Église Saint-Jean-le-Rond de Paris

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Saint-Jean-le-Rond vers 1500 : le saint évêque se tient devant la porte de cette église, et on voit que sa façade était parfaitement alignée avec celle de Notre-Dame.

Saint-Jean-le-Rond est une église de Paris dédiée à saint Jean-Baptiste aujourd'hui détruite. Elle était accolée au mur gauche de la nef de la cathédrale Saint-Étienne de Paris, ou aujourd'hui du collatéral Nord de la cathédrale Notre-Dame de Paris, à l'emplacement actuel de la rue du Cloître-Notre-Dame.

Architecture[modifier | modifier le code]

Comme son nom l'indique, l'église Saint-Jean-le-Rond devait d'abord être un baptistère construit sur un plan centré. Son emplacement, au milieu du bas-côté nord de la cathédrale primitive, correspond à l'emplacement habituel des baptistères de cathédrale dans la Gaule de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge. L'abbé Lebeuf mentionne que l’église aurait été reconstruite au XIIIe siècle sur un plan rectangulaire, date qui est confirmée par le fait que la nouvelle façade est parfaitement alignée sur celle de la cathédrale érigée à la même époque, et par l'analyse stylistique des vestiges[1].

Sa façade a été remplacée par une façade classique probablement au début du XVIIe siècle. Le portail, en plein cintre, était encadré de deux colonnes doriques supportant un entablement simple et un fronton portant trois statues. Au-dessus, une simple rosace, puis un large fronton triangulaire, derrière lequel s’apercevait un clocheton assez simple.

On ne trouve sa présence dans les textes qu'au XIIe siècle[2]

Paroisse[modifier | modifier le code]

Saint-Jean-le-Rond, telle qu'elle apparaissait au XVIIIe siècle avant sa destruction, à gauche de la cathédrale.

Saint-Jean le Rond a conservé longtemps un rôle central dans les cérémonies baptismales, mais servait également d'église paroissiale : on y célébrait le culte de sainte Geneviève car la légende disait qu'au Ve siècle celle-ci ait réuni dans le baptistère les femmes parisiennes pour les exhorter à lutter contre Attila par leurs prières.

L'église avait la charge des laïcs vivant dans le cloître Notre-Dame. Elle était desservie par un collège de huit chanoines, formé de deux prêtres, de trois diacres et de trois sous-diacres. Elle possédait dans le cloître Notre-Dame un petit cimetière de 100 m2 environ entouré par une galerie de charniers[3].

Lors de la réorganisation des paroisses de l’île de la Cité, il fut décidé de supprimer l’église en 1748 : la cure, le baptistère et les chanoines furent alors transférés à l’est de la cathédrale, à Saint-Denis-du-Pas. L’église elle-même fut détruite et ses matériaux réutilisés lors de la reconstruction de la grande porte du cloître par Germain Boffrand en 1751. Le bâtiment détruit était de plan rectangulaire et non circulaire.

Remarques diverses[modifier | modifier le code]

Victor Hugo évoque cette église dans Notre-Dame de Paris.

Jean le Rond d'Alembert, enfant illégitime de Mme de Tencin, a été abandonné à sa naissance sur les marches de cette église en 1717. Comme le veut la coutume, il a été nommé du nom du saint protecteur de cette église.

Sépultures[modifier | modifier le code]

Gisant de Guillaume Callot, chanoine du XVe siècle.

(liste non exhaustive

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Venance Fortunat, Vita s. Germani, episcopi parisiasci , c. XLII, éd. Krusch, Hanovre, 1920 (M.G.H., S.R.M., VII), p. 398.
  • Grégoire de Tours, Historia Francorum, VI, 17 & 27, éd. Krusch-Levison, Hanovre, 1937 (M.G.H., S.R.M.,I,1), p. 286 & 295.
  • Noël Duval, notice Paris dans La Topographie chrétiennedes cités de la Gaule des origines à la fin du VIIe siècle, t.III, Paris, 1984, Publication du Centre de Recherches sur l'Antiquité tardive et le Haut-Moyen Âge, Université de Paris X
  • Adrien Friedmann, Paris, ses rues, ses paroisses du Moyen Âge à la Révolution. Origine et évolution des circonscriptions paroissiales, Paris, 1959.
  • Jean Hubert, Les origines de Notre-Dame de Paris, dans Revue de l'histoire de l'Église de France, 1964, t.L, p. 5-26 et fig 2.
  • May Vieillard-Troïekouroff, Supplément au Recueil général des monuments sculptés en France pendant le Haut-Moyen Âge (IVe - Xe siècle), t.I: Paris et son département dans Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques , nouvelle série, t.XV, 1979 (Paris 1982), p. 181-230, 13 fig et XIII pl. ( 46 notices dont 10 sur les collections du musée Carnavalet).
  • Patrick Perrin, Philippe Velay, Laurent Renou & Coll, Collections mérovingiennes, éd. Musée Carnavalet, t.II, Paris, 1985, p. 46.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un chapiteau engagé provenant du portail occidental de Saint-Jean-le-Rond a été trouvé lors des fouilles du parvis de Notre-Dame en 1998-1999. Il est daté du 1er quart du XIIIe siècle et est conservé au musée de Cluny (Ref. FNI 68)
  2. Cité par Patrick Perrin, Ph. Velay et L. Renou dans Collections mérovingiennes, Paris 1985, t. II, p. 46 ( Lasteyrie, Cartulaire, actes de 1124 (no 203, p. 222&204), 1125 (no 208, p. 229) et 1132 ( no 237, p. 242)
  3. Jacques Hillairet, Les 200 cimetières du vieux Paris.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Une autre église Saint-Jean-le-Rond existe à Auxerre.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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