Pyramide de Khéops

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Grande pyramide
Pyramides d'Égypte et de Nubie
Image illustrative de l'article Pyramide de Khéops
Commanditaire Khéops
IVe dynastie
Autre nom ȝḫt ḫwfw
L'horizon de Khéops
Construction vers 2560 av. J.-C.
Type Pyramide à faces lisses
Hauteur initiale 146,58 mètres (~ 280 coudées) aujourd'hui 137 mètres
Base ~ 230,35 mètres (~ 440 coudées)
Volume 2 592 341 m³
Inclinaison 51°50'34"
Pente 14/11
Coordonnées 29° 58′ 44″ N 31° 08′ 02″ E / 29.978889, 31.133889 ()29° 58′ 44″ Nord 31° 08′ 02″ Est / 29.978889, 31.133889 ()  
Situation sur carte Égypte
Grande pyramide

La pyramide de Khéops ou grande pyramide de Gizeh est un monument construit par les Égyptiens de l'Antiquité, formant une pyramide à base carrée de 230 m de côté et 137 m de hauteur[note 1] (ou encore initialement 440 de côté et 280 de hauteur en coudées royales égyptiennes). Tombeau présumé du pharaon Khéops, elle fut édifiée il y a plus de 4 500 ans, sous la IVe dynastie[1], au centre du complexe funéraire de Khéops se situant à Gizeh en Égypte.

Si elle est la seule des sept merveilles du monde de l'Antiquité à avoir survécu jusqu'à nos jours, elle est également la plus ancienne. Durant des millénaires, elle fut la construction humaine de tous les records : la plus haute, la plus volumineuse et la plus massive. Ce monument phare de l'Égypte antique est depuis plus de 4 500 ans scruté et étudié sans relâche.

La grande pyramide, chef-d'œuvre de l'Ancien Empire égyptien, est la concentration et l'aboutissement de toutes les techniques architecturales mises au point depuis la création de l'architecture monumentale en pierre de taille par Imhotep pour la pyramide de son souverain Djéser, à Saqqarah. Toutefois, les nombreuses particularités architectoniques et les exploits atteints pour sa construction en font une pyramide à part qui ne cesse de questionner l'humanité.

Rôle au sein du complexe funéraire[modifier | modifier le code]

La pyramide de Khéops fait partie d'un complexe plus large, constitué :

  • d'un temple funéraire en deux parties: une basse, appelée « temple de la vallée » (ou « temple bas », associé à un port débarcadère en bordure des terres cultivées, ce lieu pouvant avoir servi d'accueil du roi vers l'au-delà, rien ne permettant de dire s'il servait à la purification et à la momification); une partie haute (ou « temple haut », chapelle funéraire où le clergé dépose tous les jours des offrandes) située à proximité de la pyramide[2]. Ces deux parties sont reliées par une « chaussée montante », couloir monumental dallé servant de galerie de communication[note 2] ;
  • d'un ensemble composé de la pyramide de Khéops, de trois pyramides de reines, d'une pyramide satellite (pyramide G1D), ceint d'une muraille, relié à la galerie de communication par l'intermédiaire de la partie haute du temple ;
  • de multiples mastabas regroupés en trois cimetières ou villes de mastaba, situées à l'orient derrière les pyramides des reines, au sud de la grande pyramide, et à l'occident de la pyramide du roi.

Architecture[modifier | modifier le code]

La grande pyramide de Khéops a bénéficié, pour son érection, des développements et des innovations techniques des pyramides de son père Snéfrou à Dahchour. Elle ne semble avoir subi aucun changement de plans à l'extérieur. Ce point est par contre sujet à discussions en ce qui concerne l'intérieur du monument. Deux écoles s'affrontent ; il y a les partisans d'un projet unique et les partisans de trois projets successifs[3]. Il semble que l'architecte en fut le vizir Hémiounou.

Vue en coupe et distribution interne de la pyramide de Khéops.
Système de couverture, entrée de la pyramide de Khéops.

La pyramide de Khéops en quelques chiffres clefs :

  • Base de la pyramide : 440 coudées royales anciennes, soit environ 230,5 mètres. Valeurs empiriques d'aujourd'hui au sud : 230,454 m ; nord : 230,253 m ; ouest : 230,357 m ; est : 230,394 m ;
  • Hauteur initiale : 280 coudées royales anciennes, soit environ 146,7 mètres, mais sa hauteur réelle n'est aujourd'hui que de 137 mètres seulement[4] ;
  • Périmètre : 922 m ;
  • Surface : 53 056 m2 ;
  • Volume : 2 592 341 m3 ;
  • Masse : 5 000 000 t[4] ;
  • Orientation : par rapport à une orientation théorique des faces de la pyramide sur les quatre points cardinaux, l'écart moyen mesuré n'est que de 3 minutes et 6 secondes de degrés ;
  • Masse par bloc : chaque bloc de pierre calcaire polie pèse en moyenne 2,5 t ;

La distribution interne[modifier | modifier le code]

Percée d'Al-Mamoun.

L'entrée de la pyramide (1), située sur la face nord de la pyramide à une hauteur de 15,63 mètres[5], est surplombée par un système de décharge avec voûtes et linteaux monolithiques. Sa fonction est de protéger le couloir descendant de la masse située au-dessus. Cependant les dimensions de cette voûte semblent disproportionnées quand on considère les charges relativement faibles en cet endroit. Avait-elle une fonction plus symbolique[note 3] ?

Cette entrée aurait été fermée au moyen d'une pierre mobile, ce qui confirmerait les indications de l'auteur antique Strabon. Ce type de dispositif de fermeture était déjà connu à Dahchour[6].

On accède aujourd'hui aux infrastructures intérieures par la percée qu'effectua le corps expéditionnaire du calife Al-Mamoun, en 820, dans l'espoir d'y trouver un trésor. Le revêtement lisse de la pyramide était encore en place à cette époque et masquait le dispositif de fermeture antique[note 4], et les membres de l'expédition cherchèrent longtemps avant de trouver un endroit où la pierre sonnait creux. L'ouverture fut creusée quelques mètres sous la véritable entrée et débouche sur le couloir ascendant, juste derrière les blocs bouchant le passage (3). Les salles arbitrairement dénommées « chambre du roi » et « chambre de la reine » furent trouvées vides de tout trésor, et le coffre en granit ne renfermait ni sarcophage ni momie, selon le récit de l'expédition de 820.

Le plan de la pyramide de Khéops est composé de trois niveaux principaux.

La descenderie et la chambre souterraine[modifier | modifier le code]

Le couloir descendant, incliné de 26°26'46" et long de 105 mètres[5], aboutit à un couloir horizontal long de 8,90 mètres[5] menant à la chambre souterraine (4). Cette dernière, ainsi qu'une grande partie de la descenderie, a été creusée dans la roche naturelle et demeure inachevée. Dans le mur sud fut ébauché un corridor de seize mètres[5] de long ne débouchant sur rien. Un décaissement fut pratiqué dans le sol de la chambre. Les ingénieurs John Shae Perring et Howard Vyse y pratiquèrent en 1837[7], un puits profond de 11,60 mètres ; lequel, espérèrent-ils, les conduirait jusqu'à la chambre sépulcrale. Leurs pensées étaient alors inspirées par le voyageur grec Hérodote selon qui le corps de Khéops reposait sur une île, entourée d'un canal et située en dessous de l'actuelle chambre souterraine. Leurs recherches ne menèrent à rien.

L'aspect inachevé de la chambre souterraine semble prouver qu'elle constitue un premier projet abandonné, l'architecte ayant opté ensuite pour un aménagement dans la maçonnerie de la pyramide[8].

Quelques vues de la chambre souterraine en 1910
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Le couloir ascendant, le boyau et la chambre de la reine[modifier | modifier le code]

La percée d'Al-Mamoun mène le visiteur directement dans le couloir ascendant. Ce dernier fut aménagé par l'architecte de la grande pyramide dans l'appareillage de pierre existant, en perçant le plafond de la descenderie à 25 mètres de l'entrée[9]. Ce couloir est constitué de pierres placées en lits horizontaux sur plusieurs mètres. Il se prolonge ensuite avec une maçonnerie appareillée jusqu'à son extrémité. Trois blocs ceintures sont placés à intervalles réguliers dont leur destination était très probablement d'accueillir des herses de fermeture[10]. Or, cette option a dû être rejetée pendant la construction, l'architecte ayant opté pour la mise en place de trois blocs bouchons de granite (3), blocs demeurant toujours aujourd'hui en bas du couloir ascendant.

L'embranchement a la particularité d'offrir un accès à chaque niveau de la pyramide : tout d'abord à la descenderie, par un boyau reliant le bas de la grande galerie (9) à la grotte (12) et creusé à même la maçonnerie par les constructeurs, ensuite à la chambre de la reine (7), par un couloir horizontal (8), et enfin à la chambre du roi (10), en empruntant la grande galerie (9).

Un boyau, reliant le bas de la descenderie au niveau du rocher naturel à un endroit appelé la « grotte » (12), fut creusé par les constructeurs. Il permettait l'évacuation des débris produits par les travaux dans la chambre souterraine. Ce puits fut rendu inopérant dès la pose des premières assises de pierres mais remis en fonction et accessible depuis l'embranchement lorsque la construction était presque terminée[11].

Le couloir menant à la chambre de la reine (8) est appareillé dans une maçonnerie de belles pierres calcaires. Des particularités figurent sur ses murs tels que des faux joints et des joints anormalement croisés. Il y eut de nombreuses tentatives d'investigation (forages, mesures microgravimétriques) afin de déceler des couloirs secrets mais celles-ci furent sans succès[12].

On accède à la "chambre de la reine" (7) (qui, en réalité, n'a jamais été destinée à une reine mais fut nommée ainsi par les explorateurs arabes). Cette chambre de base carrée[13], placée dans l'axe est-ouest de la pyramide, possède une couverture en voûte avec pierres disposées en chevrons. Une niche, protégée par une voûte en encorbellement, fut aménagée dans le mur est de la chambre. Une percée dans cette niche soulève aujourd'hui de nombreux débats. L'égyptologue Gilles Dormion a remarqué que cette sape s'avère être un boyau maçonné de cinq mètres (donc prévu par les constructeurs) prolongé par une sape de voleur de dix mètres[14]. La fonction de cette niche est toujours inconnue.

Comme la "chambre du roi" cette pièce était munie de deux conduits dits de « ventilation » aménagés dans ses murs nord et sud. Ils étaient masqués par des dalles de fermeture qui ont été découvertes au XIXe siècle lors des explorations approfondies du monument[15].

Ces conduits ont fait l'objet de plusieurs campagnes d'exploration dont la première en 1993 a été baptisée le projet Upuaut[note 5].

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La grande galerie, l'antichambre et la "chambre du roi"[modifier | modifier le code]

La grande galerie (9) est l'élément architectural le plus impressionnant et le plus élaboré de l'Ancien Empire. D'une longueur de 47,80 mètres et d'une hauteur de 8,60 mètres par rapport à la verticale, la galerie est inclinée de 26°10'16"[16]. Elle est surmontée d'une magnifique voûte en encorbellement sur quatre faces (technique héritée de la pyramide rouge et de la pyramide rhomboïdale à Dahchour) la protégeant des charges. Une marche à l'extrémité supérieure de cette galerie donne sur une antichambre (11) menant à la chambre du roi (10). Cette antichambre comportait un système de fermeture avec herses obstruant le passage mais aujourd'hui disparues[note 6].

La "chambre du roi" est un magnifique ouvrage de granit[note 7] de 10,47 mètres sur 5,23 mètres (soit vingt coudées sur dix coudées) et d'une hauteur de 5,84 mètres[17]. La chambre est surmontée par une imposante couverture de blocs de granit répartis sur cinq niveaux[17], le dernier niveau étant surmonté d'une voûte de décharge avec pierres disposées en chevrons[17]. c'est dans cet espace que fut trouvée la seule inscription permettant d'attribuer, avec certitude, cette pyramide à Khéops. Le toit de cette couverture s'élève à plus de vingt mètres du sol de la chambre. Un coffre en granit, vide et sans couvercle, est disposé à l'ouest de la salle[17]. Comme dans la "chambre de la reine", deux conduits de ventilation (10) s'élèvent depuis la "chambre du roi" vers les faces de la pyramide[17],[note 8].

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Recherche de chambres inconnues[modifier | modifier le code]

Bien que nombre d'auteurs arabes aient relaté la découverte du corps du pharaon accompagné de son trésor funéraire, les contradictions que l'on peut relever dans ces différents récits sèment le doute sur la véracité de ces témoignages souvent réalisés des siècles plus tard. Cette incertitude, ainsi que la réputation d'inviolabilité de la grande pyramide, incitent de nombreux archéologues et historiens à rechercher la chambre funéraire qu'ils supposent toujours cachée dans la masse du monument. Cette recherche s'est accentuée ces vingt dernières années, aidée en cela par les nouvelles technologies de mesure et de détection.

La superstructure[modifier | modifier le code]

Les mesures de la pyramide[modifier | modifier le code]

Les blocs de parement de la pyramide de Khéops.

C'est l'égyptologue William Matthew Flinders Petrie qui, au XIXe siècle, est le premier à avoir attiré l'attention sur l'extraordinaire précision obtenue par les anciens Égyptiens[18].

Les quatre faces mesurent à leur base :

  • 230,45 m au sud ;
  • 230,25 m au nord ;
  • 230,35 m à l'ouest ;
  • et 230,39 m à l'est.

L'erreur obtenue pour un carré parfait est de seulement 20 cm (seulement 4,4 cm selon Mark Lehner[19]).

La hauteur initiale de la pyramide était de 147 mètres.

En coudées égyptiennes, si l'on prend le rapport communément accepté pour la grande pyramide, coudée = 0,5236 mètre, on obtient alors :

  • Côté : 440 coudées
  • Hauteur : 280 coudées

Les quatre angles de la base sont :

  • nord-est 90° 3' 2" ;
  • nord-ouest 89° 59' 58" ;
  • sud-est 89° 56' 27" ;
  • sud-ouest 90° 0' 33".

L'erreur moyenne sur les angles droits de la base est de 0° 3´ 6".

L'erreur moyenne sur l'orientation suivant les quatre points cardinaux est aussi de 0° 3´ 6". La base de la pyramide a été nivelée avec une erreur de quelques centimètres.

La base de la pyramide est horizontale à 21 mm près.

Les assises et le revêtement[modifier | modifier le code]

Il est plus aisé de décrire l'aspect externe de la pyramide que le massif interne dont la conception n'est pas certaine. Le boyau, reliant la grande galerie à la descenderie, nous permet tout de même d'entrevoir la maçonnerie du massif de la pyramide qui se limite à un libage de blocs de calcaire grossièrement équarris.

Les pierres de la grande pyramide ont des dimensions variant en fonction de la hauteur à laquelle elles se trouvent. Il semblerait évident de constater que plus on se rapproche du sommet de la pyramide et plus la hauteur des assises diminue. Or, cette règle n'est pas applicable ici. Les assises diminuent de hauteur jusqu'à un certain niveau au-dessus du sol puis, à partir de celui-ci augmentent en taille jusqu'à diminuer encore et ainsi de suite. Il existe ainsi dix-huit groupes d'un nombre variable d'assises. L'égyptologue Georges Goyon explique cette particularité par la provenance et la nature des matériaux employés, une carrière de calcaire dont le sous-sol est composé de strates d'épaisseurs variables. La pyramide est aujourd'hui composée de 201 assises d'une hauteur moyenne de 0,69 mètre, les dernières ayant disparu et le sommet se réduisant à une plate-forme de quelque cent mètres carrés.

La pyramide ne représente pourtant pas un volume entièrement artificiel. Les égyptiens bénéficièrent en effet d'une éminence rocheuse sur laquelle ils édifièrent le corps de la maçonnerie. La limite supérieure de cette éminence est bien visible au niveau de la grotte. Cette particularité pose encore plus le problème de l'extrême précision avec laquelle ils accomplirent le nivellement de la base sur ses quatre côtés.

Le parement, originellement composé de pierres en calcaire fin de Tourah, a presque complètement disparu. Il n'en subsiste plus que quelques blocs au niveau de la base[20], reposant sur les pierres du socle.

À propos de la maçonnerie, Flinders Petrie note que :

« Plusieurs mesures ont été faites de l'épaisseur des joints entre les pierres de parement. L'épaisseur moyenne pour celles du nord-est est de 0,002 pouce[note 9] et donc l'erreur moyenne par rapport à la ligne droite et au carré parfait n'est que de 0,01 pouce pour une longueur de 75 pouces sur la hauteur de la face. Bien que les pierres eussent été amenées à 1/50e de pouce l'un de l'autre, autrement dit au contact, l'ouverture moyenne du joint n'était que de 1/100e de pouce[21]. »

L'encoche et la cavité de l'angle nord-est[modifier | modifier le code]

Une grande encoche est nettement visible dans l'angle nord-est de la grande pyramide. En 2008 et sous l'impulsion de Jean-Pierre Houdin, l'égyptologue Bob Brier est monté jusqu'à cette plateforme afin de trouver des indices pour valider la théorie de l'architecte français. Au lieu d'indices probants, Brier découvrit vers l'est une cavité aménagée dans la maçonnerie. Celle-ci est complètement passée inaperçue aux yeux de Georges Goyon et de William Matthew Flinders Petrie, qui scrutèrent méthodiquement en leur temps cette partie de l'édifice.

Pourtant, il existe deux mentions de cette cavité :

La première dans Journal of a Route across India and through Egypt to England in 1817-18, narration de voyage écrite par le lieutenant-colonel George Augustus Federick Fitzclarence et publiée en 1819. Ce dernier explora le site en compagnie de Giovanni Battista Belzoni et Henry Salt, et gravit seul les marches de l'immense escalier formé par les assises de la grande pyramide. Voici la description qu'il en fit :

« Aux deux-tiers environ de mon escalade de l'angle nord-est de la pyramide, je trouvai une petite cavité d'environ douze pieds de profondeur et de douze pieds de hauteur, qui semble avoir été formée en ôtant les quelques larges blocs de pierre. »

La deuxième dans Lettres écrites des bords du Nil, narration de voyage de Paul Chaix, publiée en 1847 dans la Bibliothèque Universelle de Genève :

« [...] Je fus ainsi conduit par l'extrémité orientale de la face nord de la pyramide, jusqu'à une large brèche faite dans l'arête du nord-est, où on me dit qu'étant à la moitié de l'ascension, je devais me reposer et « donner, selon l'usage, une piastre d'Espagne à chaque homme. »[22] »

Le pyramidion[modifier | modifier le code]

Il ne subsiste aucune trace du pyramidion qui couronnait jadis le sommet de la grande pyramide. Le pyramidion qui est exposé actuellement près du coin sud-est n'est autre que celui de la petite pyramide satellite. Celui-ci est en calcaire et anépigraphe, à l'instar du pyramidion de la pyramide rouge édifiée par le père de Khéops, Snéfrou. Aucun indice ne permet cependant d'indiquer une quelconque similitude avec le pyramidion disparu.

Le phénomène d'apothème[modifier | modifier le code]

Le creusement des faces de la pyramide de Khéops.

La Grande Pyramide possède en réalité huit faces et non quatre, car chacune est légèrement mais très précisément incurvée, cette forme géométrique étant très délicate à réaliser sur de telles dimensions. Ce phénomène, dit d'apothème, a été découvert en 1934 par André Pochan, mais il n'est ici visible à l’œil nu qu'aux équinoxes[23]. On rencontre ce phénomène également sur d'autres pyramides égyptiennes[note 10]. L'érosion, un effondrement interne ou un endommagement dû à la chute des pierres de parement, furent souvent invoqués, et souvent contestés.

Il est également possible que la méthode de construction en soit l'origine. En effet, Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi ont noté qu'à la pyramide de Mykérinos, cette concavité disparaissait au niveau du parement de granite. I.E.S. Edwards attribue cette particularité au fait que les lits de pierre sont légèrement creusés vers le centre de chaque assise, d'où la dépression[24]. À l'heure actuelle, aucune explication satisfaisante n'existe sur cette particularité architecturale déjà remarquée au XVIIIe siècle, mais la plus plausible est qu'ils sont là pour indiquer les équinoxes. En effet, s'il y avait eu un effondrement, l'intérieur en aurait été touché, ce qui n'est pas le cas. Les ingénieurs s'accordent d'ailleurs à dire qu'il est impossible que les quatre faces se soient effondrées simultanément vers le centre.

Mise en évidence du phénomène de concavité à la fin du XVIIIe, Description de l'Égypte.

Considérations mathématiques et astronomiques[modifier | modifier le code]

Proportions de la grande pyramide.

Quand on étudie la géométrie de la grande pyramide, il est délicat de faire la distinction entre les intentions des constructeurs et les propriétés qui découlent des proportions de l'édifice. On mentionne souvent le nombre d'or et le nombre pi inscrits dans les proportions de la pyramide : les Égyptiens ont en effet choisi une pente, pour les faces, de 14/11 (la hauteur étant de 280 coudées et la base de 2×220 coudées, la pente est égale à 280/220 = 14/11). Cette valeur fut pour la première fois appliquée à la pyramide de Meïdoum mais ne constitue pas une règle chez les constructeurs de l'Ancien Empire puisque certaines pyramides ont une pente de 6/5 (pyramide rouge), 4/3 (pyramide de Khephren) ou encore 7/5 (pyramide rhomboïdale).

  • Concernant le nombre d'or, la proportion de 14/11 entraîne un rapport apothème/demi-base égal à \frac{\sqrt{14^2+11^2}}{11} \simeq 1,61859, proche de \varphi = \frac{1 + \sqrt{5}}{2} \simeq 1,61803[25].
  • La valeur du nombre \pi \simeq 3,14159 serait donnée par le rapport (demi-périmètre de la base)/hauteur. On obtient ainsi la valeur approchée \frac{{4 \times 11}} {14} = \frac{22}{7} \simeq 3,14285 \simeq \pi[25].
Géométrie des conduits de ventilation.

Ces deux résultats découlent donc de l'utilisation d'une pente de 14/11. S'il faut y voir une volonté délibérée de les inscrire dans la construction, le mérite en reviendrait à l'architecte qui utilisa pour la première fois cette pente à la pyramide de Meïdoum, achevée sous le règne de Snéfrou, Meïdoum servant de modèle à Khéops reproduite par homothétie[26].

Il y eut de nombreuses théories visant à faire de la pyramide un observatoire astronomique. Ainsi le couloir descendant aurait pointé vers l'étoile polaire de l'époque, Alpha Draconis[note 11]. Les couloirs de ventilation côté sud auraient pointé pour l'un, vers l'étoile Sirius, et pour l'autre, vers l'étoile Alnitak. Cependant, ici encore et comme pour la plupart des pyramides d'Égypte, les couloirs d'accès avaient des pentes simples et faciles à mettre en œuvre. Ils étaient inclinés d'un angle compris entre 26° et 26°30' soit une pente de 1/2.

Une propriété géométrique semble pourtant avoir été voulue par l'architecte de la grande pyramide. Les conduits de ventilation de la chambre de la reine atteindraient tous les deux le même niveau de la pyramide. Ce fait est vérifié pour les conduits de la chambre du roi[27].

La maquette supposée[modifier | modifier le code]

Entrée de la maquette supposée.
Plan de la maquette.

Des souterrains sont assimilés à une ébauche (à échelle réduite) de la descenderie et du couloir ascendant de la grande pyramide. Ils se trouvent à l'angle nord-est de la grande pyramide[21],[28].

Nous reconnaissons dans ces vestiges, la descenderie, passage long de 21 mètres suivant une pente de 26°32' et dont la section est de 1,05 mètre sur 1,20. À 11 mètres de l'entrée, un passage associé au couloir ascendant prend naissance dans le plafond de la descenderie et rejoint le bas de la grande galerie qui est ébauchée jusqu'au niveau du sol. La section du couloir ascendant est plus large que celle de la descenderie afin d'accueillir des blocs bouchons. Un puits vertical de section carrée de 0,727 m, sans équivalent dans la grande pyramide, a été aménagé afin de relier l'extérieur au premier embranchement.

L'une des principales différences entre l'agencement interne de la grande pyramide et de cette infrastructure est, outre celle des proportions, la disposition souterraine dans la maquette d'éléments figurant dans le corps de la maçonnerie de la grande pyramide. De plus, la descenderie n'a pas été creusée sur sa totalité et la chambre souterraine est absente.

Bien qu'elle ne soit accompagnée d'aucune superstructure, l'égyptologue Mark Lehner[29] y voit une sépulture inachevée. Malgré les similitudes de plan entre la pyramide et cette structure, le débat n'est toujours pas tranché[note 12].

Construction[modifier | modifier le code]

La construction de la « grande pyramide » aurait débuté entre 2600 av. J.-C. et 2550 av. J.-C. suivant les sources[30], au début de la (IVe dynastie), et aurait duré environ une vingtaine d'années selon l'historien antique Manéthon. L'année de début et la durée de construction de la pyramide sont des estimations généralement validées par les égyptologues, parce qu'elles correspondent aux 23 à 25 années, suivant les sources, du règne du Pharaon Khéops[31]. Ces estimations ne sont malheureusement attestées par aucun écrit contemporain, mais déduites logiquement par la destination admise de la pyramide comme étant le tombeau de ce pharaon, hypothèse elle-même non attestée par des écrits.

De très nombreuses hypothèses ont été proposées pour expliquer la construction de la grande pyramide. Mais aucune ne s'avère définitivement convaincante.

Plusieurs campagnes de fouilles, dirigées par l'égyptologue américain Marc Lehner entre 1988 et 2003, ont permis de retrouver la configuration probable du site de la pyramide au moment de sa construction. On a ainsi pu retrouver le village des ouvriers du chantier, les carrières qui ont fourni le gros du calcaire de la pyramide et le port.

Théories alternatives[modifier | modifier le code]

L'origine, les moyens utilisés et la destination de la pyramide sont autant de sujets soumis à controverse. Pour certains auteurs, la construction de la grande pyramide de Khéops est incompatible avec les connaissances et les moyens rudimentaires du peuple qui l'érigea. De même, la fonction de tombeau royal, presque unanimement attribuée à la Grande Pyramide, est contestable. Sir Petrie, bien que fervent partisan de la thèse du tombeau royal, a exprimé 13 interrogations à ce sujet[32]: le fait que les passages vers les chambres soient directs et mèneraient d'éventuels pillards droit au but plutôt que de les perdre; que le coffre et son couvercle n'aient pas pu être apportés dans la chambre du roi après mais uniquement pendant la réalisation de la pyramide, que le coffre soit sans aucun ornement ni inscription, plus profond que dans les autres tombeaux et qu'aucune trace de couvercle n'ait jamais été trouvée, que les conduits d'aération des chambres soient uniques en leur genre, etc…

La durée de construction elle-même – estimée à 20 ans – est un sujet de débat. Il leur semble en effet impossible que les Égyptiens aient pu construire cet immense édifice en une vingtaine d'année avec les méthodes et moyens techniques de l'époque.

Plusieurs thèses pseudo-scientifiques ont ainsi vu le jour, pour expliquer l'origine et la destination de ce monument :

  • la thèse biblique selon laquelle la grande pyramide fut érigée par un peuple élu de Dieu
  • la thèse d'une civilisation disparue, antérieure à l’Égypte antique et plus évoluée technologiquement (désignée civilisation X par Edward F. Malkowski[33]), selon laquelle la Grande Pyramide n'aurait été utilisée comme tombeau royal que bien après sa construction, par les Égyptiens qui en ignoraient l'usage initial.
  • la thèse selon laquelle les anciens Égyptiens auraient eu des connaissances technologiques bien plus avancées que celles qui leur sont habituellement reconnues: selon l'auteur Christopher Dunn (en)[34], la Grande Pyramide était une centrale énergétique utilisant la résonance non linéaire ou résonances de Schumann, qui grâce à ses dimensions proportionnelles à celle de la Terre, permettait par résonance la production d'énergie vibratoire, et l'utilisation de machines de découpes et d'usinage des blocs de granite par ultra-son[35]
  • Certains chercheurs comme John Cadman[36] ou Edward Kunkel dans son livre Pharaoh's Pump[37], défendent l'hypothèse de l'utilisation de la Grande Pyramide comme d'une pompe hydraulique géante du type bélier. Cette hypothèse a été relancée lorsqu'en février 2000, la découverte et l'exploration par des égyptologues d'un réseau de galeries, chambres et puits inondés a été révélée par Zahi Hawass[38],[39].
  • la thèse selon laquelle la période du pharaon Khéops correspondait uniquement à la restauration de la pyramide, et non à sa construction, laquelle aurait eu lieu à une période bien antérieure restant à définir, pour un autre usage que la simple sépulture[40].
  • la thèse d'une civilisation supérieure d'origine atlante, voire extraterrestre, dont les moyens et objectifs ne sont pas identifiables.

Exploration de l’Antiquité au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les premiers historiens et voyageurs à nous relater leurs explorations sont des auteurs grecs et latins : Hérodote, Diodore de Sicile, Strabon, Pline l'Ancien[41]. Leurs descriptions sont plus centrées sur l'aspect historique et légendaire qui entoure le monument que sur la structure même de l'édifice. Hérodote, le premier voyageur dont les écrits nous soient parvenus, fait état d'inscriptions idéographiques sur les faces de la pyramide, détaillant ce qu'elle avait coûté en raifort, oignons et ail pour les ouvriers[41] (cette surprenante indication est reprise par Diodore). Seul Strabon, dans sa Géographie, cite une porte levante à l'entrée de la pyramide, permettant d'accéder à la descenderie ; mais il ne dit rien de la distribution interne.

Plus tard, de nombreux auteurs arabes relatent les recherches du calife Al-Mamoun effectuées dans la grande pyramide en l'an 820. Mais les témoignages divergent. Selon certains, le calife n'aurait rien trouvé de plus qu'un sarcophage renfermant un corps corrompu[42]. Tandis que l'historien du Xe siècle, Maçoudi, raconte :

« On pratiqua pour lui la brèche qui est encore béante aujourd'hui, on employa pour cela le feu, le vinaigre, les leviers... L'épaisseur du mur était d'environ vingt coudées ; étant parvenus à la fin de ce mur, ils trouvèrent au fond du trou un bassin vert rempli d'or monnayé ; il s'y trouvait mille dinars chaque dinar pesant une once... Ce bassin était, dit-on, d'émeraude[43],[42] »

Le seul problème résidant dans cette description est que nous savons de source sûre que les Égyptiens ne connaissaient pas la monnaie.

L'écrivain du XIIe siècle, Kaisi, écrit qu'Al-Mamoun y trouva

« une chambre carrée à la base et voûtée au sommet, très grande et au milieu de laquelle était creusé un puits de dix coudées de profondeur... On raconte qu'un homme y étant pénétré arriva à une petite chambre où se trouvait une statue d'homme en pierre verte comme la malachite. Cette statue fut apportée à Al-Mamoun. Elle avait un couvercle que l'on retira et l'on trouva le corps d'un homme revêtu d'une cuirasse d'or, incrustée de toutes sortes de pierreries ; sur la poitrine était posée une épée d'un prix inestimable, et près de la tête se trouvait un rubis rouge... La statue d'où ce mort avait été tiré fut jetée près de la porte du palais du gouvernement au Caire, où je la vis en l'an 511 (1117-1118 de l'ère chrétienne)[42] »

De nombreuses allusions aux caractères gravés sur les faces de la pyramide seront faites jusqu'à leur détérioration. Selon Maçoudi, ces caractères étaient de plusieurs sortes ; grecs, phéniciens et d'autres inconnus. Il s'agissait sans doute de témoignages gravés par les voyageurs et accumulés durant plusieurs siècles[44].

Ibn Khaldoun rapporte dans ses Prolégomènes[45] que le calife Al-Mamoun voulut détruire les pyramides et rassembla des ouvriers pour cela, mais il n’y réussit pas. Ses conseillers lui recommandèrent alors de les laisser en place en témoignage de la grandeur des Arabes, puisqu'ils avaient pu vaincre une civilisation capable de créer de tels monuments. Une partie des débris de surface des pyramides auraient servi dans la construction de quelques maisons du Caire, selon les dires recueillis par ce même historien.

Les pyramides de Gizeh (gravure de 1544).
Coupe de la pyramide de Khéops (John Greaves, 1646).

Au Moyen Âge et au début de la Renaissance, les pyramides sont assimilées aux greniers de Joseph, et rares sont les explorateurs à donner une description quelque peu fidèle des lieux. Il faut attendre le milieu du XVIIe siècle et l'ouvrage Pyramidographia de John Greaves pour découvrir enfin un plan détaillé des agencements internes de la grande pyramide. On discerne la descenderie obstruée à mi-parcours par un amas de débris, la chambre de la reine encombrée de gravats, la grande galerie et la chambre du roi. En 1754, l'ouvrage de l'historien Rollin édité par l'anglais Knapton est illustré d'une vue de la grande galerie.

La grande galerie vers 1799 (Description de l'Égypte).

C'est entre les années 1798 et 1801 que la mission scientifique commandée par Vivant Denon durant la campagne d'Égypte va pouvoir établir les premières observations rigoureusement archéologiques de la grande pyramide. Outre de magnifiques planches représentant le site de Gizeh, la monumentale Description de l'Égypte, publiée sur l'ordre de Bonaparte nous livre les premières vues réalistes de l'intérieur de la grande pyramide, ainsi que des plans d'une très grande précision. La publication de la description va provoquer un véritable engouement. Les voyageurs et explorateurs vont se succéder durant le XIXe siècle. Les ingénieurs Howard Vyse et John Shae Perring vont fouiller, creuser et laisser de nombreuses traces de leurs passages dans la plupart des pyramides memphites et plus particulièrement dans la grande. Leurs résultats fournissent aujourd'hui encore des renseignements précieux pour qui veut étudier la grande pyramide.

À partir de cette date, la grande pyramide sera étudiée et mesurée dans ses moindres détails par de très nombreux savants, spécialisés ou non dans cette discipline. Deux ouvrages sont alors largement diffusés : le très controversé Our Inheritance in the Great Pyramid, de l'astronome écossais Charles Piazzi Smyth et The Pyramids and Temples of Gizeh, de Flinders Petrie.

Haut lieu touristique populaire[modifier | modifier le code]

Haut lieu touristique, les pyramides sont menacées par la rapide urbanisation du plateau de Gizeh. De ce fait une nouvelle politique de protection du plateau est en cours d'élaboration, avec notamment l'édification d'une clôture sur tout son pourtour délimitant ainsi la zone archéologique protégée et l'aménagement de deux entrées distinctes. L'accès des touristes non égyptiens se fera par le nord du site, précisément à proximité de la pyramide de Khéops.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • Dans la série télévisée Stargate SG-1, le docteur Daniel Jackson théorise le fait que l'utilité des pyramides telles que la grande pyramide de Khéops est de servir de base d'atterrissage pour des vaisseaux spatiaux alien de grande taille (dont la concavité répond à la convexité des pyramides).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Initialement de 146 m, c'est-à-dire plus haute que la Basilique Saint-Pierre à Rome (139 m)
  2. Des vestiges du temple bas ont été mis au jour lors de l'aménagement d'une autoroute qui traverse la ville de Gizeh en direction du Caire. Ils ont été laissés sur place et sont visibles sur le terre-plein séparant les deux voies express, transformé pour l'occasion en petit parc.
  3. La voûte de monolithes disposés en chevrons semble avoir un rôle supplémentaire à celui de répartir les charges. En effet, la chambre souterraine de la pyramide de Khéphren, n'ayant que très peu de charges à supporter de par sa position, est dotée d'un plafond taillé de manière à imiter ce type de voûte. Nous remarquons une autre voûte de ce type, inutile d'un point de vue technique, dans la chambre funéraire de la pyramide de Mykérinos, également souterraine
  4. Le revêtement de la pyramide en calcaire fin de Tourah a commencé à être prélevé au XIIIe siècle à la suite du séisme qui détruisit une partie de la ville du Caire. Il permit notamment de construire de nouvelles mosquées tandis que les premières couches de bloc de la pyramide ont été prélevées pour les constructions ordinaires. Ce faisant les carriers mirent à jour la véritable entrée de la pyramide de Khéops. Au final, l'ensemble des pyramides fut mis à contribution devenant une carrière pratique pour les besoins croissants de la nouvelle capitale de l'Égypte. Les murailles de la citadelle du Caire notamment sont en partie bâties avec les matériaux des monuments pharaoniques
  5. Le projet Upuaut a révélé l'existence d'une dalle obstruant le conduit sud. Les dernières campagnes d'exploration assurées par le Conseil suprême des Antiquités égyptiennes ont révélé une dalle analogue obstruant le conduit nord et à la suite du forage de la dalle sud une nouvelle cavité à nouveau obstruée
  6. Il semble qu'un bloc de granite, déposé aujourd'hui près de l'entrée de la pyramide, soit un fragment d'une herse de cette antichambre
  7. C'est inhabituel car, jusqu'alors, les appartements funéraires étaient maçonnés en pierres calcaires.
  8. Le parement de la pyramide ayant disparu, il est possible que ces conduits étaient obstrués en cette extrémité
  9. Un pouce anglais équivaut à 25,4 millimètres
  10. Miroslav Verner a également remarqué une légère concavité à la pyramide rouge de Dahchour. Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi, quant à eux, ont observé ce même phénomène à la pyramide de Mykérinos (voir également « L'énigme de la grande pyramide » de André Pochan parue en 1982)
  11. L'axe de rotation terrestre n'est pas fixe au cours du temps, mais décrit un cône dont l'axe est perpendiculaire au plan de l'écliptique. La direction de l'axe des pôles varie donc au cours du temps : c'est le phénomène de précession des équinoxes. Il y a environ 5000 ans, l'axe des pôles ne pointait pas vers l'étoile polaire, mais vers Alpha Draconis
  12. Il n'existe qu'une seule maquette de pyramide clairement authentifiée. Elle représente les infrastructures de la pyramide de Hawara. Des modèles de pyramide en calcaire ont également été retrouvés mais rien ne prouve qu'ils servirent à la conception des monuments. Peut-être ont-ils exécutés après leur achèvement

Références[modifier | modifier le code]

  1. Florence Maruéjol, Égypte antique : Mystères des pharaons et vie quotidienne, Paris, Éditions Chronique,‎ avril 2011, 161 p. (ISBN 978-2-918978-09-1), p. 35
  2. Jean Kérisel, La Pyramide à travers les âges : art et religions, Presses de l'École nationale des ponts et chaussées,‎ 1991, p. 64
  3. Dormion 2004, p. 68-72
  4. a et b Dormion 2004, p. 276-277.
  5. a, b, c et d Dormion 2004, p. 278-279
  6. William Matthew Flinders Petrie, Ten Year Digging in Egypt - 1881 1891, « 1 : The Pyramids of Gizeh », p. 24-25 éditeur = Whitefriars Press, Ltd
  7. Richard William Howard Vyse, John Shea Perring Operations carried on at the pyramids of Gizeh in 1837, with an account of a voyage into Upper Egypt and an appendix, Vol I James Fraser, Regent Street., London 1842
  8. Edwards 1992, p. 129
  9. On doit cette analyse à l'égyptologue allemand Ludwig Borchardt. Elle est confirmée actuellement par l'architecte Gilles Dormion, cf. Dormion 2004, p. 91
  10. Dormion 2004, p. 99
  11. Dormion 2004, p. 81
  12. En 1986, l'architecte Gilles Dormion fora le mur ouest du corridor en trois endroits. Ces forages donnèrent sur des cavités remplies de sable sans qu'il soit possible de pousser plus avant les investigations, cet indice n'apparaissant pas aux autorités pas comme convaincant (Dormion 2004, p. 119)
  13. Le carré n'est pas parfait, ses dimensions sont de 5,235 mètres sur 5,77 mètres (Dormion 2004, p. 233)
  14. Mesures prises par les architectes Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi dans les années 1960 (Dormion 2004, p. 237)
  15. C'est l'ingénieur britannique Waynman Dixon qui découvrit accidentellement ces conduits après avoir remarqué une fissure dans le mur sud de la chambre de la reine (Edwards 1992, p. 132)
  16. Dormion 2004, p. 292-293
  17. a, b, c, d et e Dormion 2004, p. 298-299.
  18. Flinders Petrie 1883, extrait de Edwards 1992, p. 316
  19. Lehner 1985, p. 109
  20. Goyon 1978
  21. a et b Flinders Petrie 1883
  22. Paul Chaix, Lettres écrites des bords du Nil, Cinquième article, dans Bibliothèque Universelle de Genève, quatrième série, 2e année, tome 6, 1847, p. 493
  23. Pochan 1982, p. 225
  24. Edwards 1992, p. 315
  25. a et b Lauer 1988, p. 232
  26. (de) Peter Jánosi, Die Pyramiden – Mythos und Archäologie, Verlag C. H. Beck,‎ 2004 (ISBN 3-406-50831-6), p. 64
  27. Dormion 2004, p. 205
  28. Dormion 2004, p. 279, plan n°3
  29. (en) Mark Lehner, The Pyramid Tomb of Hetep-Heres and the Satellite Pyramid of Khufu, Deutsches Archäologisches Institut Abteilung Kairo,‎ 1985
  30. Voir les chronologies comparées des dynasties égyptiennes
  31. Selon Allen, Málek. Les égyptologues se réfèrent essentiellement au papyrus de Turin qui lui attribue un règne de 23 ans.
    Autres avis de spécialistes : -2620 à -2580 (Krauss), -2609 à -2584 (Redford), -2579 à -2556 (von Beckerath), -2589 à -2566 (Shaw), -2555 à -2520 (Arnold), -2551 à -2528 (Allen), -2549 à -2526 (Malek), -2547 à -2524 (Dodson)
  32. Flinders Petrie 1883 repris par E. Malkowski, au chapitre 6 (a pyramid of assumption) dans Malkowski 2010
  33. Malkowski 2010
  34. (en) Christopher Dunn, The Giza power plant : Technologies of ancient Egypt, Rochester, Vermont, Bear & Company,‎ 1998
  35. (en) Gizapower:le site officiel de Christopher Dunn
  36. (en) Article et photos sur la thèse de John Cadman, consultés le 29/11/13
  37. (en) Edward J. Kunkel, Pharaoh's Pump, Peg's Print Shop,‎ 1967
  38. (en)« Ancient sarcophagus discovered », sur BBC,‎ 17 février 2000
  39. récit et photographies par Robert Mingam, égyptologue et historien, de la découverte du Puits d'Osiris, consulté le 05/08/13
  40. (en) Edward F. Malkowski, Before the Pharaohs : Egypt's Mysterious Prehistory, Inner Traditions / Bear & Co,‎ 2010 (présentation en ligne)
  41. a et b Lauer 1988, p. 22.
  42. a, b et c Lauer 1988, p. 24-25
  43. Erich Graefe, Das pyramiden kapitel in al-makhrizi's "hitat",‎ 1911
  44. Lauer 1988, p. 26
  45. Ibn Khaldoun, Les Prolégomènes, p. 383

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sydney Aufrère et Jean-Claude Golvin, L'Égypte restituée, t. 3,‎ 1997.
  • Gilles Dormion, La Pyramide de Chéops : architecture des appartements funéraires,‎ 1996.
  • Gilles Dormion, La Chambre de Chéops,‎ 2004 (ISBN 9782213622293).
  • Iorwerth Eiddon Stephen Edwards, Les Pyramides d'Égypte,‎ 1992 (ISBN 9782253058632).
  • Georges Goyon, Le Secret des bâtisseurs des grandes pyramides, Khéops,‎ 1977.
  • Georges Goyon, « Les Rangs d'assises de la grande pyramide », BIFAO, no 78,‎ 1978.
  • Gilles Job, Le Mystère de la construction des pyramides - L'astuce inattendue, Bénévent,‎ 2006.
  • Jean Kérisel, Génie et démesure d'un pharaon : Khéops, Paris, Stock,‎ 1996 et 2001 (présentation en ligne).
  • Jean-Philippe Lauer, Le Mystère des pyramides,‎ 1988 (ISBN 9782258023680).
  • (en) Mark Lehner, The Complete Pyramids,‎ 1997.
  • (it) Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi, L'Architettura delle Piramidi Menfite,‎ 1963-1977.
  • (en) William Matthew Flinders Petrie, The Pyramids and Temples of Gizeh,‎ 1883.
  • [PDF] (en) Mark Lehner, The Pyramid Tomb of Hetep-Heres and the Satellite Pyramid of Khufu,‎ 1985 (lire en ligne).
  • André Pochan, L'Énigme de la grande pyramide,‎ 1982.
  • (en) Peter Temkins, Secrets of the Great Pyramid,‎ 1971.
  • Jacques Vandier, Manuel d'archéologie égyptienne, vol. Vol I, II, III.
  • (en) Richard William Howard Vyse, Operations Carried on at the Pyramids of Gizeh, 1840-1842.
  • Zahi Hawass, Trésors des pyramides.
  • Philippe Lheureux et Stéphanie Martin, Le Mécanisme secret de la grande pyramide d'Égypte, Le temps présent,‎ 2008 (présentation en ligne).
  • Éric Guerrier, Le Principe de la pyramide égyptienne, Robert Laffont,‎ 1981.
  • Éric Guerrier, Les Pyramides - L'enquête, Cheminements,‎ 2004.
  • Armin Wirsching, Die Pyramiden von Giza - Mathematik in Stein gebaut,‎ 2009 2nd ed (ISBN 978-3-8370-2355-8).
  • Georges Barbarin, Le secret de la grande pyramide ou la fin du monde adamique, Adyar,‎ 1936.
  • (en) Edward F. Malkowski, Ancient Egypt 39,000 BCE : the history, technology, and philosophy of Civilization X, Rochester, Vermont, Canada, Bear & Company,‎ 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]