Conan IV de Bretagne

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Conan IV
Sceau de Conan IV de Bretagne selon Dom Morice
Sceau de Conan IV de Bretagne selon Dom Morice
Titre
Duc de Bretagne
11561166
Prédécesseur Eudon de Porhoët
Successeur Constance de Bretagne
Comte de Richmond
1146 – 1171
Monarque Conan IV de Bretagne
Prédécesseur Alain le Noir
Successeur Constance de Bretagne
Biographie
Titre complet Duc de Bretagne
Comte de Richmond
Dynastie Maison de Penthièvre
Date de naissance 1138
Date de décès 20 février 1171
Père Alain le Noir
Mère Berthe de Bretagne
Conjoint Marguerite d'Huntingdon
Enfant(s) Constance de BretagneRed crown.png
Duc de Bretagne

Conan IV dit le Petit (vers 1135 au 20 février 1171), fils d'Alain le Noir, seigneur de Guingamp et comte de Richmond, et de la duchesse Berthe de Bretagne, fille du duc Conan III, fut comte de Richmond de 1146 à 1171 et duc de Bretagne de 1156 à 1166.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Conan né vers 1135 est mineur lorsque son père meurt en 1146, ses droits à l'« Honneur de Richmond »[1] sont reconnus pour la première fois « dans l'année où la paix a été conclue entre Étienne roi d'Angleterre et Henry, comte de Normandie [c'est-à-dire, novembre 1153 – octobre 1154] quand par la grace des dits roi et comte l'héritage de mes parents m'est restauré », comme le reconnaît sa première charte connue. Ce document est un rare souvenir d'instance de l'exécution de accord à l'amiable conclu à Winchester entre le roi Etienne d'Angleterre et Henri. Le fait que dans cet acte Conan soit nommé « comte de Richmond », indique que sa situation en Bretagne était incertaine[2].

Duc de Bretagne[modifier | modifier le code]

En 1148, son grand-père Conan III avait désigné Conan comme son héritier sous la régence d'Eudon de Porhoët, second mari de Berthe, déshéritant pour cause d'illégitimité supposée, son fils Hoël qui refuse la sentence. Hoël III se proclame son successeur, mais défait par Eudon, il doit se contenter du comté de Nantes. À l'âge de la majorité, Conan IV, se révolte contre son beau-père qui refuse de lui laisser les rênes du duché, il s'allie à Hoël mais ils sont battus par Eudon en 1154. Conan se réfugie en Angleterre auprès d'Henri II Plantagenêt qui lui confirme la possession du titre et de l'Honneur de Richmond, hérité de son père[3]

Conan reçoit une aide militaire anglaise qui lui permet de revenir en Bretagne et de rallier plusieurs féodaux, mais sa position de vassal du roi d'Angleterre provoque une révolte des seigneurs bretons sous la conduite d'Eudon de Porhoët. Ce dernier, battu, se réfugie hors de Bretagne. Conan IV est proclamé duc en 1156, mais cette même année, les Nantais chassent son oncle Hoël et choisissent pour comte le frère cadet d'Henri II, Geoffroy Plantagenêt, déjà comte du Maine et d'Anjou depuis 1156[4].

Le comté de Nantes[modifier | modifier le code]

Quand Geoffroy d'Anjou, comte de Nantes, meurt en juillet 1158, Conan IV se saisit immédiatement du comté. C'est la seule fois où il s'oppose frontalement à Henri II qui réplique en confisquant temporairement l' « Honneur de Richemond  » et en débarquant en France où Conan se hâte d'aller se soumettre à Avranches le jour de la Saint-Michel en septembre 1158 et de lui rendre le comté de Nantes. Il ne ferra plus preuve que de peu d'opposition par la suite. Il est certain que son mariage avec Marguerite d'Huntingdon, sœur du Malcolm IV, roi des Scots, en 1160 a été approuvé sinon arrangé par Henri II lui-même. Conan IV réside alors beaucoup en Angleterre entre 1156 et 1164 [5]

Révoltes[modifier | modifier le code]

Eudon de Porhoët mène une nouvelle révolte qui remporte des succès, mais offre ainsi à Henri II le prétexte[6] pour intervenir en Bretagne avec une armée qui prend Josselin en 1168. Henri II dépouille Eudon de Porhoët du Porhoët, puis, après une dernière révolte en 1173, du comté de Penthièvre.

Henri II ne tolère plus de désordre dans le duché, en particulier les nuisances apportées au commerce maritime entre ses différentes possessions (au Nord et au Sud de la Bretagne) par les naufrageurs abusant du droit de bris[7].

Dans l'intervalle un conflit avec son oncle, Henri, comte de Trégor, permet à Conan IV de confisquer à ce dernier le comté de Guingamp[8], qui à la fin de la décennie 1160 devient le centre principal de son pouvoir, beaucoup de ses chartes subsistantes ont été scellées dans cette cité plus que partout ailleurs. Mais les révoltes des féodaux bretons se poursuivent elles impliquent; Jean II de Dol-Combour, Raoul II de Fougères qui voit son château rasé et Guyomarch IV de Léon, ainsi que les intriques persistantes de son ex beau-père, Eudon de Porhoët ces événements affaiblissent encore son pouvoir altèrent probablement sa santé [2].

Abdication et mort[modifier | modifier le code]

le 31 juillet 1166 Conan IV se trouve avec Henri II à Angers lors de la « translation » du corps de Saint Brieuc[9] de l'abbaye Saint Serge & Bacchus[10] C'est à cette occasion que finalement Conan accepte officiellement de fiancer sa seule fille et héritière Constance âgée de 4 ans, au quatrième fils d' Henri II, Geoffroi, âgé de 8 ans et à lui laisser l'administration de la Bretagne afin d'obtenir plus d'aide contre ses ennemis. Il ne conserve sous son contrôle personnel que Guingamp et quelques domaines dans le diocèse de Quimper[11]

Avec son épouse Conan continue la tradition familiale d'être un bienfaiteur d'Abbayes spécialement bretonnes comme Saint Melaine de Rennes, Saint Georges de Rennes, Bégard, Saint Sulpice-des-Bois, et Sainte Croix de Quimperlé. Le prieuré de Sainte Croix de Guingamp reçoit également des donations de Conan et de Marguerite, pendant, qu'il fonde pour les cisterciens l'Abbaye Saint-Maurice de Carnoët en 1170[12] et reste en étroites relations avec les moines de l'abbaye du Mont-Saint-Michel et de Savigny[2].

Il rencontre à l'occasion Henri II avec qui il est à Angers de nouveau le 24 mars 1168 et probablement à Avranches en 1170, mais le pouvoir réel en Bretagne est exercé par Henri II plusieurs années avant la mort de Conan le 20 février 1171, quand sa fille Constance devient duchesse titulaire[2].

Sa veuve se remarie avec Humphrey (III) de Bohun, connétable d'Angleterre, et à sa mort en 1201 elle est inhumé à l'Abbaye de Sawtry dans l' Huntingdonshire. Conan avait lui été inhumé dans l'abbaye de Bégard[13].

Union et descendance[modifier | modifier le code]

De son union avec Marguerite d'Huntingdon naît :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cet « honneur » consiste en un ensemble de terres et de revenus dans le Yorkshire
  2. a, b, c et d (en) Michael Jones « Conan (IV), duke of Brittany (c.1135–1171) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre La Bretagne féodale XIe ‑ XIIIe siècle. Ouest-France Université Rennes (1987)(ISBN 9782737300141) p. 84-85.
  4. André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre op.cit p. 86
  5. André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre op.cit p. 86-87
  6. De nombreux troubles ayant éclaté dans plusieurs de ses fiefs continentaux (Normandie, Maine…), Henri II décide de se déplacer en personne remettre de l'ordre dans ses territoires
  7. Judith Everard. « Le duché de Bretagne et la politique Plantagenêt aux XIIe et XIIIe siècles », in Marin Aurell et Noël-Yves Tonnerre éditeurs. Plantagenêts et Capétiens, confrontations et héritages, colloque des 13-15 mai 2004, Poitiers. Brepols, 2006, Turnhout. Collection Histoires de famille. La parenté au Moyen Âge. ISBN 2-503-52290-4, p. 202
  8. Stéphane Morin Trégor, Goëlo, Penthièvre. Le pouvoir des Comtes de Bretagne du XIe au XIIIe siècle Presses Universitaires de Rennes & Société d'émulation des Côtes-d'Armor. Rennes 2010 (ISBN 9782753510128) p. 175
  9. qui ne reviendra finalement à Saint-Brieuc qu'en 1210
  10. Stéphane Morin Trégor, Goëlo, Penthièvre. Le pouvoir des Comtes de Bretagne du XIe au XIIIe siècle Presses Universitaires de Rennes & Société d'émulation des Côtes-d'Armor. Rennes 2010 (ISBN 9782753510128) p. 298-299.
  11. André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre op.cit p. 88
  12. Les Abbayes Bretonnes, ouvrage collectif publié par la Biennale des Abbayes Bretonnes B.A.B & Fayard (ISBN 9782213013138) p. 405
  13. Les Abbayes Bretonnes, op.cit p. 342

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Morin Trégor, Goëlo, Penthièvre. Le pouvoir des Comtes de Bretagne du XIe au XIIIe siècle Presses Universitaires de Rennes & Société d'émulation des Côtes-d'Armor. Rennes 2010 (ISBN 9782753510128).
  • André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre La Bretagne féodale XIe ‑ XIIIe siècle. Ouest-France Université Rennes (1987)(ISBN 9782737300141).
  • Étienne Gasche, Petite histoire des Rois et Ducs de Bretagne, éditions Yoran Embanner, 2006, (ISBN 2-9521446-7-2)
  • (en) Michael Jones « Conan (IV), duke of Brittany (c.1135–1171) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  • Arthur de La Borderie Histoire de la Bretagne réédition Joseph Floch Mayenne (1975) Tome troisième, « Eudon de Porhoët et Conan IV ducs de Bretagne (1148-1166) » p. 269-280.
  • Eric Borgnis Desbordes, Arthur de Bretagne (1187-1203) L'espoir breton assassiné, Yoran Embanner, 2012, ISBN978-2916579-44-3.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]