Drapeau de la Bretagne

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Drapeau de la Bretagne
Gwenn ha Du
Version à onze mouchetures
Version à onze mouchetures
Utilisation Drapeau civil et pavillon marchand FIAV defacto.svg
Caractéristiques
Créateur Morvan Marchal
Création 1923-1925
Proportions 2:3
Éléments Neuf bandes alternées noires et blanches avec des mouchetures d'hermines noires sur fond blanc au canton

Le drapeau de la Bretagne, plus connu sous le nom de Gwenn ha Du également orthographié Gwenn-ha-Du (littéralement « Blanc et Noir » en breton), est de facto le drapeau et le pavillon de la Bretagne. Son nom en gallo est Blanc e Neirr. Il se compose de neuf bandes horizontales noires et blanches d’égales largeurs, disposées alternativement et d’un canton supérieur (côté mât) de couleur blanche parsemé d'une multitude de mouchetures d'hermine.

Le Gwenn ha Du est le drapeau moderne de la Bretagne, cependant l'histoire vexillologique de cette région ne se limite pas à ce drapeau ; d'autres drapeaux, bannières et pavillons ont existé pour représenter les ducs, leurs flottes et armées, les ports, les régiments bretons ainsi que les villes et pays historiques bretons. Quelques-uns sont parfois encore utilisés.

Le premier Gwenn ha Du est créé entre 1923 et 1925 par Morvan Marchal, architecte et militant nationaliste breton. Le nombre de mouchetures d'hermine et leur forme n'est pas fixé, la version la plus répandue comprend onze mouchetures arrangées selon trois rangées horizontales. Utilisé avant et pendant la Seconde Guerre mondiale par les cercles nationalistes bretons dont une grande part collabore avec l'occupant nazi, le Gwenn ha Du est considéré pendant la période d'après-guerre comme un drapeau séditieux par les autorités françaises. L'émergence du troisième Emsav dans les années 1970 entraîne la popularisation du drapeau, d'abord dans les cercles culturels bretons, puis dans l'ensemble de la société bretonne. Largement utilisé depuis, par la population comme par les administrations locales, il est aujourd’hui le principal symbole de la Bretagne.

Description[modifier | modifier le code]

Description du drapeau. Version stylisée à onze mouchetures d'hermine, pointe inférieure représentée avec cinq pointes

Le drapeau de la Bretagne, le Gwenn ha Du, se compose de neuf bandes horizontales (cinq noires et quatre blanches) d'égales largeurs, disposées alternativement. Le canton supérieur du drapeau (côté mât) de couleur blanche, est parsemé de mouchetures d'hermine noires sans nombre précis : le quartier d'hermine est dit plain.

Les proportions du Gwenn ha Du[DM 1] les plus fréquemment rencontrées sont (se référer à la figureDescription du drapeau) :

  • hauteur A = 1
  • longueur B = 1,5
  • hauteur du canton blanc C = 4/9 ˜ 0,44
  • longueur du canton blanc D ˜ 0,666
  • largeur de chaque bande noire ou blanche E = 1/9 ˜ 0,111

Ces proportions ainsi que la forme des mouchetures d'hermine, sont non fixées et peuvent subir des variations [DM 2]. Certains fabricants étrangers utilisent des proportions proche de celui du drapeau américain (3:5)[DM 2].

Comme c'est le cas pour la bannière herminée, la forme des mouchetures d'hermine varie selon le temps, le lieu et l'artiste qui les représente, sans que cela ait aucune signification autre qu'esthétique. Elles ont à leur tête trois mèches ou trois points[Note 1]. À leur base, de trois[Note 2] à neuf pointes, plus rarement une seule[Note 3].

Les couleurs du drapeau utilisées sont[DM 1] :

Blanc - Gwenn Noir - Du
RAL 9010 Pure White 9005 Jet Black
Pantone Safe Black
Code Hexa #FFFFFF #000000
RVB 255,255,255 0,0,0
CMJN 0.0.0 0.0.0.100

Versions[modifier | modifier le code]

Tailles du drapeau
Taille mm
1 6300 × 4200
2 3600 × 2400
3 2700 × 1800
4 1800 × 1200
5 1350 × 900
6 900 × 600
7 450 × 300
8 225 × 150
9 150 × 100

Les mouchetures sont habituellement au nombre de onze arrangées selon trois rangées horizontales contenant quatre et trois mouchetures en alternance (4, 3 et 4). Cette règle s'est systématisée à partir des années 1970 [R 1] . Ainsi, on a pu trouver des Gwenn-ha-Du à 1, 3, 5, 8, 9 ou 12 mouchetures d'hermines. D'autres drapeaux, plus rares, en afficheraient 14 selon la séquence : 5, 4 et 5 ; ou 8, en séquence 3, 2, 3.

Origine et signification[modifier | modifier le code]

Étendards antérieurs[modifier | modifier le code]

Premiers drapeaux[modifier | modifier le code]

Bannière des troupes gauloises de Brennus lors de la prise du Capitole, ill. Gdes Chroniques de Bretagne, Alain Bouchart, Paris 1514
proposition de reconstitution de bannière pour les rois bretons du IX°, D. Kervella 2008

Aucune source illustrée contemporaine ne permet de connaître les éventuels emblèmes utilisés par les rois et ducs bretons antérieurement au XIe siècle. La première référence littéraire connue à un emblème vexillaire breton évoque un « vert étendard aux sept saints de Bretagne » qui aurait été arboré à la fin du haut Moyen Âge d'après une version de la chanson de Roland du XIe siècle[D 1].

Selon D. Kervella, les souverains bretons auraient utilisé un drapeau blanc traversé d'une bande rouge, ce dessin étant une simplification du dragon rouge sur fond blanc[DM 3].

Cette proposition se base sur l'étude d'une miniature du XVe siècle siècle ainsi que celle des anciennes barres ducales de Lanmeur et d'Acigné et sur la fréquence de la combinaison du rouge et du blanc sur les blasons des juveigneurs ducaux bretons comme des descendants de leurs officiers[DM 3],[1].

L'échiqueté de Dreux[modifier | modifier le code]

Pierre de Dreux, cadet de sa famille, se vit attribuer une brisure fréquente chez les princes voués à la cléricature : un franc-quartier d'hermine[2]. Ce prince fut imposé en 1212 par le roi de France Philippe Auguste comme époux à la duchesse Alix. Celle-ci ne disposant pas d'armoiries, Pierre Mauclerc usa de ses propres armes comme baillistre de Bretagne et ses successeurs firent de même.

Pendant un siècle (de 1213 à 1316), les écus et les bannières des princes bretons portent l'échiqueté de Dreux d'or et d'azur au franc-quartier d'hermine. Il est figuré avec ou sans bordure rouge, selon les représentations. Le duc de Bretagne étant aussi comte de Richmond, du moins quand le roi d'Angleterre lui reconnaissait la jouissance de cet Honneur de Richmond (« fief de Richemont »), les armoiries de ce comté furent identiques à celles du duché.

La bannière d'hermine[modifier | modifier le code]

Le drapeau de la province de Bretagne en 1532[3] (version moderne)

En 1316, quatre ans après son avènement, Jean III abandonna l'échiqueté de Dreux, pour le semé de mouchetures d'hermine, dit en héraldique française « d'hermine plain ». Elle sera utilisée jusqu'au XVIe siècle. Les raisons de cette modification tardive (les changements d'armoiries étaient rares au XIVe siècle chez les grands princes) et remarquable ont été analysées par Michel Pastoureau[2](cf. Armoiries de la Bretagne)

Contrairement à l'héraldique, en vexillologie l'hermine désigne la moucheture elle-même et non la fourrure mouchetée de noir. Dans l'imaginaire actuel, la moucheture maintenant appelée « hermine » symbolise l'animal, alors qu'en héraldique elle représente simplement la queue noire de l'animal attachée par couture ou agrafe à la pelisse blanche. L'évolution de sens est liée au dessin qui présente une ressemblance morphologique avec l'animal entier.

Le drapeau d'hermine est encore utilisé par plusieurs bagadoù et quelques mairies bretonnes. Il est aussi arboré à l'occasion de manifestations et fêtes historiques, de fêtes religieuses, sur des bateaux de plaisance et flotte devant plusieurs châteaux et églises de Bretagne et d'ailleurs (Chartres, Amboise…). Cette représentation avec des mouchetures d'hermine de nombre et de forme variables est reprise dans les armes de plusieurs villes. Actuellement, les escadrons de la gendarmerie française en Bretagne portent un écusson d'hermine plain comme signe distinctif, presque semblable à l'écu ducal. En Limousin, la gendarmerie porte l'écusson des Penthièvre, cadets de Bretagne héritiers du Limousin : « d'hermine à la bordure de gueules » (avec un encadrement rouge). C'est également l'hermine plain qui représente la Bretagne sur le drapeau de Saint-Pierre-et-Miquelon. En septembre 2010, la Monnaie de Paris a émis des pièces de 10 euros dédiées aux régions de métropole et d'outre-mer: celle illustrant la région Bretagne faisait flotter comme drapeau une bannière d'hermine [4] .

Le Kroaz Du[modifier | modifier le code]

Certains auteurs récents attribuent son origine à la troisième croisade (1188)[R 1]. Une conférence à Gisors entre le pape Clément III, le roi de France Philippe Auguste, le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt ainsi que le comte de Flandre Philippe d'Alsace, décida d'attribuer une croix par nationalité afin de distinguer les nations. Les Bretons auraient pris la croix noire, peut-être à la fin du XIIe siècle et le début duXIIIe siècle, peut-être en 1236-1237 quand Pierre Mauclerc fut pressenti par le pape Grégoire IX comme chef de la future croisade[R 1]. Cependant, il n'existe aucun texte, ni iconographie de l'époque permettant de l'affirmer[DM 4].

Le drapeau à croix noire, appelé Kroaz du en breton est attesté uniquement à partir du XVe siècle dans la documentation écrite comme dans l'iconographie[5]. La croix noire était cousue sur les vêtements des soldats bretons pour les distinguer au combat aux XVe et XVIe siècles [réf. nécessaire]de leurs ennemis à croix blanche (les Français) ou rouge (les Anglais). Le duc Jean IV, en exil chez son beau-père le roi Edouard III d'Angleterre, aurait transposé en Bretagne la pratique anglaise de l'usage à la guerre de la croix rouge, choisissant pour se distinguer l'association des couleurs de son écu d'hermine, le blanc et le noir. Ses successeurs Montfort l'utilisèrent également sur leurs étendards.

Enseigne militaire bretonne du XVe siècle selon une miniature du XVIe siècle (Combat des Trente)

Le pavillon à croix noire herminée[modifier | modifier le code]

Si les portes Mordelaises de Rennes portent encore dans la première moitié du XVe siècle les deux emblèmes accolés sur leur pierre pré-éminencière, l'iconographie des XVe et XVIe siècles montre assez tôt la fusion des deux emblèmes bretons: la bannière d'hermine, marque féodale commandant l'ost, et l'étendard à croix noire à destination des troupes appointées. On voit alors un drapeau blanc à une croix noire cantonnée de mouchetures d'hermines en nombre indéfini devenir la marque de la flotte et des troupes ducales. Ce pavillon fut bientôt adopté par les grands ports bretons (Brest, Guérande, Nantes, Saint-Malo), tel quel ou avec quelques variantes particulières.

Ils restèrent en usage du XVIe siècle au moins jusqu'au XVIIIe siècle à une modification près : L'insertion d'une croix blanche française à l'intérieur - ou par dessus - la croix noire bretonne.

Autres étendards[modifier | modifier le code]

Flamme de la garde ducale bretonne après Jean IV
Guerre de Succession de Bretagne

Lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), les deux prétendants utilisent des flammes différentes, reprenant les couleurs aujourd'hui utilisées par le drapeau breton. Il s'agit pour le cas de Jean de Montfort de flammes noires et pour celui de Charles de Blois et Jeanne de Penthièvre de flammes blanches. C'est à partir de cette période que le blanc et le noir commencent à être utilisés par les Bretons et leurs souverains. Le Gwenn ha Du s'inspire de cette tradition.

Cordelière de la marine bretonne du début du XVIe siècle
Amirauté de Bretagne

Du XVIe au XVIIIe siècle, l'amirauté de Bretagne conserve le pavillon de la flotte bretonne, une croix noire avec quatre puis un seul quartier d'hermine ; les bâtiments bretons arboraient également des flammes de guerre hachurées verticalement de blanc et de noir[R 1]. Ce pavillon est aussi celui de la ville ducale de Guérande et de ses navires rouliers.

Drapeau d'ordonnance
Régiment de Bretagne

Le régiment de Bretagne (ancien régiment de Castelnau (1644) puis régiment de Hocquincourt (1651) ) et les régiments provinciaux attachés (Nantes, Vannes et Rennes) marchent de 1721 à 1791 sous un drapeau colonel carré blanc portant un cartouche baroque à l'écu ovale d'hermine, couronné, supporté par deux rameaux croisés et surmonté d'une banderole à la devise du régiment Potius mori quam vinci (1740-1757) et Potius mori quam foedari (1757-1791).

Le drapeau d'ordonnance était différent : une croix blanche semée de queues d'hermines, et la devise du régiment étant répartis sur chacun des bras de la croix (1740-1791). La croix cantonne le drapeau en 4 quartiers aurore (1 et 4) et noirs (2 et 3).

Avant le Gwenn ha Du

Aux XIXe et XXe siècles, différentes versions du drapeau d'hermine sont employées avant d'être progressivement remplacées par le Gwenn ha Du. Au cours des années 1920, de nombreuses propositions sont effectuées afin de doter la Bretagne d'un nouveau drapeau. La plupart se basant sur des éléments de la culture bretonne ou celte (comme le dragon rouge brittonique, la croix noire, la bannière de Saint-Yves ou encore le Triskèle.) Cependant aucune d'entre-elles n'arriveront à s'imposer.

Gwenn ha Du[modifier | modifier le code]

Signification[modifier | modifier le code]

Les mouchetures d'hermine représentent collectivement la Bretagne, qu'il s'agisse de la province historique, ancien duché indépendant, ou bien de la région administrative. Les neuf bandes représentent les neuf provinces historiques. Les cinq bandes noires représentent les cinq provinces de la Haute-Bretagne et les quatre bandes blanches représentent les quatre provinces de la Basse-Bretagne. On ne peut pas attribuer individuellement une bande particulière à une province.

Prémices d'un drapeau régional[modifier | modifier le code]

Porteur de la Kevrenn Alre lors du Festival interceltique de Lorient en 2009. L'avers est un Gwenn ha Du à 14 mouchetures (5-4-5). Le revers représente le drapeau du Bagad, le Gwenn ha Du est divisé par une diagonale qui forme un triangle inférieur rouge où figure une chouette

Avant que le Gwenn ha Du ne s'impose comme l'« emblème moderne de la Bretagne », le drapeau d'hermine, symbole du duché de Bretagne, en tenait lieu. Dès le XIXe siècle, le besoin d'identification se faisant sentir dans le mouvement breton, les drapeaux d'hermine, en différentes versions, ont ressurgi lors de nombreuses manifestations culturelles et religieuses (chrétiennes et druidiques).

Juste avant la Grande guerre, on redécouvre le drapeau herminé à croix noire qu'utilise la Fédération régionaliste de Bretagne, mais il reste cantonné à des mouvements catholiques, notamment le mouvement scout Bleimor.

Au début du XXe siècle, certains nationalistes désirent un nouveau drapeau pour représenter la Bretagne[R 1] ,[6] car ils reprochent plusieurs choses au drapeau d'hermine plain. Le drapeau est perçu comme une bannière héraldique et non un vrai drapeau. De plus, ils lui reprochent (à tort) d'être la bannière de Pierre Mauclerc, considéré comme un mauvais souverain de Bretagne. On lui reproche également de pouvoir être confondu avec un drapeau royaliste légitimiste par confusion du semé de mouchetures d'hermine avec le semé de fleurs de lys des rois de France. Enfin, de pouvoir être confondu de loin avec le drapeau blanc de la reddition : en effet sur les drapeaux de l'époque, peints ou cousus à la main, les hermines étaient beaucoup plus espacées qu'aujourd'hui sur le champ blanc du drapeau[réf. nécessaire].

D'après Jakez Gaucher et Philippe Rault, Morvan Marchal, partisan de la gauche laïque anticléricale et franc-maçon[7], était opposé à titre personnel au Kroaz Du symbole fortement teinté de christianisme. Aucun écrit ne vient étayer cette affirmation, d'autant que le Kroaz Du, telle qu'on peut le voir aujourd'hui, n'est guère utilisé au moment de la création du Gwenn ha Du.

La paternité du drapeau[modifier | modifier le code]

Version de 1923-1925. Notez les mouchetures coupées sur les bords.

Le premier Gwenn ha Du est dessiné entre 1923-1925 par Morvan Marchal aidé par René Ryckwaert. Morvan Marchal est un artiste, poète et illustrateur, appartenant au mouvement artistique Seiz Breur ; il est aussi rédacteur de « Breiz Atao », organe d’information du Groupe Régionaliste Breton. À l'origine, il s’agit de donner un emblème au mouvement Unvaniez yaouankiz Vreiz (Union de la jeunesse de Bretagne). Une souscription est lancée, relayée par Breiz Atao qui s'affirme alors comme la « revue mensuelle du nationalisme breton et du fédéralisme international »[8].

En 1937, il en décrit la signification générale :

« J'ai donc pensé et continue à croire, qu'en conservant au maximum les hermines primitives, l'on pouvait composer un drapeau breton d'esprit moderne. En voici la signification :

  1. Au coin gauche du drapeau, un quartier d'hermines innombrables.
  1. Neuf bandes égales alternativement noires et blanches, couleurs traditionnelles, lesquelles représentent : les blanches, les pays bretonnants (Basse-Bretagne): Léon, Trégor, Cornouaille, Vannetais; les noires les pays bretons gallos (Haute-Bretagne) : Rennais, Nantais, Dolois, Malouin, Penthièvre.

Ce drapeau, qui, je le répète, n'a jamais voulu être un drapeau politique, mais un emblème moderne de la Bretagne, me paraît constituer une synthèse, parfaitement acceptable de la tradition du drapeau d'hermines pleines (sic), et d'une figuration de la diversité bretonne[9],[R 1]. »

Les neuf provinces historiques sont appelées pays et correspondent à peu près aux limites des évêchés de Bretagne ; schématiquement, la Cornouaille, le Léon, le Trégor et le Vannetais à l'ouest (dans ce qui est appelé communément la Basse-Bretagne) et les pays nantais, rennais, de Saint-Brieuc (Penthièvre), de Saint-Malo et de Dol à l'est (Haute-Bretagne).

Sources d'inspiration[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis à 48 étoiles, de 1912 à 1959.
Blason de la ville de Rennes.
L’hermine en canton et les bandes de couleurs 

L’hermine rappelle les armoiries que les ducs de Bretagne utilisaient depuis le XIIIe siècle[10]. Marchal le garde simplement en canton. Bien qu'il n'ait rien dit à ce sujet, on peut remarquer que le cantonnement de l'hermine rend l'organisation de son Gwenn ha Du proche de celle de la bannière de Mauclerc qui représente un quartier d'hermine dans l'angle supérieur, sur un champ rayé ou à damier.

Les couleurs des bandes du drapeau recouvrent celles du Kroaz du et des anciennes bannières ducales noires et blanches[10] utilisées pendant et après la guerre de Succession de Bretagne.

Les drapeaux contemporains à Morvan Marchal 

Le Gwenn ha Du fait partie d’une famille de drapeaux jugés modernes, celle du drapeau des États-Unis[11],[10] repris par le drapeau de la Grèce[R 1] (ces deux pays représentent des idéaux de la démocratie dans les années 1920) ou le drapeau du Libéria : de larges bandes horizontales traversantes de couleur alternée, et un canton dans l'angle supérieur gauche.

Les armoiries de Rennes et de la famille irlandaise Marshall

Morvan Marchal reprend l’hermine et les bandes alternées blanches et noires du blason de la ville de Rennes[10]. De même, sans que l'on ait pu établir un lien formel entre le drapeau créé par Morvan Marchal et les armoiries de la famille irlandaise des Marshall[Note 6], le Gwenn ha Du rappelle la disposition et la couleur des armoiries de cette famille[12],[10].

Critiques[modifier | modifier le code]

Illustration du Gwenn ha Du tiré de l'article de Léon Le Berre publié dans l'édition du 10 octobre 1937 de l'Ouest-Éclair [13]. Le drapeau a 2 rangées de mouchetures.

En 1937-1938, le Gwenn ha Du donne lieu à une querelle par journaux interposés. Les tenants du drapeau d'hermine dit « traditionnel » défendent leur drapeau face aux tenants du Gwenn ha Du, drapeau dit « moderne ». Les « modernistes » utilisent surtout le Gwenn ha Du, alors que les pèlerins des pardons et autres fêtes religieuses utilisent le drapeau d'hermine.

À l'époque il est critiqué sur les points suivants[R 1] : il transpose en drapeau les armes de la ville de Rennes, au détriment de celles de la Bretagne; c'est une création de Rennais et non de Bretons de Basse-Bretagne; c'est un drapeau inventé récemment qui éradique la séculaire bannière d'hermine; c'est un plagiat du drapeau américain; enfin, il est employé par les communistes de l'Association des Bretons Émancipés. Cette position est résumée par Léon Le Berre[R 1],[13]

« (Un) drapeau inventé de toutes pièces, presque au lendemain de la guerre, par un groupe rennais (...) Le lecteur conclura, avec nous, qu'aucune raison sérieuse ne milite pour un changement dont les auteurs ne sont, du reste, nullement qualifiés pour le réaliser (...) Suivons le conseil de notre confrère "La Bretagne à Paris", en nous tenant au traditionnel drapeau d'hermines. Qu'on place, au milieu du champ, pour éviter la prétendue confusion avec la fleur de lys, « l'hermine passante et cravatée » dont les fanons du collier portent la devise « À ma vie » (...) »

— Léon Le Berre, Le drapeau breton, il n'y en a qu'un !, Ouest-Éclair, 1937

Selon Olier Mordrel : « Ce drapeau, né de la plume de Morvan Marchal, premier directeur de Breiz Atao, a été présenté par un tour de passe-passe, à un public ignorant tout de la Bretagne, comme le drapeau breton traditionnel »[14].

Avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), ce drapeau a fait ponctuellement l'objet d'interdictions par arrêté lors de manifestations ou de visites gouvernementales[DM 5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Années 1920-1930[modifier | modifier le code]

Entête du Breizh Atao daté du 12 février 1933. Le Gwenn ha Du (à droite) est associé au Hévoud (au milieu)

La première grande apparition du drapeau date de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris en 1925. Marcel Cachin, directeur du journal L'Humanité et l'un des fondateurs de l'Association des Bretons émancipés, organisation proche du PCF, ainsi qu'Eugène Reigner adoptent ce drapeau la même année comme emblème des cercles celtiques. Le Parti autonomiste breton (PAB) l'adopte à son tour lors du congrès de Rosporden le . Le PAB regroupe nationalistes, autonomistes ou fédéralistes.

Le Parti national breton l'arbore également, par exemple dans le nouvel en-tête de « La vie du parti », dans Breiz Atao, dès le 29 janvier 1933 (il est alors associé au Hévoud, symbole qualifié de traditionnel breton). On le voit par exemple dans Breiz Atao no 221, en Une, le , pour illustrer la manifestation du Parti National Breton à Saint-Aubin-du-Cormier. Il fut également choisi en 1936 pour flotter sur le pavillon de la Bretagne de l'Exposition universelle où exposaient les artistes modernistes bretons regroupés dans le mouvement Ar Seiz Breur. À la fin des années 1930, une organisation armée secrète bretonne est créée par Célestin Lainé et Guillaume Berthou sous le nom de Gwenn ha Du.

Années 1940-1950[modifier | modifier le code]

Le Gwenn ha Du est interdit à maintes reprises avant la Seconde Guerre mondiale[DM 5]. Il est considéré par les autorités comme un emblème séditieux. Le Gwenn ha Du, emblème du Parti national breton sous l'Occupation, reste arboré par des résistants qui ont rejeté le PNB[OF 1]. Même si son utilisation est mentionnée durant la période de la Libération, son utilisation semble rare à la sortie de la guerre [DM 5].

Années 1960-1990[modifier | modifier le code]

Au cours des décennies 1950 et 1960, il est de nouveau utilisé par les mouvements culturels bretons. Il devient même populaire au sein de classes sociales qui n'ont jamais utilisé le drapeau herminé. On le voit dans les défilés, les grèves ouvrières, les manifestations d'étudiants. Le , l'équipe de football de Rennes l'emporte sur Sedan lors d'un match comptant pour la coupe de France, et c'est un déferlement de Gwenn ha Du. Le Gwenn ha Du devient alors aux yeux des Bretons le drapeau de leur terre. Lors des évènements de mai 1968, un drapeau breton est installé sur la Sorbonne à Paris. En 1972, les ouvriers d'une usine de Saint-Brieuc, Le Joint Français, en font l'un des symboles de leur lutte revendicative et défilent dans les rues avec le drapeau. Cette même année, le , lors d'une manifestation à Paris, un manifestant l'accroche sur la flèche de la cathédrale Notre-Dame. Lors de ses séjours dans l'espace, le spationaute français Jean-Loup Chrétien l'emporte avec lui[15],[Note 7].

Depuis 2000[modifier | modifier le code]

Gwenn ha Du flottant

Aujourd'hui, la connotation politique du Gwenn ha Du est devenue accessoire : il représente la Bretagne et non plus un parti politique précis. Le drapeau flotte sur la plupart des mairies et sur de très nombreux bâtiments publics, symbole d'unité (c'est le même drapeau que l'on trouve dans toute la Bretagne) et de diversité (par le rappel des anciens découpages territoriaux). Il est de toutes les fêtes bretonnes ; dans les défilés, la tradition veut que le porte-drapeau le tienne à bout de bras ; il est couramment affiché dans les salles où se tiennent des festoù-noz.

Il est mis en avant au cours de divers évènements médiatiques : le chanteur américain Ben Harper s'en couvre lors de sa prestation au Festival des Vieilles Charrues en 2005 ; en novembre 2006, sur les images retransmises en France du départ du marathon de New York, on a pu le voir porté par un coureur ; à Pékin, en 2008, la championne olympique Laëtitia Le Corguillé l'affiche avec sa médaille, alors que les autorités chinoises ont interdit l'usage de tout drapeau hors ceux des nations inscrites.

Flottille de Gwenn ha Du lors des 30 ans de Diwan en 2008 àCarhaix

Au moment de son arrivée à la tête du Conseil général de la Loire-Atlantique en 2004, Patrick Mareschal partisan de la réunification, fait mettre devant le bâtiment un Gwenn ha du pour marquer l'appartenance du département à la Bretagne. En 2008, un groupe de jeunes Bretons originaires de Saint-Malo lance sur le réseau social Facebook l'idée de référencer les photos du Gwen Ha Du et autres drapeaux bretons prises dans le monde entier. Ce qui donna naissance à l'association Breizh Flag Trip Tour [OF 2],[16].

Lors de la finale de la Coupe de France 2009, opposant Rennes et Guingamp, le Conseil régional de Bretagne a distribué gratuitement 20 000 Gwenn ha Du sur les sièges de supporters. Fait unique pour ce type d’évènement : on ne vit aucun drapeau français, mais des milliers de drapeaux bretons agités par le public. En octobre 2009, la confiscation par les services de sécurité du Stade du Roudourou de Guingamp de plusieurs Gwenn ha Du lors d'un match officiel de l'équipe de France de football contre les Îles Féroé, provoque l'émoi d'une partie de la classe politique bretonne[17].

Durant les Jeux olympiques d'été de 2012 à Londres, le drapeau breton a été l'objet d'une certaine 'agitation', étant interdit comme tout drapeaux hormis ceux des nations officiellement participantes[OF 3]. Malgré l'interdiction qui le touche, on le retrouve dans les tribunes de nombreuses épreuves[T 1].

Le 10 août 2012, un Gwenn ha Du commandité par l'association "La Nuit des étoiles" de 300 m2 (13,5 m x22,5 m pour 50 kg) flotte pour la première fois à Tréflez[T 2]. Présenté comme le plus grand jamais élaboré, un groupe de supporters du FC Lorient, les Merlus Ultras, ont pourtant confectionné un bien plus grand pour le derby contre le Stade Rennais en septembre 2007, avec des dimensions de 25 m de largeur sur 40 de longueur, couvrant ainsi 1 000 m2 :

http://www.fclorient.net/images/0708/fcl/lorient_rennes/22.jpg http://www.fclorient.net/images/0708/fcl/lorient_rennes/23.jpg

Protocole[modifier | modifier le code]

Porteur lors du Festival Interceltique de Lorient en 2005

Le Gwenn ha Du n'ayant aucun statut officiel, aucun protocole ne régit son utilisation. Cependant, dans leur ouvrage, Divi Kervella et Mikael Bodlore-Penlaez ont édicté un certain nombre de règles « inspirées de celles communément admises au niveau international (...) et adaptées aux traditions bretonnes[DM 6] ».

Ordre de préséance[modifier | modifier le code]

Le Gwenn ha Du a la préséance sur tous les drapeaux des villes, des pays étrangers, des provinces et pays historiques, des organisations et personnes morales. On retrouvera par exemple dans l'ordre le drapeau de la Bretagne avant celui du Vannetais, du Pays Pourlet et de la ville de Guémené-sur-Scorff. Lorsque plusieurs drapeaux du même rang sont présents, on privilégie l'ordre alphabétique breton. Les grands ensembles n'ont pas forcément préséance : les drapeaux de même rang ont droit aux mêmes marques d'honneur. Ils doivent être de dimensions identiques et être hissés à la même hauteur. Les drapeaux actuels ont toujours préséance sur les drapeaux historiques, y compris dans un lieu historique précis.

Manipulation du drapeau[modifier | modifier le code]

Il y a un certain nombre de règles traditionnelles de respect qui devraient être observées lors de la manipulation du drapeau. Lorsqu’il est en extérieur, le drapeau doit toujours être hissé au lever du soleil et abaissé au coucher afin d'augmenter son espérance de vie. En cas de mauvais temps, il est recommandé de le remplacer par un drapeau plus petit qui offre moins de résistance au vent.Le drapeau peut aussi être hissé la nuit sur les bâtiments publics en certaines circonstances.

Disposition[modifier | modifier le code]

Gwenn ha Du en position verticale

Le Gwenn ha Du doit toujours être mis tête en haut. Le faire tenir à l'envers est un signe de détresse (en mer par exemple) ou est considéré comme une marque d'irrespect.

Selon le nombre de drapeaux[modifier | modifier le code]

En présence de deux drapeaux hissés sur des hampes croisées, le drapeau qui se trouve à la place d'honneur est situé à droite (à gauche de l'observateur). L'autre drapeau est à gauche (à droite de l'observateur). Lorsque trois drapeaux sont présent, la place d'honneur est au centre.

En présence de plus de trois drapeaux, ils sont disposés en file indienne sur des mâts distincts et d'égale hauteur. La place d'honneur est au bout de la file, à la gauche de l'observateur, puis les autres drapeaux se présentant suivant l'ordre de préséance. Si les mâts sont disposés de telle façon que celui du centre est plus haut, le drapeau d'honneur y sera hissé. Il en va de même sur une façade, sur un toit, etc.

Selon le lieu[modifier | modifier le code]

Lorsque le drapeau est en intérieur lors de meetings ou de quelconques rassemblements, il doit toujours être à droite (à la gauche de l’observateur) en position d’autorité. Ainsi lorsque le drapeau est placé à côté de l’orateur, il doit être à sa droite. Si le drapeau est placé n’importe où ailleurs dans la salle, il doit être à droite de l’assistance. En position verticale ou horizontale, le canton d'hermines est toujours à la gauche de l'observateur. Le drapeau est le plus souvent attaché à une hampe posée sur un piédestal, à une hauteur suffisante pour l'empêcher de toucher le sol. Lorsque le drapeau est au-dessus d'une rue, il doit être suspendu au centre. Le côté que l'on fixe à la drisse se trouve en haut, le canton d'honneur orienté vers le nord dans les rues allant de l'est à l'ouest, et vers l'est dans les rues allant du nord au sud. Au-dessus d'un trottoir, le canton d'honneur doit être orienté vers la rue.

Sur les fuselages, c'est le revers qui doit apparaître sur côté tribord, et l'avers sur le côté bâbord, comme si c'était l'arrête de la dérive qui faisait office de hampe. Sur les habits : si le drapeau est cousu sur les manches, c'est le revers qui doit apparaître sur la manche droite, et l'avers sur la manche gauche (comme si c'était l'avant du corps qui faisait office de hampe).

Sur les véhicules, le drapeau doit être placé à droite du véhicule.

Défilés[modifier | modifier le code]

Selon la coutume bretonne, le Gwenn ha Du est porté à bout de bras flottant au-dessus de la tête du porteur. Le drapeau, porté avec d’autres drapeaux lors de défilés, doit être à droite dans le sens de la marche ou seul au milieu de la première rangée, les autres drapeaux se placent à la gauche du Gwenn ha Du en suivant l'ordre de préséance.

Usages officiels[modifier | modifier le code]

Entités administratives[modifier | modifier le code]

La région Bretagne utilise le Gwenn ha Du à côté d'un drapeau chargé de son logo, dont la nouvelle version réalisée en 2005 comporte une moucheture d'hermine. Le Gwenn ha Du flotte sur la plupart des mairies bretonnes et sur de très nombreux bâtiments publics et administratifs de la région Bretagne.

Système d'Immatriculation des Véhicules[modifier | modifier le code]

Identifiant territorial du Morbihan (56)

Dans le cadre du changement de système d'immatriculation, qui prévoit un espace pour l'apposition d'une référence locale, la Région Bretagne a choisi d'y faire figurer le Gwenn ha Du[18]. Suivant la nouvelle réglementation, l'automobiliste peut faire figurer le numéro du département de son choix et le logo de la région correspondante, même s'il n'y réside pas : « Ainsi, un Breton vivant à Paris pourra disposer d'une plaque « bretonne »[OF 4]. Toutefois, la mesure de la Région Bretagne ne concerne pas la Loire-Atlantique, le logo devant figurer avec le numéro de ce département étant officiellement le blason de la région Pays de la Loire[18]. Une opération lancée par le Collectif Plaques bretonnes 44, réunissant des associations favorables à la réunification entend proposer aux habitants de la Loire-Atlantique des solutions alternatives leur permettant de placer le Gwenn ha Du et le 44 en même temps.

Le choix du Gwenn ha Du comme marque distinctive régionale, voté à l'unanimité le par le conseil régional de Bretagne[19], a été confirmé dans un communiqué par la préfecture de Bretagne[OF 5], après la parution de l'arrêté du fixant les caractéristiques et le mode de pose des plaques d'immatriculation des véhicules dans le Journal officiel du [20], qui précise l'identifiant territorial adopté pour chaque région en annexe[21].

Philatélie et numismatique[modifier | modifier le code]

Durant les années 1990, la poste française a utilisé, dans son bureau d'Erquy(Côtes-d'Armor), une oblitération dite « flamme illustrée permanente » qui portait le dessin d'un grand Gwenn ha Du flottant au-dessus de la ville d'Erquy[22].

En mai 2008, la poste de l'île de Man émet un bloc de huit timbre-poste représentant chacun le drapeau d'un des huit pays celtiques, dont le Gwenn ha Du avec le slogan « Hep brezhoneg Breizh ebet » (Sans langue bretonne, pas de Bretagne)[23].

Utilisation détournée du drapeau[modifier | modifier le code]

Communication d'entreprise[modifier | modifier le code]

Les boutiques d'articles de tourisme déclinent volontiers le Gwenn ha Du sous forme d'autocollant, de cartes postales ou de logo associés aux articles typiquement « bretons ». De nombreuses entreprises proposent des produits où figure le Gwenn ha Du ou des variantes. Cela est souvent le cas pour les vêtements, certains accessoires et les produits gastronomiques.

À la fin des années 2000, certaines banques françaises ont commencé à mettre à disposition de leurs adhérents des cartes bancaires personnalisées où apparaît le drapeau breton[T 3]. L'usage du Gwenn ha Du par les entreprises constitue une des pierres angulaires du programme d'image de marque de la Bretagne.

Domaine du sport[modifier | modifier le code]

Le Gwenn ha Du est fréquemment déployé dans le cadre de manifestations sportives, notamment dans le football où il existe de nombreux détournements ou variantes du drapeau breton. Des Gwenn ha Du colorés existent pour représenter des groupes de supporters ; les couleurs des clubs remplaçant les couleurs originales du drapeau :

  • Les supporters du Stade brestois utilisent un drapeau blanc et rouge (Gwenn ha Ruz).
  • Les supporters du Stade rennais et de l'EAG font usage d'un drapeau rouge et noir (Ruz ha Du).

Certains clubs bretons font référence au Gwenn ha Du dans leur logo, blason ou drapeau officiel :

  • Les couleurs du Vannes OC étant le blanc et le noir, le drapeau utilisé à partir de la finale de la coupe de la Ligue 2009, ainsi que le logotype officiel (2010) du club s'inspirent grandement du Gwenn ha Du.
  • Un Gwenn ha Du flottant apparait sur le logotype officiel (2010) du FC Lorient.

En basket-ball, le club de l'Étendard de Brest utilise également la bannière bretonne, attachée à un ballon.

Domaine de la politique[modifier | modifier le code]

Bien que la connotation politique du Gwenn ha Du soit devenue accessoire, son utilisation reste répandue parmi les partis et mouvements politiques bretons. Le Gwenn ha Du est largement utilisé lors des manifestations syndicalistes, il a gardé un aspect revendicatif.

Quelques partis et mouvements utilisent ou ont utilisé leurs propres variantes du Gwenn ha Du.

Les anarchistes bretons utilisent un Gwenn ha Du divisé par une diagonale qui forme un triangle inférieur noir[24], symbolisant l'anarchisme. Ce drapeau a été utilisé par Huch! collectif rennais de la Coordination Bretagne Indépendante et libertaire. Le Strollad Kommunaur Breizh, parti communiste breton, a utilisé dans les années 1970 un drapeau où figure une étoile rouge symbolisant le communisme à la place des mouchetures d'hermine.

Le logo d'Emgann-MGI, ancien mouvement indépendantiste breton existant entre 1983 et 2009, représente également un Gwenn ha Du chargé du nom stylisé du mouvement[24].

Domaine de la culture[modifier | modifier le code]

Domaine militaire[modifier | modifier le code]

Gwenn ha Du peint sur la queue d'un Super-Frelon de la flottille 32F

L'utilisation du Gwenn ha Du par les composantes de l'armée française ou bien des soldats de celles-ci est un moyen de rendre hommage à ses origines bretonnes. C'est ainsi que des Gwenn ha Du ont pu être observés sur des aéronefs d'unités de la marine française comme sur un hélicoptère Super-Frelon de la flottille 32F de la Base d'aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic ou un Dassault Rafale de la flottille 12F de la Base d'aéronautique navale de Landivisiau[T 4] toutes deux situées en Bretagne.

Lors d'un exercice en mer en 2009, la frégate Primauguet nommée d'après Hervé de Portzmoguer, un des plus célèbres officiers de marine breton, arborait un Gwenn ha Du à sa mâture[25].

Lors de la seconde Guerre d'Afghanistan et de l'intervention militaire de 2013 au Mali, certains soldats du 3e régiment d'infanterie de marine de Vannes, du 2e régiment d'infanterie de marine du Mans et du 11e régiment d'artillerie de marine de Saint-Aubin-du-Cormier ont agrémenté leur uniforme d'un badge d'épaule représentant le Gwenn ha Du assorti de la mention « Breizh special forces »[OF 6],[OF 7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. p. 42
  1. a et b p. 169
  2. a et b p. 68-69
  3. a et b p. 30
  4. p. 47
  5. a, b et c p. 71-72
  6. p.171
  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Philippe Rault, Les Drapeaux bretons de 1188 à nos jours.

Webographie[modifier | modifier le code]

  1. « L'hermine (bretonne) contre la croix gammée », sur maville.com,‎ 23 novembre 2007 (consulté le 3 novembre 2012)
  2. « Avec le Breizh Flag Trip Tour, les Bretons sont partout », sur Ouest-France,‎ 7 mai 2012 (consulté le 16 septembre 2012)
  3. « JO 2012. Le drapeau breton interdit ! », sur Ouest-France,‎ 30 juillet 2012 (consulté le 26 août 2012)
  4. Michel Urvoy, « Ce que sera votre plaque d'immatriculation », sur Ouest-France,‎ 5 juin 2008 (consulté en 03/11/2012)
  5. « La Bretagne sur les plaques : c’est le Gwen ha du », sur Ouest-France,‎ 14 février 2009 (consulté le 3 novembre 2012)
  6. Jean-Laurent Bras, « Les Bretons sur tous les ... fronts », La Bretagne, parlons-en !, sur Ouest-France,‎ 8 juin 2011 (consulté le 3 novembre 2012)
  7. Philippe Chapleau, « De la Kapisa à l'adrar des Ifoghas, le "Breizh Special Forces" toujours en première ligne », sur Lignes de défense,‎ 28 mars 2013 (consulté le 2 avril 2013)
  1. David Cormier, « JO 2012 : interdit, le drapeau breton s'invite parfois quand même », sur Le Télégramme,‎ 30 juillet 2012 (consulté le 26 août 2012)
  2. « Record. Le plus grand Gwenn ha Du du monde dévoilé ce soir », sur Le Télégramme,‎ 10 août 2012 (consulté le 26 août 2012)
  3. « Société Générale : Une carte bancaire à l'effigie de la Bretagne », sur Le Télégramme,‎ 12 juin 2009 (consulté le 3 novembre 2012)
  4. « BAN. La belle fête des 10 ans du Rafale », sur Le Télégramme,‎ 13 juillet 2012 (consulté le 13 septembre 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Points de couture par lesquels on fixait les queues d'hermine à la fourrure
  2. Depuis le XIXe siècle, la pointe inférieure des mouchetures est habituellement représentée avec 3 pointes
  3. Cette variété de représentation s'explique parce que sur la fourrure véritable la queue d'hermine était brossée, étalant son noir de manière aléatoire sur la pelisse blanche
  4. Version originale - Premier drapeau dessiné entre 1923 et 1925
  5. Version à 9 hermines arrangées selon deux rangées horizontales utilisée dans les années 1930
  6. Famille installée en Grande-Bretagne après la conquête normande. La plus ancienne mention du nom est Maledoni Marescal en 1136, des norrois poétique mar "cheval" & skálkr "espiègle", saxon skalk "domestique".
  7. Un deuxième drapeau breton, celui de Saint-Malo fut déployé dans l'espace parJean-Pierre Haigneré lors d'un séjour dans la station spatiale Mir en 1993

Références[modifier | modifier le code]

  1. Divi Kervella, « Kannadig Bannieloù Breizh », Bulletin de l'Association vexillologique et héraldique de Bretagne, no 8,‎ décembre 2008, p. 8-12
  2. a et b Michel Pastoureau, « L'hermine : de l'héraldique ducale à la symbolique de l'État », dans Jean Kerherve et Tanguy Daniel, 1491, la Bretagne terre d'Europe : colloque international, Brest, 2-4 octobre 1991, Brest, Centre de recherche bretonne et celtique,‎ 1992, 516 p..
  3. Bannieloù Breizh, « Le Gwenn ha du, Drapeau moderne de la Bretagne », sur banniel.com,‎ (consulté le )
  4. Ronan Le Flécher, « Une pièce argent massif de 10 euros au visage de la Bretagne tronquée », sur Agence Bretagne Presse,‎ 2010 (consulté le )
  5. . Il apparaît sur une enluminure d'un manuscrit du XVe Compillations de Cronicques et Ystores des Bretons illustrant le combat des Trente (1351), cf. (collectif), La Bretagne au temps des ducs, 1991, page 10
  6. Dalc'homp Soñj, no 17, 1986, p. 22, Morvan Marchal, 1900-1963, créateur du Gwenn ha Du, Jakez Gaucher
  7. 1918-1945' Bretagne, modernité et régionalisme, Pierre Mardaga éditeur, 1986 (ouvrage publié dans le cadre de l'exposition de même nom), voir biographie de Marchal p. 195 « Proudhonien et franc-maçon, sa réflexion le conduisait au fédéralisme ».
  8. Kristian Hamon, Les Nationalistes bretons sous l'Occupation, pages 19-20, Yoran embanner, Fouesnant, 2005,(ISBN 2-914855-19-2).
  9. Cité par O.L. Aubert, Pour le drapeau !, dans la revue Bretagne numéro 152, octobre 1937, p. 292
  10. a, b, c, d et e « Le Gwenn ha du, Drapeau moderne de la Bretagne », sur Bannieloù Breizh (consulté le )
  11. Pascal Ory, L’histoire culturelle face à l’image : le drapeau, un enjeu oublié ?, Diffusion des savoirs ENS Paris [audio] en histoire
  12. (en) « Marshall [Cork coat of arms / Marshall [Cork] family crest »], sur www.heraldry.ws (consulté le )
  13. a et b Léon Le Berre, « Le drapeau breton, il n'y en a qu'un ! », Ouest-Éclair, sur Gallica,‎ 10 octobre 1937 (consulté le ), p. 4
  14. « La Voie Bretonne », Olier Mordrel, p. 14
  15. (en) FOTW, « Flags of the World » Web Site
  16. 7 mai 2010. (br) Hebdomadaire Ya !, numéro 272 du 20 août 2010, War hentoù ar bed ("sur les routes du monde")
  17. « Communiqué de l'UDB : Le « Gwenn ha du » interdit de stade », sur Site des Jeunes de l'UDB,‎ 12 octobre 2009 (consulté le 16 septembre 2012)
  18. a et b « C'est confirmé, la plaque bretonne présentée par le ministère de l'Intérieur sera bien celle avec le Gwenn ha Du »
  19. Pobl Vreizh #154, novembre 2006
  20. Arrêté du 9 février 2009fixant les caractéristiques et le mode de pose des plaques d'immatriculation des véhicules
  21. Ministère de l'Intérieur, « Plaques et numéros », sur http://www.interieur.gouv.fr,‎ 2012 (consulté en 16/09/2012)
  22. Flamme d´oblitération d´Erquy, « Cap sur Erquy en toutes saisons » sur [1]
  23. (en) Voir Isle of Man Post Office Website.
  24. a et b Drapeaux bretons : La Bretagne par ses drapeaux, « Organisations », sur http://drapeauxbretons.canalblog.com,‎ 21 décembre 2007 (consulté le 13 septembre 2012)
  25. « L'image : Une frégate bretonne fait flotter le Gwenn ha Du en Méditerranée », sur Mer et Marine,‎ 18 mai 2009 (consulté le 13 septembre 2012)