Victor Segalen

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Victor Segalen

Description de l'image  victor_segalen.jpg.
Naissance 14 janvier 1878
Brest
Décès 21 mai 1919
Huelgoat

Victor Segalen, né le 14 janvier 1878 à Brest et mort le 21 mai 1919 à Huelgoat, est un médecin, romancier, poète, ethnographe et archéologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Victor Segalen
Statues d'animaux du mausolée de Xiao Xiu à Ganjiaxiang, district de Qixia, près de Nankin photographiées par V. Segalen en 1917

Victor Segalen naît au 17 rue Massillon dans le quartier de Saint-Martin à Brest[1]. Après des études de médecine à l'École principale du service de santé de la marine de Bordeaux[2], Victor Segalen est affecté en Polynésie française. Il n'aime pas la mer pour naviguer mais il profite des escales pour découvrir de nouveaux paysages et d'autres cultures et civilisations.

Il séjourne à Tahiti en 1903 et 1904. Lors d'une escale aux îles Marquises, il a l'occasion d'acheter les derniers croquis de Paul Gauguin, décédé trois mois avant son arrivée, croquis qui seraient, sans lui, partis au rebut. Il rapporte en métropole un roman, Les Immémoriaux (1907), ainsi qu'un journal et des essais sur Gauguin et Rimbaud, qui ne seront publiés qu'en 1978.

En 1908, il part pour la Chine où il soigne les victimes de l'épidémie de peste de Mandchourie. En 1910, il décide de s'installer en Chine avec sa femme et son fils. La première édition de Stèles a lieu à Pékin en 1912. En 1914, il entreprend une mission archéologique consacrée aux monuments funéraires de la dynastie des Han. Cette étude sur la sculpture chinoise ne sera publiée qu'en 1972 (Grande Statuaire chinoise). À ce titre, et en ce qui concerne la littérature, il renouvelle le genre de l'exotisme alors encore trop naïf et ethnocentrique.

Sa mission en Chine achevée, il souhaite se rendre en Birmanie avant la fin de 1914 mais, en tant que militaire, il reçoit le 11 août 1914 une missive l'informant du début de la guerre entre la France et l'Allemagne.

Il meurt accidentellement, selon sa fiche militaire, le 21 mai 1919 dans la forêt de Huelgoat, un exemplaire de Hamlet à la main. Parti le 21 mai en forêt, son corps inanimé est découvert deux jours plus tard par sa femme et Hélène Hilpert. Une blessure au talon et un garrot suggèrent que Segalen s’est entaillé le pied sur une tige taillée en biseau et que, tombé en syncope, il est mort d’une hémorragie.

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

Après coup, en 1934, l'État français a inscrit son nom sur les murs du Panthéon en tant qu'« écrivain mort pour la France pendant la guerre de 1914-1918 »[3].

Sa correspondance, qui regroupe plus de 1500 lettres, a été publiée dans son intégralité aux éditions Fayard en 2004.

Le nom de Victor Segalen a été adopté par une des universités de Bordeaux, celle où il a fait ses études (université Victor-Segalen Bordeaux 2), ainsi que par la faculté de Lettres et Sciences sociales de Brest, sa ville natale, par le lycée français international de Hong Kong (le lycée français international Victor-Segalen) et par le collège public de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine).

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Œuvres[modifier | modifier le code]

  • A dreuz an Arvor, 1899.
  • L'observation médicale chez les écrivains naturalistes, thèse, Bordeaux, 1902 (document électronique).
  • Les Immémoriaux (sous le pseudonyme de Max Anély), 1907.
  • Stèles, 1912 ; nouvelle édition, présentée par Simon Leys, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1989. Lire en ligne
  • Peintures, Chez Georges Crès et Cie, 1916.
  • Dossier pour une Fondation Sinologique, Rougerie, 1986.
  • Essai sur l'exotisme, Fata Morgana, 1978 ; nouvelle édition, Livre de poche, coll. biblio-essais, 1986.
  • Dans un monde sonore, Fata Morgana, 2010 ; nouvelle édition.

Parutions posthumes

  • Orphée-Roi, 1921.
  • René Leys, 1922.
  • Mission archéologique en Chine (en collaboration avec Gilbert de Voisins et Jean Lartigue), 1923-1924.
  • Équipée. De Pékin aux marches tibétaines…, 1929.
  • Voyage au pays du réel, 1929.
  • Lettres de Chine, 1967.
  • La Grande Statuaire chinoise, suivi de Les origines de la grande statuaire en Chine 1972.
  • Briques et Tuiles, Fata Morgana, 1975.
  • Journal des îles, 1978.
  • Le Fils du ciel : chronique des jours souverains, 1985.
  • Un grand fleuve, préface de Jean Esponde, éd. Atelier de l'agneau, 2006.
  • Les Marquises, extrait de Journal des Îles, suivi de Cyclone dans les îles Tuamotu, préface de Jean Esponde, éd. Atelier de l'agneau, 2011[4].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Victor Segalen, Henry Bouillier, Mercure de France, 1961
  • Victor Segalen (choix de textes), présentation par Jean-Louis Bédouin, collection Poètes d'aujourd'hui, Seghers, 1963
  • Victor Segalen (choix de textes), étude de Jean-Louis Bedouin, collection Poètes d'aujourd'hui, Seghers, 1973
  • Regard, espaces, signes, Victor Segalen (actes d'un colloque organisé par Eliane Formentelli), L'Asiathèque, 1979
  • Victor Segalen : le voyageur des deux routes, Gabriel Germain, Rougerie, 1982
  • Victor Segalen, Claude Courtot, collection Les Plumes du temps, H. Veyrier, 1984
  • Victor Segalen, l'origine et la distance, Christian Doumet, Champ Vallon, 1993
  • Victor Segalen, Les cahiers de l'Herne, 1998

Articles[modifier | modifier le code]

  • Victor Segalen, les tribulations d'un poète en Chine, Simon Leys, Le Figaro, 03 février 2005 (France-Mail-Forum n° 37).
  • L'exotisme de Segalen, Simon Leys, Lire n° 139, avril 1987, également paru dans Essais sur la Chine, Simon Leys, Robert Laffont, Bouquins, 1998, p. 756-767.
  • Victor Segalen : L'équipée intérieure, article de Mona Ozouf dans le Nouvel Observateur du 28 juillet 1994 ; reproduit dans le recueil d'articles La cause des livres, Gallimard, 2011, p. 124 à 129.
  • Huang Bei, "Segalen en Chine, l'éternel étranger", ArMen n°194, mai-juin 2013.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Victor Segalen Regards sur la Chine, film documentaire de Maria Zinfert, Chine, 2008, 55', diffusé sur Arte le 29 janvier 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wiki-Brest - Wiki-Balade de Saint-Martin
  2. Victor Segalen fut étudiant et obtint son titre de docteur en médecine à la faculté de médecine de Bordeaux, mais comme nombre de Brestois et Bretons du littoral, il était également élève-médecin à l'École principale du Service de santé de la Marine et des Colonies (147, cours de la Marne, à Bordeaux), ensuite appelée, d'abord par les Bordelais, École de santé navale, puis École principale du service de santé de la Marine (EPSSM), dite, en milieu maritime, la Principale). Jusqu'en 2011, elle a été, à Bordeaux et sur le même site, une des deux Écoles du service de santé des Armées.
  3. Voir la Fiche officielle sur le site memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr.
  4. La page-titre de l'édition originale de "Peintures".