Théodore Hersart de La Villemarqué

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Théodore Hersart de La Villemarqué

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Théodore Hersart, 1884, par Évariste-Vital Luminais

Nom de naissance Théodore-Claude-Henri Hersart de La Villemarqué
Alias
« Barz Nizon » (nom bardique)
Naissance 7 juillet 1815
Naval Ensign of the Kingdom of France.svg Quimperlé
Décès 8 décembre 1895 (à 80 ans)
Drapeau de la France Quimperlé
Nationalité Française
Profession

Théodore Hersart, vicomte de La Villemarqué (7 juillet 1815 à Quimperlé - 8 décembre 1895 à Quimperlé) est un philologue français spécialiste de la culture bretonne. Il est notamment connu comme auteur du Barzaz Breiz, recueil de chants populaires bretons.

Formation[modifier | modifier le code]

Né dans une famille légitimiste[1], La Villemarqué voit le jour dans l'hôtel particulier de ses parents, à Quimperlé. Ceux-ci possèdent également le manoir du Plessis, situé dans la paroisse de Nizon, aux alentours de Pont-Aven, où il passe une grande partie de son enfance. Son père, le comte Pierre-Michel-François-Marie-Toussaint Hersart de La Villemarqué (1775-1843), est député du Finistère de 1815 à 1827 et maire de Nizon. Ultraroyaliste dans la Chambre introuvable, il se rallie ensuite à la politique ministérielle[2]. Marié à Hennebont le 6 novembre 1798 à Marie-Ursule-Claude-Henriette Feydeau de Vaugien (1776-1847), dame du Plessis-Nizon, il a eu avec elle huit enfants: Pauline-Henriette-Marie-Thérèse, née en 1799; Sidonie-Aline-Constance, née en 1801; Camille-Marie-Charlotte, née en 1803; Ermine-Renée-Sainte, née en 1805; Hortense-Claire-Armande, née en 1808; Justine-Thérèse-Marie, née en 1810; Cyprien-Pierre-Hippolyte, né le 26 septembre 1812; enfin, Théodore-Claude-Henri[3],[4].

Avec d'autres, qu'il s'agisse d'Aymard de Blois de la Calande (1760-1852), de Barbe-Émilie de Saint-Prix (1789-1869) ou du comte de Kergariou (1779-1849), la mère de La Villemarqué collecte des textes de la littérature orale bretonne[5].

Étudiant au collège jésuite de Sainte-Anne d'Auray dès l'âge de dix ans puis aux petits séminaires de Guérande (à partir de 1827) et de Nantes (à partir de 1830)[6],[7], il se présente à l'examen du baccalauréat devant la faculté des lettres de Rennes et obtient son diplôme le 30 octobre 1833. En 1834, il se rend à Paris, pour entrer à la faculté de droit. Toutefois, ayant lu The Myrvyrian Archaiology of Wales d'Edward Williams, il se tourne vers les études médiévales et bretonnes, thèmes qui font l'objet d'études à Paris et suscitent un grand intérêt parmi les chercheurs romantiques, comme Jean-François-Marie Le Gonidec. Abandonnant le droit, il suit les cours de l'École des chartes, d'abord en auditeur libre, avant de s'inscrire en 1836[8],[9]. Dès cette année, de même, il commence la préparation du Barzaz Breiz. Dans ce cadre, il prend des cours de breton, langue dont il n'a alors qu'une connaissance imparfaite, auprès de l'abbé Jean-Guillaume Henry (1803-1880), futur relecteur et « correcteur » du recueil[10],[11], et à ce titre appelé « l'éminence grise de La Villemarqué »[12].

Pendant ses vacances au manoir, il collecte à son tour des chants en breton qu'il transcrit avec leur musique sur des carnets de collecte. Conservés par la famille, trois cahiers ont été remis en 1964 par son arrière-petit-fils, le général de La Villemarqué, au chercheur Donatien Laurent. Le premier de ces carnets contient des chants notés surtout à Nizon[13].

L'expérience du panceltisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Panceltisme.

Invité par Lady Augusta Hall et la Cymdeithas Cymreigyddion y Fenny (société des galloisants d’Abergavenny), La Villemarqué prend la tête d'une délégation qui part en octobre 1838 pour le Pays de Galles[9], pour y « étudier à leur source et comparer entre eux l'idiome et les monuments d'origine celtique »[14]. Le 11 octobre 1838, il est reçu à Abergavenny comme barde — sous le nom de « Barz Nizon » (le barde de Nizon) — au sein du collège néodruidique gallois, la « Gorsedd des Druides, Bardes et Ovates de Grande-Bretagne »[9]. Avec les Gallois, il jette les bases du Congrès celtique international. À son retour en France, il fonde (en 1843 ou en 1857) une « Fraternité des Bardes de Bretagne » (Breuriez Breiz) approuvée par l’archidruide de Galles, mais n'aboutit pas à la création d'une Gorsedd, et l’association disparaît après la mort de La Villemarqué, en 1895[15].

Publie le Barzaz Breiz[modifier | modifier le code]

En août 1837, La Villemarqué avait proposé à Salvandy, ministre de l'Instruction publique, de publier un recueil de Chants populaires de la Bretagne-Armorique, afin de contribuer à l'histoire de France. Transmise au Comité des travaux historiques, sa demande avait été rejetée en février 1838[16].

Page de titre du Barzaz Breiz (8e éd.).

De retour à Paris, il publie à ses frais en août 1839 le Barzaz Breiz, chants populaires de la Bretagne qui lui donne à 24 ans un certain succès mondain et littéraire. À la même époque, en effet, Gérard de Nerval essaie de retrouver les chants populaires du Valois, George Sand ceux du Berry[17]. Cette dernière exprime d'ailleurs son admiration pour « les diamants du Barzaz Breiz », lors de la parution de la seconde édition en 1845[18], et invente à ce propos le concept de littérature orale. Les mélodies, qu'il a également collectées, sont rassemblées en fin de recueil. Une deuxième édition augmentée paraît en 1845. Les textes édités sont rédigés dans un breton exempt de mots français et précédés d'une notice où perce, de l'avis de plusieurs chercheurs, une vision légitimiste[19],[20],[21],[22],[23], aristocratique et/ou nationaliste de la Bretagne[24],[25],[26],[27]. Yves Le Berre, de son côté, juge que l'appropriation du Barzaz Breiz par les nationalistes bretons au XXe siècle est un contresens et que La Villemarqué défend, en fait, le rôle social et politique de l'aristocratie terrienne et de la religion catholique dans la France bourgeoise du XIXe siècle[28]. À l'opposé d'un Olier Mordrel[29], il considère qu'il n'a jamais été séparatiste[30]. Quant à sa candidature aux élections de 1849 dans le Finistère sous l'étiquette républicaine, signalée par Louis Ogès[31], alors qu'il était lié aux légitimistes[32], Louis Le Guillou la considère comme « une incursion [...] chez les démocrates »[33]. Dans sa profession de foi du 27 avril 1849, il affirme:

« J'ai accepté, avec les représentants de la nation, la République démocratique modérée, et je veux lui donner mon concours loyal et sincère.
Je veux le maintien de la Constitution solennellement proclamée par l'Assemblée nationale[34]. »

Grandement nourri du romantisme européen[35], son travail correspond au modèle d'édition d'une littérature populaire vivante, rassemblée et stylisée, établi par les frères Grimm, qu'on retrouve également chez le serbe Karadžić ou le Finnois Lönnrot[36].

Même si ce n'est pas un succès de librairie avec seulement 500 exemplaires pour l'édition de 1839, 2 000 exemplaires pour celle de 1845, 2 500 exemplaires pour celle de 1867[37], le Barzaz Breiz connaît un succès immédiat, parmi les lettrés de la capitale, pour deux raisons : la beauté poétique de l'édition de La Villemarqué et l'attente idéologique, parmi les Bretons, de textes prouvant leur identité historique. Dans ce contexte, l'accueil eût été favorable dans certains milieux, même s'il s'était agi d'une supercherie similaire à celle d'Ossian[38]. Destinés à un public de lettrés, et non à des « bretonnants » du peuple[39], ses écrits ont un écho tout à fait réduit parmi la population bretonnante, mais ils ont une influence considérable sur le monde des lettrés bretonnants et hors de Bretagne[35]. Yves Le Berre signale qu'en 1850, les paysans bretons ne lisent pas le Barzaz-Breiz, parmi les textes en breton, mais la Vie des Saints, les chansons sur feuilles volantes, tandis que leurs femmes et leurs filles lisent les Heures et les Mois de Marie, leurs enfants le catéchisme[40],[41].

La Villemarqué appartient à un mouvement littéraire et culturel regroupant, dans les années 1840, « de jeunes aristocrates et bourgeois d'origine bretonne » qui vivent la plupart du temps à Paris qui s'intéressent à la Bretagne et « une partie du clergé de Basse-Bretagne, sous la houlette de Mgr Graveran, évêque de Quimper et de Léon depuis 1840 ». Animés par des « intérêts plus culturels pour les uns (l'histoire, la poésie, la langue...), plus politiques ou idéologiques pour les autres (notamment par la vision de la langue bretonne comme un cordon sanitaire, un rempart empêchant les idées nouvelles d'entrer en Basse-Bretagne) », ils se vivent comme la « "renaissance" d'une sorte d'école littéraire et philologique dont le grammairien et lexicologue Le Gonidec est l'"âme" ». Ce groupe incarne, pour La Villemarqué, « l'esprit des temps nouveaux »[37].

Le dictionnaire français-breton[modifier | modifier le code]

Il soutient les travaux linguistiques de Jean-François Le Gonidec, Tad ar brezhoneg pour les uns, « père de la tradition normative en Bretagne »[42] pour les autres, auteur d'une Grammaire celto-bretonne (1807) qui est la première à décrire le phénomène des mutations et à traiter du genre des noms, qui a également publié un Dictionnaire celto-breton en 1821.

La Villemarqué publie en 1850, une nouvelle édition[43] du Dictionnaire français-breton de le Gonidec, augmenté et précédé d'un Essai sur l'avenir de la langue bretonne. Dans ce texte, il se fait, comme Le Gonidec avant sa mort en 1836, le promoteur d'une orthographe simplifiée et d'une grammaire normative destinées à fixer et unifier le breton, dispersé dans les variétés dialectales. Le breton abandonne les conventions françaises (désormais, le breton écrit « k » quand, en français, le même son s'écrit « c, q, cq, k, ck » par exemple), la langue est débarrassée, selon Hervé Abalain, de ses « emprunts inutiles au français »[44]. Cette orthographe et les traductions en breton de Le Gonidec, notamment la Bible, provoquent des querelles parmi leurs contemporains, notamment dans le clergé, « entre autres raisons parce qu'elles ne tiennent pas compte de la diversité dialectale du breton parlé » d'après certains[42]. C'est cette orthographe qui sera en partie adoptée par François-Marie Luzel dans le Mystère de Sainte-Tryphine (avec l'utilisation systématique de « k »), alors qu'il semble s'y opposer dans les Soniou.

Famille et honneurs[modifier | modifier le code]

Le 9 novembre 1846, il épouse à Paris Sébastienne-Marie-Anne-Clémence Tarbé des Sablons (née en 1827 à Pau, morte le 16 mars 1870), fille d'Adolphe-Pierre Tarbé des Sablons, conseiller à la cour de cassation né à Melun le 6 janvier 1796, mort le 11 janvier 1844, et de Marie-Fécilité Chauvet[45],[46]. Ensemble, ils ont quatre enfants[47]: Marie-Thérèse-Perrine-Joséphine, née dans le XIe arrondissement de Paris le 15 octobre 1847; Ursule-Marie-Charlotte, né à Paris le 17 mars 1849[48]; Geoffroy, né à Paris le 22 février 1851; Pierre-Marie-Joseph, futur biographe de son père, né à Quimperlé le 3 mai 1854[49].

En 1855, il prend la présidence de la Nouvelle Association bretonne, fondée en 1843 dans des buts agricole, historique et archéologique, et la conserve jusqu'à sa dissolution, en 1859[50].

Cumulant les honneurs, il reçoit la Légion d'honneur le 6 mai 1846[51], avant d'être élu, le 21 mai 1858, membre libre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Considéré comme un des savants européens les plus éminents en matière de traditions populaires, il correspond avec ses pairs, parmi lesquels les frères Grimm.

La « querelle du Barzaz Breiz »[modifier | modifier le code]

La Villemarqué à 30 ans transcrivant une chanson.

Sa démarche, proche de celle des deux philologues allemands, se heurte, à partir des années 1860 et 1870, aux avancées des chercheurs qui, comme François-Marie Luzel, adoptent des méthodes de transcription critique de l'oralité[52]. À la suite d'Ernest Renan, auteur en 1854 d'une critique parue dans La Revue des Deux Mondes dans laquelle, le premier, il s'interroge sur les commentaires encadrant les chants du Barzaz Breiz pour prouver leur authenticité[53], plusieurs chercheurs bretons, en particulier Luzel (dans Gwerzioù Breiz-Izel, chants populaires de la Basse-Bretagne) et Joseph Loth, remettent en cause l'authenticité du Barzaz Breizh, lui reprochant d'avoir, d'une part, falsifié les textes collectés au moment de leur transcription, de l'autre, exagéré l'ancienneté de nombre de poèmes[9]. C'est également le cas du géographe Guillaume Le Jean (1824-1871) et d'Anatole Le Braz[54]. En 1867, au congrès de l'Association bretonne, à Saint-Brieuc, Luzel suscite une polémique en attaquant le maître sur le terrain de l'exactitude dans le recueil des textes, car ses collectes dans le Trégor ne lui ont pas permis de retrouver les chants tels que retranscrits par La Villemarqué, celui-ci ne répond pas. Cette ligne de conduite ne varie guère, par la suite, hormis quelques aveux sur sa « légèreté » de jeune collecteur, due selon lui à l'absence de méthode scientifique de collecte sous la monarchie de Juillet[55]. La querelle reprend lors du Congrès des Sociétés savantes de France, à Saint-Brieuc, en 1872[56]. Puis Luzel reprend ses critiques dans la préface à ses Contes populaires de Basse-Bretagne en 1887[53]. Selon Paul Sébillot, La Villemarqué, s'il avait pu se la rappeler, aurait fourni la provenance de ses œuvres ainsi que les modifications qu'il avait apportées à celles d'origine[57]. Mais sur ce point, le chercheur Fañch Postic signale que « comme Luzel quelque trente années plus tôt, Sébillot se trompe probablement »[58]. Ces conflits n'empêchent pas Luzel et La Villemarqué de collaborer, à Quimper, au sein de la Société archéologique du Finistère, dont Luzel devient trésorier et dont La Villemarqué est le président inamovible à partir de 1876.

Toujours en 1867, le celtologue Henri d'Arbois de Jubainville critique[59] les changements réalisés dans le texte par La Villemarqué, entre la 1re et la 6e édition, afin « de plier les chansons bretonnes aux exigences des dictionnaires et de la grammaire de Le Gonidec »[60] et les modifications qui, pour être d'une « très rare exception », contreviennent aux exigences de l'établissement rigoureux d'un texte[61]. Le même considère que Le Grand mystère de Jésus publié par La Villemarqué en 1865 est « l'imitation d'un composition française » et qu'« il ne remonte pas à la date reculée » qu'il lui attribue[62].

Si ces critiques lui reprochent son défaut de méthode scientifique et peuvent considérer l'œuvre comme un faux[55], ils admirent ses qualités littéraires[63]. Celles-ci lui valent d'être traduit en plusieurs langues.

La Villemarqué meurt en décembre 1895, dix mois après Luzel.

Première page de La Peste d'Elliant dans l'édition de 1883. Argument, traduction en français, texte breton
Partition de La Peste d'Elliant dans l'édition de 1883

Épilogue[modifier | modifier le code]

En 1959, Francis Gourvil soutient une thèse sur le Barzaz Breiz dans laquelle, à la suite de Le Men, Jubainville ou Luzel, il considère que ses chants ne constituent pas une source fiable pour étudier l'histoire ou la langue bretonne car, modifiés et inventés, ils ne reflètent pas les sentiments du peuple breton[64],[16]. L'année suivante, dans En ur lenn Barzaz Breiz, l'écrivain breton Abeozen[65] s'oppose aux thèses de Gourvil.

La découverte, en 1964, et l'étude s'étalant sur dix ans (pour le premier carnet) et non encore achevée aujourd'hui (pour les deux autres carnets), par Donatien Laurent, des carnets de collecte de La Villemarqué montre qu'il avait bien recueilli la plupart des matériaux qui lui avaient servi à élaborer son Barzaz-Breiz et permis de mesurer le toilettage opéré avant leur édition, ses remaniements[66],[67]; « l'auteur a parfois arrangé des chants, compilé plusieurs versions, ajouté des éléments et quelquefois, semble-t-il, inventé des textes »[16]. Des recherches sur l'identification des chanteurs de La Villemarqué débutées en 1907 par son fils Pierre de La Villemarqué, poursuivies par Jean-René Gouriou, puis en 1974 par Donatien Laurent, et complétées en 2006 et 2007 par Goulven Peron[68],[69],[70] ont aussi montré que la plupart des chanteurs cités par La Villemarqué avaient bien existé. Pour John T. Koch, il apparaît que certains de ces textes sont des créations littéraires de La Villemarqué, en particulier les matériaux ajoutés lors des éditions postérieures[9]. Il est également possible que La Villemarqué se soit servi de textes douteux fournis par un ou plusieurs de ses informateurs dont il a été montré que beaucoup d'entre eux étaient des paysans relativement aisés et cultivés[71],[72]. Fañch Postic considère « qu'il n'est désormais plus possible de s'en tenir aux interprétations très négatives de F. Gourvil et du chanoine Falc'hun », même s'« il est bien évident que La Villemarqué a beaucoup "retouché" la tradition orale »[73].

Ces travaux, comme l'explique Nelly Blanchard dans sa thèse sur le Barzaz-Breiz publiée en 2006, ont permis de mettre en avant la complexité de l'ouvrage, qu'il convient moins de considérer comme un recueil de chants populaires que « comme un texte d'auteur illustré par des chants »: les chants en breton et leur traduction n'occupent que la moitié du texte, la version en breton étant même rejetée en bas de page, dans une taille de police très petite, dans la dernière édition. Le préambule, l'introduction, les arguments, notes et éclaircissements occupent l'autre moitié[16]. Dans ces derniers textes, La Villemarqué prétend faire remontrer les plus anciens de ces chants, censés traduire l'âme éternelle de la Bretagne, aux bardes bretons des Ve et VIe siècles. Pour Nicolas Koberich, « même s'il ne s'agit pas d'une création pure d'Hersart de La Villemarqué, ainsi que l'affirmait Ernest Renan »[74], qui avait pointé en 1859 les « hypothèses plus ingénieuses que solides » de ses notes et éclaicissements[75], « mais d'une émanation d'un folklore tardif, il est difficile de considérer ces chants », regardés par certains intellectuels de l'époque comme étant à l'origine des grandes gestes arthuriennes, « ni même leurs prototypes, comme antérieurs aux premiers romans médiévaux »[74].

Son influence posthume a été considérable en Bretagne et à l'étranger. De nombreux lettrés bretonnants se mettent à écrire dans cette langue à partir des années 1840: Auguste Brizeux (Telen Arvor, « La Harpe d'Armor », 1839, ou Furnez Breiz, « La Sagesse bretonne », 1855), Prosper Proux (dont les Kanaouennou gret gant eur C'hernevod, « Chansons d'un Cornouaillais », sont antérieurs au Barzaz Breiz) ou l'abbé Guillome, qui imite Les Géorgiques dans Livr el Labourer (« Le Livre du laboureur », 1849)[76]. Dans son anthologie Les Bardes et Poètes nationaux de la Bretagne armoricaine, Camille Le Mercier d'Erm recense 81 poètes pour l'ensemble du XIXe siècle, cinq seulement ayant précédé le Barzaz Breiz, dont deux bretonnants[77]. Même si, comme le signale Nelly Blanchard, « peu de gens certainement » ont véritablement lu le Barzaz Breiz, texte « illisible », « dépassé dans son style, rigide dans sa présentation », il n'en porte pas moins « une charge symbolique forte » qui explique sa forte présence parmi les ouvrages possédés et les nombreuses pages qui lui sont consacrées dans les ouvrages consacrés à la littérature bretonne[16]. Selon elle, la continuelle séduction du texte s'explique par sa « charge de révolte » : « Tout est révolte : contre la bourgeoisie, contre les faux pauvres, contre l'argent, contre l'indifférence en matière de religion, contre le matérialisme, contre la loi, contre l'imprimerie, contre le protestantisme, contre la Révolution, contre la monarchie absolue, contre l'Empire (...) [le Barzaz-Breiz] est un réservoir symbolique de révolte »[78].

De nombreuses œuvres, y compris contemporaines, ont été inspirées par le Barzaz Breiz dans le domaine de la poésie, du théâtre, de la musique et de la peinture. Plusieurs de ses chants sont parmi les plus populaires des chants bretons et repris par les grands noms de la chanson bretonne. Le Barzaz Breiz est étudié en tant qu'œuvre littéraire dans les universités bretonnes et inscrit régulièrement aux programmes de licence ou CAPES de breton.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • « Barzas-Breiz ». Chants populaires de la Bretagne, recueillis et publiés avec une traduction française, des éclaircissements, des notes et les mélodies originales, Paris, Charpentier, 1839, 2 vol. in-8° et 12 pages de musique (rééd. sous le nom « Barzaz-Breiz », Paris, Delloye, 1845, 2 vol. in-18, musique; Paris, Didier, 1867, In-8°, LXXXIV-542 pages et XLIV pages de musique; nombreuses réimpressions).
  • Contes populaires des anciens Bretons, précédés d'un Essai sur l'origine des épopées chevaleresques de la Table ronde, Paris, W. Coquebert, 1842, 2 tomes en 1 vol. in-8°.
  • Essai sur l'histoire de la langue bretonne, précédé d'une étude comparée des idiomes bretons et gaëls, Paris, A. Franck, 1847, In-4°, LXVI pages.
  • Dictionnaire breton-français de Le Gonidec, précédé de sa Grammaire bretonne, et enrichi d'un avant-propos, d'additions et des mots gallois et gaëls correspondants au breton, par Th. Hersart de La Villemarqué. - Dictionnaire français-breton de Le Gonidec, enrichi d'additions et d'un Essai sur l'histoire de la langue bretonne, par Th. Hersart de La Villemarqué, Saint-Brieuc, L. Prud'homme, 1847-1850, 2 vol. in-4°.
  • La Légende celtique, en Irlande, en Cambrie et en Bretagne ; suivie des textes originaux irlandais, gallois et bretons, rares ou inédits, Saint-Brieuc, L. Prud'homme, 1859, In-18, XXII-333 pages (rééd. Paris, Didier, 1864, In-18, LXIV-336 pages).
  • Les bardes bretons, poèmes du 6e siècle: traduits pour la 1re fois en français avec le texte en regard revu sur les manuscrits, Paris, Didier, 1860, in-8°, 12-XCII-456 pages.
  • Myrdhinn ou l'Enchanteur Merlin. Son histoire, ses œuvres, son influence, Paris, Didier, 1862, in-8°, XII-435 pages, disponible sur Gallica, Lire en ligne.
  • Le Grand mystère de Jésus: passion et résurrection: drame breton du moyen âge avec une étude sur le théâtre chez les nations celtiques, Paris, Didier, 1865, CXXXVI-263 pages, in-8° (rééd. Paris, Didier, 1866, In-18).

Archives[modifier | modifier le code]

Le fonds La Villemarqué[79] est conservé par la famille. Une copie papier des archives, dont le dossier Barzaz-Breiz, se trouve au Centre de recherche et de documentation sur la littérature orale de Kernault (Centre de recherche bretonne et celtique, Université de Bretagne occidentale).

Hommages[modifier | modifier le code]

Théodore Hersart de La Villemarqué a donné son nom à un établissement scolaire de Bretagne :

Des rues Hersart de la Villemarqué existent notamment à Rennes, Vannes, Saint-Malo, Lannion, Pontivy, Ploudaniel, Cordemais, Saint-Étienne-de-Montluc, Vigneux-de-Bretagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Masson, Les Bretons et le socialisme, F. Maspero, 1972, 286 pages, p. 35.
  2. Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Edgar Bourloton, 1889-1891, tome 3 (de Hérault de Séchelles à Heudelet), p. 348.
  3. Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France: ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, vol. 7, Librairie Bachelin-Deflorenne, 1816, p. 447-448.
  4. Gonzague Vialet, Bibliothèques et bibliophiles bretons anciens, Paris, Société française des collectionneurs d'ex-libris et de reliures artistiques, 1929, 229 pages, p. 219.
  5. Hervé Abalain, Histoire de la langue bretonne, Éditions Jean-paul Gisserot, 2000, 126 pages, p. 107 (ISBN 2877475239).
  6. Francis Gourvil, Théodore-Claude-Henri Hersart de La Villemarqué (1815-1895) et le « Barzaz-Breiz » (1839-1845-1867): origines, éditions, sources, critique, influences, 1960, p. 8.
  7. Yann Brékilien, Prestiges du Finistère, Cornouaille et León, Éditions France-Empire, 1969, 355 pages, p. 270.
  8. Pierre Hersart de La Villemarqué, La Villemarqué, sa vie & ses œuvres, H. Champion, 1926, 215 pages, p. 18 et 22.
  9. a, b, c, d et e John T. Koch, Celtic culture: a historical encyclopedia, ABC-CLIO, 2006, 2128 pages, p. 1076-1077 (ISBN 1851094407).
  10. Revue celtique, vol. 21, Kraus Reprint, 1900, p. 262 et 265.
  11. Annales de Bretagne, vol. 56, Université de Rennes, facultés des Lettres et Sciences Humaines, 1949, p. 82 et 84.
  12. Jean-Louis Le floc'h, « Henry Jean Guillaume », in Jean-Marie Mayeur, Yves-Marie Hilaire, Michel Lagrée (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, Éditions Beauchesne, 1990, vol. 3, 418 pages, p. 194 (ISBN 2701012023).
  13. Joseph Vendryes, Études celtiques, vol. 15, Société d'Éditions Les Belles Lettres, 1976, p. 347.
  14. Ernest Émile Antoine Desjardins, Comptes rendus des séances, vol. 1-2, Académie des inscriptions & belles-lettres, Auguste Picard, 1858, p. 94.
  15. Cyril Le Tallec, Mouvements et sectes néo-druidiques en France: 1935-1970, L'Harmattan, 2006, 129 pages, p. 107-109 (ISBN 2296008003), situe la fondation de la Fraternité en 1855. Il fallait « être homme de lettres et bretonnant » pour être membre.
  16. a, b, c, d et e Nelly blanchard, Introduction, Barzaz-Breiz: Une fiction pour s'inventer, Presses universitaires de Rennes, 2006, 310 pages (ISBN 2-7535-0225-0).
  17. Théodore Hersart de La Villemarqué, Le Barzaz Breiz: chants populaires de la Bretagne recueillis, traduits et annotés, Maspero, 1981, 573 pages, p. 18 (ISBN 2707112410).
  18. Nicolas Bernard, Finistère, Christine Bonneton, 2003, 319 pages, p. 118 (ISBN 2862533017).
  19. Hélène Millot, La Poésie populaire en France au XIXe siècle: théories, pratiques et réception, Du Lérot, 2005, 767 pages, indique, p. 35, que La Villemarqué, familier de l'entourage de Bonald, s'était mêlé aux cercles catholiques conservateurs de la monarchie de Juillet.
  20. Pour Yvon Erwan Évenou, « La Bretagne, réification spatiale ou sous-ensemble flou? », in, Alain Viaut (dir.), Variable territoriale et promotion des langues minoritaires, Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, 2007, 489 pages (ISBN 2858923345), « la vision de la Bretagne véhiculée dans les travaux de La Villemarqué (légitimiste) est celle d'un espace social non conflictuel, à base d'une collaboration harmonieuse de classes hiérarchiquement articulées, la noblesse se situant en haut de la pyramide sociale: c'est également un espace unitaire par la langue et la religion » (p. 174). Il explique également: « Unifier la langue bretonne, dans son orthographe et dans sa grammaire, c'était vouloir effacer les effets jugés néfastes de la francisation, facteur de dialectisation, mais surtout facteur de déstructuration de cet espace social que La Villemarqué veut préserver: pour lui, le français c'est la langue de la bourgeoisie, de la ville, de la République, de l'athéisme, de la laïcisation, etc. Ainsi, la lutte pour la langue bretonne a une fonction idéologique précise, celle de "...gardienne de la religion et de la moralité du peuple qui la parle" » (p. 175).
  21. Jacques Lévy, Géographies du politique, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1991, 220 pages (ISBN 2724605950), parle, p. 103, de « stratégie d'établissement d'un «cordon sanitaire» [...] illustrée notamment par la démarche et les publications de La Villemarqué, aristocrate légitimiste breton ».
  22. Henri Boyer, Stéréotypage, stéréotypes: Expressions artistiques, vol. 5 de Carmen Alén Garabato, (dir.), Stéréotypage, stéréotypes : fonctionnements ordinaires et mises en scène : Actes du Colloque international de Montpellier, L'Harmattan, 2007, 185 pages (ISBN 2296029639), considère, p. 103, que l'œuvre de La Villemarqué a popularisé une « idéologie féodale et agreste qui vante les mérites des mœurs et de la culture rurale, face aux dépravations citadines », et décrit la Bretagne comme « bien pensante, catholique et ultra-conservatrice », dans un contexte de repli sur ses terres des légitimistes bretons qui, arès la perte du pouvoir national en 1830, accaparent le pouvoir local. « La Bretagne est décrite comme une région idyllique, sans conflit, et la Bretonne en coiffe, douce et pieuse, supplante celle du chouan inquiétant. Cette idéologie rustique oriente l'activité des folkloristes qui négligent généralement les artisans et les pêcheurs, pour se consacrer au seul monde rural. Ce paradis champêtre correspond bien peu à la réalité. Même si l'aristocratie opère un retour à la terre, et se consacre un peu plus aux travaux des champs, les crises frumentaires se suivent avec une régularité pénible, et provoque une émigration vers les villes. »Voir également p. 57.
  23. Yannick Guin, Histoire de la Bretagne: contribution à la critique de l'idéologie nationaliste, F. Maspero, 1977, 343 pages, considère, p. 109, le Barzaz Breiz comme une « arme de l'idéologie féodale destinée au maintien des valeurs traditionnelles en milieu populaire ».
  24. C'est le cas d'Anne-Marie Thiesse, Ils apprenaient la France: l'exaltation des régions dans le discours patriotique, Éditions MSH, 1997, 130 pages (ISBN 273510737X), qui oppose, p. 104, à « la version aristocratique, nationaliste et scientifiquement contestée de La Villemarqué », le manuel de Luzel, qui prend « parti pour les philologues reconnus, la collecte non nationaliste, et, de ce fait, pour la perception d'un littérature orale in progress. »
  25. Alain Vaillant, Écrire/savoir: littérature et connaissances à l'époque moderne, Éditions Printer, 1996, 320 pages (ISBN 2911698002), considère, p. 246 que la deuxième « édition du Barzaz-Breiz, en 1845, accentue le nationalisme breton anti-franc et anti-français ».
  26. Paul Bénichou, Sylphide (Extrait), José Corti, 1970, 390 pages, explique, p. 114, que « La Villemarqué remanie [...] les textes dans le sens d'un nationalisme breton que la tradition ignorait ».
  27. François Billacois, Le Duel, vol. 73 de Civilisations et sociétés, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, 1986, 539 pages (ISBN 2713208602), qualifie le Barzaz Breiz, p. 271, de « supercherie romantique et nationaliste ».
  28. Yves Le Berre, « Un rendez-vous manqué: Kastel Kerr-Iann "Le Château de Kerjean" (1834), premier roman breton » (p. 151-158), in Carmen Alén Garabato (dir.), L'Éveil des nationalités et les revendications linguistiques en Europe (1830-1930), L'Harmattan, 2006, 287 pages, p. 157 (ISBN 2296000525). Selon lui, la fonction politique du Barzaz Breiz, c'est: « non pas poser les bases d'une renaissance nationale bretonne, quoique tout le discours paraisse l'affirmer en exaltant sans cesse le peuple breton, ses vertus et sa langue; non pas encourager une refondation institutionnelle susceptible d'aboutir à un home rule, à une autonomie politique, voire à une indépendance étatique, mais redonner, en France, une légitimité perdue à la propriété terrienne et à la religion, interfaces naturels entre le peuple ignorant, et qui s'ignore lui-même, et un pouvoir politique égaré. » Il lui « paraît difficile de considérer le discours de La Villemarqué [...] comme un discours nationalitaire (et a fortiori nationaliste) breton » car il s'insère, selon lui, « dans la cadre national français issu de la révolution de Juillet. Que le Barzaz Breizh ait ensuite (au XXe siècle) pu être utilisé comme "texte fondateur" par les nationalistes bretons repose sur un contresens: la démonstration et l'exaltation de la différence des Bretons n'est pas là pour justifier leur droit à disposer d'eux-mêmes comme nation, mais pour montrer aux nouveaux maîtres bourgeois de la France qu'ils ne peuvent pour gouverner se passer des guides "naturels" du peuple, ceux-là même qui ont été éliminés du pouvoir en 1789, puis en 1793, enfin en 1830. »
  29. Olier Mordrel, L'Idée bretonne, Albatros, 1981, 297 pages, p. 36.
  30. Yves Le Berre, « Rapport sur la dissertation en langue bretonne », in Yves Le Berre, Nelly Blanchard, Ronan Calvez, Qu'est-ce que la littérature bretonne?: essais de critique littéraire, XVe-XXe siècles, Presses universitaires de Rennes, 2006, 238 pages (ISBN 2753502498)
  31. Dr Louis Dujardin, Louis Ogès, « Autour de la candidature de La Villemarqué en 1849 », Nouvelle Revue de Bretagne, novembre-décembre 1949.
  32. Journal des savants, Institut de France, Académie des inscriptions & belles-lettres, 1961, p. 116.
  33. Jules Michelet, Correspondance générale, vol. 5, éditée par Louis Le Guillou, Champion, 1996, 965 pages, p. 906 (ISBN 2852035650).
  34. Bertrand Quéinec, Pont Aven, 1800-1914, Quéinec, 1983, 447 pages, p. 63.
  35. a et b Nicolas Bernard, op. cit., 2003, p. 164.
  36. Michel Espagne, Michael Werner, Qu'est-ce qu'une littérature nationale?: approches pour une théorie interculturelle du champ littéraire, Éditions MSH, 1994, 505 pages, p. 232 (ISBN 273510544X).
  37. a et b Nelly Blanchard, « Entre dégénérescence et permanence: langue, poésie et nation bretonnes face au temps dans le Barzaz Breiz de Théodore Hersart de La Villemarqué (1839-1845-1867) », in Carmen Alén Garabato (dir.), Titre L'éveil des nationalités et les revendications linguistiques en Europe (1830-1930), L'Harmattan, 2006, 287 pages, p. 41-50, (ISBN 2296000525).
  38. Michel Espagne, Michael Werner, op. cit., p. 233.
  39. Francis Gourvil, Théodore-Claude-Henri Hersart de La Villemarqué: (1815-1895) et le « Barzaz-Breiz » (1839-1845-1867), origines, éditions, sources, critique, influences, Imprimerie Oberthur, 1960, 609 pages, p. 548.
  40. Yves Le Berre, La Littérature de langue bretonne: livres et brochures entre 1790 et 1918, Ar Skol Vrezoneg, 1994, 880 pages, p. 136 (ISBN 2906373354). Cité dans Maurice Agulhon (dir.), Cultures et folklores républicaines: actes du Colloque « Les marques républicaines dans la culture populaire en France », Éditions du CTHS, 1995, 498 pages, p. 284 (ISBN 2735503038).
  41. Hervé Abalain (Destin des langues celtiques, Éditions Ophrys, 1989, 253 pages) signale également, p. 194, la tradition religieuse troujours très forte dans la littérature bretonnante
  42. a et b Michel Espagne,Michael Werner, op. cit., 1994, p. 230.
  43. Dictionnaire français-breton de Le Gonidec, enrichi d'additions et d'un Essai sur l'histoire de la langue bretonne, Prudhomme, Saint-Brieuc, 1850 [lire en ligne]. Première édition Dictionnaire celto-breton, ou breton-français, Angoulème, 1821 [lire en ligne]
  44. Hervé Abalain, Pleins feux sur la langue bretonne, Coop Breizh, 2004.
  45. Henri Frotier de La Messelière, Filiations bretonnes. 1650-1912, recneil des filiations directes des représentants actuels des familles nobles, de bourgeoisie armoriée ou le plus fréquemment alliées à la noblesse, d'origine bretonne ou résidant actuellement en Bretagne, depuis leur plus ancien auteur vivant en 1650, vol. 3, Imprimerie J. Floch, 1965, p. 81.
  46. François-Xavier Feller, Biographie universelle des hommes qui se sont fait un nom par génie, leurs talents, leur vertus, leurs erreurs, ou leurs crimes, vol. 8, J.B. Pélagaud, 1867, p. 137-138.
  47. Yves Le Berre, La littérature de langue bretonne: livres et brochures entre 1790 et 1918, Ar Skol Vrezoneg, 1994, 880 pages, p. 375 (ISBN 2906373354).
  48. Elle s'est mariée avec Adrien-Charles-Marie Bréart de Boisanger (né le 3 février 1839 à Québlen en Quimperlé), officier de marine et est la mère de Adrien-Charles-Marie Bréart de Boisanger (né le 22 novembre 1872 à Quimperlé), qui fut préfet maritime de Bizerte et maire de Saint-Urbain (Finistère)
  49. Francis Gourvil, op. cit., 1960, p. 561.
  50. Anne-Denes Martin, Itinéraire poétique en Bretagne: de Tristan Corbière à Xavier Grall, L'Harmattan, 1995, 282 pages (ISBN 2738434428), note, p. 26 que c'est La Villemarqué, « en lui donnant une orientation nationaliste », qui « provoque sa dissolution ». La première Association bretonne explique-t-elle également avait vu le jour en 1829 dans le but de réclamer le respect de la Charte, la seconde en 1834 afin de défendre les intérêts agricoles et le patrimoine culturel de la Bretagne.
  51. Charles Augustin Sainte-Beuve, Correspondance générale, recueillie, classée et annotée par Jean Bonnerot, vol. 5, Stock, 1935, p. 84.
  52. Michel Espagne, Michael Werner, op. cit., p. 233.
  53. a et b Anne-Denes Martin, op. cit., 1995, p. 27.
  54. Voir Francis Gourvil, op. cit., 1960, p. 534, ou le Bulletin de l'Association Guillaume Budé, Société d'édition Les Belles Lettres, 1961, p. 246.
  55. a et b Alain Vaillant, Écrire/savoir: littérature et connaissances à l'époque moderne, Éditions Printer, 1996, 320 pages, p. 246 (ISBN 2911698002).
  56. Alexis Blanc, Les Personnages célèbres des Côtes-d'Armor, L'Harmattan, 2008, 211 pages, p. 65-74 (ISBN 2296068219).
  57. « Je suis convaincu qu'il était sincère en me répondant qu'il ne se souvenait plus, et je pense que s'il avait pu, après de si longues années, reconstituer exactement les origines du Barzaz Breiz, il n'aurait pas hésité à indiquer la provenance des diverses pièces, à citer les chanteurs ou les correspondants qu'il avait eus, et à avouer les retouches qu'il avait fait subir au texte primitif [...] », témoignage de Paul Sébillot dans Le Fureteur breton, 8e année (1912-1913), p. 176 Fañch Postic, « L’invention d’une science nouvelle : la littérature orale d’après la correspondance échangée entre La Villemarqué et Sébillot : Une critique modérée du Barzaz-Breiz. », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère,‎ 1999, p. 285-306 (lire en ligne)
  58. Fañch Postic, op. cit.: « Mais, comme Luzel quelque trente années plus tôt, Sébillot se trompe probablement : La Villemarqué dispose en effet de tous les éléments de réponse dans des carnets manuscrits dont il ne lui a visiblement pas révélé l’existence. »
  59. Malgré ses critiques, il salue la volonté de La Villemarqué de « mettre entre les mains des érudits français et étrangers des documents qui leur rendent possible l'étude d'un des rameaux les plus importants du vieux tronc celtique » et d'offrir à ses compatriotes « des modèles de style breton ». Voir Henri d'Arbois de Jubainville, « Étude sur la première et la sixième édition des Chants populaires de Bretagne, recueillis sous le nom de Barzaz Breiz » (p. 265-281), Bibliothèque de l'École des chartes, volume 3, 1867, p. 265.
  60. Par exemple, la correction du conditionnel ganéfé par ganfe ou l'introduction d'une allitération inexistante. Voir Henri d'Arbois de Jubainville, op. cit., p. 273.
  61. Il signale ainsi qu'entre la 1re et la 6e édition, La Villemarqué a ajouté un vers — Hag hen tad Rasian hanvet (« qu'on appelle père Ratian ») — à un distique — Tre Langolen hag ar Faouet / Eur barz santez a vez kavet (« Entre Langolen et le Faouet habite un saint barde ») — dans la Vie de saint Gwenolé, sans donner la moindre indication permettant de croire qu'il s'agirait d'une « variante inconnue », ce qui peut laisser penser, remarque-t-il, qu'il l'a composé lui-même pour étayer sa thèse sur l'ancienneté du chant, dont il fait remonter l'origine au VIe siècle. Voir Henri d'Arbois de Jubainville, op. cit., p. 280-281.
  62. Henri d'Arbois de Jubainville, « Encore un mot sur le Grand mystère de Jésus », Revue critique d'histoire et de littérature, Librairie A. Franck, premier semestre 1867, partie 2, p. 381-384.
  63. Charles Augustin Sainte-Beuve, Correspondance générale, vol. 5, recueillie et annotée par Jean Bonnerot, Stock, 1935, p. 84.
  64. Francis Gourvil, Théodore-Claude-Henri Hersart de La Villemarqué (1815-1895) et le « Barzaz-Breiz » (1839-1845-1867): origines, éditions, sources, critique, influences, Imprimerie Oberthur, 1960, 609 pages.
  65. Abeozen, En ur lenn Barzaz Breiz, 3 cahiers, Preder, 1959, 1960 et 1962. Contient des cours donnés sur les gwerzioù du Barzaz Breiz.
  66. Charles Ridoux, Évolution des études médiévales en France de 1860 à 1914, Champion, 2001, 1187 pages, p. 541 (ISBN 274530318X); Nicolas Bernard, Finistère, Christine Bonneton, 2003, 319 pages, p. 120 (ISBN 2862533017).
  67. Yvon Erwan Évenou, op. cit., 2007, p. 174, note 9.
  68. Goulven Peron, « Les Chanteurs de La Villemarqué », Musique Bretonne, n° 196 & 197, 2006.
  69. Goulven Peron, « Les Chanteurs de La Villemarqué », Le Lien, n° 101, mars 2007, p. 22-33.
  70. Goulven Peron, « Le Village du Follezou », Cahiers du Poher, n°19, décembre 2007, p. 24-28.
  71. Goulven Peron, « Les Amis paysans de Brizeux et de La Villemarqué », Le Lien, n°108, 2008.
  72. Goulven Peron, « Barzaz-Breiz - Les chanteurs et les puissances morales dans les montagnes », Kaier Ar Poher (« Cahiers du Poher »), Centre Généalogique et Historique du Poher, n° 14, février 2006.
  73. Fañch Postic, La Bretagne et la littérature orale en Europe, Centre de recherche bretonne et celtique, 1999, 293 pages, p. 163.
  74. a et b Nicolas Koberich, Merlin, l'enchanteur romantique, L'Harmattan, 2008, 472 pages, p. 429 (ISBN 229606762X).
  75. Ernest Renan, Essais de morale et de critique, Calmann-Lévy, 1859, 456 pages, p. 429-430, note 2.
  76. Hervé Abalain, op. cit., 1989, p. 194.
  77. Anne-Denes Martin, op. cit., 1995, p. 31.
  78. Nelly Blanchard, Barzaz-Breiz, une fiction pour s'inventer, Presses universitaires de Rennes, 2006, p. 279.
  79. http://www.univ-brest.fr/crbc/menu/Bibliotheque_Yves-Le-Gallo/Fonds_d_archives/Villemarque__Theodore_Hersart_de_La_

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Bernard, Essai de bibliographie de Théodore-Claude-Henri de La Villemarqué dans Annales de Bretagne, T. 35, 1923, Champion lire en ligne
  • La Villemarqué, sa vie et ses œuvres, par son fils Pierre, 1926
  • Augustin Thierry Jeune, Un faux barde d'Armor, Les grandes mystifications littéraires, 2e série. Paris, Pion, 1913, in-18
  • Abbé Batany, Luzel, poète et folkloriste Breton, 1941
  • Dr Halléguen, M. de la Villemarqué et le Barzaz-Breiz, Revue politique et littéraire, 19 juillet 1873

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • « La gwerz sur l'incendie de la tour de plomb, version de Théodore Hersart de La Villemarqué » annexe 14 d'Éva Guillorel, La Complainte et la plainte. Chansons de tradition orale et archives criminelles: deux regards croisés sur la Bretagne d'Ancien Régime (16e-18e siècles), thèse de doctorat en histoire sous la direction de Philippe Hamon, Université européenne de Bretagne, Université Rennes 2, CERHIO, 2008, vol. 4: annexes, p. 28.
  • Kervarker, traduction littérale en breton de « Villemarqué », est un site dédié à la langue bretonne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]