Commana

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Commana
Vue générale de Commana depuis les crêtes de l'Arrée.
Vue générale de Commana depuis les crêtes de l'Arrée.
Blason de Commana
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Sizun
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Landivisiau
Maire
Mandat
Francis Estrabaud
2014-2020
Code postal 29450
Code commune 29038
Démographie
Gentilé Commanéen, Commanéenne
Population
municipale
1 134 hab. (2011)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 24′ 51″ N 3° 57′ 10″ O / 48.414167, -3.95277848° 24′ 51″ Nord 3° 57′ 10″ Ouest / 48.414167, -3.952778  
Superficie 39,90 km2
Localisation

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Commana [komana] est une commune française du département du Finistère, en région Bretagne. Elle fait partie du parc naturel régional d'Armorique et bénéficie du label « Commune du patrimoine rural de Bretagne[1] ». Elle est située sur le versant nord des monts d'Arrée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Commana
Saint-Sauveur Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec Plounéour-Ménez
Sizun Commana La Feuillée
Saint-Rivoal Botmeur, Monts d'Arrée La Feuillée, Monts d'Arrée

Description géographique[modifier | modifier le code]

Commana est une commune du Haut-Léon, à la limite de la Cornouaille ; le bourg est situé sur une butte face au versant nord des monts d'Arrée.

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La majeure partie du territoire communal correspond à un batholite granitique[2] (granite de Commana-Plouaret) correspondant à la majeure partie du plateau du Léon, daté de l'époque carbonifère[3]. Dans la partie méridionale de la commune, sur le versant des monts d'Arrée affleurent des schistes ardoisiers (désignés localement « pierre bleue ») et des grès d'ère primaire.

Article détaillé : Monts d'Arrée.

Deux fleuves côtiers, l'Élorn à l'ouest et la Penzé à l'est servent pour partie de limites au territoire communal, séparant Commana de Sizun à l'ouest et de Plounéour-Ménez à l'est. Les monts d'Arrée séparent Commana de Saint-Rivoal et Botmeur au sud, même si les limites communales ne coïncident pas exactement avec la ligne de crête ; au nord, la limite avec Saint-Thégonnec passe à travers le plateau du Léon sans s'appuyer sur des particularités topographiques notables.

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L'Élorn, fleuve côtier, de même que son affluent le Mougau, prend sa source prend sa source dans les tourbières des monts d’Arrée, au pied du versant nord du Tuchen Kador, à un peu plus de 300 m d’altitude, juste entre les deux plus hauts sommets de Bretagne, sur le territoire de Commana[4]. L'humidité climatique fréquente du versant nord des monts d'Arrée (1 400 mm de précipitations à Commana, contre 900 mm à Brest) entraîne un régime hydrologique tempéré océanique pour ce fleuve côtier.

Article détaillé : Élorn.

En 1979 a commencé la construction du barrage du Drennec pour sécuriser l’alimentation en eau de l'agglomération brestoise, à la confluence du Mougau et de l’Élorn ; ce barrage a pour but de soutenir le débit d’étiage de l’Élorn et de faire fonctionner les usines de production d’eau potable situées en aval. Ce barrage, situé sur la commune voisine de Sizun, a entraîné la création d'un lac-réservoir, le lac du Drennec de 110 ha, profond au maximum de 20 mètres, situé pour une large partie sur le territoire de Commana.

Les deux fleuves côtiers ont permis par le passé l'installation de douze moulins : Jean-Baptiste Ogée[5] note la présence de douze moulins situés aux lieux-dits Coat ar Roc'h, Restencaro, Kerouat, Mougau, Neuf, à eau. Certains moulins subsistent : sur la Penzé, les moulins de Restancaroff et du Bois de la Roche, sur l'Élorn les moulins de Kerouat[6], transformés désormais en écomusée par le parc naturel régional d'Armorique.

Ce lac a suscité un modeste développement touristique : deux plages aménagées, pratique de la voile, sentier de randonnée long de 7,5 km qui en fait le tour. Un important réseau de sentiers balisés a été développé sur la vallée de l’Élorn par le parc naturel régional d’Armorique et les collectivités locales, s’appuyant sur la variété des paysages de la vallée[4]. Ce lac est aussi classé en première catégorie pour la pêche à la truite.

La tourbière du Mougau[7], au pied du versant nord des monts d'Arrée, est dotée d'un sentier d'interprétation ouvert en 1999, long de six kilomètres.

La qualité des eaux provenant des monts d'Arrée a permis la création d'une entreprise, la société Roxane, implantée sur la zone industrielle de Ty-Douar, qui embouteille les eaux de source[8] et les commercialise sous le nom de Monts d'Arrée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des origines à la fin du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Menhir christianisé sur la place du champ de foire.

De nombreuses traces d'une présence humaine ancienne existent à Commana : allée couverte de Mougau-Bihan[9] étudiée par Jean L'Helgouach[10] (environ 3 000 avant J.-C.) avec ses sculptures[11] et son mobilier funéraire retrouvé (poignards, hache emmanchée), dolmen au Bois de la Roche, plusieurs sites de l'âge du fer à Quillidiec, Kerouat, traces d'un édifice gallo-romain et de fortifications médiévales au Bois de la Roche[12], etc. Des statuettes d'Isis, déesse égyptienne, auraient même été retrouvées par Yves Le Diberder[13] au pied du Roc'h Trévézel, mais leur identification reste contestée et même douteuse et leur présence éventuelle inexpliquée[14] .

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Le nom de Commana proviendrait des mots bretons cum (vallée) ou komm (auge) et de sainte Anne, en raison selon la tradition locale, d'une auge de pierre contenant une statue de sainte Anne[15] qu'on aurait trouvé à l'emplacement de l'église[16] (mais qui serait en fait une statue de Vénus que les habitants auraient christianisée en sainte Anne). Ce serait l'origine du culte de sainte Anne dans la paroisse. La légende dit que l'église devait être construite à Quillidiec, hameau situé au nord-ouest du bourg actuel, mais les blocs de granite qu'on posait le jour disparaissaient mystérieusement la nuit… Alors, pour satisfaire aux désirs de Dieu, les bâtisseurs chargèrent les pierres sur une charrette qu'ils attelèrent à deux bœufs. On laissa aller l'attelage à son gré : il s'arrêta sur le mamelon le plus élevé[17] ce qui expliquerait le site perché du bourg de Commana.

La croix de Croaz Melar (censée commémorer la bataille de 1169).

Mais selon les chanoines Peyron et Abgrall, il est probable que cette explication du nom de Commana fut « imaginée après coup […] lorsqu'on a perdu de vue le sens du vieux mot Coummand, coummanha qui veut dire donner une terre en fief, inféoder », en commande[18]. Cette interprétation a été cautionnée plus récemment par Louis Richard[14].

La paroisse était initialement englobée dans celle beaucoup plus vaste de Sizun, mais la paroisse de Commana est mentionnée dès le XIe siècle dans l'Histoire de Bretagne de Pierre Le Baud[19]. L'auteur raconte qu'en 1169 (ou 1170, ou 1171) le duc de Bretagne Conan IV, allié du roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt aurait lourdement battu à Croaz-Melar en Commana le vicomte de Léon

« Oudit an aussi [1169 ?], selon Guillaume d'Armoricque, fut expulsé & debouté de son siege Haman Euesque de Leonense, par le Vicomte Guihomar son frere : pour laquelle chose le Duc Conan assembla son exercite, et auec ledit Hamon Euesque entra en la terre de Leon, & fist bataille contre celuy Guihomar & ses fils, lesquels il desconfilst jouxte Commanna, en vn lieu qui est dit Methueot, lequel est interpreté : Ce fut honte. Et de ce rapportent les Annaux, que Conan assembla en Leon auec le Vicomte Guihomar, & qu'apres ce qu'il eut prins & occis multitude de Leonenses Conan obtint victoire : & dient aussi que ce fut en celuy an, & qu'il y eut terrible famine en Bretagne. »

Guiomar IV[20]. Une croix monumentale implantée à cet endroit est censée commémorer ce fait d'armes[21].

Le blason de Commana[22] est inspiré de ce combat. La paroisse est indiquée alors comme une simple trève de Berrien au XIe siècle (Cummanna in plebe Berriun), puis avec plusieurs variantes orthographiques, en 1160 : Comanna, en 1330 : Comanha, dans un texte de 1450 sous le vocable Komanâ. La paroisse de Commana, soumise alors à l'autorité féodale des seigneurs du Bois de la Roche, était divisée jadis en neuf frairies ou cordelées : Kerangouly, Restamaroff, La Garenne, Le Mougeau, Kermabil, Linguinou, Quillidiec, Perroz et Kergoat[16].

La fontaine Saint-Jean au Mougault (restaurée par l'association "Lichen").

Une commanderie aurait été créée dès le XIIe siècle au lieu-dit Kaerfornerit (Kerfornédic) par les Hospitaliers de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem implantés dans la paroisse voisine de La Feuillée. "Dans la paroisse de Commana se trouvait le membre de Saint-Jean de Mougoult. Là s’élevait une chapelle en l'honneur de saint Jean-Baptiste, reconstruite en 1659, renfermant trois autels, entourée d'un cimetière et accompagnée d'une « belle fontaine avec niche pour la statue de saint Jean ». Selon Amédée Guillotin de Corson, "le commandeur avait ses armoiries dans la maîtresse-vitre et en nommait le chapelain, qui était en 1617 dom Jean Gorret (visite de 1617). À côté, les eaux des deux étangs de Mougoult faisaient tourner le moulin de la Commanderie. Les villages de Mongoult, Kerhamon-Moal, Penanroz, Kerdreinbraz, Peintrès, Quillidiec et Kerfornèrit, avec une vingtaine de tenues, relevaient du commandeur ; le dernier de ces villages est signalé en 1160 comme appartenant déjà, aux chevaliers de Saint-Jean de Jèrusalem ; il est appelé dans la charte « Kaerfornerit in Commana ». Notons encore les dîmes de Mougoult, qui étaient en 1691 affermées 213 livres (déclaration de 1697)[23]. La chapelle Saint-Jean de Mougoult, alors sous le vocable de Saint-Jean-du-Doigt, existait encore pendant la première moitié du XIXe siècle, aussi bien qu'un manoir portant le même nom selon les continuateurs d'Ogée[24].

La seigneurie et le manoir du Bois de la Roche (Coat ar Roch)[modifier | modifier le code]

Les traces d’un important édifice gallo-romain avec hypocauste, système de chauffage souterrain, ont été mises au jour dans la seconde moitié du XIXe siècle près du manoir, attestant donc d'une occupation très ancienne des lieux[25].

Le lieu noble de Coat ar Roch est attesté dès 1481 ; les seigneurs les Kermellec, puis les Cornouaille et les Bouvans, du début du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, enfin les Laurens de la Barre) détenaient les droits de basse justice, moyenne justice et haute justice[26]. Les seigneurs du Bois de la Roche avaient le privilège de porter la chaise de l’évêque du Léon lors de son entrée dans sa ville épiscopale de Saint-Pol[25]. Au XVIIe siècle, cette paroisse est une baronnie, qui ressortit au siège royal de Lesneven, possédée alors par les seigneurs du Bois de la Roche, dénommé aussi alors château de Bouvans, du nom de la famille qui en est alors propriétaire[27]. Le retable de Sainte-Anne, dans l'église paroissiale, est orné d'un écusson aux armes de Gabriel de Bouvans, seigneur du Bois de La Roche, « fondateur et seul prééminencier de ladite église »[28]. Dans leur manoir, les seigneurs étaient à la tête d'un important domaine seigneurial, possédaient leur chapelle disparue dans le cours du XIXe siècle et un colombier lui aussi disparu, etc. Le manoir subsiste, ainsi qu'un vivier et un étang[29].

« Le Bois de la Roche, en Commana, qui embrassait dans son fief la plus grande partie de cette paroisse, relevait anciennement de Penhoët[30] ; au XVIIe siècle, le seigneur du Bois de la Roche acquit la portion de Penhoët s'étendant en Commana ainsi que tous les autres fiefs de cette paroisse qui ne lui appartenaient pas encore[31], et ainsi il réunit la paroisse entière, qu'il appela "seigneurie de Commana" et dont il porta l'hommage directement au Roi. Remarquons qu'à une époque relativement moderne, le manoir du Bois de la Roche en Commana fut appelé château de Bouvans, du nom de ses derniers possesseurs[32]. »

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La fontaine du Bois de la Roche subsiste près du site de l'ancienne chapelle Saint-Roc'h qui existait encore au début du XIXe siècle puisque le 12 nivôse an XII (5 janvier 1804) M. Laurent, alors propriétaire du château du Bois de la Roche, demande à l'évêque de Quimper la permission d'y faire dire la messe. « Cette chapelle, par sa position, sa grandeur et le bon état de réparation où elle est, présente un local très avantageux aux habitants des environs » écrit-il[16]. En 1906, la fontaine était encore fréquentée et l'on continuait « à y plonger les enfants malades, pour obtenir leur guérison par la protection du saint (saint Roch) qui est si invoqué dans les épidémies »[33].

XVIIe ‑ XVIIIe siècles : la vie rurale traditionnelle[modifier | modifier le code]

Carte de Cassini (XVIIIe siècle) de la région de Commana.

En 1645, une contestation éclate entre le seigneur de Poulpry et des paroissiens de Commana, qui font remarquer au seigneur que la vitre de la chapelle du Sauveur leur appartient car « d'ancienneté les contremarques des dits paroissiens estoit dans la vitre au-dessus de l'autel du Saint-Sauveur, y ayant les faulx, des cognées, charettes et autres ustensiles de labourage ». Cette controverse prouve une certaine aisance de la part des paysans paroissiens qui imitent les nobles pour marquer leurs droits de fondateur sur telle ou telle partie de l'église[34]. Cette piété ostensible n'empêche pas parfois des mouvements d'humeur à l'encontre du clergé : en juillet 1675, Yves Croguennec, recteur de Commana, est outragé par certains de ses paroissiens « d'une infinité de coups »[35]. Il est vrai que la région est alors en pleine révolte des Bonnets rouges.

Commana se trouve sur un axe ancien de communication. Jean-Baptiste Ogée vers 1780 écrit : « Il paraît certain que la voie romaine de Carhaix à Plouguerneau se dirige par les environs du Huelgoat par Comanna, Gul-Milliau [Guimiliau], Lan-Paul [Lampaul-Guimiliau]. […] . Monsieur de Kerdanet […] assure que cette voie est encore fréquentée comme le chemin le plus court de Lesneven à Carhaix, qu'on y trouve des colonnes milliaires »[5].

La paroisse de Commana faisait partie de l'archidiaconé de Léon relevant de l'évêché de Léon et était sous le vocable de Saint-Derrien. Elle avait comme trève Saint-Sauveur, devenue commune indépendante en 1790.

Jean-Baptiste Ogée[5] vers 1780 décrit ainsi Commana : « Commana fait partie de la montagne d'Arès. Le sol est pierreux et peu profond. Il y a beaucoup de terrains communaux qui se partagent avec les villages avoisinants. La mendicité est fréquente. il en est de même des maladies psoriques ».

Fin XVIIIe siècle les activités agricoles étaient surtout tournées vers l'élevage : « La principale industrie est l'élève des chevaux. Ils sont estimés et se vendent dans les foires environnantes, sous le nom de bidets de la montagne [race bidet breton en fait]. On fait aussi des élèves de bestiaux, notamment des moutons »[5].

La Révolution française et le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les deux députés représentant la paroisse de Commana lors de la rédaction du cahier de doléances de la sénéchaussée de Lesneven le 1er avril 1789 étaient François Proust et Jean Elleouet[36].

Mais la pauvreté restait grande. Le curé de Commana écrit, dans une enquête sur la mendicité dans le Léon[37], effectuée par l'évêque de Léon, Mgr de La Marche, en 1774: « Il y a, dans la paroisse de Commana et trève, 20 familles de gens aisés et autant de familles de mendians, mais il faut observer que, dans chaque famille ou maison aisée, il n'y a qu'un aisé à compter qui est le chef ou le maître, qui est le seul qui représente et qui donne, au lieu que, dans chaque famille de mendians, il y a plusieurs à compter : le père, la mère et jusqu'à cinq à six enfans. Mais à ne compter que trois par chaque famille de mendians, cela ferait 300 mendians. Les familles riches ne fournissant que 120 aisés, il en résulte que le nombre des mendians est triple du nombre des aisés ». Le curé estime la population de la paroisse à 2 500 habitants à cette date. Il se plaint aussi que « n'y ayant pas dans mon bourg une bonne auberge pour recevoir, […] m'étant impossible de refuser l'hospitalité à d'honnêtes voyageurs », cela lui entraîne des frais.

Le curé de Commana attribue plusieurs causes à cette importante mendicité l'essor de l'activité toilière :  « Tous adonnés au commerce de toiles blanches, ils négligent les terres, les labourent mal et à la hâte. D'autres […] les abandonnent pour dévider, ourdir et faire de la toile ». Il accuse aussi l'abondance des foires et marchés à Commana : « L'on y va en foule pour mendier ou pour voler, ou enfin pour avoir l'occasion de boire et dépenser ». Les terres pourtant ne manquent pas pour y faire paître son cheptel : « Un tiers du terrain de la paroisse est sans clôture, vague et abandonné au public », mais « le pays est infesté de loups »[37]. Le grand nombre des infirmes un dixième de la population selon lui), le manque de volonté de travailler mais aussi le manque de travail, le trop grand nombre de jours de fêtes sont les autres causes évoquées[16].

Selon des statistiques agricoles publiées en 1849 et concernant selon les productions des années comprises entre 1836 et 1846[38], la totalité de la population communale en 1836, soit 2 691 personnes, est considérée comme agricole. La répartition de l'occupation des terres est alors la suivante pour une superficie totale de 3 997 hectares : 1 635 ha de terres arables (41 % de la superficie totale), 1 625 ha de landes et bruyères, 131 ha de bois, taillis et plantations, 390 ha de prairies naturelles ; la commune possédait alors 12 moulins en activité. Les paysans de Commana cultivaient à l'époque 327 ha d'avoine, 163 ha de froment, 163 ha d'orge, 108 ha de seigle, 196 ha de sarrasin, 16 ha de lin, 14 ha de chanvre, 33 ha de navets, betteraves, carottes et choux (dont 26 ha de navets et 7 ha de choux), 82 ha de trèfle, 82 ha de pommes de terre, 1 517 ha d'ajoncs d'Europe, 490 ha restant en jachère, et élevaient 237 chevaux (219 mâles, 4 juments, 4 poulains), 950 bovins (dont 450 vaches), 350 porcs, 921 ovins (58 béliers, 218 moutons, 365 brebis, 280 agneaux), 21 caprins (6 boucs et 15 chèvres), 500 poules et 350 coqs, 30 canards, et possédaient 350 ruches à miel[39].

Alain Lizzin, né le 16 avril 1829 à Commana, soldat au 30e de ligne, participa pendant le Second Empire à la bataille de Solférino au cours de laquelle il fut blessé à la région lombaire par un projectile[40].

L'industrie de la toile[modifier | modifier le code]

Depuis le XVIe siècle au moins, l'activité toilière liée au lin et au chanvre, probablement grâce à l'impulsion suscitée par les moines de l'abbaye du Relec située dans la paroisse voisine de Plounéour-Ménez[41], s'est développée à Commana, permettant entre autres l'ascension sociale des juloded et le financement de la construction de l'enclos paroissial.

Article détaillé : Julod.

Le lin est essentiellement cultivé dans les paroisses côtières, très peu sur le plateau léonard et pas du tout dans les paroisses de l'Arrée. Cependant, l'abondance des eaux de surface dans cette région permet le rouissage et le blanchissage des fils de lin. Le tissage est facilité par l'humidité ambiante qui évite au fil tendu sur le métier de casser[42]. En 1799, la présence de paysans-marchands de toiles (les juloded) est attestée dans 17 hameaux de Commana[43]. Un habitat cossu se développe alors, les familles commanditaires, souvent apparentées entre elles, appartenaient aux classes rurales dirigeantes, exploitants de domaines ruraux ou, parfois, marchands de toiles. Le nom de certaines familles est connu : Cam à Runtan, Yves René Fagot à Kerouat, Prouf et Le Maguet à Restancaroff, Baron, Picart et Martin à Ponclet Izella, Martin et Prouf à Pengoaziou, Pouliquen et Iolus à Pentreff par exemple[43]. Une vingtaine de maisons de cette époque subsistent par exemple dans les hameaux de Brézéhant, Mougau, Kervéroux, Ponclet Izella, Quillidiec, Restancaroff.

À la fin du XVIIIe siècle, une véritable industrie de la toile se crée à Commana : « Une fabrique de toile a été récemment établie au bourg de Commana, et cet établissement, qui prend chaque jour plus d'importance, occupe déjà plus de deux cent familles »[5]. Mais les guerres de la Révolution française et de l'Empire ruinèrent cette industrie naissante, qui subsista toutefois jusqu'à la fin du XIXe siècle.

De nombreuses anciennes maisons de tisserands, reconnaissables à leur architecture bien particulière, sont encore visibles dans la campagne de Commana. 59 kanndi ont été recensés sur le territoire communal par l'association Lichen dont trois dans le village de Resloas où des traces de débitage d'une cuve de buanderie restée inachevée sont encore visibles[44]. Un kanndi (buanderie)[45] est conservé à Créac'h Goarniel[46] et un autre à Rozonoual.

Les transports, les foires et marchés[modifier | modifier le code]

La place du Champ-de-Foire.

La situation de Commana sur l'axe Carhaix-Landerneau a longtemps bénéficié à la localité placée sur le tracé de la voie romaine Vorgium (Carhaix) - Gesocribate (Brest), puis de la route royale devenue route nationale 164[47] qui reliait Ancenis à Landerneau, puis Brest, dont le tracé traditionnel passait par Huelgoat, La Feuillée, Commana, Sizun et Landerneau. C'est en 1973 que cet axe fut déclassé au profit de l'axe allant de Carhaix à Châteaulin, désormais voie expresse. Cette situation sur une route royale n'avait pas que des avantages : Commana dut loger des troupes à maintes reprises : deux fois en 1779 (un détachement du régiment du Roi-dragon), une fois en 1780, une autre fois en 1781, etc.[48].

Foires et marchés ont longtemps fait la réputation de Commana. Ils remontent au moins au XVIIIe siècle, puisque l'abbé Podeur, recteur de Commana entre 1743 et 1789 les évoque. Un autre témoignage datant de 1780 précise que les foires étaient nombreuses à Commana à cette époque : « Il y a foire le dernier mardi de chaque mois, le 30 novembre, le 27 décembre ; le lendemain quand ce jour tombe un dimanche »[5]. On exporte « beurres, graisses et suifs ». Les marchés ont apparemment disparus depuis longtemps, mais les foires ont survécu jusqu'en 1968 les derniers mardis de chaque mois, la plus importante étant la foire Saint-Michel, fin septembre[49]. Commana compte pendant la deuxième moitié du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle parmi les trois plus importantes foires de la région, avec celles de Landivisiau et de La Martyre : « Les acheteurs, tous vêtus d’une blouse noire, un pen-baz [bâton] à la main et les boutou-coat [sabots] aux pieds, se promènent parmi les animaux, s’arrêtent, tâtent l’animal, l’examinent de la tête aux pieds"[50]. C'était surtout des foires aux chevaux (de 200 à un millier parfois ; 500 en moyenne[51]) car Commana fut longtemps un centre très prospère d'élevage des chevaux. Ces foires et marchés étaient une aubaine pour le commerce local. Dans l'enquête sur la mendicité dans le Léon ordonnée en 1774 par Mgr de la Marche, le recteur de Commana réclame une diminution du nombre de foires et marchés, où l'on va « pour avoir l'occasion de boire et dépenser »[52]. La dernière foire fut organisée en 1968, les chevaux se faisant de plus en plus rares dans les exploitations agricoles de la région.

Pendant les premières décennies du XXe siècle, le succès de ces foires a été facilité par le « train-patate », exploité par les Chemins de fer armoricains, mis en service en 1912, surnommé ainsi à cause de son allure réduite et de sa démarche poussive (30 km/h de moyenne sur un parcours de 138 km) qui le menait de Plouescat à Rosporden[53], à travers les monts d’Arrée via le Roc'h Trédudon mais la ligne fut supprimée en 1934. La gare était située près de Ty-Douar.

Sous le nom de « foire à l'ancienne », la foire Saint-Michel renaît depuis 1989, mais n'a pas retrouvé son lustre d'antan[54]. Son animation hétéroclite, avec*/ la participation de commerçants non sédentaires et des déballages divers d'artisans, d'artistes, de produits régionaux connaît le succès : 9 000 visiteurs pour l'édition 2009, 7 à 8 000 pour l'édition 2010.

Les ardoisières et les carrières de granite[modifier | modifier le code]

L’exploitation des ardoises a jadis constitué une activité très importante dans le Centre-Finistère. Cantonnée au XVIIIe siècle aux environs de Châteaulin, elle s’est progressivement développée vers l’est en suivant la vallée de l’Aulne (schistes carbonifères) et au nord, dans les monts d’Arrée, principalement à Commana, Sizun et Plounéour-Ménez (schistes dévoniens). La production a atteint son niveau maximal en 1923, avec un tonnage de 15 000 tonnes, soit environ 40 millions d’ardoises, d'aspect rustique, encore recherchées de nos jours par les Monuments historiques[55].

À Commana, vers 1900, on estime le nombre des carrières à environ 150 employant 400 ouvriers sur le territoire de la commune, sans compter celles exploitées dans les communes voisines (Plounéour-Ménez et Saint-Cadou en Sizun). « Les carriers apprenaient le métier dès l’âge de 10 ou 11 ans, lorsqu’ils accompagnaient leurs parents les jeudis et durant les vacances. Les femmes comme les hommes travaillaient aux carrières. Le voyage entre le bourg et les ardoisières se faisait à pied le matin comme le soir, dans la brume et le froid, sous la pluie et dans le vent de jour comme de nuit. Sous le soleil et les lourdes chaleurs, les boutoù-koat au pied, il fallait trois quarts d’heure de marche pour atteindre les carrières. Les journées de travail pouvaient durer jusqu'à 12 ou 14 heures, passées à extraire, fendre et tailler la pierre. Seule la neige pouvait contraindre les ouvriers à chômer[56] ».

En 1946 seules quatre carrières étaient encore en activité. La production a atteint son apogée dans la décennie 1950-1960[57], déclinant ensuite rapidement sous les effets de la concurrence des ardoisières de Trélazé (« ardoise d'Angers »), puis étrangères, espagnoles surtout[58]. Aujourd'hui, l'extraction est arrêtée.

Des carrières de granite ont existé depuis au moins la fin du XVIIIe siècle, moins actives toutefois que dans la localité voisine de Plounéour-Ménez.

Pendant le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les guerres du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Commana porte les noms de 126 morts pour la France originaires de la commune dont 119 endant la Première Guerre mondiale et 7 pendant la Seconde Guerre mondiale[59].

Plusieurs Commanéens ont fait partie des réseaux de résistance ou ont été déportés pendant la Deuxième Guerre mondiale, parmi eux :

  • Robert Pichon, né le 1er janvier 1925 à Commana, était dans un transport parti de Compiègne le 3 septembre 1943 et arrivé au KL Buchenwald le 4 septembre 1943 (matricule : 20406) ; il est décédé le 14 juin 1944 à Dora (Allemagne) ;
  • Jean Baptiste Sissou, né le 26 juillet 1911 à Commana, déporté à Meppen-Versen (matricule : 44230), décédé le 2 décembre 1944 à Meppen-Versen (Allemagne).
  • Charles Goulard né le 18 juin 1922, fils de François Goulard, le forgeron, a pris beaucoup de risques en devenant réfractaire au STO. Très jeune, la nuit, sur sa moto, il narguait les Allemands en se déplaçant de village en village pour distraire les populations. C'était l'excellent accordéoniste et saxophoniste du célèbre orchestre des monts d'Arrée. Il est décédé le 10 juin 2003 à Plœmeur dans le Morbihan.

« La Montagnarde », coopérative agricole[modifier | modifier le code]

Créée avant la Seconde Guerre mondiale, la coopérative agricole « La Montagnarde » a été pendant l'Entre-deux-guerres présidée par François Crenn, et François Manac'h devint son gérant à partir du 1er janvier 1938. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle contribua à contourner le rationnement, grâce aux livraisons clandestines de mouture de blé livré en fraude à la meunerie par les paysans locaux, transformées en pain par la boulangerie coopérative ; elle refusa par contre d'approvisionner les troupes d'occupation. Le 15 mars 1942, l'assemblée générale de la coopérative décide « qu’en raison du manque de main-d’œuvre chaque adhérent doit fournir une journée de coupe de bois et le transport de 2 charretées de fagots pour le chauffage du four ». La coopérative, qui joua un rôle important dans la commune pendant la seconde moitié du XXe siècle, a été dirigée pendant 45 ans par François Manac'h, aussi maire de la commune et conseiller général, qui prend sa retraite en 1978 ; André Riou lui succéda alors. La coopérative diversifie ses activités, ajoutant à la collecte du blé et sa transformation en farine, l'approvisionnement en intrants agricoles (engrais, aliments du bétail, produits phytosanitaires, quincaillerie, etc.). Des dépôts succursales furent également construits à Saint-Sauveur, Guimiliau, Sizun, Locmélar, Plounéour-Ménez et Saint-Thégonnec. En 1964, « La Montagnarde » a participé à la création d'Unicopa avant d'être reprise par le groupe coopératif Even, dont le siège est à Ploudaniel, dans la décennie 1980. En 2005, « la Montagnarde » ferme ses portes et les bâtiments, situés rue du Manoir neuf, sont vendus[60].

Démographie[modifier | modifier le code]

Le curé de Commana estime le nombre des habitants de la paroisse en 1786 à 2 500 personnes, « compris ceux de la succursale de Saint-Sauveur »[61]. Le chiffre est très probablement sous-estimé si l'on en juge par les résultats du recensement de 1793, car Saint-Sauveur a alors 638 habitants et Commana 2 664 à la même date.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 664 2 045 2 332 2 457 2 670 2 691 2 881 2 976 2 781
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 712 2 763 2 660 2 645 2 634 2 546 2 622 2 625 2 593
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 608 2 557 2 417 2 064 2 035 1 933 1 849 1 655 1 480
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 462 1 370 1 262 1 153 1 061 988 985 995 1 099
2011 - - - - - - - -
1 134 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[62] puis Insee à partir de 2004[63].)
Histogramme de l'évolution démographique
Commana : arrivée d'un mariage à l'église vers 1910.

Commentaire : Après une chute démographique brutale pendant la Révolution française (- 619 habitants en 7 ans !), la population de Commana augmente pendant la première moitié du XIXe siècle, atteignant son apogée en 1846 avec 2 976 habitants. La période 1846-1911 connaît une stagnation remarquable de la population dont le nombre ne fluctue que très légèrement en dents de scie. Le XXe siècle par contre, qui s'amorce avec la véritable saignée provoquée par la Première Guerre mondiale (-350 habitants entre 1911 et 1921) voit la population décliner régulièrement et fortement, passant de 2 414 habitants en 1911 à 988 en 1999, soit une perte de 1 429 habitants en 88 ans (-60 %). Le dernier intervalle intercensitaire 1999-2006 donne toutefois quelques raisons d'espérer la fin de cette hémorragie démographique avec la quasi-stagnation enregistrée pendant cette période. De 1998 à 2007 inclus, Commana a enregistré en 10 ans 120 naissances et 112 décès, la commune a donc un excédent naturel légèrement positif. Son solde migratoire, constamment négatif ces dernières décennies est même devenu lui aussi légèrement positif pour l'intervalle intercensitaire 1999-2006, mais au prix d'un vieillissement de la population qui rend quelque peu illusoire la maigre amélioration démographique apparemment constatée : en 1996, les 65 ans et plus étaient 220, presque autant que les 0 à 19 ans qui étaient alors 237[64].

La densité de population est de 25 habitants par km²[64]. La population, outre le gros bourg, est répartie en une vingtaine de hameaux assez gros le plus souvent : ceux du Mougau et de Quillidiec avaient respectivement 129 et 115 habitants en 1936, Roscoat 52 et Kerradennec 47 habitants[43]. Leur population a nettement décru depuis.

Malgré la crise démographique, Commna a réussi non sans mal pour l'instant à conserver son collège François-Manac'h (du nom d'un ancien maire de la commune), mais les effectifs étaient seulement de 76 élèves pour l'année scolaire 2013-2014[65].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Les maires de Commana[modifier | modifier le code]

La mairie-poste de Commana.
Liste des maires successifs depuis 1900
Période Identité Étiquette Qualité
1900 1903 François Riou    
1903 1908 Alain Martin    
1908 1910 Jean Messager    
1910 1912 Michel Messager    
1912 1919 Jean-François Martin    
1919 1929 Barthélemy Thomas    
1929 1933 Jean-François Baron    
1933 1944 Joseph Andrieux    
1944 1945 Alain Kerdilès    
1945 1981 François Manac'h    
1981 1983 Alain Paugam    
1983 1991 Jean Le Saint    
1991 1999 François Manac'h    
1999 2001 Rolland Philippe    
mars 2001 mars 2008 Raymond Lever    
Mars 2008 2014 Marie-Thérèse Lancien    
Les données manquantes sont à compléter.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Le blason de Commana.
D'argent aux trois mouchetures d'hermine de sable, au mantel renversé de gueules chargé de quatre fasces aussi d'or et d'un lion léopardé morné aussi de sable brochant en pointe.
Ce blason évoque le combat livré en 1169 à Commana, au cours duquel Conan, duc de Bretagne vainquit Guyomarch, vicomte du Léon. Les trois hermines représentent les armoiries du duché de Bretagne affrontant et dominant le lion noir du Léon. Les neuf bandes rappellent les neuf fratries qui constituaient la paroisse : la Garenne, Kerangouly, Kergoat, Kermabil, Linguinou, le Mougau, Perroz, Quillidiec et Restancaroff. Les bandes jaunes constituent le fond des armes du Léon ; les bandes rouges dépeignent combien ce combat fut sanglant.
Approuvé par décision municipale le 20 avril 1977. Déposé en préfecture le 18 mai 1977.

Enseignement, culture, langue bretonne[modifier | modifier le code]

L'École de la pierre bleue est une école, à la fois maternelle et primaire, publique intercommunale scolarisant les enfants des communes de Commana et Botmeur[66] depuis la rentrée scolaire 2010[67].

L'école Diwan : à la rentrée de septembre 2013, 71 enfants y étaient scolarisés à Diwan, soit 49,7% des enfants de la commune inscrits dans le primaire[68].Depuis plus de vingt ans, afin de financer l'école, les parents d'élèves organisent le Tro Menez Are, une grande randonnée annuelle itinérante qui draine plusieurs milliers de marcheurs.

Le collège François-Manac'h[69] est un collège public accueille une centaine de collégiens.

L’adhésion à la charte Ya d'ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le 10 mai 2010.

Activités économiques actuelles[modifier | modifier le code]

Les commerces devant l'église.

Commana possède deux entreprises originales :

  • La qualité des eaux provenant des monts d'Arrée a permis la création d'une entreprise, la société Roxane, implantée sur la zone industrielle de Ty-Douar, qui embouteille les eaux de source[8] et les commercialise sous le nom de « Monts d'Arrée ». Plus de 25 000 litres d'eau sont embouteillées chaque heure ouvrable provenant de la source Radennec-ar-Men, située à 4,8 km de là, eau réputée pour son taux de nitrates exceptionnellement peu élevé (moins de 2 mg par litre).
  • les « Poupées de Pascaline » sont une fabrique artisanale de poupées de cire, unique en France, identiques à celles d'autrefois.

Monuments et sites[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

La commune abrite deux monuments historiques :

Les autres monuments et curiosités naturelles[modifier | modifier le code]

Les moulins de Kerouat[modifier | modifier le code]

Le site a été acheté en 1971 par le département du Finistère et est géré par le parc naturel régional d'Armorique. Bâti de 1610 à 1910, le village comprend deux moulins à eau et leur système hydraulique, deux fours à pain, une maison à avancée (apoteiz) datant de 1831, et son mobilier, diverses dépendances. Près du village, une tannerie (l'ancienne tannerie Abgrall de Lampaul-Guimiliau qui a été transférée sur le site en 1995[72]) ainsi qu'un moulin à vent chandelier ont été reconstitués.

Le musée de la faune et de la flore « Art et Nature » de Kervelly[modifier | modifier le code]

Ce musée permet de découvrir les animaux, la flore et les minéraux des quatre saisons dans les monts d'Arrée.

Le manoir du Bois de la Roche[modifier | modifier le code]

Propriété privée. Il dispose d'un jardin d'agrément du XIIIe siècle.

Les kanndi[modifier | modifier le code]

Cinquante-neuf kanndi ont été recensés sur le territoire communal (source mémoire de maitrise de Claire Morvan-1994- Les buanderies dans les paroisses de Plounéour Menez, Commana et Sizun au XVIIIe siècle). Situé dans le village éponyme, le kanndi de Rozonoual, était une ancienne propriété des moines de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, a été restauré par l'association "Lichen" entre 2007 et 2013[73]. Celui de Kerdrein a fait l'objet d'un cristalisation des ruines en 2007 par la même association ("Lichen")[74] et un autre est conservé Créac'h Goarniel.

La stèle christianisée du Champ de foire[modifier | modifier le code]

Cette stèle dont l'emplacement d'origine est inconnu, date de l'âge du fer et pourrait provenir d'une nécropole protohistorique avant d'avoir été réutilisée comme borne milliaire à l'époque gallo-romaine. Déplacée, elle a été christianisée par l'ajout d'une croix figurant un Christ en croix qui pourrait remonter à l'époque médiévale[75].

Les croix et calvaires[modifier | modifier le code]

Vingt-deux calvaires et croix de chemins aux styles variés et d'époques différentes.

Le plan d'eau du lac du Drennec[modifier | modifier le code]

Possibilités d'activités nautiques, plage artificielle, sentier piétonnier, aires de repos et pique-nique, camping de 50 places, tennis et terrain de boules. Un lieu de restauration (bar-crêprerie) est ouvert en saison. Ses eaux sont presque exempts de pollution compte tenu de sa situation très en amont sur le bassin de l'Élorn.

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Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Ernest du Laurens de la Barre est né en 1819 à Quimperlé et fait ses études à Rennes. Pendant ses vacances, il aime séjourner dans la propriété de son grand-père au manoir du Bois de la Roche et s'intéresse aux contes et légendes que connaissent les paysans des alentours. En 1857, il publie Les veillées de l'Armor, puis en 1863 Sous le chaume. En 1874, il s'installe au manoir et fait paraître en 1879 un nouveau recueil Les fantômes bretons, suivi en 1885 d'un autre, posthume, Les nouveaux fantômes bretons. Il est mort en 1882 à Commana[76]. Parmi ces contes, Le veneur infernal[77] raconte un récit légendaire de la création de la cuvette du Yeun Elez et de la chapelle du mont Saint-Michel de Brasparts.
  • René Trellu (1889 - 1973) a vécu à Commana une partie de sa vie : instituteur entre 1919 et 1924, puis comme retraité et correspondant du « Télégramme de Brest et de l'Ouest » de 1942 à sa mort, survenue à Commana où il est enterré.
  • François Manac'h (né le 11 août 1918 à la Garenne en Commana, décédé) : entré en 1929 au collège public de Morlaix (actuel lycée Tristan-Corbière), il devient gérant de la coopérative « La Montagnarde » à partir du 1er janvier 1938, devant toutefois interrompre momentanément cette activité du fait de la guerre car il est mobilisé de septembre 1939 à novembre 1941. Il devint après-guerre maire de Commana et conseiller général du canton de Sizun de 1945 à 1981. Il était membre du Parti socialiste. Son nom a été donné au collège public de Commana.
  • Pierre Quéméneur, né le 19 août 1877 à Commana (Finistère) près de Landivisiau, était un entrepreneur et homme politique. Sa disparition en 1923 est à l'origine de l'affaire Seznec, célèbre affaire criminelle française.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Pierre Zaccone a écrit une nouvelle Le vannier de Taulé[78] en 1860. C'est l'histoire d'un paysan originaire de Commana venu vivre à Taulé après avoir épousé une fille du pays prénommée Maharite et condamné injustement pour avoir incendié sa ferme, également auberge, située sur la route de Morlaix à Saint-Pol-de-Léon. Revenu après des années de bagne vivre à Taulé, mais désormais mal vu par la population locale qui le tient en suspicion, surnommé le « païen » et exerçant la profession de vannier, il est finalement innocenté peu avant sa mort.

Dicton[modifier | modifier le code]

  • Voici la traduction française d'un dicton traditionnel en langue bretonne concernant Commana :

À Lampaul les cornes
À Saint-Thégonnec les bombances
À Guimiliau les mauvaises langues
Plounéour la pauvre
Commana la misérable
À Pleyber-Christ est la sagesse[79].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Morvan, Les buanderies des paroisses de Plounéour-Ménez, Commana et Sizun au XVIIIe siècle. Mémoire de maîtrise d´histoire. Université de Bretagne occidentale. Centre de recherche bretonne et celtique, Brest, 1994.
  • Commana et les monts d'Arrée, Le Goffic M., Éditions Ouest-France, Rennes, 1984.
  • Les derniers ardoisiers de Commana, Le Marc J.-P., Labbé Y., Éditions ArMen, no 39, 1991.
  • Le petit train Rosporden-Plouescat, Annick Fleitour, Éditions Ressac, Quimper, 2001 [historique de la petite ligne de chemin de fer à voie étroite qui desservait Commana de 1912 à 1935].
  • Contes des monts d'Arrée et des montagnes Noires, René Trellu, Revue Moezh ar Menez no 11, Association des Amis de l'Ecomusée des monts d'Arrée, 29450, Commana.
  • Pilhou ha Bolennou, René Trellu, éditions du Télégramme de Brest et de l'Ouest - 1971

Références[modifier | modifier le code]

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  2. http://terragate.safetyhost.net/igo/carte/geologie.pdf
  3. Bretagne environnement Lien en bas de page : [source principale] Géologie succincte du massif armoricain (Bretagne), E. Thomas (BRGM Bretagne), 2005. Fichier PDF : 1159881056-geologie-succincte-du-massif-armoricain-bretagne-.pdf
  4. a et b [PDF] http://educatif.eau-et-rivieres.asso.fr/pdf/elorn.pdf
  5. a, b, c, d, e et f Jean Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la Bretagne, vers 1780, réédition Molliex, Rennes, 1843
  6. http://pagesperso-orange.fr/commana/kerouat.htm
  7. http://pagesperso-orange.fr/commana/tourbier.htm
  8. a et b http://agriculture.118000.fr/v_commana_29/c_eau-minerale-et-eau-de-source-production/e_roxane-nord_0298780439_C0003056433
  9. L'allée couverte de Mougau-Bihan date de la fin du Néolithique et a été érigée pour servir de sépulture collective vraisemblablement à plusieurs centaines de corps de membres d'une communauté de chasseurs-cueilleurs. Longue de 14 mètres, sa largeur intérieure est comprise entre un mètre et un mètre quarante. Des gravures ornent l'intérieur de la chambre funéraire, dont des représentations de la déesse mère et de femmes symbolisées par des paires de seins et, selon l'abbé Breuil, un aviron de gouverne de bateau qui représenterait « le vaisseau psychopompe dédié au voyage des âmes vers un autre monde », une hache dont le manche est recourbé en crosse, etc. (selon Michel Le Goffic, archéologue départemental du Finistère, revue Penn ar Bed no 120, février 2011)
  10. Jean L'Helgouach, Pierre-Roland Giot et Jean-Laurent Monnier, Préhistoire de la Bretagne, éditions Ouest-France Université, 1979 (réédition 1998) page 319
  11. Jean L'Helgouach, La Bretagne. Préhistoire et protohistoire, Mondes anciens 7, éditions Arthaud, 1962
  12. Circonscription de Bretagne, revue Gallia, année 1975, volume 33, numéro 33-2, pages 333-367, disponible site Internet Persée
  13. Yves Le Diberder, le culte d'Isis en Bretagne, BSPM, 1953-1954, page 69
  14. a et b Louis Richard, Recherches récentes sur le culte d'Isis en Bretagne, Revue de l'histoire des religions, année 1969, volume 176, numéro 176-2, pages 121-151, disponible site Internet Persée
  15. Auguste Laurent, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1875
  16. a, b, c et d http://www.infobretagne.com/commana.htm
  17. http://kergranit.free.fr/Textes/Commana.htm
  18. Chanoines Peyron et Abgrall, Bulletin de la Commission diocésaine d'architecture et d'archéologie, Quimper, mai-juin 1906, page 135
  19. Pierre Le Baud, Histoire de Bretagne, avec les chroniques des maisons de Vitré et de Laval Édition d'Hozier, 1638, Google Livres
  20. http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA29000947
  21. http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA00005739
  22. http://pagesperso-orange.fr/commana/Presentation.htm#Son Blason:
  23. Amédée Guillotin de Corson, Les Templiers et les Hospitaliers de Bretagne dits Chevaliers de Malte, 1902, réédition 1976
  24. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne par Jean-Baptiste Ogée, nouvelle édition revue et augmentée par A. Marteville et P. Varin, tome 1, Rennes, 1843
  25. a et b http://fr.topic-topos.com/manoir-du-bois-de-la-roche-commana
  26. http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA00005734
  27. Arthur de La Borderie, La vicomté ou principauté de Léon, Revue de Bretagne et de Vendée, 1889, Gallica
  28. Archives départementales du Finistère, cité par Paul Peyron, "Commana", Bulletin de la Commission diocésaine d'architecture & d'archéologie, 1906, Gallica
  29. http://patrimoine.region-bretagne.fr/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA00005734&full_screen_id=ILLUSTRA567
  30. La seigneurie de Penhoët, en Saint-Thégonnec, s'étendait alors sur huit paroisses : Saint-Thégonnec, Taulé, Plouvorn, Plougar, Guiclan, Pleyber-Christ, Plounéour-Ménez et Commana
  31. Lettres-patentes portant union de fiefs à la seigneurie du Bois de la Roche, datant de 1662
  32. Arthur de La Borderie, La vicomté ou principauté du Léon, Revue de Bretagne et de Vendée, 1889, Gallica
  33. Chanoines Peyron et Abgrall, Bulletin de la Commission diocésaine d'architecture et d'archéologie, Quimper, mai-juin 1906
  34. Chanoines Peyron et Abgrall, Bulletin de la Commission diocésaine d'architecture et d'archéologie", 1906
  35. Y. Garlan et C. Nyères, Les révoltes bretonnes de 1675, page 128
  36. J. Madival et E. Laurent, Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises, imprimé par ordre du Corps législatif. 1re série, 1787-1799, Gallica
  37. a et b Enquête sur la mendicité dans le Léon effectuée par Mgr de la Marche, 1774
  38. Jean-Baptiste Ogée, mis à jour et complété par A. Marteville et Pierre Varin, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, Molliex éditeurs, 1843
  39. Jean-Marie Éléouet, Statistique agricole générale de l'arrondissement de Morlaix, imprimerie de J.-B. Lefournier aîné (Brest), 1849, Gallica
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  48. Paul Peyron et Jean-Marie Abgrall, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper, Commana, Bulletin de la Commission diocésaine d'architecture et d'archéologie, 1906, Gallica
  49. http://pagesperso-orange.fr/commana/histoire.htm#Les Maires
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  53. Annick Fleitour, « Le petit train Rosporden-Plouescat », éditions Ressac, 2001
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  60. D'après les écrits rédigés par François Manac'h, et le bulletin municipal d'informations de Commana, consultable http://www.commana.fr/cities/712/documents/qc6tc3elvxbr59.pdf
  61. Réponse du curé de Commana à une enquête de son évêque, Mgr de La Marche, 1786
  62. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
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  69. http://www.college-francois-manach-commana.ac-rennes.fr/
  70. « Notice no PA00089888 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  71. « Notice no PA00089887 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  72. http://www.lampaul-guimiliau.com/22/index_fichiers/sauvegardetannerieabgrall.html
  73. http://www.letelegramme.com/local/finistere-nord/morlaix/sizun/commana/rozonoual-le-kanndi-renait-de-ses-ruines-05-10-2011-1453550.php
  74. http://linchanvrebretagne.org/routedestoiles_fiche__ADH1278075536.html
  75. Le Goffic, Michel. Commana et les monts d'Arrée. Rennes, 1981, p. 9.
  76. http://legendeseurope.free.fr/bibliographie/biblio.htm
  77. Conte recueilli par Ernest du Laurens de la Barre et republié dans : « Contes populaires et légendes de Bretagne », rassemblés par Nathalie Bernard et Laurence Guillaume ; sous la direction de Claude Seignolle. Paris, Presses de la Renaissance, 1987. - 440 p. : ill. ; 21 cm. [ISBN 2-85616-424-2]
  78. La nouvelle est issue de La Presse littéraire. Échos de la littérature, des sciences et des arts, n° du 5 septembre 1860, Gallica
  79. Recueilli et traduit par F.L. Sauvé, Lavarou Koz a Vreiz Izel, Revue celtique, 1876-1878, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6205534r/f239.image.r=Clohars%20Fouesnant.langFR

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