Hervé de Portzmoguer

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Hervé de Portzmoguer
buste d'Hervé de Portzmoguer
buste d'Hervé de Portzmoguer

Naissance vers 1470
au manoir de Porsmoguer
Décès 10 août 1512
sur La Cordelière en rade de Brest
Mort au combat
Origine Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Années de service 15031512
Conflits Guerre de la Ligue de Cambrai
Guerres d'Italie
Faits d'armes Bataille de Saint-Mathieu

Hervé de Portzmoguer, dit « Primauguet », né au manoir de Porsmoguer en Plouarzel vers 1470 et mort en mer, en rade de Brest le 10 août 1512, est un officier de marine et pirate breton des XVe et XVIe siècles. Il commande la nef La Cordelière à bord laquelle il trouve la mort en combattant l'amiral Howard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire du comté de Léon, à la pointe extrême du nord Finistère, Hervé de Portzmoguer descend de la Maison de Portzmoguer, une famille de la petite noblesse bretonne[1]. Sa famille possède un manoir dans la paroisse de Plouarzel, à proximité du Conquet. Il naît entre 1473 et 1478[1].

Le premier document qui mentionne son nom ne date que de 1503. Le jeune breton est alors un capitaine d’une trentaine d’années lorsque le roi Louis XII décide d’affréter ses navires, et de lui confier la protection du convoi. Il se trouve à la tête de cinq bâtiments lui appartenant au milieu d’une petite division composée de seize navires. Pour subvenir aux dépenses ainsi engagées, une taxe spéciale était levée sur les marchandises transportées[1].

Hervé semble également s'être livré à la piraterie. Cependant, les services rendus lui valent la reconnaissance de la duchesse Anne de Bretagne. En 1505, à l’occasion du pèlerinage de cette dernière à Saint-Jean-du-Doigt, elle demande à visiter la Cordelière, dont elle suit les navigations avec intérêt depuis l’expédition de Mytilène[1]. Elle désire aussi rencontrer Hervé, mais celui-ci craignant sans doute les conséquences de la réputation qu’il s’est forgée a, dit-on, pris la mer pour ne pas subir les reproches de sa souveraine. Elle le fait chercher et lui confie le commandement de la Cordelière. Ses activités antérieures ont vite fait de le rattraper et en 1506, il est condamné avec plusieurs de ses compagnons pour avoir pillé un navire écossais, appartenant à Jehan Abreton et Georges Yvon. La sentence est appliquée avec d’autant plus de rigueur que l’Écosse est alors l’alliée de la France[1].

Quelques années plus tard, en 1510, une autre affaire, plus sérieuse, lui vaut de recevoir un mandement du Procureur général. Il semble bien que Jehan de Keraret ait trouvé la mort à la suite d’un duel ou d’une rixe[1]. À la même époque ses incursions depuis Morlaix, sur la côte anglaise lui valent l’inimitié tenace des Anglais, et le capitaine Conhort, qui commande le Nicolas de Hamptoncourt, vient témoigner avec l'ambassadeur d'Angleterre auprès du roi de France et se plaindre que : « plus de trente navires ont esté à ces dernières vendanges prins et pillés par le capitaine Portzmoguer. La rancune des anglais lui vaudra de voir son manoir brûlé par les troupes de l'amiral Howard au printemps 1512[1].

Le combat de la Cordelière par Pierre-Julien Gilbert

Son dernier combat est la fameuse bataille en rade de Brest du 10 août 1512 à bord de la Cordelière où il remporte une victoire posthume sur la flotte anglaise. Au cours d'une rencontre au large de la pointe Saint-Mathieu avec l'escadre anglaise de Howard qui venait de piller Le Conquet et Crozon, Portzmoguer aborde Le Régent. Les deux bâtiments s'étant accrochés l'un à l'autre, et les équipages se battent au corps à corps. Portzmoguer entrevoit alors la défaite et décide de faire sauter son navire et par là même celui des Anglais. Il prépare son équipage et ses invités à mourir par cette phrase « Nous allons fêter saint Laurent qui périt par le feu ! ». Le feu est mis à la sainte-barbe de La Cordelière. Environ 1 500 victimes sont à déplorer, dont les deux tiers du côté breton, parmi lesquelles le capitaine, Hervé de Portzmoguer.

L'historien Étienne Taillemite écrit:

« Ce désastre eut un retentissement considérable en Bretagne, et il ne faut pas s'étonner qu'il ait pris, avec le temps, des dimensions presque mythiques. Certains, parmi lesquels le poète Théodore Botrel, ont voulu voir dans l'explosion un acte d'héroïsme désespéré. En réalité, comme l'explique clairement Max Guérout dans l'excellent ouvrage qu'il a publié cette année, on ne connaît pas les causes exactes du drame, et on ne sait pas grand-chose non plus sur Portzmoguer ni sur La Cordelière, à part qu'elle a été construite à Morlaix. Même son épave, malgré plusieurs campagnes de fouilles, n'a pu être localisée. Notre marine en tout cas a conservé le souvenir de Portzmoguer, quoique, on ne sait pourquoi, son nom ait été francisé en Primauguet. »

Portzmoguer épouse successivement Jehanne de Coatmanac'h puis Françoise de Kergoulouarn.

Hommages[modifier | modifier le code]

Son surnom Primauguet a été donné à plusieurs navires[2] de la marine française, le dernier en date étant la frégate anti-sous-marine Primauguet lancée en 1984.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Je ne t'oublierai jamais (2012) : Comédie dramatique de Bruno Tanguy mettant en scène la rencontre romancée de Anne de Bretagne et Hervé de Portzmoguer en 1506. Pièce écrite pour la commémoration des 500 ans de la disparition de Hervé de Portzmoguer et du Marie-La-Cordeliére. Première le 12 Mai 2012, jouée par la troupe T.I.P.I. (Théâtre Itinérant en Pays d'Iroise)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g archeonavale.org
  2. Primauguet sur www.defense.gouv.fr

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]