Alain Ier de Bretagne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Alain.
Alain Ier de Bretagne
Titre
Roi de Bretagne
890907
Prédécesseur Gurwant et Pascweten
Successeur Gourmaëlon
Comte de Vannes
877907
Prédécesseur Pascweten
Successeur Rudalt de Vannes
Comte de Nantes
877907
Prédécesseur Pascweten
Successeur Foulque Ier le Roux
Biographie
Titre complet Roi de Bretagne
Date de décès 907
Père Ridoredh
Conjoint Oreguen
Enfant(s) Rudalt
Gueréch
Derrien
Budic
Pascweten
Une fille, épouse de Mathuedoï
Une fille, épouse d'un comte Tanguy
Roi de Bretagne

Alain Ier de Bretagne dit le Grand (Alan Iañ en breton) (mort en 907), fut roi de Bretagne vers 890 à 907.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un certain Ridoredh selon une généalogie tardive établie à l'abbaye Saint-Aubin d'Angers au XIe siècle [1]. Il est le successeur de son frère Pascweten (mort en 876), lui-même gendre et successeur du roi Salomon (mort en 874), Alain est comte de Vannes, comte de Nantes. Il hérite des querelles avec le comté de Rennes pour la couronne de Bretagne.

Devant la menace des Vikings les deux princes ce réconcilient comme le montre la mention de Judicaël dans un diplôme de 889 par lequel Alain « par la grâce de Dieu duc des Bretons » restitue à Landram, évêque de Nantes, un domaine[2].

Selon les annales de Saint-Vaast, en 890 les Vikings se repliant de Paris quittent la Seine, et par mer et terre se rendent dans le territoire de Coutances. Ils assiègent et prennent le « castrum » c'est-à-dire la cité fortifiée de Saint-Lô où ils s'établissent après avoir massacré la population de l'évêque Lista qui s'y était réfugié [3].Le Cotentin faisait à cette époque parti de la Bretagne jusqu'à la Vire et Judicaël et ses troupes s'avancent à leur rencontre mais il est tué dans un combat[4].

C'est alors qu'Alain s'illustre lors de bataille de Questembert dans le Morbihan où les Vikings sont défaits [n. 1].

Désormais sans concurrent, Alain s'intitule roi dans deux diplômes le premier en faveur de Rainon évêque d'Angers à qui il rétrocède vers 897/900 l'abbaye Saint-Aubin d'Angers reçue du roi Charles le Simple et l'autre de Foucher évêques de Nantes vers 897/908. Il semble avoir été reconnu comme « roi subordonné » par le carolingien Charles le Simple agissant comme son grand-père Charles le Chauve envers Erispoë[5]. Son règne de facto de 890 à 907 marque une période de calme et de prospérité pour la Bretagne. Le date exacte de sa mort n'est pas connue mais l'année 907 avancée par Pierre Le Baud semble vraisemblable [6].

Aucun de ses héritiers ne pourra lui succéder et c'est le comte de Cornouaille, Gourmaëlon, qui « régnera sur le royaume de Bretagne »[7].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Selon les souscriptions d'actes, Alain laissa de son épouse Oreguen/Aourken [8], au moins cinq fils dont deux survivants et deux filles mariées :


Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Annales de Metz, AD 890 : « Il existait dans ce temps entre Alain et Judicaël ducs des Bretons une grave contestation au sujet du partage du royaume. Les païens ayant trouvé les Bretons dans cette division, combattant chacun séparément pour son compte et non d’un général effort et se refusant l’un l’autre le secours comme si la victoire devait appartenir à chacun non à tous, éprouvèrent de graves échecs ; ils furent égorgés de tous côtés et toutes leur possessions enlevées jusqu’à la rivière du Blavet. Alors enfin s’apercevant combien leur discorde leur avait été funeste et combien elle avait augmenté les forces de leurs ennemis ils se rallièrent mutuellement par des envoyés, convinrent du temps et du lieu du rendez vous et réunirent pour faire la guerre leurs forces communes. Judicaël qui plus jeune était plus désireux d’illustrer son nom, sans attendre Alain engagea les combat avec ses compagnons, tua beaucoup de milliers d’ennemis, força le reste à se réfugier en un certain canton où iles ayant imprudemment poursuivis plus loin qu’il n’aurait dû, il fut tué par eux, ne sachant pas qu’il pas qu’il est bien de vaincre mais non de pousser plus loin la victoire, car le désespoir est à redouter. Ensuite Alain ayant rassemblé toute la Bretagne, fit vœu que si par la grâce divine, il parvenait à vaincre ses ennemis il consacreraient à Rome, Dieu et à St Pierre la dixième partie de tous ses biens. Tous les Bretons ayant également formé ce vœu, il s’avança au combat et en étant venu aux mains il fit un si grand carnage des ennemis que quinze mille qu’ils étaient auparavant à peine 4 000 regagnèrent-ils la flotte. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Saint Aubin d'Angers.
  2. André Chédeville et Hubert Guillotel, La Bretagne des saints et des rois Ve-Xe siècle, Éditions Ouest-France,‎ 1984 (ISBN 2-85882-613-7) p. 366.
  3. André Chédeville et Hubert Guillotel op. cit. p. 364.
  4. André Chédeville et Hubert Guillotel op. cit. p. 364 et 367.
  5. André Chédeville et Hubert Guillotel op. cit. p. 369-372.
  6. André Chédeville et Hubert Guillotel op. cit. p. 372.
  7. Cartulaire de Redon, charte CCLXXVI du 25 octobre 913.
  8. Selon une hypothèse de Joëlle Quaghebeur Oreguen/Aourken est une sœur de Judicaël. Joëlle Quaghebeur La Cornouaille du IXe au XIIe siècle, PUR Rennes, 2002, (ISBN 2 868477437) p. 66-67.
  9. Cartulaire de Redon, charte CCLXXVIII du 30 novembre 909.
  10. Cartulaire de Redon, charte no 279 du 27 novembre 908.

Sources[modifier | modifier le code]

Les informations concernant Alain le Grand sont « fragiles ». Les faits, les filiations, les dates, varient selon les auteurs. À Questembert même, la colonne du cimetière abattue en 1793, relevée en 1848, indique 878 pour date de la bataille, tandis que le monument érigé en 1907 affiche 890. Les données ci-dessus correspondent à l’Histoire de Bretagne de Pierre Le Baud, manuscrit de 1505, édition d'Hozier de 1638, reprises et discutées dans l’Histoire de la Bretagne de Arthur de La Borderie (1899). Pierre Le Baud indique qu'il se base sur de « vieilles chroniques » dont La Chronique de Nantes et celles de Réginon de Prüm, abbé du monastère de Prüm, contemporain d'Alain Le Grand. Mais selon Jean-Christophe Cassard et Philippe Tourault c'est plutôt en 890 qu'il faudrait situer la bataille et le sacre d'Alain le Grand.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noël-Yves Tonnerre, Naissance de la Bretagne. Géographie historique et structures sociales de la Bretagne méridionale (Nantais et Vannetais) de la fin du VIIIe à la fin du XIIe siècle, Angers, Presses de l'Université d'Angers,‎ 1994 (ISBN 2-903075-58-1).
  • Charles-Armand Picquenard, « Alain le Grand et les anciennes Chroniques », Bulletin de la Société archéologique du Finistère,‎ 1907, p. 220-224 .
  • Charles-Armand Picquenard, « Nouvelles recherches sur le règne d'Alain le Grand », Bulletin de la Société archéologique du Finistère,‎ 1908, p. 134-136.
  • André Chédeville et Hubert Guillotel, La Bretagne des saints et des rois Ve-Xe siècle, Editions Ouest-France,‎ 1984 (ISBN 2-85882-613-7).
  • Arthur de La Borderie, Histoire de Bretagne : Tome deuxième, réédition Joseph Floch Imprimeur Éditeur à Mayenne (1975).Alain et Judicaël 877-888 p. 323-330 et Règne d'Alain le Grand 888-907 p. 331-346.
  • Joëlle Quaghebeur La Cornouaille du IXe au XIIe siècle, PUR Rennes, 2002, (ISBN 2 868477437).
  • René Poupardin « Généalogies Angevines du XIe siècle ». Dans : Mélanges d'archéologie et d'histoire T. 20, 1900. p.  199-208.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]