futur roi François Ier) est l'héritier présomptif de la couronne en vertu de la loi salique. Aussi l'inconscient public entoure Louise d'une aura de sorcière capable d'avoir tué les nourrissons mâles d'Anne de Bretagne[36].

Par Claude de France, dont la fille aînée Marguerite a épousé le duc de Savoie, Anne de Bretagne est l'ancêtre de Victor-Emmanuel de Savoie, actuel prétendant au trône d'Italie. Par son petit-fils Henri II de France, Anne est aussi l'ancêtre de Charles de Habsbourg-Lorraine, actuel prétendant au trône d'Autriche.

Par Anne d'Este, fille aînée de Renée de France, Anne de Bretagne eut également descendance, notamment dans la Maison de Guise et celle de Savoie-Nemours.

Ses emblèmes et devises[modifier | modifier le code]

Blason d'Anne de Bretagne, les armes de son époux royal (fleurs de lys) à dextre, celles de son père (queues d'hermine) à senestre.

Anne avait hérité de ses prédécesseurs les emblèmes dynastiques bretons : hermine passante (de Jean IV), d'hermine plain (de Jean III), cordelière (de François II). Veuve de Charles VIII, elle s'inspire de cette figure paternelle pour créer en 1498 l'Ordre de la Cordelière[37].

Lettres couronnées L A de Louis XII et d'Anne avec leurs armes d'alliance entourées du collier de Saint-Michel et de la cordelière.

Elle fit usage aussi de son chiffre, la lettre A couronnée, de la devise Non mudera (je ne changerai pas), et d'une forme particulière de la cordelière paternelle, nouée en 8. Ses emblèmes furent joints dans la décoration de ses châteaux et manuscrits avec ceux de ses maris : l'épée enflammée pour Charles VIII et le porc-épic pour Louis XII. Elle avait également comme devise Potius Mori Quam Foedari : "Plutôt mourir que déshonorer", ou "Plutôt la mort que la souillure" (en breton : "Kentoc'h mervel eget bezañ saotret").

On retrouve son blason dans de nombreux lieux où elle est passée ou liés à ses fonctions (principalement de duchesse ou de reine) :

Sa bibliothèque[modifier | modifier le code]

Anne de Bretagne recevant de son confesseur Antoine Dufour le manuscrit des Vies des femmes célèbres.

La reine possédait sa propre bibliothèque contenant une cinquantaine d’ouvrages sur la religion, la morale, l’histoire, etc.[41]. On y trouve notamment des livres d'heures (les Grandes Heures, les Petites Heures, les Très Petites Heures, les Heures, inachevées), la Vie de sainte Anne, les Vies des femmes célèbres de son confesseur Antoine Dufour, la Dialogue de vertu militaire et de jeunesse française[42]. Le Livre d’heures d’Anne de Bretagne, illuminé par Jean Poyer, est commandé par Anne pour Charles-Orland[43], etc.

Une partie venait de ses parents. Elle en a commandé elle-même plusieurs et quelques-uns lui ont été offerts. Enfin, ses deux maris possédaient aussi des nombreux ouvrages (environ un millier sont ramenés à la suite de la première guerre d’Italie).

Elle a elle-même écrit de nombreuses lettres[réf. souhaitée].

Ses Grandes Heures[modifier | modifier le code]

Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne est un livre de prières commandité par Anne de Bretagne à l'enlumineur Jean Bourdichon.

Postérité[modifier | modifier le code]

Dernière duchesse de Bretagne et deux fois reine de France, Anne de Bretagne est avec saint Yves un des personnages historiques les plus populaires de Bretagne.

En 2014, pour le 500e anniversaire de sa mort, plus d’une quarantaine d’événements sont organisés dans les cinq départements bretons[44].

Représentations[modifier | modifier le code]

Statue d’Anne de Bretagne dans la série Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg à Paris (XIXe siècle).

De son vivant, les propagandes royales de Charles VIII puis de Louis XII ont présenté Anne de Bretagne en reine parfaite, symbole de l’union et de la paix entre le royaume de France et le duché de Bretagne (tradition populaire de la « bonne duchesse »). L’Autriche de Maximilien, évincée du mariage, a porté un autre regard sur ces événements. Au cours des siècles, les historiens et l’imaginaire populaire ont présenté une Anne de Bretagne parfois différente, lui attribuant des actes ou des caractéristiques physiques et psychologiques qui ne sont pas nécessairement attestés par des éléments historiques.

Après sa mort, elle tombe progressivement dans l'oubli jusqu'au milieu du XIXe siècle. Les régionalistes bretons cherchent, dès la fondation en 1843 de l’Association bretonne, un personnage capable d’incarner leur idéal de renouveau agraire et régional, tout en manifestant leur attachement à la nation française[45]. Leur choix se porte sur Anne de Bretagne, qui est progressivement dotée, dans les histoires de Bretagne, du costume breton (d'où la légende de la « duchesse en sabots »)[46].

Plusieurs mythes entourent désormais Anne de Bretagne, celui d'une femme contrainte à un mariage forcé avec Charles VIII, celui d'une duchesse bretonne attachée à l’indépendance et au bonheur de son duché ou au contraire d'une reine symbole de l'union et de la paix entre la Bretagne et la France. Elle est ainsi devenue un enjeu entre des historiens bretons qui poursuivent une mythification de leur passé et une historiographie nationale voulant forger le mythe d'une nation française une et indivisible[47].

Cette figure hautement symbolique explique la parution d'une cinquantaine de livres à son sujet depuis 200 ans qui n'ont pas fini d'en donner une vision contrastée, entre un Georges Minois qui la présente comme une personne « bornée, mesquine et vindicative » et un Philippe Tourault qui en fait une « personnalité tout à fait riche et positive, ardemment attachée à son pays et à son peuple »[48].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Anne de Bretagne, reine de France. Tragédie par le sieur Ferrier, par Louis Ferrier de La Martinière, édité chez Jean Ribou, 1679 (lire en ligne)
  • Le prince de Longueville et Anne de Bretagne, nouvelles historiques, Pierre de Lesconvel, édition J. Guignard, 1697 (lire en ligne)

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • Requiem d'Anne de Bretagne, messe composé par Antoine de Févin.
  • Gilles Servat évoque sa vie dans la chanson Koc'h ki gwenn ha koc'h ki du.
  • Anne de Bretagne, un opéra breton avec en rôle-titre Agnès Bove.
  • Si mort a mors, poème anonyme datant de ses funérailles, et repris par Tri Yann. D'autres chansons du répertoire du groupe font référence à la Duchesse notamment l'instrumental Anne de Bretagne de l'album Portraits en 1995.
  • Anne de Bretagne, opéra folk rock de l'auteur-compositeur nantais Alan Simon, dont les deux premières représentations ont eu lieu les 29 et 30 juin 2009 au château des ducs de Bretagne, à Nantes. Cécile Corbel y interprète le rôle d'Anne de Bretagne[49].
  • Soldat Louis dans la chanson « C'est un pays » évoque « une duchesse encore enfant qui s'est fait mettre d'une manière royale. »
  • Le groupe Stetrice l'évoque en chantant « Mais ici honte à qui délaisse la volonté de la Duchesse » dans sa chanson « Naoned e Breizh », de l'album éponyme en 2011.

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Sites historiques[modifier | modifier le code]

  • Le château des ducs de Bretagne, à Nantes est conçu comme une forteresse dans le contexte de la lutte pour l'indépendance du duché de Bretagne. Le système défensif du château est composé de sept tours reliées par des courtines et un chemin de ronde. Depuis le début des années 1990, la ville de Nantes a mis en œuvre un programme de restauration et d'aménagement de grande envergure pour mettre en valeur ce site patrimonial en plein centre-ville, emblématique de l'histoire de Nantes et de la Bretagne. L'édifice restauré accueille le musée d'histoire de Nantes installé dans 32 salles.
La tour d'Anne-de-Bretagne.
La tour Anne-de-Bretagne à Montfort-l'Amaury.
  • Le manoir de la vicomté, dit « Le Bailliage » à Montreuil-l'Argillé (Eure) datant du XVe siècle est, depuis 1949 inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques[50]. Le manoir aurait été un pavillon de chasse, propriété d'Anne de Bretagne et de Louis XII[réf. nécessaire].
L'église Saint-Pierre.
L'église Saint-Pierre de Montfort-l'Amaury. Construite à la demande d'Anne de Bretagne

Autres sites[modifier | modifier le code]

Nombre de noms de rues, lieux et bâtiments portent son nom :

  • Rues Anne-de-Bretagne ou duchesse-Anne un peu partout en Bretagne, mais aussi à Langeais. Boulevard de la Duchesse-Anne à Rennes.
  • Place Duchesse-Anne à Nantes, ainsi qu'à Quiberon.
  • Les maisons d'Anne de Bretagne, à Guingamp, Morlaix, Saint-Malo et quelques autres villes, sont supposées avoir accueilli la duchesse lors de son tour de Bretagne (et non le Tro Breizh, ce pèlerinage des Sept-Saints de Bretagne étant confondu avec celui du Folgoët qu'elle réalise le 29 août 1505 en exécution d'un vœu si le roi guérissait, pèlerinage prolongé par le tour de la Bretagne pendant trois mois)[1].
  • Lycée Anne-de-Bretagne à Rennes, à Locminé.
  • Collège Anne-de-Bretagne à Saint-Herblain.
  • Écoles :
    • École publique de la Duchesse Anne à Rennes.
    • École publique Anne de Bretagne, à Locronan (29)
  • Pont Anne-de-Bretagne à Nantes.
  • Hôtels :
  • Festival Anne de Bretagne à Blain.
  • Maison, rue et centre commercial Anne-de-Bretagne à Lesneven, où elle séjourna quelques jours lors de son pèlerinage au Folgoët.

Hors de Bretagne :

Objets[modifier | modifier le code]

Le Duchesse Anne est un voilier trois-mâts amarré en tant que bateau musée dans le musée portuaire de Dunkerque.

En 1505, la reine Anne fit cadeau de trois couronnes de mariage :

  • une couronne d'or à la collégiale de Guérande
  • une couronne d'argent à la paroisse de Saillé (commune de Guérande)
  • une couronne de bronze doré à la paroisse de Trescallan (ancienne paroisse de Guérande aujourd'hui sur la commune de La Turballe)

Cette dernière est classée au titre des monuments historiques[53],[54].

Un timbre à son effigie est édité par La Poste début 2014 pour marquer le 500e anniversaire de sa mort[55] .

Nourriture et boissons[modifier | modifier le code]

  • Duchesse Anne, nom d'une bière produite en Bretagne par la brasserie Lancelot.
  • Étiquette de camembert dans les années 1930
  • Cuvée de vin par l’Ordre des Chevaliers Bretvins[Note 12] créée en 2014[56]

Croyances populaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Plan routier breton.

Contrairement à une croyance populaire, la gratuité des routes en Bretagne n'est pas due à Anne de Bretagne, mais au Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons (Celib), créé en 1949. Le plan Breton proposé par le Celib dans le cadre du deuxième plan français d'aménagement du territoire est mis en place par le comité interministériel d'aménagement du territoire du 9 octobre 1968, qui valide la création d'un réseau à quatre-voies moderne, sans péages, destiné à compenser la géographie péninsulaire bretonne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette coiffure évoluera en bonnet-chaperon. Source : Didier Le Fur, Anne de Bretagne, Guénégaud,‎ 2000, p. 63
  2. En ancien style, l’année commençait à Pâques.
  3. Yolande Labande-Mailfert, dans Charles VIII et son milieu (1470-1498) - La jeunesse au pouvoir (1975) montre en effet que le camp royal a été long à se décider au mariage breton, qui lui faisait abandonner le mariage bourguignon
    Voir aussi Dominique Le Page et Michel Nassiet. L’Union de la Bretagne à la France. Morlaix : Éditions Skol Vreizh, 2003. ISBN 2-911447-84-0
  4. Le 27 octobre 1491, convoqués à Vannes par Charles VIII, les États de Bretagne conseillent à Anne d’épouser le roi de France.
  5. Cette reconstitution, accompagnée d'une bande-son, met en scène l'établissement du contrat de mariage qui a eu lieu dans la salle des gardes du château (scène de droite), et la cérémonie religieuse qui a eu lieu à l’étage (scène de gauche). Quinze personnages en cire et à taille réelle, réalisés par le sculpteur Daniel Druet et mis en costume par Daniel Ogier en 1987, sont présentés : Charles VIII et Anne de Bretagne (en robe de brocart d'or garnie de 160 peaux de zibeline et sur laquelle a été brodée à la hâte l'ordre de Saint-Michel), derrière à gauche Anne et Pierre de Beaujeu, à droite les évêques Louis et Georges d'Amboise, trois demoiselles d'honneur, enfin deux soldats de la garde du roi ; le chancelier de France Guillaume de Rochefort donne lecture du contrat établi par le notaire de apostolique Pierre Bourreau assis à sa droite, devant les témoins Louis d'Orléans et le prince d'Orange. Source : Geneviève-Morgane Tanguy, Les jardins secrets d'Anne de Bretagne, Fernand Lanore,‎ 1991, p. 42.
  6. Sous date rétroactive du 5 décembre 1491.
  7. Ce mariage par procuration fut ainsi considéré comme n'ayant jamais existé grâce au droit canonique qui pouvait invalider le mariage non consommé et une cérémonie entérinée par le nombre de personnes non prévu par ce droit.
  8. Les reines étaient communément couronnées dans la cathédrale Notre-Dame de Reims ou la Sainte-Chapelle.
  9. La cadière portant sur l'avers la mention traduit du latin « Anne reine des Français par la grâce de Dieu et duchesse des Bretons » et sur le revers l'antique devise des monnaies royales « Que le nom de Dieu soit béni ».
  10. Inscription « CVEVR. DE. VERTVS. ORNE. DIGNEMENT. COURONNE. » encadrée de sept rangs de cordelières filigranées et d'une chaîne également filigranée à la base.
  11. . À l’intérieur des deux coques en émail blanc (composé d'un verre au plomb opacifié par de l’oxyde d’étain), figure sur les bords l’inscription circulaire :
    O. CVEVR. CASTE. ET. PUDIQUE. O. IUSTE. ET. BE(NOIST). CVEVR.
    CVEVR. MAGNANIME. ET. FRANC. DE. TOUT. VICE. VAINCQVEVR. CVEVR. DIGNE. ENTRE. TOVS. DE. COVRONNE. CELESTE.
    ORE. EST. TON. CLER. ESPRIT. HORS. DE. PAINE. ET. MOLESTE.
  12. Bret vient de la « petite Brette » ou « chère Brette », surnom donné à Anne de Bretagne par Louis XII, dans l'intimité.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean Kerhervé, « Anne de Bretagne », sur franceinter.fr,‎ 20 février 2014 (consulté le 20 février 2014)
  2. Georges Minois, Anne de Bretagne, Fayard,‎ 1999, p. 17
  3. Sophie Cassagnes-Brouquet, Un manuscrit d'Anne de Bretagne : Les vies des femmes célèbres d'Antoine Dufour, Ouest-France,‎ septembre 2007, 251 p. (ISBN 978-2-7373-4029-1), p. 19
    Contient des extraits du manuscrit conservé au Musée départemental Dobrée à Nantes.
  4. Henri Pigaillem, Anne de Bretagne. Épouse de Charles VIII et de Louis XII, Pygmalion,‎ 2008, p. 18
  5. Dominique Le Page, Pour en finir avec Anne de Bretagne, Archives départementales de Loire-Atlantique,‎ 2004, p. 92
  6. Yvonne Labande-Mailfert, Charles VIII et son milieu : 1470-1498, Librairie C. Klincksieck,‎ 1975, p. 93
  7. Dominique Le Page et Michel Nassiet. op. cit. p. 102
  8. Georges Minois, Nouvelle Histoire de la Bretagne, Fayard,‎ 1992, p. 327
  9. Dominique Le Page et Michel Nassiet. op. cit. p. 105 et suivantes
  10. Didier Feuer et Jean d'Hendecourt, Dictionnaire des Souverains de France et de leurs épouses, p. 28, Pygmalion, Paris 2006
  11. Henri Pigaillem, op. cit., p. 100
  12. Dominique Le Page et Michel Nassiet. op. cit. p. 108 et suivantes
  13. Chomel (Jean-Baptiste-Louis) Essai Historique sur la Médecine en France, (1762), p. 20.
  14. Wickersheimer (Ernest, Jacquart (Danielle) Dictionnaire biographique des médecins en France au Moyen Âge (1979), t. 1) p. 161-162.
  15. Georges Minois. Anne de Bretagne. p. 359
    Le Boterf p. 148
  16. Anne, reine de France et duchesse de Bretagne. Philippe Tourault, p. 196[réf. incomplète]
  17. (en) Michael Jones, Creation of Brittany, Continuum International Publishing Group,‎ 1988, p. 391
  18. Christelle Cazaux, La musique à la cour de François Ier, Librairie Droz,‎ 2002, p. 39-40
  19. Sophie Cassagnes-Brouquet, Un manuscrit d'Anne de Bretagne, Ouest-France,‎ 2007, p. 12
  20. Didier Le Fur. Louis XII : un autre César ?. Paris : Perrin, 2001. p. 38
  21. Didier Le Fur. Louis XII : un autre César ?. Paris : Perrin, 2001. p. 48 : il débute le 26 septembre
  22. http://fr.wikisource.org/wiki/Contrat_de_mariage_entre_Anne_de_Bretagne_et_Louis_XII
  23. Henri Pigaillem, op. cit., p. 98
  24. Henri Pigaillem, op. cit., p. 257
  25. a et b Guirec Querré du Laboratoire Archéosciences de l’université de Rennes 1, « Analyse et numérisation du cœur reliquaire », conférence au Musée de Bretagne de Rennes, 21 octobre 2014
  26. Alexandre Bande, Le cœur du roi. Les Capétiens et les sépultures multiples, XIIIe-XVe siècles, Tallandier,‎ 2009, 250 p.
  27. Didier Le Fur, Anne de Bretagne, Guénégaud,‎ 2000, p. 135
  28. Didier Le Fur, op. cit., p. 136
  29. Henri de Berranger, Évocation du vieux Nantes, Paris, Les Éditions de Minuit,‎ 1975 (réimpr. 1994), 2e éd. (1re éd. 1960) (ISBN 2-7073-0061-6), p. 130
  30. Collectif, Anne de Bretagne. Une histoire, un mythe, Somogy,‎ 2007, p. 44
  31. « Histoire. Le reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne est arrivé à Rennes », sur Ouest-France,‎ 30 septembre 2014
  32. Histoire mouvementée du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne
  33. François-Olivier Rousseau et Patricia Canino, Corps de pierre : gisants de la Basilique de Saint-Denis, Regard,‎ 1999, p. 21
  34. Pierre Cabanne, Guide artistique de la France, Librairie Hachette,‎ 1968, p. 180
  35. Alain Erlande-Brandenburg, Jean-Michel Leniaud et Xavier Dectot, Etudes d'histoire de l'art, Librairie Droz,‎ 2001, p. 132
  36. Franck Ferrand, François Ier, roi de chimères, Éditions Flammarion,‎ 2014
  37. Dominique Le Page, Pour en finir avec Anne de Bretagne ?, Archives départementales de Loire-Atlantique,‎ 2004, p. 47
  38. « Notice no IM72000430 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  39. « Notice no IM10000569 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  40. « Notice no IM91000355 », base Palissy, ministère français de la Culture
  41. Anne de Bretagne : la « librairie » d’une reine, Jean-Luc Deuffic.
  42. Sophie Cassagnes-Brouquet, Un manuscrit d'Anne de Bretagne : Les Vies des femmes célèbres d'Antoine Dufour, Ouest-France,‎ septembre 2007, 251 p. (ISBN 978-2-7373-4029-1), p. 19-20
    Contient des extraits du manuscrit conservé au Musée départemental Dobrée à Nantes.
  43. Heures d’Henri VIII, livre de prières d'Anne de Bretagne, visible sur le site de la Morgan Library.
  44. Année Anne de Bretagne 2014 : le programme du jeudi 9 janvier, Comité Anne de Bretagne 2014
  45. Didier Le Fur. p 188
  46. Didier Le Fur. p 187 et suivantes
  47. Collectif, Anne de Bretagne. Une histoire, un mythe, Somogy,‎ 2007, p. 124
  48. Bernard Le Nail, « On n'en finira donc jamais avec Anne de Bretagne ?? », sur Agence Bretagne Presse,‎ 6 avril 2008
  49. L'opéra Rock d'Anne de Bretagne
  50. « Notice no PA00099492 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  51. « Notice no PA00087549 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  52. « Notice no PA00098335 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  53. « Notice no PM44000568 », base Palissy, ministère français de la Culture
  54. « Notice no IM44000191 », base Palissy, ministère français de la Culture
  55. « Anne-de-Bretagne.1,5 million de timbres à son effigie imprimés », dans Ouest-France, 21 novembre 2013, consulté sur www.ouest-france.fr le 21 novembre 2013
  56. Ordre des Chevaliers Bretvins. 2014 : Année Anne de Bretagne (1477 - 1514)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources anciennes[modifier | modifier le code]

  • Commémoration de la mort d'Anne de Bretagne, par Pierre Choque (lire en ligne sur le site des Tablettes rennaises). Ce manuscrit a été publié peu après le décès d'Anne de Bretagne pour relater l'événement.
  • Antoine Le Roux de Lincy, Vie de la reine Anne de Bretagne, femme des rois de France, Charles VII et Louis XII,‎ 1858
  • Arthur Arthur Le Moyne de la Borderie, Histoire de la Bretagne, Rennes, Plihon Éditeur, Imprimerie Vatar,‎ 1905-1914

Études historiques[modifier | modifier le code]

  • Henri Pigaillem, Anne de Bretagne : épouse de Charles VIII et de Louis XII, Paris, Pygmalion,‎ 2008, 439 p. (ISBN 2-7564-0079-3, notice BnF no FRBNF41191828)
  • Antoine Dupuy, Histoire de l’Union de la Bretagne à la France, Paris, Librairie Hachette,‎ 1880, p. 2 vol. de 447 p et 501 p.
  • Hervé Le Boterf, Anne de Bretagne, Éditions France-Empire,‎ 1976-1996
  • Jean Kerhervé, L'État breton aux XIVe et XVe siècles, Paris, Maloine,‎ 1987, 2 volumes (ISBN 2-224-01703-0 et 2-224-01704-9).
  • Jean-Pierre Legay et Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale 1213-1532, Éditions Ouest-France Université,‎ 1982 (ISBN 2-7373-2187-5)
  • Philippe Tourault, Anne de Bretagne, Paris,‎ 1990, 1996, 2004, 2006.
  • Geneviève-Morgane Tanguy, Les Jardins secrets d’Anne de Bretagne, F. Sorlot — F. Lanore,‎ 1991.
  • Collectif d’universitaires des universités de Brest, Nantes, Rennes, Toute l’histoire de Bretagne, dans l’Île de Bretagne et sur le continent, Morlaix, éditions Skol-Vreizh,‎ 1996, in-8o, 800 p.
  • Georges Minois, Anne de Bretagne, Paris, Édition Fayard,‎ 1999 (ISBN 2-213-60334-0).
  • Geneviève-Morgane Tanguy, Sur les pas d’Anne de Bretagne, Ouest-France, coll. « Itinéraires de l'histoire »,‎ 2003, 126 p. (ISBN 2-7373-3107-2, notice BnF no FRBNF38978883).
Réédition 2007, ISBN 978-2-7373-4286-8.
  • Collectif, Pour en finir avec Anne de Bretagne, Nantes, Archives départementales,‎ 2004.
  • Didier Le Fur, Anne de Bretagne : miroir d’une reine, historiographie d'un mythe, Paris, Guénégaud,‎ 2000, 223 p. (ISBN 2-85023-103-7, notice BnF no FRBNF37757022).
  • Collectif, Anne de Bretagne, une histoire, un mythe, Éditions Somogy,‎ juin 2007.
Catalogue de l’exposition organisée au château des Ducs de Bretagne, musée d’histoire de Nantes.
  • (en) Cynthia Jane Brown, The Cultural and Political Legacy of Anne de Bretagne, Boydell & Brewer,‎ juin 2010, 228 p..

Articles[modifier | modifier le code]

Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, tome LV, 1978. Volume consacré à Anne de Bretagne.

  • Barthélemy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé, « Anne de Bretagne. Réponse à quelques contestations », p. 5-16 ;
  • Yvonne Labande-Mailfert, « Le mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII, vu par Erasme Brasca », p. 17-42 ;
  • Michael Jones, « Les manuscrits d'Anne de Bretagne, reine de France, duchesse de Bretagne », p. 43-82 ;
  • Jacques Bréjon de Lavergnée, « L’Emblématique d’Anne de Bretagne, d’après les manuscrits à peintures (XVe ‑ XVIe siècle) », p. 83-96 ;
  • Auguste-Pierre Segalen, « Esquisse d’un état des recherches sur "Anne de Bretagne et la littérature de son temps" (1477-1514) », p. 97-110.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]