Élisabeth de France (1545-1568)

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Élisabeth de France
Élisabeth de France par Juan Pantoja de la Cruz, 1565
Élisabeth de France par Juan Pantoja de la Cruz, 1565
Titre
Reine consort d'Espagne, de Naples et de Sicile
22 juin 15593 octobre 1568
(&&&&&&&&&&&033919 ans, 3 mois et 11 jours)
Prédécesseur Marie Ire d'Angleterre
Successeur Anne d'Autriche
Duchesse consort de Bourgogne, de Milan, de Brabant,
de Luxembourg et de Limbourg, comtesse consort de Flandre et
comtesse palatine de Bourgogne
22 juin 15593 octobre 1568
(&&&&&&&&&&&033919 ans, 3 mois et 11 jours)
Prédécesseur Marie Ire d'Angleterre
Successeur Anne d'Autriche
Biographie
Dynastie Maison capétienne de Valois
Date de naissance 13 avril 1545
Lieu de naissance Fontainebleau (France)
Date de décès 3 octobre 1568 (à 23 ans)
Lieu de décès Madrid (Espagne)
Sépulture Escurial
Père Henri II de France
Mère Catherine de Médicis
Conjoint Philippe II d'Espagne
Enfant(s) Isabelle Claire Eugénie d'Autriche
Catherine-Michelle d'Autriche
Élisabeth de Valois
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Élisabeth de France, également connue d'après son nom de reine d'Espagnes comme Isabelle de Valois ou encore comme Isabel de La Paz (Château de Fontainebleau, 2 avril 1545 - Madrid, 3 octobre 1568) fut reine consort d'Espagne, de Sicile et de Naples, duchesse consort de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Luxembourg et de Limbourg, comtesse consort de Flandre et comtesse palatine de Bourgogne. Elle est la fille de Henri II, roi de France, et de Catherine de Médicis et la troisième épouse de Philippe II d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élisabeth est la première fille et le deuxième enfant du roi Henri II de France et de son épouse Catherine de Médicis. Élisabeth grandit à la cour des enfants de France au côté de la jeune reine d'Écosse Marie Stuart, fiancée du dauphin, dont elle partageait la chambre jusqu'au mariage de celle-ci en 1558, et de sa soeur cadette Claude. Elle est baptisée dans la religion catholique et reçoit pour parrain le roi Henri VIII d'Angleterre (qui avait été également le parrain de son père), et pour marraines, la reine de France Éléonore de Habsbourg, seconde épouse de son grand-père François Ier et belle-mère de son père, et la princesse de Viane Jeanne d'Albret, future reine de Navarre sous le nom de Jeanne III et future mère de Henri IV de France.

En 1559, à quatorze ans, Élisabeth de France fut mariée à Philippe II d'Espagne (veuf pour la seconde fois et veuf de Marie Tudor), à la suite du traité du Cateau-Cambrésis entre l'Espagne et la France. Il avait plus du double de son âge, et l'avait demandée en mariage auparavant pour don Carlos, son fils unique issu de son premier mariage avec sa cousine germaine Marie Manuelle de Portugal. Mais le jeune prince était par trop fragile psychologiquement pour pouvoir prendre épouse, et le roi s'était résolu à épouser lui-même la jeune princesse. Le mariage par procuration eut lieu à Notre-Dame de Paris le 22 juin 1559, peu après le mariage de Claude, sœur cadette d'Élisabeth, avec le duc Charles III de Lorraine. Le roi fut représenté par le duc d'Albe. Ce fut durant les festivités de son mariage que mourut tragiquement son père Henri II, victime d'un éclat de lance dans l'oeil.

La princesse n'étant pas nubile, son départ pour l'Espagne fut repoussé jusqu'au 18 novembre. Le jour de sa première rencontre avec le roi, Élisabeth dévisagea longuement son mari. Ce dernier lui demanda avec humour  : « Vous regardez si j'ai des cheveux blancs[1] ? »

Le mariage — qui fut heureux — ne fut consommé que plus tard, en mai 1561[2], en raison du jeune âge de la mariée (treize ans).

Lors du Grand tour de France de Charles IX de 1564 à 1566 (un tour organisé par Catherine de Médicis pour son fils le jeune roi Charles IX afin de lui montrer son royaume et de rencontrer divers souverains étrangers), Élisabeth fut envoyée avec le duc d'Albe par son époux Philippe II à la rencontre de son frère Charles IX lors de l'Entrevue de Bayonne (1565). Sa mère, la régente Catherine, se serait écrié en la voyant: Ma fille, vous êtes bien espagnole! [3]

Élisabeth fit deux fausses couches, dont une qui causa sa mort à l'âge de 22 ans. Elle donna cependant deux filles à son époux, qui furent très proches de leur père. L'aînée, Isabelle-Claire-Eugénie, fut pressentie en tant qu'héritière au trône de France (grâce à ses connections familiales maternelles) par la Ligue menée par la famille très catholique des Guise suite au décès sans héritiers du frère d'Élisabeth, le roi Henri III de France.

Enfants[modifier | modifier le code]

Élisabeth donna au roi deux enfants (en 1566 et 1567), fit une fausse couche (en 1564) et accoucha d'un enfant mort-né (en 1568).

  • Fausse couche de jumelles en 1564.
  • Isabelle Claire Eugénie (Ségovie, 12 août 1566 ; † Bruxelles, 1er décembre 1633). Mariée le 18 avril 1599 à l'archiduc Albert de Habsbourg (1559 † 1621), elle fut gouverneur des Pays-Bas, comtesse de Bourgogne et comtesse de Charolais. À la mort d'Henri III en 1589, elle hérita des droits des Valois sur la Bretagne qui lui venaient de sa mère.
  • Catherine-Michèle (Ségovie, 10 octobre 1567 ; † Turin 6 novembre 1597), mariée en 1585 à Charles-Emmanuel Ier (1562 † 1630), duc de Savoie
  • Un fils mort-né en 1568.

Mort[modifier | modifier le code]

Élisabeth mourut en couches le 3 octobre 1568, 6 mois après son 23e anniversaire, lors de la naissance de son troisième enfant, mort-né, laissant son mari inconsolable. Philippe II se remaria pourtant peu après avec sa nièce Anne d'Autriche qui lui donna le fils tant espéré pour lui succéder.

Sous le nom d'Élisabeth de Valois, elle est un des personnages principaux du grand opéra Don Carlos de Giuseppe Verdi.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Parents, grand-parents et autres relations

Élisabeth de Valois était la fille du roi Henri II et de Catherine de Médicis, princesse florentine de l'importante famille Médicis. Elle était la petite-fille du roi François Ier et de la reine Claude de France. Ses grands-parents maternels étaient Laurent II de Médicis et Madeleine de La Tour d'Auvergne, princesse française. Sa grande-tante, la princesse Renée de France, avait épousé le duc Hercule II d'Este, fils de Lucrèce Borgia.

  • Frères et sœurs

Élisabeth était la sœur des trois derniers rois de France de la dynastie Valois. Il s'agit de François II (1544-1560), Charles IX (1550-1574) et Henri III (1551-1589). François d'Alençon, duc d'Anjou, était également son frère cadet. Elle était aussi la sœur de Claude de France (1547-1575), duchesse de Lorraine, et de Marguerite de Valois, dite la Reine Margot, reine de Navarre.

  • Beaux-frères et belles-sœurs

Élisabeth avait comme beaux-frères Charles III de Lorraine (mari de Claude) et Henri de Navarre, futur Henri IV, premier roi de France de la dynastie Bourbon (mari de Marguerite). Ses belles-sœurs étaient Marie Stuart, reine d'Écosse (femme de François II), Élisabeth d'Autriche (1554-1592) (femme de Charles) et Louise de

Marie Stuart, belle-sœur et compagnon de jeu d'Élisabeth

Lorraine-Vaudémont (femme de Henri). Son frère cadet, François d'Alençon, avait pour projet d'épouser la reine Élisabeth Ire d'Angleterre mais le mariage n'eut jamais lieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brantôme dit tenir l'anecdote d'une dame de compagnie d'Élisabeth. La phrase est reprise par Saint-Réal dans Dom Carlos. Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André, vicomte de Bourdeille, Œuvres complètes, sur books.google.fr, Paris, Société du Panthéon littéraire, 1842, t. II, p. 152. César Vichard de Saint-Réal, Dom Carlos : nouvelle historique, sur books.google.fr, in Les Œuvres de M. l'abbé de Saint-Réal, Le Mercier, 1745, t. II, p. 830.
  2. Thierry Wanegffelen, Le Pouvoir contesté : souveraines d'Europe à la Renaissance, Payot, 2008, p. 68.
  3. Hortense Dufour, Margot la Reine Rebelle, 2010, Flammarion

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]