Pérotin

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Pérotin

Naissance vers 1160
Décès vers 1230
Royaume de France
Activité principale chantre, compositeur
Genre musical chant polyphonique

Pérotin[1], dit le Grand (magister Perotinus magnus : « maître[2] Pérotin le Grand »), né vers 1160 et mort vers 1230, était un compositeur français, représentatif de l'École de Notre-Dame, à Paris. Il est connu comme un des fondateurs de la musique polyphonique occidentale. En effet, de 1170 à 1240, les pratiques de cette école musicale, en plein épanouissement sous son magistère, firent évoluer l'interprétation du chant grégorien, genre musical de nature monodique dans lequel le chant à l'unisson alterne fréquemment avec une voix (ou avec un groupe restreint de chantres, également à l'unisson). En intégrant ce chant (pour les solennités seulement) à une polyphonie parfaitement élaborée et maîtrisée, Pérotin contribua à engager tout l'avenir de la musique européenne. En effet, la notion européenne de polyphonie et sa pratique furent créées dans diverses églises de l'ancien Empire de Charlemagne, avant de connaître un premier épanouissement à Notre-Dame de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Manuscrit du trope Alleluia nativitas, à 3 voix, par Pérotin, pour Fête de la Nativité du Christ (début)

Au début du XIIIe siècle, c'est en tant que maître de chapelle[3] de Notre-Dame de Paris qu'il révise le Grand Livre d'organum (Magnus liber organi), attribué à son prédécesseur Léonin (magister Leoninus). Vers 1200, il compose des œuvres à trois ou quatre voix, en déchant, ce qui constitue une étape importante dans le développement de la polyphonie ; l'organum n'était jusqu'alors qu'une composition musicale à deux voix, dont la partie secondaire, appelée voix organale, était fixée à la quarte supérieure ou à la quinte inférieure du ténor (la teneur) chanté en grégorien et choisi comme partie principale, puisqu'elle était celle qui « tenait » le chant.

Vers 1275, Pérotin est qualifié de discantor optimus, c'est-à-dire de « meilleur déchanteur », ce qui le désignait donc comme chanteur ou compositeur de déchant (le déchant étant à l'origine improvisé).

Ce que l'on connaît sur Pérotin est issu des notes de cours d'un étudiant anglais, venu à Paris à cette époque et désigné par le musicologue flamand Edmond de Coussemaker, en 1875, sous le nom d'Anonyme IV.

Pérotin reste pour nous le principal représentant de l'École de Notre-Dame.

Dès 1875, certaines de ses compositions ont été reproduites par Edmond de Coussemaker dans son Art harmonique aux XIIe et XIIIe siècles.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Viderunt omnes (1198)
  • Sederunt principes (1199)
  • Alleluia Posui adjutorium
  • Alleluia Nativitas
  • Dum sigillum summi Patris
  • Beata viscera (vers 1220)

Influences actuelles[modifier | modifier le code]

En musique contemporaine, des œuvres de l'américain Steve Reich, comme Proverb, sont directement inspirées des compositions de Pérotin. Son influence est également présente chez un autre compositeur, beaucoup plus spécialisé dans la musique sacrée, l'estonien Arvo Pärt.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Perotin Viderunt omnes, Veni creator spiritus, Alleluia posui adjutorium, O Maria virgine, Dum sigillum, Isaias cecinit, Alleluia nativitas, Beata viscera, Sederunt principes, The Hilliard Ensemble, Dir. Paul Hillier (1988 - ECM New Series 1385)
  • École Notre-Dame, Messe de la Nativité de la Vierge, Ensemble Organum, Dir. Marcel Pérès (1994 - Harmonia Mundi HMA 1901538)
  • Pérotin & l'École de Notre-Dame, 1165-1245 - Ensemble Gilles Binchois, Dir. Dominique Vellard (Ambroisie AMB 9947)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Diminutif pour Pierre.
  2. Le mot "maître", par lequel il était désigné, n'avait aucune signification de déférence, mais se rapportait uniquement au titre et à la fonction qui lui étaient accordés.
  3. Cette expression date du XIXe siècle. On disait plutôt « maître de musique » (« magister musicæ »).