Claude Lévi-Strauss

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Claude Lévi-Strauss, né Gustave Claude Lévi[1] le 28 novembre 1908 à Bruxelles[2] et mort le 30 octobre 2009 (à 100 ans) en son domicile, 2 rue des Marronniers, dans le 16e arrondissement de Paris[3],[4],[5], est un anthropologue et ethnologue français qui a exercé une influence décisive sur les sciences humaines dans la seconde moitié du XXe siècle, devenant notamment l'une des figures fondatrices du structuralisme.

Professeur honoraire au Collège de France, il y a occupé la chaire d'anthropologie sociale de 1959 à 1982. Il était également membre de l'Académie française dont il est devenu le premier centenaire[6].

Depuis ses premiers travaux sur les peuples indigènes du Brésil, qu'il avait étudiés sur le terrain entre 1935 et 1939, et la publication de sa thèse Les Structures élémentaires de la parenté en 1949, il a produit une œuvre scientifique dont les apports ont été reconnus au niveau international[7]. Il a ainsi consacré une tétralogie, les Mythologiques, à l'étude des mythes. Mais il a également publié des ouvrages qui sortent du strict cadre des études académiques, dont le plus célèbre, Tristes Tropiques, publié en 1955, l'a fait connaître et apprécier d'un vaste cercle de lecteurs.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Claude Lévi-Strauss, issu d'une famille d'artistes[8], d'ancêtres juifs alsaciens[9] des environs de Strasbourg, est né à Bruxelles de parents français. Il est le fils de Raymond Lévi, artiste peintre portraitiste, et d’Emma Lévy[1],[10]. La famille réside à Paris. Son père fut ruiné par l'arrivée de la photographie[11]. Influencé par les impressionnistes, son père lui donnait des estampes japonaises en récompense de ses succès scolaires (Claude Lévi-Strauss vouera une passion au Japon, pays qu'il découvrira de 1977 jusqu’en 1988[12]). Son grand-père maternel, avec qui il a vécu lors de la Première Guerre mondiale, était le rabbin de la synagogue de Versailles[11]. Il est aussi l'arrière-petit-fils d'Isaac Strauss, chef d'orchestre à la cour sous Louis-Philippe, puis sous Napoléon III[8].

Il s'installe dans le 16e arrondissement de Paris pour suivre ses études secondaires, d'abord au lycée Janson-de-Sailly puis au lycée Condorcet[13]. À la fin de ses années de lycée, il rencontre un jeune socialiste d'un parti belge et s'engage alors à gauche[11]. Il découvre rapidement les références littéraires de ce parti qui lui étaient jusqu'alors inconnues, incluant Karl Marx et Karl Kautsky. Il est ensuite militant au sein de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), chargé d’animer le Groupe d’Études Socialistes, puis d'assumer le rôle de Secrétaire Général des Étudiants Socialistes[14]. En 1928, il devient secrétaire parlementaire du député socialiste Georges Monnet[15].

Il poursuit ses études à la Faculté de droit de Paris, où il obtient sa licence, avant d'être admis à la Sorbonne. Il y est reçu troisième à l'agrégation de philosophie en 1931, et obtient un doctorat ès lettres en 1948.

Il se maria à Dina Dreyfus en 1932, une ethnologue française qui l'a initié et converti à cette discipline, lui qui était de formation juridique et littéraire. Ils se séparent en 1939. Il épouse ensuite Rose-Marie Ullmo en 1946, la mère de son fils Laurent, et plus tard en 1954 il épouse Monique Roman, la mère de son fils Matthieu[16].

Si ses activités militantes cessent après son départ en mission pour le Brésil en 1935, Claude Lévi-Strauss a failli faire une carrière politique à l'instar de nombreuses personnes qu'il fréquentait dans ces années-là. Comme l'écrit son biographe Denis Bertholet : « Sa vie militante a duré plus de huit ans. Il y a cru, il a pensé faire carrière[17]. » Il se décrit lui-même plus tard comme un anarchiste de droite[8].

Missions ethnographiques et premières fonctions académiques[modifier | modifier le code]

Après deux ans d'enseignement de la philosophie au lycée Victor-Duruy de Mont-de-Marsan et au lycée de Laon, le directeur de l'École normale supérieure, Célestin Bouglé, lui téléphone pour lui proposer de devenir membre de la mission universitaire au Brésil, en tant que professeur de sociologie à l'université de São Paulo, où il enseigne de 1935 à 1938. C'est ce coup de téléphone qui a décidé de la vocation ethnographique de Lévi-Strauss, expliquera ce dernier dans Tristes Tropiques[18]. De 1935 à 1939, il organise et dirige avec sa première femme Dina, ethnologue de formation, plusieurs missions ethnographiques dans le Mato Grosso et en Amazonie. « L'ethnologie jette un pont entre psychanalyse et marxisme d'un côté, géologie de l'autre. Lévi-Strauss a trouvé la science dans laquelle se marient toutes ses passions antérieures », écrit son biographe Denis Bertholet[19].

En 1938, l'expédition conduite par Claude et Dina Lévi-Strauss traverse l'État du Mato Grosso. Ils partent de Cuiabá, une ancienne ville pionnière de chercheurs d'or, à bord d'une Ford 34. À partir de Diamantino, ils suivent avec des chars à bœufs une ligne télégraphique qui traverse le Cerrado, une brousse à la végétation très dense. Ils rencontrent les Nambikwara dont ils rapportent une documentation fournie et 200 photos. En raison d'une infection des yeux, plusieurs membres de l'équipe, parmi lesquels Dina Lévi-Strauss, doivent abandonner la mission. Dina rentre à São Paulo, puis à Paris. Le couple se sépara en 1939. Claude Lévi-Strauss poursuit l'expédition avec quelques compagnons. Ils visitent les peuples autochtones Mundé (en) et Tupi Kawahib dans l'État du Rondônia. Toutes ces missions auprès de populations autochtones permettent à Lévi-Strauss de réunir les premiers matériaux qui seront à la base de sa thèse sur Les Structures élémentaires de la parenté, soutenue en 1949.

De retour en France à la veille de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé en 1939-1940 sur la ligne Maginot comme agent de liaison, puis affecté au lycée de Montpellier, après sa révocation en 1940 en raison des lois raciales de Vichy. Il quitte la France en 1941[11] pour se réfugier à New York, alors haut lieu de bouillonnement culturel. En 1942, il rallie la France libre, l'organisation de résistance extérieure fondée par le général de Gaulle et travaille comme speaker à l’Office of War Information puis enseigne à la New School for Social Research[20]. La rencontre avec Roman Jakobson (qui lui est présenté par Alexandre Koyré[21]), dont il suit les cours et devient un proche[22], est décisive sur un plan intellectuel. La linguistique structurale lui apporte les éléments théoriques qui lui faisaient jusqu'à présent défaut pour mener à bien son travail d'ethnologue sur les systèmes de parenté. Il est engagé volontaire dans les Forces françaises libres et affecté à la mission scientifique française aux États-Unis. Il fonde avec Henri Focillon, Jacques Maritain, Jean Perrin et d'autres l'École libre des hautes études de New York en février 1942[23].

Apogée scientifique[modifier | modifier le code]

Fronton du Collège de France.

Rappelé en France en 1944 par le ministère des Affaires étrangères, il retourne aux États-Unis en 1945 pour y occuper les fonctions de conseiller culturel auprès de l'ambassade de France[24]. Il démissionne en 1948 pour se consacrer à son travail scientifique. En 1949, il publie sa thèse Les Structures élémentaires de la parenté[11]. Cette même année, il devient sous-directeur du musée de l'Homme, puis, sollicité par Lucien Febvre, il obtient une chaire de directeur d'études à la Ve section de l'École pratique des hautes études, chaire des religions comparées des peuples sans écriture[25].

Il publie en 1955 dans la collection Terre Humaine créée par Jean Malaurie chez Plon, son livre le plus accessible et le plus célèbre, Tristes Tropiques. Ce livre, à mi-chemin de l'autobiographie, de la méditation philosophique et du témoignage ethnographique, connaît un énorme succès public et critique : de Raymond Aron à Maurice Blanchot, de Georges Bataille à Michel Leiris, de nombreux intellectuels applaudissent à la publication de cet ouvrage qui sort des sentiers battus de l'ethnologie[26]. Avec la publication de son recueil d'Anthropologie structurale en 1958, il jette les bases de son travail théorique en matière d'étude des peuples premiers et de leurs mythes.

En 1959, après deux échecs, il est élu professeur au Collège de France, à la chaire d'anthropologie sociale[27]. Parmi les mandarins de l'Université, seul Georges Gurvitch ne voit pas d'un bon œil l'élection de Lévi-Strauss mais, explique Denis Bertholet, « Lévi-Strauss n'a plus aucune raison de s'expliquer avec son concurrent »[28]. À l'été 1960 est mise en place la structure d'un laboratoire d'anthropologie sociale qui relève à la fois du Collège de France et de l'École pratique des hautes études[29]. Il propose à l'anthropologue Isac Chiva de codiriger ce laboratoire d'anthropologie sociale. Il obtient de Fernand Braudel que le seul exemplaire européen des Human Relations Area Files (en) produit par l'Université Yale soit confié au nouveau laboratoire, ce qui fait de cette nouvelle structure « avant même d'avoir lancé recherches et missions […] un centre de référence en matière ethnographique »[30].

Il fonde en 1961 avec Émile Benveniste et Pierre Gourou la revue L'Homme qui s'ouvre aux multiples courants de l'ethnologie et de l'anthropologie, et cherche à favoriser l'approche interdisciplinaire.

Du début des années 1960 au début des années 1970, il se consacre à l'étude des mythes, en particulier la mythologie amérindienne. Ces études – les Mythologiques – donnent lieu à la publication de plusieurs volumes dont le premier, Le Cru et le Cuit, paraît en 1964. C'est à cette époque que le milieu intellectuel, dont Les Temps Modernes, commence à faire entendre des critiques sur la pensée de Lévi-Strauss. Mais c'est également à partir de 1970, l'époque où son œuvre commence à être étudiée pour elle-même, avec la publication de Claude Lévi-Strauss. The Anthropologist as a Hero par les presses du MIT[31], et du livre que lui a consacré l'anthropologue britannique Edmund Leach[32]. Il donne de nombreux entretiens à la presse grâce auxquels, selon Denis Bertholet, il peut présenter « sous une forme vulgarisée les idées qui lui tiennent à cœur » et à ce titre, « dans les années 1960, avant que l'écologie ne devienne une idéologie et un parti […] Lévi-Strauss, par ses vues distantes et sévères, lui a sans doute donné, hors de tout effet de pathos, sa formulation la plus radicale »[33]. Ce fut un précurseur dans le domaine de l'écologie, il a notamment oeuvré à la réhabilitation de la pensée primitive[34]. Il fut également membre du conseil d'administration du Centre Royaumont pour une Science de l’Homme[35].

Il est élu en mai 1973 à l'Académie française. Comme le veut la tradition, il fait l'éloge de son prédécesseur, Henry de Montherlant, et Roger Caillois prononçant – à la demande de Lévi-Strauss – le discours de « réponse », en profite pour lancer « une série de flèches empoisonnées » sur sa méthode et ses présupposés scientifiques[36]. Son entrée à l'Académie française suscite autant d'interrogations au sein de la Coupole que parmi ses amis et collaborateurs[36].

Lévi-Strauss poursuit ses recherches sur la mythologie : Myth and Meaning (1978), La potière jalouse (1985), et enfin Histoire de Lynx (1991) qui clôt un travail entamé quarante ans plus tôt.

En 1982, il prend sa retraite et quitte son poste au Collège de France. Il pèse de toute son influence pour que Françoise Héritier, sa collaboratrice de longue date, lui succède[37]. Il continue cependant à venir au moins une fois par semaine au laboratoire pour y recevoir de jeunes chercheurs, « toujours prêt à échanger » comme le souligne Françoise Héritier[38].

Dernières années[modifier | modifier le code]

À partir de 1994, Claude Lévi-Strauss publie moins[39]. Il continue toutefois à donner régulièrement des comptes rendus de lecture pour la revue L'Homme. En 1998, à l'occasion de son quatre-vingt-dixième anniversaire, la revue Critique lui dédie un numéro spécial dirigé par Marc Augé, et une réception a lieu au Collège de France. Lévi-Strauss évoque sans détour la vieillesse et déclare notamment : « [il y a] aujourd'hui pour moi un moi réel, qui n'est plus que le quart ou la moitié d'un homme, et un moi virtuel qui conserve encore une vive idée du tout. Le moi virtuel dresse un projet de livre, commence à en organiser les chapitres, et dit au moi réel : « C'est à toi de continuer. » Et le moi réel, qui ne peut plus, dit au moi virtuel : « C'est ton affaire. C'est toi seul qui vois la totalité. » Ma vie se déroule à présent dans ce dialogue très étrange[40]. »

Il donne pour un numéro de L'Homme d'avril-septembre 2002 consacré à « La question de parenté » une postface dans laquelle il se félicite de constater que les lois et règles de fonctionnement qu'il a mises au jour « restent au cœur des travaux contemporains », selon l'expression de Denis Bertholet[41].

Au début de l'année 2005, lors d'une de ses dernières apparitions à la télévision française, il déclare, reprenant en des termes très proches un sentiment qu'il avait déjà exprimé en 1972 (entretien avec Jean José Marchand) et en 1984 (entretien avec Bernard Pivot) : « Ce que je constate : ce sont les ravages actuels ; c'est la disparition effrayante des espèces vivantes, qu'elles soient végétales ou animales ; et le fait que du fait même de sa densité actuelle, l'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne – si je puis dire – et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime »[42].

En mai 2008, une partie de son œuvre, sélectionnée par Lévi-Strauss lui-même, est publiée dans un volume de la Bibliothèque de la Pléiade sous le titre d'Œuvres[43]. Le choix de la collection prestigieuse de la maison Gallimard apparaît à Emmanuel Désveaux comme un « embaumement de l’œuvre lévi-straussienne » et l'ensemble du projet éditorial ne permet pas à ses yeux de faire efficacement place à la réflexion anthropologique « extrêmement puissante » de l'auteur[44]. C'est également le sentiment de Maurice Bloch qui remarque, de concert avec l'introduction « impertinente » rédigée par Vincent Debaene pour ce volume, que la « France préfère de loin se représenter ses grands scientifiques et penseurs en grandes figures littéraires plutôt que les célébrer pour ce qu'ils ont dit ou découvert »[45].

Le 28 novembre 2008, à l'occasion de son centenaire, de nombreuses manifestations sont organisées. Le musée du quai Branly lui dédie une journée au cours de laquelle, devant une affluence record, des écrivains, des scientifiques et des artistes lisent un choix de ses textes. L'Académie française l'honore également, le 27 novembre, en fêtant le premier académicien centenaire de son histoire. La Bibliothèque nationale de France organise une journée au cours de laquelle les visiteurs découvrent les manuscrits, les carnets de voyages, les croquis, les notes, et même la machine à écrire, de l'anthropologue.

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, se rend au domicile parisien de Lévi-Strauss en compagnie d'Hélène Carrère d'Encausse pour s'entretenir avec lui de « l'avenir de nos sociétés »[46].

La ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, annonce pour son centenaire la création d’un Prix Claude Lévi-Strauss, d’un montant de 100 000 euros qui doit récompenser chaque année le « meilleur chercheur » dans les disciplines telles que l’histoire, l’anthropologie, les sciences sociales ou l'archéologie[47]. Son premier lauréat est, en juin 2009, l'anthropologue Dan Sperber[48].

Claude Lévi-Strauss meurt le vendredi 30 octobre 2009 d'une crise cardiaque chez lui à Paris[4],[5]. Il est inhumé dans l'intimité à Lignerolles (Côte-d'Or) trois jours plus tard[49]. À l'annonce de son décès le 3 novembre 2009, Roger-Pol Droit dresse pour Le Monde le portrait d'un homme qui « ne dissociait pas la défense de la diversité culturelle et celle de la diversité naturelle »[50]. Robert Maggiori, pour Libération, estime que l'héritage le plus « sacré » de Lévi-Strauss « est l’idée que les cultures ont la même force et la même dignité, parce qu’on trouve en chacune, aussi éloignée soit-elle des autres, des éléments poétiques, musicaux, mythiques qui sont communs »[51]. Dans The Guardian, Maurice Bloch souligne que, malgré l'étiquette structuraliste utilisée par de nombreux auteurs, Lévi-Strauss n'a pas fait réellement école, et demeure une « figure solitaire, mais imposante, de l'histoire de la pensée », en raison notamment de son positionnement philosophique naturaliste[45].

Françoise Héritier, qui lui a succédé au Collège de France, résume ainsi son héritage : « Nous avons découvert avec stupéfaction qu'il y avait des mondes qui n'agissaient pas comme nous. Mais aussi que derrière cette différence apparente, derrière cette rupture radicale avec notre propre réalité, on pouvait mettre en évidence des appareils cognitifs communs. Ainsi, nous prenions à la fois conscience de la différence et de l'universalité. Tel est son principal legs, encore aujourd'hui : nous sommes tous très différents, oui, mais nous pouvons nous entendre, car nos structures mentales fonctionnent de la même manière[38]. » Elle confie encore : « Bien sûr, dans les rapports individuels, il fut un être d'amitié, de confiance, qui a toujours protégé celles et ceux qui ont travaillé avec lui. Mais il n'a jamais accepté la moindre familiarité. Il avait un regard d'éléphant, avec ce petit œil perçant qui vous mettait à nu. Quand on était en face de lui, on se désagrégeait, il fallait beaucoup de courage pour se reconstituer. Du reste, en dehors de sa famille ou de ses camarades d'école, y a-t-il eu des personnes qui ont tutoyé Lévi-Strauss ? J'en doute[38]. »

Travaux[modifier | modifier le code]

Structuralisme[modifier | modifier le code]

Claude Lévi-Strauss a appliqué à l'anthropologie l'analyse structurale exploitée dans le domaine linguistique par Ferdinand de Saussure puis Roman Jakobson et Troubetzkoy. Son ambition est de découvrir les lois d'organisation présidant aux sociétés autochtones dans lesquelles il a vécu, en s'attachant d'abord à comprendre les systèmes de parenté. L'anthropologie prenait traditionnellement comme objet fondamental de son étude la famille, considérée comme une unité autonome composée d'un mari, d'une femme et de leurs enfants, et tenait pour secondaires les neveux, cousins, oncles, tantes et grands-parents. Lévi-Strauss estime que, de manière analogue à la « valeur linguistique » chez Saussure, les familles n'acquièrent des identités déterminées que par les relations qu'elles entretiennent les unes avec les autres. Il renverse ainsi le point de vue traditionnel de l'anthropologie en mettant en premier les membres secondaires de la famille et en centrant son analyse sur les relations entre les unités plutôt que sur les unités elles-mêmes[52].

En analysant comment se forment les identités au cours des mariages intertribaux, Lévi-Strauss remarque que la relation entre un oncle et son neveu (A) est à la relation entre un frère et sa sœur (B) ce que la relation entre un père et son fils (C) est à celle qui relie un mari à sa femme (D) : A est à B ce que C est à D. De la sorte, si nous connaissons A, B et C, nous pouvons prédire D. L'objectif de l'anthropologie structurale de Lévi-Strauss est donc d'extraire de masses de données empiriques des relations générales entre des unités, ce qui permet d'isoler des lois à valeur prédictive, telles que : « A est à B ce que C est à D »[52].

Dans les Structures élémentaires de la parenté, avec l'aide ponctuelle du mathématicien André Weil[53], il dégage le concept de structure élémentaire de parenté en utilisant la notion de groupe de Klein[54].

Étude du mythe : la formule canonique[modifier | modifier le code]

Fasciné par les ressemblances apparentes entre les mythes du monde entier, Lévi-Strauss rejette d'emblée l'idée que ceux-ci puissent « se réduire tous à un jeu gratuit, à une forme grossière de spéculation philosophique[55] ». Ce qui importe, c'est la substance du mythe, et celle-ci « ne se trouve ni dans le style, ni dans le mode de narration, ni dans la syntaxe, mais dans l'histoire qui y est racontée » (1958 : 232). Partant de l'idée qu'il n'y a pas une version unique « authentique » du mythe mais que toutes les versions sont des manifestations d'un même langage, il développe une méthode d'analyse calquée sur la linguistique. Le mythe est d'autant plus justiciable d'une analyse de ce genre qu'il relève lui-même du discours : « (…) modes du langage, les mythes et les contes en font un usage hyper-structural : ils forment, pourrait-on dire, un métalangage où la structure est opérante à tous les niveaux[56].

Dans le mythe, les unités de base ne sont évidemment pas les phonèmes, mais les mythèmes, lesquels se situent au niveau de « la phrase la plus courte possible » (1958 : 233). Le personnage mythique, « loin de constituer une entité, est, à la manière du phonème tel que le conçoit Roman Jakobson, un faisceau d'éléments différentiels » (1973 : 162). Un mythe est donc récrit en une série de propositions, chacune consistant en la relation entre une fonction et un sujet. Les propositions pourvues de la même fonction sont regroupées sous le même numéro : il s'agit des mythèmes[57].

Examinant les relations entre les mythèmes, Lévi-Strauss en arrive à la conclusion qu'un mythe consiste uniquement en oppositions binaires. Le mythe d'Œdipe, par exemple, est à la fois l'exagération et la sous-évaluation des relations de sang, l'affirmation d'une origine autochtone de l'humanité et le déni de cette origine. Sous l'influence de Hegel, Lévi-Strauss pense que l'esprit humain organise fondamentalement sa pensée autour de telles oppositions binaires et de leur unification (thèse, antithèse, synthèse), ce mécanisme permettant de rendre la signification possible. De plus, il considère que le mythe est un stratagème habile qui transforme une opposition binaire inconciliable en une opposition binaire conciliable, créant ainsi l'illusion ou la croyance qu'elle a été résolue[57].

Dans cette méthode d'analyse, l'accent est mis non pas sur les enchaînements syntaxiques entre les divers moments du récit, mais sur les oppositions paradigmatiques qui sous-tendent la dynamique profonde des événements et donnent au mythe sa signification : le cru et le cuit, le ciel et la terre, le soleil et la lune, etc. Ce choix s'appuie sur le fait que le mythe joue beaucoup plus nettement sur les oppositions que ne le fait le conte, dans lequel les contradictions sont affaiblies et se situent à un niveau social ou moral plutôt que cosmologique ou métaphysique (1973 : 154 ; 1968 : 105). Cette importance des relations d'opposition entraîne l'analyste à délaisser la trame temporelle du récit pour se concentrer sur les articulations logiques qui forment sa structure matricielle. Par ailleurs, Lévi-Strauss justifie l'élimination du temps en montrant que, dans le mythe, le temps est foncièrement autre, en quelque sorte immobile : en plus de se rapporter toujours à des événements passés, le mythe attribue au dénouement du récit une valeur définitive et se présente comme « un schème doué d'une efficacité permanente » (1958 : 231). Ce désinvestissement de la trame temporelle amène l'anthropologue à chercher un mode de formalisation du récit bien différent du modèle de Vladimir Propp, qui est récusé précisément en raison de sa dimension chronologique (1973 : 164).

Lévi-Strauss observe par ailleurs, dans ces mythes, la récurrence des oppositions binaires entre le cru et le cuit d’une part et le cru et le pourri d’autre part, à la base de son modèle du triangle culinaire[58]. Il considère que l’acte de cuisson donne lieu à une transformation culturelle et la putréfaction à une transformation naturelle (1964 : 152). La cuisine, entendue comme cuisson des aliments, est pour lui une forme de médiation entre nature et culture (idem : 342). Il considère par ailleurs que les mythes d’origine du feu partagent la même structure de ceux de l’origine de la cuisine, diamétralement opposée à celle des mythes de l’origine de l’eau qui sont pour leur part analogues à celle des mythes de l’origine des plantes cultivées (idem : 197).

Enfin, l'élimination du syntagmatique sera d'autant plus éclatante qu'on réussira à rendre compte du récit au moyen d'une formule mathématique, emblème du scientifique. Tout récit mythique se ramène ainsi à une série de rapports binaires entre éléments positifs et négatifs ou, mieux encore, à une formule algébrique dite formule canonique du mythe: Fx (a) : Fy (b) :: Fx (b) : Fa-1 (y). Selon cette équation, le mythe présente deux termes (a et b) ainsi que deux fonctions (x et y). Une relation d'équivalence est posée entre deux situations, définies respectivement par une inversion des termes (a devient non-a) et des relations, la fonction de a s'appliquant ensuite à b[59].

L'entreprise de mathématisation du récit amorcée par Lévi-Strauss n'a pas été sans soulever de fortes résistances. C'est peut-être ce qui a incité l'ethnologue à minimiser par la suite la place de cette formalisation mathématique et à la décrire comme un instrument quasi métaphorique, choisi en raison de sa commodité typographique et parce qu'il permet au lecteur « d'appréhender d'un coup d'œil des ensembles complexes de relations et de transformations » (1964 : 39)[60].

Si Propp a été le premier à ouvrir le récit à des manipulations symboliques, et à représenter celui-ci par une formule où sont énumérées les fonctions particulières qui le constituent, Lévi-Strauss est allé beaucoup plus loin. En enlevant au récit sa composante temporelle, il a pu se concentrer sur les relations paradigmatiques et aboutir à un modèle plus réduit et plus formalisé, ce qui serait un gain manifeste par rapport au schéma de Propp[61].

Reprise et transformation du modèle[modifier | modifier le code]

Les anthropologues Elli Köngas et Pierre Maranda ont repris et réinterprété le schéma du mythe proposé par Lévi-Strauss en montrant que le terme a est l'élément dynamique, alors que b est le médiateur, car il passe d'une fonction à l'autre sans être altéré. Le processus de médiation produit donc un développement des oppositions en spirale, le destin des deux personnages qui s'affrontent n'étant pas rigoureusement symétrique. Au lieu de chercher à expliquer tous les textes mythiques au moyen d'une formule unique, ces chercheurs ont analysé les récits en fonction du résultat du processus de médiation[62].

Critiques[modifier | modifier le code]

Diverses critiques ont été faites à l'approche de Lévi-Strauss :

  • Jacques Derrida a reproché à l'ethnologue, dans un article qui déconstruit ses postulats, de ne pas avoir vu que « l'absence de signifié transcendantal étendait à l'infini le champ et le jeu de la signification » au lieu de la stabiliser dans une « structuralité de la structure » qui tiendrait par elle-même[63].
  • Hans Robert Jauss, se plaçant du point de vue d'une esthétique de la réception, reproche à cette analyse du mythe d'avoir ramené l'œuvre littéraire à l'expression symbolique de structures logiques et de « laisser échapper ainsi la fonction sociale par excellence de la littérature, sa fonction de cohésion sociale[64]
  • Pierre Bourdieu dénonce lui aussi cette « mise entre parenthèses du social » et reproche à l'ethnologue d'avoir réduit son objet d'étude à une analyse purement interne et formelle[65].

Il est vrai, comme l'a souligné Mélétinski, que l'intérêt premier de Lévi-Strauss porte sur l'analyse de la structure de la pensée mythique plutôt que sur le récit comme tel[66]. L'ethnologue est satisfait lorsqu'il peut montrer la parenté, sous une forme inversée, entre le conte de Cendrillon et Ash-Boy, alors que les cultures qui ont produit ces récits ne semblent jamais avoir pu être en contact. Ce qui le fascine, en somme, c'est d'étudier le fonctionnement de la pensée humaine, dont les constantes transcendent les époques et les cultures, et de montrer que « l'homme a toujours pensé aussi bien » (1958 : 255)[67].

Cette quête moderne des universaux est peut-être la caractéristique fondamentale du projet lévi-straussien. Reconnaissant la parenté de sa démarche avec celle du rationalisme kantien, l'anthropologue affirme sa volonté de rechercher des « lois opérant à un niveau plus profond[68] ». Ce n'est plus seulement la pensée mythique, telle qu'elle s'exprime dans des récits mythiques, qu'il veut cerner, mais la nature même de l'esprit, dans son immanence : « si l'esprit humain apparaît déterminé jusque dans ses mythes, alors a fortiori il doit l'être partout[68]».

Critiques féministes[69] dans les années 70:

De nombreuses sociologues[réf. nécessaire] ont questionné l'absence des distinctions de genres dans les analyses de Claude Lévi-Strauss, parfois de manière à exclure totalement les femmes de ses considérations: la phrase de "Tristes tropiques" est célèbre à cet égard: "Le village entier partit le lendemain dans une trentaine de pirogues, nous laissant seuls avec les femmes et les enfants dans les maisons abandonnées." Cette absence des distinctions contraste avec les avancées dans l'analyse de la parenté faites par Françoise Héritier, grâce à une vision considérant l'ensemble des acteurs d'un groupe social, et non seulement les mâles adultes.

La position de Lévi-Strauss à propos de l'ethnologie (et pas seulement) trouve un critique sévère dans Tzvetan Todorov, qui lui dédie une analyse profonde dans son livre Nous et les autres : "On pourrait en conclure que Lévi-Strauss se contredit. Identification et distanciation, termes antinomiques, sont affirmées simultanément ; le relativisme cognitif est à la fois superficiel et profond. On pourrait ajouter que cette impression ne s'explique pas par une évolution de la pensée, car elle se produit à l'intérieur des mêmes textes [...]. Ce qu'on peut lui reprocher n'est pas le manque de vérité de chacun d'entre eux [les énoncés discordants de L-S], mais l'absence d'un effort pour les articuler de façon explicite (et donc pour éliminer l'impression de contradiction), due peut-être à un goût pour les formules tranchantes." (p. 121 Éditions du Seuil 1989).

Dans Pourquoi des philosophes (chapitre VIII), Jean-François Revel reproche à Lévi-Strauss une méthodologie peu rigoureuse. Lévi-Strauss se défendra dans Anthropologie structurale. Revel répliquera de nouveau dans le chapitre III de La cabale des dévots.

Étude des relations de parenté[modifier | modifier le code]

À l'aide de la méthode structuraliste, Lévi-Strauss a donné un nouveau souffle aux études de la parenté. Il est le premier à insister sur l'importance de l'alliance au sein des structures de parenté, et a mis en évidence la nécessité de l'échange et de la réciprocité découlant du principe de prohibition de l'inceste. Dans cette optique, il a été jusqu'à avancer l'idée que toute société humaine est fondée sur une unité minimale de parenté : l'atome de parenté. Cette théorie globale est connue plus communément sous le nom de « théorie de l'alliance ».

Distinctions, décorations, récompenses[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations françaises et étrangères[modifier | modifier le code]

Prix et médailles[modifier | modifier le code]

Docteur honoris causa[modifier | modifier le code]

Il est docteur honoris causa des universités suivantes (par ordre alphabétique) :

Œuvres (premières éditions)[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive ; la plupart des titres sont aujourd'hui disponibles en collection poche.

  • Gracchus Babeuf et le Communisme, publié par la maison d'édition du Parti ouvrier belge L'églantine en 1926.
  • La Vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara, Paris, Société des américanistes, 1948.
  • Les Structures élémentaires de la parenté, Paris, PUF, 1949 (prix Paul Pelliot du Collège de France) ; nouv. éd. revue, La Haye-Paris, Mouton, 1968.
  • « Introduction à l'œuvre de Marcel Mauss », dans Marcel Mauss, Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1950.
  • Race et Histoire, Paris, UNESCO, 1952.
  • Tristes Tropiques, Plon, Paris, 1955.
  • Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958 ; nombreuses rééd. Pocket, 1997. (ISBN 2-266-07754-6)
  • Le Totémisme aujourd'hui, Paris, PUF, 1962.
  • La Pensée sauvage, Paris, Plon, 1962.
  • Mythologiques, t. I : Le Cru et le cuit, Paris, Plon, 1964.
  • Mythologiques, t. II : Du miel aux cendres, Paris, Plon, 1967.
  • Mythologiques, t. III : L'Origine des manières de table, Paris, Plon, 1968.
  • Mythologiques, t. IV : L'Homme nu, Paris, Plon, 1971.
  • Race et Culture (conférence à l'UNESCO, 1971) , Revue int. des sciences sociales (UNESCO), 1971
  • Anthropologie structurale deux, Paris, Plon, 1973.
  • La Voie des masques, 2 vol., Genève, Skira, 1975 ; nouv. éd. augmentée et rallongée de « Trois Excursions », Plon, 1979.
  • (en) Myth and Meaning, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1978.
  • Le Regard éloigné, Paris, Plon, 1983.
  • Paroles données, Paris, Plon, 1984.
  • La Potière jalouse, Paris, Plon, 1985.
  • Histoire de Lynx, Paris, Pocket, 1991. (ISBN 2-266-00694-0)
  • Regarder écouter lire, Paris, Plon, 1993. (ISBN 2-259-02715-6)
  • Saudades do Brasil, Paris, Plon, 1994. (ISBN 2-259-18088-4)
  • Le Père Noël supplicié (Les Temps modernes, mars 1952, pp. 1572-90)), repris aux éditions des Sables, sur la route de l'Église à Pin-Balma, 1996 (ISBN 2-907530-22-4)
  • Œuvres, préface par Vincent Debaene ; édition établie par Vincent Debaene, Frédéric Keck, Marie Mauzé, et al., Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2008. (ISBN 978-2-07-0118021) (Ce volume réunit Tristes tropiques ; Le totémisme aujourd'hui ; La pensée sauvage ; La voie des masques ; La potière jalouse ; Histoire de lynx ; Regarder écouter lire avec une bibliographie des œuvres de et sur Claude Lévi-Strauss).
  • L'Anthropologie face aux problèmes du monde moderne, Paris, Seuil, 2011. (ISBN 978-2-02-103524-7)
  • L'autre face de la lune. Écrits sur le Japon, Paris: Seuil, 2011. (ISBN 978-2-02-103525-4)
  • Nous sommes tous des cannibales, Paris: Seuil, 2013

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • Entretiens avec Claude Lévi-Strauss par Georges Charbonnier, Plon et Julliard, 1961.
  • De près et de loin, entretiens avec Claude Lévi-Strauss par Didier Eribon, Paris, Odile Jacob, 1988 ; rééd. 2008. (ISBN 978-2-7381-2140-0)
  • Loin du Brésil : entretien avec Véronique Mortaigne, Paris, Chandeigne, 2005. (ISBN 2-915540-19-5)
  • Dieu existe ? Non, Stock, 1982, Christian Chabanis, (entretiens avec des penseurs divers : Claude Lévi-Strauss, etc).
  • Lévi-Strauss. L'homme derrière l'œuvre, J-C Lattès 2008, Emilie Joulia, entretiens des proches de Claude Lévi-Strauss et discours à l'Académie française.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Acte de naissance n° 2985 du 1er décembre 1908, consultable sur le site des archives de l'État en Belgique.
  2. Son père artiste peintre avait un contrat à honorer dans cette ville au moment du terme de la grossesse de son épouse. Le petit Claude n'y a d'ailleurs passé que les toutes premières semaines de sa vie. Il le raconte dans son entretien filmé avec Jean José Marchand.
  3. Filiation sur Wikifrat de Fraternelle
  4. a et b (en) « Claude Lévi-Strauss Dies at 100 », The New York Times, 3 novembre 2009.
  5. a et b « Claude LÉVI-STRAUSS dans la biographie des immortels de l'Académie française »
  6. Bernard Le Bouyer de Fontenelle a raté ce titre pour 33 jours, Louis Leprince-Ringuet de quatre mois.
  7. Giulia Sissa écrivait en 1990 : « Depuis les années quarante, une œuvre imposante n'a cessé de dominer les sciences humaines, de leur fournir des modèles, d'en enrichir le foisonnement. Anthropologue et théoricien, Claude Lévi-Strauss a repensé les grandes questions de l'ethnologie la plus ambitieuse, celle de la tradition anglo-saxonne […] Il est un auteur pour autrui, à savoir un point de repère qu'aucun chercheur ne peut s'abstenir de lire faute de manquer un terminus post quem de la réflexion anthropologique » dans Universalia 1990, Encyclopædia Universalis, 1990, p. 542.
  8. a, b et c « Claude Lévi-Strauss, un anarchiste de droite », L'Express,‎ 17 octobre 1986 (lire en ligne)
  9. « Le centenaire de Lévi-Strauss. Un Indien dans le siècle », sur www.nouvelobs.com,‎ 1er mai 2008 (consulté le 2 juillet 2008).
  10. Emma Lévy : acte de naissance n° 16 du 13 janvier 1886 de la ville de Verdun, consultable sur le site des archives départementales de la Meuse.
  11. a, b, c, d et e « Catherine Clément raconte le grand ethnologue qui fête ses 99 ans », interview, Le Journal du Dimanche, 25 novembre 2007
  12. Claude Lévi-Strauss, L'autre face de la Lune. Écrits sur le Japon, Éd. Seuil, 2011
  13. Réception de M. Claude Lévi-Strauss 1974
  14. Denis Bertholet 2008, p. 26-41
  15. Claude Lévi-Strauss, Autoportrait, propos recueillis par Catherine Clément et Dominique A. Grisoni, Magazine littéraire, no 223, octobre 1985, note 8, p. 21
  16. Voir, Discours à l'Académie française de son successeur, Amin Maalouf.
  17. Denis Bertholet 2008, p. 62
  18. Cf. Didier Eribon, « Comment on devient ethnologue », in Claude Lévi-Strauss, sur le site CulturesFrance.
  19. Denis Bertholet 2008, p. 69
  20. « Dès le premier jour, l'administration lui a signifié qu'il ne s'appellerait désormais plus Claude Lévi-Strauss, mais Claude L. Strauss, parce que son nom complet paraîtrait bizarre aux étudiants. Lévi-Strauss, dans ce pays de cow-boys, est une marque de jeans. » raconte Denis Bertholet 2008, p. 139.
  21. Christian Delacampagne, « Claude Lévi-Strauss, la révolution copernicienne du structuralisme », Le Monde.fr, 5 novembre 2009.
  22. Gérard Lenclud, Claude Lévi-Strauss aujourd'hui, p. 14, Études du CEFRES no 12, HAL, (10/11/2008)
  23. Denis Bertholet 2008, p. 139-140
  24. Denis Bertholet 2008, p. 160-161
  25. Notice biographique de Claude Lévi-Strauss sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales
  26. Vincent Debaene et Jean-Louis Jeannelle, « Où est la littérature ? », in Michel Murat (dir.), L'idée de littérature dans les années 1950, colloque Fabula, Paris IV, 2004. L'historien Gérard Noiriel écrit que Tristes Tropiques « aura un énorme impact sur le public cultivé » dans Les fils maudits de la république, Fayard, 2005, p. 228.
  27. Denis Bertholet 2008, p. 242
  28. Denis Bertholet 2008, p. 248
  29. Denis Bertholet 2008, p. 255
  30. Denis Bertholet 2008, p. 256
  31. Claude Lévi-Strauss. The Anthropologist as a Hero ed. by E. N. Hayes and T. Hayes MIT Press, 1970 (ISBN 978-0262080385)
  32. Leach E., Lévi-Strauss, Viking Press, 1970
  33. Denis Bertholet 2008, p. 299
  34. VIDÉO. Google célèbre Claude Lévi-Strauss !, Le Point, le 28 novembre 2013
  35. royaumont-archives-et-bibliotheque
  36. a et b Denis Bertholet 2008, p. 344-348
  37. Denis Bertholet 2008, p. 380
  38. a, b et c « Claude Lévi-Strauss était "un passeur exceptionnel" », LeMonde.Fr, 4 novembre 2009.
  39. Denis Bertholet 2008, p. 427
  40. Cité par Denis Bertholet 2008, p. 432
  41. Denis Bertholet 2008, p. 436
  42. France 2, émission spéciale pour la centième de Campus, jeudi 17 février 2005, rédacteur en chef : Laurent Lemire (propos reproduits sur le site de Canal Académie.)
  43. Entretien avec Vincent Debaene et Frédéric Keck sur Nonfiction, 12 mai 2008.
  44. Emmanuel Désveaux, « Claude Lévi-Strauss, Œuvres », L’Homme, 190 | 2009. [lire en ligne]
  45. a et b (en) « Claude Lévi-Strauss obituary », The Guardian, 3 novembre 2009.
  46. « Nicolas Sarkozy rend visite à Claude Lévi-Strauss pour son 100e anniversaire », sur Le Nouvel Observateur,‎ novembre 2008 (consulté le 30 novembre 2008) : « Nicolas Sarkozy a rendu visite vendredi soir à l'anthropologue Claude Lévi-Strauss "pour lui rendre un hommage chaleureux et lui dire la reconnaissance de toute la Nation le jour de ses 100 ans", a annoncé l'Élysée dans un communiqué. »
  47. Véronique Mortaigne, « Folle journée pour Lévi-Strauss », sur Le Monde,‎ novembre 2008 (consulté le 30 novembre 2008) : « La ministre annonce encore la création d'un prix Claude Lévi-Strauss, doté de 100 000 euros, qui distinguera chaque année un chercheur en sciences humaines et sociales travaillant en France »
  48. Communiqué" de presse du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, 19 juin 2009.
  49. Article du 3 novembre 2009 sur le site du magazine Le Point
  50. Roger-Pol Droit, « L'ethnologue Claude Lévi-Strauss est mort », Le Monde, 3 novembre 2009.
  51. Robert Maggiori, « L’empreinte Lévi-Strauss », Libération, 4 novembre 2009.
  52. a et b (en) Structural Linguistics and Anthropology
  53. Michèle Audin, Hommage à Claude Lévi-Strauss
  54. Paul Jolissaint Notes de lecture : Groupes et ethnologie.
  55. C. Lévi-Strauss, Anthropologie structurale, p. 228
  56. C. Lévi-Strauss, Anthropologie structurale deux, Paris, Plon, 1973, p. 169.
  57. a et b (en) The Structural Study of Myth.
  58. Silva, A. J. M, Un ingrédient du discours, Discours et pratiques alimentaires en Méditerranée (vol. 1), Édilivre-Aparis, Saint Denis, 2013 ISBN 978-2-332-55208-2, p. 157-178.
  59. C. Lévi-Strauss, 1958, p. 253. Voir aussi les commentaires de Mélétinski, « L'étude structurale et typologique du conte », in V. Propp, Morphologie du conte, Paris, Seuil, 1970, p. 214.
  60. Christian Vandendorpe, Apprendre à lire des fables. Une approche sémio-cognitive, Montréal, Préambule/Balzac, collection « L'univers des discours », 1989, p. 27 et suiv.
  61. Fredric Jameson, The political unconscious. Narrative as a socially symbolic art, Cornell Univ. Press. 1981, p. 121.
  62. Elli Köngas-Maranda et Pierre Maranda, Structural models in Folklore, The Hague: Mouton, 1971
  63. Jacques Derrida, L'écriture et la différence, Paris: Seuil, Points, 1967, p. 409-428).
  64. Hans Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard, 1978, p. 73.
  65. Pierre Bourdieu, Ce que parler veut dire, Paris, Fayard, 1982, p. 9.
  66. Art. cité, 1970, p. 216
  67. Christian Vandendorpe, op. cit., p. 30.
  68. a et b Claude Lévi-Strauss, Le cru et le cuit, Paris, Plon, 1964, p. 18.
  69. Pendant les années soixante‑dix, les féministes avaient considéré les Structures élémentaires comme un traité de sexisme
  70. CNRS, « Liste des médaillés d'or du CNRS », sur http://www.cnrs.fr (consulté le 11 février 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Juan Pablo Lucchelli, Le Père Noël est une structure : de Lévi-Strauss à Lacan, Les Temps Modernes, n° 676, décembre 2013.
  • Juan Pablo Lucchelli, Lacan avec et sans Lévi-Strauss, éd. Cécile Defaut, janvier 2014.
  • Silva, A. J. M, Un ingrédient du discours, Discours et pratiques alimentaires en Méditerranée (vol. 1), Édilivre-Aparis, Saint Denis, 2013 ISBN 978-2-332-55208-2
  • Anne Mélice, "Un concept lévi-straussien déconstruit : le "bricolage"", dans Les Temps Modernes, no 656, 2009, p. 83-98.
  • Yvan Simonis, Lévi-Strauss ou la passion de l'inceste. Introduction au structuralisme, Paris, Aubier-Montaigne, 1968.
  • Wiktor Stoczkowski, Anthropologies rédemptrices : le monde selon Lévi-Strauss, Paris, Hermann éd, coll. « Société et pensées »,‎ 5 novembre 2008 (ISBN 9782705668068, présentation en ligne).
  • Françoise Zonabend, (éd.), Le Laboratoire d'anthropologie sociale. Cinquante ans d'histoire, 1960-2010, Paris, Collège de France et fondation Hugot, 2010.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Lévi-Strauss, entretien avec Bernard Pivot du 4 mai 1984, DVD édité par les éditions Gallimard et l'INA, 2004.
  • Claude Lévi-Strauss, un film d'entretiens réalisé dans la propriété bourguignonne de Claude Lévi-Strauss en 1972 par Jean José Marchand et Pierre Beuchot; produit par l'INA & Arte, et proposé en DVD par les Éditions Montparnasse.
  • Documentaire 52' : À propos de "Tristes Tropiques" 1991 - Film Super 16.

Fonds d'études[modifier | modifier le code]

Les archives de Claude Lévi-Strauss ont été données au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. La bibliothèque de travail a été rachetée par le Cercle Claude Lévi-Strauss et léguée à la Médiathèque du musée du quai Branly[1].

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références sur les annexes[modifier | modifier le code]