Bataille de Saint-Mathieu

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Bataille de Saint-Mathieu
Dessin contemporain du vaisseau amiral breton Marie-la-Cordelière et du Regent en flamme
Dessin contemporain du vaisseau amiral breton Marie-la-Cordelière et du Regent en flamme
Informations générales
Date 10 août 1512
Lieu au large de la pointe Saint-Mathieu
en mer d'Iroise
Issue Victoire anglaise
Belligérants
Drapeau de l'Angleterre Royaume d'Angleterre Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Commandants
Edward Howard René de Clermont
Forces en présence
25 vaisseaux 22 vaisseaux
Pertes
Le Regent La Marie-la-Cordelière
1200 hommes
Guerre de la Ligue de Cambrai

La bataille de Saint-Mathieu est une bataille navale qui oppose le 10 août 1512 pendant la guerre de la Ligue de Cambrai, une flotte anglaise de 25 vaisseaux commandée par Sir Edward Howard à une flotte franco-bretonne de 22 vaisseaux commandée par René de Clermont, au large de Brest. Il s'agit probablement de la première bataille au cours de laquelle des vaisseaux échangent des coups de canons embarqués à bord, bien que ces derniers jouent un rôle mineur dans l'issue du combat[1].

L'affrontement[modifier | modifier le code]

La destruction simultanée de la Cordelière et du Regent, par Pierre-Julien Gilbert

Bien informés des manœuvres de la flotte franco-bretonne, les Anglais les surprennent au mouillage[2]. Surpris, les vaisseaux français et breton doivent couper leurs amarres à la hâte et déployer leurs voiles[2].

Les deux principaux bâtiments de la flotte - Marie la Cordelière et la Louise - s'avancent face à la flotte ennemie pour couvrir la retriate du reste de la flotte vers le port de Brest[2]. Sous le feu anglais, la Marie-la-Cordelière met les voiles vers le vaisseau amiral anglais, le Regent[2]. Le Sovereign et le Mary James se portent immédiatement à son secours et entourent la Cordelière; quant à la Louise, elle doit faire face au feu plus puissant de la Mary Rose et, gravement endommagée, elle est contrainte à la retraite[2]. La Cordelière désormais seule au milieu de la flotte anglaise, à l'exception de la petite Nef-de-Dieppe qui harcelait les vaisseaux anglais[2]. Les canons de Cordelière démâtent le Sovereign et le Mary-James qui, devenus ingouvernables, se mettent à dériver en mer d'Iroise[2].

Hervé de Portzmoguer, le capitaine breton de la Cordelière ordonne l'assaut du Regent[2]. Des grappins d'abordage sont lancés et les deux vaisseaux se trouvent liés l'un à l'autre[2]. Les hommes de la Marie-la-Cordelière se jettent à l'abordage du Regent et investissent son pont, alors que les Anglais envoient des renforts en hommes à bord du Regent[2]. La Nef-de-Dieppe manœuvre habillement et prend sous son feu ces nouveaux assaillants[2]. Le pont du Regent est bientôt entièrement recouvert de sang, lorsque soudainement, alors que de petits incendies s'étaient déjà déclarés çà et là, la Cordelière explose, enflammant avec elle le Regent et l'entraînant par le fond[2]. Les hommes à bord sont soufflés par l'explosion et presque tous tués. Seuls 20 marins bretons blessés sur les 1 250 que comptait l'équipage de la Cordelière sont sauvés et 60 marins du Regent[2].

La destruction de la Marie la Cordelière, le jour de la Saint-Laurent (10 août), est présenté en France comme un acte héroïque délibéré de la part du commandant Hervé de Portzmoguer. Il aurait prononcé les paroles suivantes : « Nous allons fêter saint Laurent qui périt par le feu! » avant de mettre le feu à sa sainte-barbe pour éviter la capture. Il n'existerait, en réalité, aucune preuve que cette explosion ait été intentionnelle[3],[4],[5].

Dans les deux jours qui suivent, la flotte française s'étant réfugiée à Brest, les Anglais détruisent trente-deux vaisseaux français et récupèrent les ancres[réf. nécessaire] avant de rentrer en Angleterre. En récompense pour ce combat, Sir Edward Howard est fait Lord High Admiral par le roi Henry VIII.

Place dans la culture bretonne[modifier | modifier le code]

Le duché de Bretagne et le royaume de France sont, en 1512, deux entités distinctes, unies uniquement par le mariage de la Duchesse Anne au roi Louis XII de France. La combinaison des flotte françaises et bretonne est alors une première, et il s'agit de la première fois que des unités militaires de ces deux entités combattent côte à côte, vingt-quatre ans après la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier en 1488, la dernière bataille à les avoir opposée. Elle devient en Bretagne un symbole de l'union de la Bretagne à la France. Le poète breton Théodore Botrel écrit un poème héroïque à propos de ce combat. Alan Simon dans sa chanson Marie la Cordelière issue de la comédie musicale Anne de Bretagne (2008), fait également référence à ce combat.

L'historien Étienne Taillemite écrit:

« Ce désastre eut un retentissement considérable en Bretagne, et il ne faut pas s'étonner qu'il ait pris, avec le temps, des dimensions presque mythiques. Certains, parmi lesquels le poète Théodore Botrel, ont voulu voir dans l'explosion un acte d'héroïsme désespéré. En réalité, comme l'explique clairement Max Guérout dans l'excellent ouvrage qu'il a publié cette année, on ne connaît pas les causes exactes du drame, et on ne sait pas grand-chose non plus sur Portzmoguer ni sur La Cordelière, à part qu'elle a été construite à Morlaix. Même son épave, malgré plusieurs campagnes de fouilles, n'a pu être localisée. Notre marine en tout cas a conservé le souvenir de Portzmoguer, quoique, on ne sait pourquoi, son nom ait été francisé en Primauguet. »

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Royaume d'Angleterre

(Liste probable)

  • Regent (Thomas Knyvet) - Brûlé
  • Sovereign (Charles Brandon)
  • Jenett
  • Barbara
  • Mary Barking
  • Mary Rose (Thomas Wyndham)
  • Peter Pomegranate
  • John Hopton
  • Mary John
  • Anne of Greenwich
  • Mary George
  • Dragon
  • Lion
  • George of Falmouth
  • Peter of Fowey
  • Nicholas of Hampton
  • Martinet
  • Christopher Davy
  • Sabyn
  • Nicholas Reede
  • Margaret of Topsham (James Knyvet)
  • Mary James (Anthony Ughtred)
  • Magdalene (J. Brigandyne)
  • Henry of Hampton
  • Catherine Pomegranate (Henry Gyldeford)
Royaume de France & Duché de Bretagne
  • Nef de Rouen
  • Nef d'Orléans
  • Nef de Dieppe
  • Nef de Bordeaux
  • Petite Louise
  • Nef de Morlaix[6], (Hervé de Portzmoguer)
  • Nef de Brest
  • Nef de Rochelle
  • Nef de Bordeaux
  • Saint Sauveur
  • 12 autres

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Georges G. Toudouze, Hervé de Portz-Moguer et “Marie la Cordelière”, d'après les témoins oculaires de 1512, in Fantômes des Combat
  3. Max Guérout, Le dernier combat de la Cordelière, Serpent de Mer, 2002.
  4. Hervé de Portzmoguer sur www.netmarine.net/
  5. Max Guérout, Le mythe de La Cordelière
  6. Marie la Cordelière fait probablement référence à la Nef de Morlaix, bien qu'il puisse également s'agir de la Nef de Brest

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David Childs, « Shock and Oar: Mary Rose and the Fear of the French Galleys », History Today, vol. 57,‎ avril 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]