Cathédrale Notre-Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cette cathédrale n’est pas la seule cathédrale Notre-Dame.
Cathédrale Notre-Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges
La cathédrale Notre-Dame (façade sud)
La cathédrale Notre-Dame (façade sud)
Présentation
Culte Catholique romain
Type Ancienne cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Toulouse
Début de la construction Vers 1100
Style dominant Roman, gothique et Renaissance
Protection Logo monument historique classée MH (1840)
 Patrimoine mondial (1998)
Site web www.cathedrale-saint-bertrand.org/
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Haute-Garonne
Commune Saint-Bertrand-de-Comminges
Coordonnées 43° 01′ 36″ N 0° 34′ 16″ E / 43.02667, 0.57111 ()43° 01′ 36″ Nord 0° 34′ 16″ Est / 43.02667, 0.57111 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Notre-Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Cathédrale Notre-Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges

Géolocalisation sur la carte : Haute-Garonne

(Voir situation sur carte : Haute-Garonne)
Cathédrale Notre-Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges

La cathédrale Notre-Dame de Saint-Bertrand-de-Comminges, également appelée cathédrale Sainte-Marie, est une cathédrale catholique romaine, située au pied des Pyrénées dans la commune de Saint-Bertrand-de-Comminges, dans le département de la Haute-Garonne en région Midi-Pyrénées (France).

La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1]. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

Situation[modifier | modifier le code]

À 515 mètres d'altitude, Saint-Bertrand-de-Comminges est en position de voir le pic de Cagire, le pic du Gar, le mont Sacon, et contemple le bassin de la Garonne. Plus généralement, la ville commande les accès vers l'Espagne, Toulouse et Tarbes, desservis par un réseau routier issu d'anciennes voies romaines.

Histoire[modifier | modifier le code]

La cathédrale est située sur l'acropole d'un oppidum celte qui a donné naissance à la cité romaine de Lugdunum Convenarum dont les ruines s'étendent dans la plaine. L'invasion des Vandales en 409 l'a dévastée. l'activité municipale a continué au Ve siècle. Après la victoire de Clovis sur les Wisigoths, la cité est passée sous le contrôle des Francs. La ville a disparu en 585 à la suite d'un conflit entre Gondovald, se disant fils naturel de Clotaire Ier et le roi Gontran. Des évêques de la cité sont encore cités épisodiquement, mais il faut attendre Bertrand de l'Isle, membre d'une famille noble et chanoine de Toulouse, nommé évêque de Comminges en 1073 pour voir la cité se redresser. Il rétablit la vie communautaire dans le chapitre, relève la cathédrale et construit son cloître. Il meurt en 1123. Reconnu comme saint par la foule des pèlerins sur le tombeau de saint Bertrand, il ne l'a été que sous le pontificat de Clément V. L'afflux de pèlerins va nécessiter l'agrandissement de la cathédrale dans la seconde moitié du XIIe siècle. Le clocher est construit au XIIe siècle à l'intérieur de la nef.

La construction de la cathédrale remonte aux environs de l'an 1100[1]. Il subsiste de la cathédrale construite par Bernard de l'Isle la base des murs des quatre premières travées et la façade de la nef. Le cloître est refait au XIIe et XIIIe siècles sous une forme plus riche. Il subsiste une galerie romane à l'ouest. Dans la première moitié du XIIIe, les chanoines ont ajouté deux travées au cloître, les galeries sud et est, qui ont englobé la salle capitulaire. La galerie nord du cloître a été construite au XIVe siècle. C'est la seule qui soit voûtée.

Bertrand de Goth est évêque de Comminges entre 1295 et 1299, avant de devenir archevêque de Bordeaux, entre 1300 et 1305, d'être élu pape sous le nom de Clément V en 1305. La première pierre est posée en 1304. Le projet initial devait prévoir de conserver la nef romane et de reconstruire l'abside et le chœur avec cinq chapelles rayonnantes et quatre chapelles latérales. La clef de voûte de l'abside porte le blason de l'évêque Scot de Linières (1317-1325) à côté de celui de Clément V. La voûte de la quatrième travée de la nef est refaite rapidement car on y voit le blason du chanoine operarius Adhémar de Saint-Pastou, mort en 1327. La clef de voûte de la première travée porte le blason de l'évêque Hugues de Castillon (1336-1352) qui a terminé la construction de la cathédrale.

Le programme initial de Clément V a été modifié par l'évêque Hugues de Castillon qui fait construire sa chapelle funéraire, sur le côté nord de la quatrième travée de la nef. Bertrand de Cosnac (1352-1374) fait construire la chapelle Sainte-Marguerite, côté sud de la quatrième travée. Bertrand de Cosnac voulait placer les reliques de saint Bertrand dans cette chapelle pour permettre un accès plus aisé aux pèlerins. La construction de ces chapelles a déstabilisé la quatrième travée entraînant des désordres et obligeant à ajouter de puissants arcs-boutants aux contreforts.

Le mausolée de saint Bertrand a été commencé par le cardinal Pierre de Foix (1422-1450) et terminé par son neveu Jean de Foix-Béarn (1466-1501). Il a dû recouvrir le lieu ayant servi à la translation et à l'exaltation des reliques de saint Bertrand par le pape Clément V, le 16 janvier 1309. On ne sait pas où se trouvaient les reliques du saint avant 1309. Le mausolée a reçu le corps du saint en 1476. Les peintures s'inspirent de celles du livre des miracles de l'évêque Bertrand rédigé par Vital, notaire de l'abbaye de l'Escale-Dieu, rédigé en 1179 pour obtenir sa canonisation par le pape Alexandre III.

La sacristie placée sur le flanc sud-est de la cathédrale, la salle capitulaire sur la galerie nord du cloître et la mise en place de nouveaux vitraux ont été réalisées sous l'épiscopat de Jean de Mauléon (1523-1551). Jean de Mauléon a acheté sept tapisseries des Flandres et du mobilier liturgique, installé le chœur des chanoines, l'orgue et le retable du maître-autel.

Elle a subi des dommages à l'époque des guerres de religion. En 1586, la ville haute a été prise par le capitaine Sus avec sa troupe de huguenots. Ils ont massacré des ecclésiastiques, ont accaparé de l'argenterie, brûlé des archives de la ville et, dans la cathédrale, pris des ornements, des vases sacrés et des reliques. Les reliques de saint Bertrand ont été prises et cachées dans un puits par un soldat. Elles sont rachetées par des chanoines de Lectoure et sont rendues en 1591. Le Chapitre a versé 10 000 livres aux pillards. L'évêque Urbain de Saint-Gelais a chassé les protestants après sept semaines d'occupation. L'évêque reconnaît Henri IV comme roi de France, mais en 1593, le vicomte de Larboust s'est emparé de la ville avec une troupe de pillards et y commet les pires excès dans l'église, mais les reliques de saint Bertrand ont été cachées. La châsse de Clément V a été détruite en 1586. Une nouvelle châsse est prévue en 1627 par l'évêque Barthélemy de Donnadieu de Griet, mais n'a été réalisée qu'en 1748 et la translation des reliques a été faite par l'évêque Antoine de Lastic.

L'autel majeur, en marbre de Sarrancolin, a remplacé en 1737 celui de Jean de Mauléon.

Le 30 novembre 1793, des révolutionnaires viennent saisir l'argenterie se trouvant dans la cathédrale. Les reliques de saint Bertrand sont cachées et rendues après la Révolution.

La cathédrale fait partie des tout premiers monuments placés sur la liste des monuments historiques de 1840. Le cloître est à son tour classé en 1889[1].

Structure générale[modifier | modifier le code]

L'architecture abrite sous un toit unique trois églises d'époques, de constructions et de styles différents :

Plan de l'état actuel.

Extérieur[modifier | modifier le code]

La tour-clocher et l'entrée[modifier | modifier le code]

La tour-clocher

La tour primitive a été exhaussée et convertie en donjon avec hourdage. Elle fait 33 mètres de hauteur.

L'entrée de la tour-clocher est surmontée d'un tympan roman figurant l'Adoration des mages ; sur le linteau sont sculptés les douze apôtres.

Le cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître est construit pour les chanoines : c'est un lieu de prière, de réunion et de détente. Sa construction débute au XIIe siècle et il est remanié à plusieurs reprises.

  • Trois de ses galeries sont romanes, recouvertes d'une charpente à claire-voie. Elles ont des arcs cintrés qui reposent sur une double rangée de colonnes surmontées de chapiteaux décorés, dont le plus travaillé est le pilier des Évangélistes. La galerie du midi ouvre sur la colline avoisinante.
  • La galerie gothique du nord, de style austère, a été refaite aux XVe et XVIe siècles. Elle contient les tombes de sept chanoines, d'où son nom de galerie des tombeaux.

Images de l'extérieur[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Intérieur[modifier | modifier le code]

Le narthex et l'avant-nef[modifier | modifier le code]

Le narthex (entrée de la cathédrale) est constitué d'arcs brisés, supportés par deux piliers colossaux reposant sur une base circulaire de 11,45 mètres qui supporte une voûte à huit nervures. Le clocher s'élève au-dessus. On retrouve des arcades romanes sur les murs nord et sud.

Dans l'avant-nef, espace compris entre l'entrée de la cathédrale et la tribune du jubé et qui reçoit paroissiens et pèlerins, se dresse l'orgue. Le buffet Renaissance est élevé sur cinq colonnes cannelées ; ses sculptures traitent de sujets profanes (scènes champêtres, travaux et exploits d'Hercule). Cet orgue d'angle a été remanié à trois reprises : en 1835, 1901 et 1975.

La nef gothique[modifier | modifier le code]

Dès le XIVe siècle, l'ancien édifice roman est complètement transformé : une large voûte est construite à l'est, formant le chevet. La voûte en croisée d'ogives, haute de 28 mètres, s'étire du chevet au clocher ; elle culmine à 55 mètres. Les murs sont en pierre grise. Le tout forme un unique vaisseau de type gothique méridional, large de 16 mètres.

Les chapelles[modifier | modifier le code]

Des onze chapelles, cinq sont rayonnantes et six latérales. Dans le chœur, on accède à l'ancienne sacristie édifiée par Jean de Mauléon en appendice de l'abside de la chapelle Saint-Barthélemy.

La chapelle Notre-Dame est remarquable par le tombeau de l'évêque Hugues de Castillon (1336-1352), en marbre blanc de Saint-Béat, attribué au Maître de Rieux[2].

L'autel de la paroisse, situé dans l'avant-nef, est une chapelle qui ne faisait pas partie du plan primitif : elle est ajoutée en 1621 par l'évêque Gilles de Souvre afin de permettre aux fidèles de suivre les offices autrement qu'à travers la clôture du chœur, selon une directive du concile de Trente.

Dans l'ancienne salle capitulaire se trouve le trésor de la cathédrale (vases sacrés, ornements liturgiques).

Les boiseries Renaissance du chœur[modifier | modifier le code]

Le chef-d'œuvre de la cathédrale est sans nul doute les boiseries Renaissance du chœur, véritable « église en bois » inaugurée la nuit de Noël 1535. À noter :

  • Les 66 stalles disposées sur deux rangs.
  • Le trône épiscopal commence la rangée des hautes stalles côté épître.
  • Le jubé, séparant l'avant-nef du chœur, richement décoré.
  • Le retable, en bois sculpté, recouvert de peintures et dorures au XVIIIe siècle.

Le mausolée de Saint-Bertrand[modifier | modifier le code]

Au début du XVe siècle, l'évêque Pierre de Foix fait élever un mausolée dans le chœur de la cathédrale pour recueillir les restes de saint Bertrand. La face tournée vers le chevet est couverte de peintures sur pierre datant du XVIIe siècle reproduisant les scènes miraculeuses de la vie du saint. La face tournée vers le chœur est percée d'une cavité contenant la grande châsse d'argent et d'ébène où repose le corps du saint.

Images de l'intérieur[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir


Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Une grande partie des informations provient du document La cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges mis à la disposition des visiteurs, édité par la mairie de Saint-Bertrand-de-Comminges, sur un texte d'Henri Sarramon.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Deshoulières, La cathédrale Saint-Bertrand de Comminges, p. 290-320, dans Congrès archéologique de France. 92e session. Toulouse. 1929, Société française d'archéologie, Paris, 1930
  • Bertrand Sapène, Saint-Bertrand-de-Comminges, Guide de visite, Toulouse, 1954 ; p. 96
  • Marcel Durliat, Victor Allègre, Pyrénées romanes, p. 148-155, Éditions Zodiaque (collection la nuit des temps no 30), La Pierre-qui-Vire, 1978
  • Christine Aribaud, La chasuble en cuir de Saint-Bertrand-de-Comminges, Société archéologique du Midi de la France, tome LVII, 1997 (Lire en ligne)
  • Jean Rocacher, Saint-Bertrand de Comminges. Saint-Just de Valcabrère, Éditions de la cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges, Saint-Bertrand-de-Comminges, 1995 (ISBN 2-9509434-0-3) ; p. 192
  • Jean Rocacher, L'ancienne cathédrale Sainte-Marie de Saint-Bertrand-de-Comminges, p. 81-91, dans Congrès archéologique de France. 154e session. Monuments en Toulousain et Comminges. 1996, Société française d'archéologie, Paris, 2002
  • Michèle Pradalier-Schlumberger, La chapelle d'Hugues de Castillon, p. 93-100, dans Congrès archéologique de France. 154e session. Monuments en Toulousain et Comminges. 1996, Société française d'archéologie, Paris, 2002
  • Michèle Pradalier-Schlumberger, Le cloître de la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges, p. 101-107, dans Congrès archéologique de France. 154e session. Monuments en Toulousain et Comminges. 1996, Société française d'archéologie, Paris, 2002

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]