Historia Brittonum

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L'Historia Brittonum est un texte daté du IXe siècle (vers 830) et attribué au Breton Nennius. Il regroupe des documents ayant trait à l'histoire de l'île de Bretagne, et notamment à celle du pays de Galles.

Histoire du texte[modifier | modifier le code]

D'après l'historien Léon Fleuriot, le noyau de l'ouvrage aurait été composé vers 630 par Rhun, le fils d'Urien, roi de Rheged, l'un des royaumes brittoniques du nord[1]. Ce serait la plus ancienne « Histoire de Bretagne », insulaire ou non, connue.

Les manuscrits se divisent en quatre familles. La première comporte notamment le Ms. Harleianus 3859 (vers 1100, copié au Pays de Galles) et le Cotton Vesp. D. XXI (XIIe siècle), très proche du précédent mais n'en dérivant pas, tous deux conservés à la British Library. La seconde incluait le « Ms. Z » de la bibliothèque de Chartres (n° 38), détruit pendant les bombardements de 1944 mais connu par des photos et l'édition de 1934 de Ferdinand Lot, contenant seulement des extraits du texte, mais de loin le manuscrit le plus ancien connu (vers 900), et provenant de Bretagne continentale (titre, transcrit fautivement : Exberta Fii Urbagen De Libro Sancti Germani Inventa, où Exberta doit représenter Excerpta, Fii être une faute pour Filii, Urbagen étant une forme ancienne d'Urien). La troisième famille attribue le texte à Gildas le Sage et comprend une quinzaine de manuscrits dont le Cotton Calig. A. VIII (XIIe siècle). La quatrième famille, qui attribue le texte à Nennius, comprend dix manuscrits, dont le Ms. B.II, 35 de la bibliothèque capitulaire de la cathédrale de Durham (XIIe siècle). C'est de cette dernière famille que dérive la version irlandaise (le Lebor Bretnach), dont l'archétype est sans doute du XIe siècle.

Contenu[modifier | modifier le code]

Le texte commence par une brève chronologie biblique remontant à la Création (De sex ætatibus mundi), puis poursuit par une histoire antique faisant d'un certain Brutus, petit-fils du Troyen Énée, le fondateur éponyme de la Bretagne. Les premiers faits rapportés reliés à l'histoire réelle sont deux tentatives de Jules César de débarquer sur l'île, suivie d'une troisième qui aurait été couronnée de succès (§ 14-15). Ensuite il est question de la conquête romaine sous le règne de Claude (§ 17), puis d'événements s'étant produits sous le Bas Empire romain, jusqu'à la fin de la domination romaine sur l'île (§ 26-27). Ensuite (§ 28-65), ce sont des récits sur l'histoire de la Bretagne insulaire indépendante à partir du Ve siècle, et notamment la résistance à la conquête saxonne. Ils sont suivis de parties intitulées De mirabilibus Britannicæ insulæ (§ 66-78), De mirabilibus Moniæ insulæ (§ 79-82) et De mirabilibus Hiberniæ (§ 83-86). Il y a ensuite un petit traité de comput.

L'Historia Brittonum est l'un des plus vieux textes faisant référence au personnage d'Arthur, en tant que chef des rois des Bretons dans les batailles (§ 62)[2]. Selon cette source, Arthur livra douze batailles contre les Saxons parmi lesquelles :

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Le texte latin se trouve dans la collection Monumenta Germaniæ Historica, section Auctores antiquissimi, sous-section 13 [Chronica minora sæcula IV. V. VI. VII., III], sous le titre Historia Brittonum cum additamentis Nenni (Berlin, 1898), p. 111-223 (en ligne).
  • Ferdinand Lot (éd.), Nennius et l'Historia Brittonum, Paris, 1934.
  • Anton Gerard van Hamel (éd.), Lebor Bretnach (version irlandaise), Dublin, 1933.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Léon Fleuriot, Les Origines de la Bretagne p. 248, 1980
  2. Jean Markale, Le Roi Arthur et la société celtique, Payot, 1976

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nennius, Historia Brittonum (Histoire des Bretons), Traduction de Christiane M. J. Kerboul-Vilhon, Éditions du Pontig, Sautron,1999.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]