Maître de chapelle

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Un maître de chapelle, à l'origine maître de musique, ou (dans les pays allemands) Kapellmeister (IPA: [kəpɛlˌmaɪstər]), ou encore maestro di cappella (en Italie), désigne une personne chargée, dans un cadre religieux chrétien, d'enseigner et de faire entendre la musique (avant tout liturgique), et de composer des partitions polyphoniques (essentiellement des motets) au sein de la « chapelle musicale » d'une église[1]. Ces ensembles, essentiellement vocaux (souvent soutenus - et parfois accompagnés - par quelques instruments), ont été au centre (et en tout cas très largement à l'origine) de l'activité musicale en l'Europe occidentale, depuis le Moyen Âge jusqu'aux XVIIIe ou XIXe siècles. La fonction de maître de chapelle perdure aujourd'hui, en France et en Europe. Le sens de ce mot a pu évoluer au fil des époques, du fait de l'évolution de la profession, liée à celles de la société et de la musique elle-même.

Usage historique[modifier | modifier le code]

Spécialement à l'époque des royautés en Europe, le terme de maître de musique (et tardivement de maître de chapelle), ou de Kapellmeister (en allemand), désignait le chantre (ou instrumentiste) professionnel, responsable de la liturgie musicale et donc des interprètes (professionnels également) attachés au service d'une église cathédrale, d'une église collégiale, d'un collège, ou encore d'un prince ou d'un monarque. Cette position impliquait non seulement l'encadrement de la douzaine de chantres du groupe et des quelques instrumentistes, mais aussi la formation des enfants de chœur (enfants chantant dans le chœur, souvent au nombre de six ou huit, ou parfois dix).

L'origine de cette fonction était très ancienne et ces maîtres de musique ont été innombrables :

Beaucoup d'entre eux n'occupaient pas ces seules fonctions et exerçaient leurs talents, de différentes manières, à l'extérieur, souvent en accord avec leur hiérarchie. C'est ainsi qu'ils étaient ordinairement les pivots de la vie musicale dans une ville, en tant que professeurs et en tant qu'interprètes.

W. A. Mozart fut également maître de chapelle, à Salzbourg auprès de l'archevêque Colloredo, pendant quelques années seulement. Vivant à l'époque des Lumières et de la Révolution de 1789, il fut un des premiers à tenter la voie difficile de musicien indépendant.

Georg Reutter était maître de chapelle à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne (Autriche). Il est resté peu connu mais il a eu parmi ses élèves, apprentis chantres et choristes les futurs compositeurs Joseph et Michael Haydn. C'est donc lui qui les a formés, lorsqu'ils étaient enfants et adolescents. Pour les musiciens de cette époque, devenir Kapellmeister était une marque d'une réussite professionnelle et sociale, et plus encore si l'employeur était prestigieux. En l'occurrence, Joseph Haydn fit un jour la remarque que son père (qui était un modeste fabricant de charrettes - un charron) avait vécu assez longtemps pour voir son fils arriver jusqu'à cette fonction.

Au fur et à mesure que la société a évolué vers une laïcisation, en même temps que la bourgeoisie se développait et que le prestige de la noblesse a diminué, les compositeurs souhaitèrent devenir plus indépendants, et obtenir un poste de maître de chapelle devint moins prestigieux. Ainsi Beethoven n'a jamais travaillé comme Kapellmeister, poursuivant plutôt une carrière de musicien indépendant, suivant là les traces de Mozart. Néanmoins le métier ou la fonction de maître de chapelle existe toujours, en France et ailleurs.

Le cas de Mozart[modifier | modifier le code]

À proprement parler, Mozart n'a jamais été Kapellmeister. En 1787, il avait un poste rémunéré de Kammercompositeur (« Compositeur de chambre »), à la cour de l'empereur d'Autriche, mais l'autorité dans le domaine musical était principalement exercée par Antonio Salieri. Quoi qu'il en soit, dans les revues, les journaux et les annonces de concerts Mozart était souvent désigné par le terme « (Herr) (Monsieur) Kapellmeister Mozart ». Il semble que le prestige de Mozart, ainsi que le fait qu'il apparaissait fréquemment en public pour diriger d'autres musiciens, aient conduit à l'usage du terme Kapellmeister pour exprimer un certain respect à son égard.

En avril 1791, Mozart a postulé pour devenir Kapellmeister de la Cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Sa candidature fut retenue par le conseil municipal pour succéder au titulaire, Leopold Hofmann, après la mort de ce dernier. Cela n'advint cependant jamais puisque Mozart est mort en décembre 1791, avant Hofmann (mort en 1793).

Quelques maîtres de chapelle en France (parmi de très nombreux autres)[modifier | modifier le code]

Quelques maîtres de chapelle en Allemagne (id.), avant 1870[modifier | modifier le code]

A la Cour de Dresde (devenue Staatskapelle de Dresde)[modifier | modifier le code]

Autres villes[modifier | modifier le code]

(classement selon la date de naissance)

En Autriche[modifier | modifier le code]

A Vienne[modifier | modifier le code]

A Esterháza (Eisenstadt)[modifier | modifier le code]

A Innsbruck[modifier | modifier le code]

A Salzbourg[modifier | modifier le code]

À la Cour royale de Prusse[modifier | modifier le code]

À la Cour impériale de Russie[modifier | modifier le code]

Dans la péninsule italienne[modifier | modifier le code]

  • Etc..


Autres pays[modifier | modifier le code]

Bibliographie succincte[modifier | modifier le code]

  • Alain Gout, Histoire des maîtrises en Occident, Paris, Éditions universitaires, 1987, 183 p.
  • Bernard Dompnier (Sous la direction de), Maîtrises & Chapelles aux XVIIe et XVIIIe siècles. Des institutions musicales au service de Dieu, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2003, 568 p. (Collection "Histoires croisées" publiée par le Centre d'Histoire "Espaces et Cultures", Clermont-Ferrand).
  • Bernard Dompnier (dir.), Les Bas Chœurs d'Auvergne et du Velay. Le métier de musicien d'Église aux XVIIe et XVIIIe siècles, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2010, 406 p. (Collection "Etudes sur le Massif central").
  • Patrick Demouy, Jean-François Goudesenne, Jean-Luc Gester, La maîtrise de la cathédrale de Reims : Des origines à Henri Hardouin - XIIIeXVIIIe siècles, Catalogue de l’exposition « Cathédrale » de la médiathèque de Reims, 2003, Coll. Musiques et Patrimoines, Paris, 2003, 104 p.
  • Luc Chanteloup, Philippe Lenoble, etc. (Denis Lavy et François Noblat-Billaud, Jean-Marie Poirier, Marie-José Chasseguet, Sylvie Granger, Bernard Girard, Eric Marras. Résumés allemand et anglais par Gereon Fritz et Dorothy Pochon), La musique à la cathédrale du Mans du Moyen Âge au XXIe siècle, Le Mans, Psallette Éditions, 2007, 2 vol. (510 p.).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Et aussi d'un établissement d'enseignement, comme les collèges de Jésuites, à partir du XVIIe siècle.
  2. http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00008960
  3. Le maître était un ecclésiastique sans fonction musicale.