Maître de chapelle

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Un maître de chapelle, à l'origine maître de musique, ou (dans les pays allemands) Kapellmeister (IPA: [kəpɛlˌmaɪstər]), ou encore maestro di cappella (en Italie), désigne une personne chargée, dans un cadre religieux chrétien, d'enseigner et de faire entendre la musique (avant tout liturgique), et de composer des partitions polyphoniques (essentiellement des motets) au sein de la « chapelle musicale » d'une église[1] ; en effet ces ensembles, essentiellement vocaux (souvent soutenus - et parfois accompagnés - par quelques instruments), ont été au centre (et en tout cas très largement à l'origine) de l'activité musicale en l'Europe occidentale, depuis le Moyen Âge jusqu'aux XVIIIe ou XIXe siècles. La fonction de maître de chapelle perdure aujourd'hui, en France et en Europe. Le sens de ce mot a pu évoluer au fil des époques, du fait de l'évolution de la profession, liée à celles de la société et de la musique elle-même.

Usage historique[modifier | modifier le code]

Spécialement à l'époque des royautés en Europe, le terme de maître de musique (et tardivement de maître de chapelle), ou de Kapellmeister (en allemand), désignait le chantre (ou instrumentiste) professionnel, responsable de la liturgie musicale et donc des interprètes (professionnels également) attachés au service d'une église cathédrale, d'une église collégiale, ou encore d'un prince ou d'un monarque. Cette position impliquait non seulement l'encadrement de la douzaine de chantres du groupe et des quelques instrumentistes, mais aussi la formation des enfants de chœur (souvent au nombre de six ou huit). L'origine de cette fonction était très ancienne et ces maîtres de musique ont été innombrables. Des XIIe et XIIIe siècles, on a conservé, par exemple, les noms et plusieurs partitions de Léonin et Pérotin, l'un et l'autre magister musicæ de la cathédrale Notre-Dame, à Paris. Au XIVe siècle, Guillaume de Machaut, écrivain, maître de musique, compositeur et chanoine de la cathédrale Notre-Dame de Reims, a composé la première messe mise intégralement en polyphonie. Au XVe siècle, Guillaume Dufay (v. 1400-1474) exerça à la cour de Savoie (1425-1428, 1437-1444), puis à la cathédrale de Cambrai (à partir de 1445 environ). Au XVe siècle toujours, Johannes Ockeghem a été le maître de chapelle de trois rois Charles VII, Louis XI et Charles VIII à la cour de Tours au XVe siècle[2]. De même, Jean-Sébastien Bach a travaillé de 1717 à 1723 comme Kapellmeister pour le prince Léopold d'Anhalt-Köthen. Joseph Haydn a travaillé de nombreuses années comme Kapellmeister pour la famille Esterházy, une famille noble de rang élevée de l'Empire autrichien. Georg Friedrich Haendel a servi également comme maître de chapelle pour Georg, Électeur de Hanovre (le futur roi George Ier de Grande-Bretagne).

Mais le terme de maître de chapelle désignait le plus souvent le maître du chœur d'une église : Georg Reutter était maître de chapelle à la Cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Il est resté peu connu mais il a eu parmi ses jeunes choristes les compositeurs Joseph et Michael Haydn. C'est donc lui qui les a d'abord formés, lorsqu'ils étaient enfants et adolescents. Pour les musiciens de cette époque, devenir Kapellmeister était une marque d'une réussite professionnelle et sociale, et plus encore si l'employeur était prestigieux. En l'occurrence, Joseph Haydn remarqua un jour que son père, (qui était un modeste fabricant de charrettes - un charron) avait vécu assez longtemps pour voir son fils arriver jusqu'à cette fonction. Au fur et à mesure que la société a évolué, que la bourgeoisie s'est développé et que le prestige de la noblesse a diminué, les compositeurs sont devenus plus indépendants et obtenir un poste de maître de chapelle devint moins prestigieux. Ainsi Beethoven n'a jamais travaillé comme Kapellmeister, poursuivant plutôt une carrière de musicien indépendant, suivant là les traces de Mozart.

Pour les locuteurs français, c'est cette signification historique qui est la plus souvent utilisée, car elle apparaît souvent dans les biographies de compositeurs de langue allemande.

Le cas de Mozart[modifier | modifier le code]

À proprement parler, Mozart n'a jamais été Kapellmeister. En 1787, il avait un poste rémunéré de Kammercompositeur (« Compositeur de chambre »), à la cour de l'empereur d'Autriche, mais l'autorité dans le domaine musical était principalement exercée par Antonio Salieri. Quoi qu'il en soit, dans les revues, les journaux et les annonces de concerts Mozart était souvent désigné par le terme « (Herr) (Monsieur) Kapellmeister Mozart ». Il semble que le prestige de Mozart, ainsi que le fait qu'il apparaissait fréquemment en public pour diriger d'autres musiciens, aient conduit à l'usage du terme Kapellmeister pour exprimer un certain respect à son égard.

En avril 1791, Mozart a postulé pour devenir Kapellmeister de la Cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Sa candidature fut retenue par le conseil municipal pour succéder au titulaire, Leopold Hofmann, après la mort de ce dernier. Cela n'advint cependant jamais puisque Mozart est mort en décembre 1791, avant Hofmann (mort en 1793).

Maître de chapelle en France[modifier | modifier le code]

Maître de chapelle en Allemagne (avant 1870)[modifier | modifier le code]

A la Cour de Dresde (devenue Staatskapelle de Dresde)[modifier | modifier le code]

Autres villes[modifier | modifier le code]

(classement selon la date de naissance)

En Autriche[modifier | modifier le code]

A Vienne[modifier | modifier le code]

A Esterháza (Eisenstadt)[modifier | modifier le code]

A Innsbruck[modifier | modifier le code]

A Salzbourg[modifier | modifier le code]

À la Cour royale de Prusse[modifier | modifier le code]

À la Cour impériale de Russie[modifier | modifier le code]

Dans la péninsule italienne[modifier | modifier le code]

  • Etc..


Autres pays[modifier | modifier le code]

Bibliographie succincte[modifier | modifier le code]

  • Alain Gout, Histoire des maîtrises en Occident, Paris, Éditions universitaires, 1987, 183 p.
  • Bernard Dompnier (Sous la direction de), Maîtrises & Chapelles aux XVIIe et XVIIIe siècles. Des institutions musicales au service de Dieu, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2003, 568 p. (Collection "Histoires croisées" publiée par le Centre d'Histoire "Espaces et Cultures", Clermont-Ferrand).
  • Bernard Dompnier (dir.), Les Bas Chœurs d'Auvergne et du Velay. Le métier de musicien d'Église aux XVIIe et XVIIIe siècles, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2010, 406 p. (Collection "Etudes sur le Massif central").
  • Patrick Demouy, Jean-François Goudesenne, Jean-Luc Gester, La maîtrise de la cathédrale de Reims : Des origines à Henri Hardouin - XIIIeXVIIIe siècles, Catalogue de l’exposition « Cathédrale » de la médiathèque de Reims, 2003, Coll. Musiques et Patrimoines, Paris, 2003, 104 p.
  • Luc Chanteloup, Philippe Lenoble, etc. (Denis Lavy et François Noblat-Billaud, Jean-Marie Poirier, Marie-José Chasseguet, Sylvie Granger, Bernard Girard, Eric Marras. Résumés allemand et anglais par Gereon Fritz et Dorothy Pochon), La musique à la cathédrale du Mans du Moyen Âge au XXIe siècle, Le Mans, Psallette Éditions, 2007, 2 vol. (510 p.).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Et aussi d'un établissement d'enseignement, comme les collèges de Jésuites, à partir du XVIIe siècle.
  2. http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00008960
  3. Le maître était un ecclésiastique sans fonction musicale.