France-Soir

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France-Soir
Image illustrative de l'article France-Soir

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Format iPad Tablette Android
Genre Généraliste
Prix au numéro 1,79 euro sur iPad et 0,80 euro le dernier numéro papier paru
Diffusion 77 106 ex. (2010)
Date de fondation 1944
Date du dernier numéro 14 décembre 2011
Ville d’édition Paris

Site web FranceSoir.fr

France-Soir est un quotidien généraliste français créé en 1944 et mis en liquidation en 2012. Il reparaît sur tablette numérique en 2013 sous le nom de France Soir l'e-mag.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les fondateurs Robert Salmon et Philippe Viannay[modifier | modifier le code]

À sa création en novembre 1944[1] par les jeunes chefs résistants Robert Salmon et Philippe Viannay, France-Soir est assimilé, par son lectorat comme par son titre, au journal clandestin Défense de la France créé en 1941 par les mêmes Robert Salmon et Philippe Viannay[2], dont les premiers numéros étaient imprimés sur une machine offset Rotaprint[3], cachée dans les caves de la Sorbonne, avec en exergue cette phrase du philosophe Blaise Pascal : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger ».

Relayé à Grenoble, Clermont-Ferrand, Lyon et en Bretagne par les réseaux résistants Combat et Témoignage chrétien, Défense de la France devient le plus fort tirage de la presse clandestine, avec 450 000 exemplaires par jour dès janvier 1944[3]. En mars 1944, après de multiples déménagements, il est hébergé dans un bâtiment industriel sur trois niveaux, rue Jean-Dolent, derrière la prison de la Santé, dans le XIVe arrondissement, avec une machine « double jésus » de six tonnes, la « Grosse Margot », une linotype, un massicot, et une réserve de papier, d’essence, de vivres, d’eau et de deux tonnes de charbon de bois pour la clicherie.

Le premier numéro de France-Soir paraît le 7 novembre 1944 sous un double titre, France-Soir - Défense de la France qui marque la filiation avec le journal de la Résistance[4]. Philippe Viannay, ancien chef des maquis FFI de Seine-et-Oise[5], fonde aussi en 1945 avec Jacques Richet le Centre de formation internationale avant de le transformer l’année suivante en Centre de formation des journalistes (CFJ). Mais en 1947 après trois années de parution, il perd le contrôle de France-Soir[6]. Jusqu'en 1948, un drastique rationnement du papier oblige les très nombreux quotidiens, pour la plupart issus de la Résistance, à se limiter à une page recto-verso, limitant les possibilités d'expansion et d'innovation. Robert Salmon, sensibilisé au problème avait présidé le Comité des papiers de presse, pour trouver des solutions à la pénurie de matière première. En 1945, le syndicat national des journalistes demande la mise sous séquestre de ce comité, qu'il appelle « trust du papier »[7].

Pierre Lazareff revient des États-Unis, où il avait rejoint en 1940 l’Office of War Information pour diriger les émissions à destination de l'Europe occupée. Il retrouve le poste de directeur de la rédaction de Paris-Soir, qui fut le premier quotidien de l'entre deux-guerres, avec 1,7 million d'exemplaires en 1936, auquel l'avait nommé Jean Prouvost en 1931. Paris-Soir se voit confisquer son imprimerie de Lyon, au profit du journal Le Patriote, en raison d'un comportement ambigu sous l'occupation. Pierre Lazareff préfère rejoindre dès septembre 1944 Défense de la France, qui devient Défense de la France-France-Soir deux mois plus tard.

En 1946, la FEP (société éditrice de France-Soir) fusionne avec Publi-France, filiale du groupe Hachette et éditrice de Paris-Presse[1], fondé en novembre 1944 par le fils de Maurice Barrès, le député RPF Philippe Barrès. Ce dernier avait été rédacteur en chef de Paris-Soir dans les années 1930 puis se mit au service de la France libre en 1941, en partant aux États-Unis. France-Soir partage très tôt ses vendeurs à la criée avec ceux de Paris-Soir, qui portent une casquette commune aux deux titres. Dès 1948, un supplément dominical est créé : Le Journal du dimanche qui devient par la suite indépendant.

Pierre Lazareff et le million d'exemplaires, dès les années 1950[modifier | modifier le code]

Premier quotidien français, France-Soir est racheté en 1949 par la Librairie Hachette, qui nomme Pierre Lazareff directeur général et gérant de la société éditrice (FEP). Le cofondateur Robert Salmon devient également gérant (Il gardera le titre de président du journal alors que France Soir est une SARL de presse). Le quotidien franchit dès 1953 le cap du million d'exemplaires, porté par les événements des guerres de décolonisation, en Indochine et en Algérie[8].

Le tirage culmine à 1,5 million d'exemplaires en 1956-1958, lorsque la guerre d'Algérie[3] appelle des centaines de milliers de jeunes français sous les drapeaux et se maintient en 1961, au moment des attentats de l'OAS et du putsch des généraux, avec 1 115 700 exemplaires vendus en moyenne chaque jour. Un bandeau à la une proclame « Le seul quotidien vendant plus d'un million d'exemplaires »[4].

Pierre Lazareff disait « Vous prenez peu sur beaucoup, vous êtes riche ! Vous prenez beaucoup sur peu, vous êtes pauvre ! ».

L'excellente réputation du France-Soir des années 1950 lui est apportée par des as du reportage, qui deviendront ensuite des romanciers à succès : l'ancien résistant et futur académicien Joseph Kessel, correspondant de guerre dès 1939-1940, ou Lucien Bodard, qui ramène des informations exclusives d'Indochine, ou encore Philippe Labro, qui publie ses premiers romans à partir de 1960 et Henri de Turenne, aspiré par l'aventure du reportage télévisé lors de la création en 1964 de l'ORTF après avoir publié en 1951 le prémonitoire Retour de Corée.

La montée en puissance du titre s'appuie aussi sur un prix attractif et une politique rédactionnelle efficace : manchettes percutantes, photos vivantes, scoops en rafale, nombreux faits divers, reportages de guerre, presse people avec les fielleux « Potins de la commère » de Carmen Tessier[9],[10]. C'est le seul quotidien capable de rafraîchir l'actualité, en particulier internationale, sept fois par jour, avec sept éditions tout au long de la journée lorsqu’un évènement le justifie[4]. La rédaction tourne presque 24 heures sur 24, et vingt-cinq voitures avec chauffeur sont disponibles à tout instant pour amener les journalistes rapidement sur le terrain[4].

Autre pilier du succès, Paul Gordeaux propose à Pierre Lazareff de raconter le Film du demi-siècle et afin d'imiter une pellicule cinématographique, il opta pour l'ordre vertical un véritable storyboard. Gordeaux commanda les premières images à un jeune dessinateur alors peu connu  : Jean Bellus. Le célèbre logo du lecteur tenant son France-Soir devant lui, laissant voir les gros titre de la une et les bandes dessinées de la « der ». Chaque lecteur devenant un Homme-sandwich de France-Soir, le curieux courait acheter le journal pour lire la suite des bandes dessinées. Paul Gordeaux publia plus de 10 000 bandes dessinées, qui firent de lui l'historien le plus lu de France  : « il ne racontait pas des histoires mais l’histoire » disait de lui Pierre Lazareff. Il continua avec ses fameuses bandes dessinées verticales écrites au jour le jour: Le Crime ne paie pas suivi par Les Amours célèbres pour équilibrer la page à sa disparition. Ces séries accueillirent de nombreux dessinateurs dont Albert Uderzo. Après 14 ans de parution quotidienne, elles seront remplacées par de courtes bandes dessinées réalistes comme Juliette de mon cœur de Stan Drake et Elliot Caplin, ou 13 rue de l'Espoir, dessiné par Paul Gillon sur des textes des frères Jacques et François Gall. Sans oublier le fameux Jeu des 7 erreurs dessiné par Henry Blanc. Celui-ci a également dessiné les aventures du commissaire San Antonio en bande dessinée, sous forme de comic strips, (les textes, placés sous les images, étaient adaptés par Robert Mallat). Henry Blanc réalisa aussi les dessins d'une adaptation en comic strips du célèbre feuilleton radiophonique humoristique Signé Furax, adapté par Paul Gordeaux et le roman historique français Angélique, marquise des anges signé Anne et Serge Golon et publié en feuilleton en 1957, apportant au journal jusqu'à 250 000 lecteurs supplémentaires à chaque parution. Quatre tomes d'Angélique paraissent en texte illustré dans France-Soir.

France-Soir devient une référence dans le paysage médiatique français. Dans ses bureaux du 100, rue Réaumur, entouré de six secrétaires, Pierre Lazareff, surnommé « Pierrot-les-bretelles », gère une rédaction de plus de 400 personnes. Peu à peu, le journal se transforme aussi en moyen d'influence convoité. Les déjeuners dominicaux, donnés par Pierre Lazareff et son épouse Hélène Lazareff, créatrice du magazine ELLE, dans la propriété qu'ils louent dans les Yvelines, deviennent un lieu de rendez-vous recherché par les dirigeants politiques et les capitaines d'industrie.

Les ventes commencent à décliner dans les années 1960 avec le développement de la télévision[11], mais l'absorption de l'équipe rédactionnelle de Paris-Presse empêche France-Soir de basculer dans un populisme sans limites. Le 9 novembre 1970, France-Soir obtient une diffusion exceptionnellement élevée, avec 2 264 000 exemplaires, pour l'annonce de la mort du général de Gaulle. Après la mort de Lazareff en 1972, Henri Amouroux le directeur de Sud-Ouest est recruté en 1974 pour la direction de France-Soir, mais sans parvenir à relancer les ventes.

La fin de l'âge d'or[modifier | modifier le code]

La mort de Pierre Lazareff, en 1972, marque la fin de l'âge d'or du quotidien. Les radios et la télévision lui livraient déjà une concurrence terrible, en particulier Europe 1 avec ses bulletins d'information toutes les heures, et le 8 avril 1969, le bandeau « million d'exemplaires » avait déjà été supprimé. Mais, désormais, ce sont les hésitations de choix de la ligne éditoriale qui vont finalement lui faire le plus de mal, entre un journal populaire à l'anglo-saxonne ou un journal généraliste concurrent du quotidien Le Parisien libéré.

En 1976, Hachette revend le titre, alors diffusé à 600 000 exemplaires par jour, au groupe Presse Alliance de Paul Winkler, qui en rétrocède aussitôt la moitié à Robert Hersant, avant de lui en céder le contrôle total. Sur les 200 journalistes, 80 font jouer la clause de cession. Des grèves à répétition font chuter le lectorat, mais la diffusion se situe toujours autour de 400 000 exemplaires en 1983. De 1992 à 1997, la direction de la rédaction est assurée par Bernard Morrot.

En 1998, est lancé un ambitieux plan industriel, comprenant le passage au format tabloïd, une réduction du prix de 22 %, passant de 5 francs français à 3,90, une nouvelle imprimerie avec une rédaction installée à Aubervilliers.

La Socpresse de Robert Hersant vend à Georges Ghosn le titre déficitaire en 1999. L'érosion de la diffusion de France Soir est alors amorcée, le quotidien est pris en tenaille par Le Parisien-Aujourd'hui en France qui s'impose sur le marché[12]. En juin 2001 une restructuration aboutit à la suppression de 60 emplois. Entre 2002 et 2003, Philippe Bouvard a un nouveau projet éditorial, qui fait la part belle à la télévision et au sport, c'est le projet France-Soir +, mais la nouvelle formule n'obtient pas le succès escompté et Philippe Bouvard quitte le quotidien. Il est remplacé par André Bercoff qui devient le onzième directeur de la rédaction depuis 1982, et en octobre 2004 le quotidien est vendu à Raymond Lakah.

Virage éditorial de type « tabloid »[modifier | modifier le code]

Entre octobre 2004 et septembre 2005, Valérie Lecasble qui vient de la presse économique, est nommée directrice de la rédaction du quotidien[13]. Elle choisit alors de réorienter la ligne éditoriale vers une formule plus proche des tabloïds britanniques. En mars 2005, Valérie Lecasble annonce dans France Soir la libération imminente de l'otage Florence Aubenas alors qu'elle ne sera en réalité libérée que plusieurs mois après ce « scoop ». En septembre, à peine un an après son arrivée, Valérie Lecasble quitte brusquement le journal pour diriger i>Télé, la chaîne d'information de Canal+[14]. La rédaction s'inquiète alors de ce départ précipité : son bilan est considéré comme critique en assemblée générale et le dépôt de bilan du journal est même redouté[15]. En dépit de la nouvelle formule éditoriale, au premier trimestre 2005, les ventes s'effondrent et la diffusion recule d'environ 10 % par rapport à l'année précédente avec une distribution estimée de 45 000 à 50 000 exemplaires[16].

L'affaire des caricatures de Mahomet[modifier | modifier le code]

Au début du mois de février 2006, France-Soir s'est illustré en publiant la série de caricatures de Mahomet qui avait valu au journal danois Jyllands-Posten une vive désapprobation du monde musulman. Cette action relança la polémique et entraîna le licenciement du directeur de la publication Jacques Lefranc.

La difficile reprise[modifier | modifier le code]

Presse Alliance, possédé par Poligrafici à hauteur de 30 % et Ramy Lakah à 70 %, a été mis en cessation de paiement jeudi 27 octobre 2005, depuis août, le journal ne paraissait plus dans le sud de la France, à la suite d'un contentieux avec l'imprimerie Riccobono. Déficitaire de six millions de francs français, la société Presse Alliance, société éditrice du quotidien, est mise en redressement sur décision du tribunal de commerce de Bobigny, le lundi 31 octobre 2005, pour une période de six mois. Cette décision permet la poursuite de l'activité et donne du temps aux administrateurs judiciaires pour trouver une solution, mais la diffusion du quotidien tombe à 45 000 exemplaires.

La société Presse Alliance est propriété à 70 % du groupe Montaigne Press Limited dont le gérant est Raymond Lakah. Cinq repreneurs ont été en lice pour la relance de France-Soir. La date limite de dépôt des dossiers de reprise du titre, fixée par le tribunal au 12 janvier 2006, fut plusieurs fois repoussée.

Le 14 mars 2006, l'homme d'affaires Arcadi Gaydamak annonce un projet de reprise du titre par l'intermédiaire de sa société Moscow News. Ce projet obtient le soutien du SNJ.

Le 12 avril 2006, c'est finalement entre trois projets que le tribunal de commerce de Lille doit trancher : le plan de continuation de Moscow News, plébiscité par les salariés, et deux plans de reprise, celui de l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois et du journaliste Olivier Rey, et celui de Jean-Raphaël Fernandez, alors patron d'un groupe agroalimentaire marseillais, dont le dossier est représenté par Patrice Gelobter et Jean-Pierre Thiollet. À l'issue de l'audience, c'est le projet de reprise de Olivier Rey et de Jean-Pierre Brunois que le tribunal de commerce choisit[17], provoquant dans la foulée une grève des journalistes de France-Soir décidée et reconduite avec une quasi-unanimité. Ils contestent le peu de crédibilité du projet rédactionnel du repreneur désigné, ainsi que l'ampleur et la nature du plan social prévu. Celui-ci, validé par le tribunal de commerce sur la base d'un projet du repreneur, empêche toute application des règles du droit social, dans le but de faire payer par les fonds publics de garantie les indemnités des salariés les plus anciens. Les représentants des salariés font appel du jugement du tribunal de commerce. Les salariés de France-Soir obtiennent le soutien de l'ensemble des organisations syndicales ainsi que de nombreuses personnalités des médias, de la société civile et du spectacle, et notamment de la petite-fille de Pierre Lazareff, Katherine Icardi-Lazareff qui dénonce « l'éradication de services entiers du journal, la politique, la culture, les fondements de ce qui fut le journal de mon grand-père ».

Cette grève et l'appel à la mémoire de Pierre Lazareff ont été dénoncés comme une manœuvre, qualifiée de "suicide collectif" [18], par François Lazareff, neveu de Pierre, journaliste et directeur de journal équestre dans le grand ouest de la France. Il a rappelé qu'une des maximes de Pierre Lazareff était : « La première qualité d'un journaliste est d'être lu » et que les journalistes de France-Soir faisaient tout pour ne pas l'être[19].

Reparution en 2006[modifier | modifier le code]

Le mercredi 7 juin 2006, France-Soir reparaît après plus d'un mois et demi d'arrêt de diffusion. La une du « n°1 du nouveau France-Soir », tiré à 150 000 exemplaires, affiche Mariah Carey, Guy Roux et un titre sur la sécurité routière.

Le premier numéro de la nouvelle formule de se veut dans l'esprit des tabloïds anglais, comme le Sun, un format qui remporte peu de succès jusqu'ici en France. En novembre 2006, Le Canard enchaîné fait état d'une diffusion avoisinant 30 000 exemplaires. Dans son numéro du 10 novembre 2006, une autre publication, Les 4 vérités hebdo indique qu'« avec des ventes à moins de 30 000 exemplaires, France-Soir ne remonte pas la pente, malgré sa reprise en main, en juin dernier, par le trio Jean-Pierre Brunois/François Mattei/Christiane Vulvert ».

Le quotidien, appartenant à l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois, a comme directeur de la rédaction François Mattei et emploie alors près de cinquante salariés.

Parmi les plumes du journal, on retrouve Gérard Carreyrou qui signe une chronique politique chaque mardi, Paul Wermus, Jean-Marc Morandini et Isabelle Morini-Bosc, chroniqueurs pour les pages télévision ; Nicole Duault (arts, spectacles...)... Au dernier trimestre de l'année 2007, Pierre Douglas, Paul Lefèvre, Alexandre del Valle, Roland Dumas, Bernard Debré et Gilbert Collard viennent contribuer, par des chroniques, à la rédaction.

En janvier 2007, Gérard Carreyrou et Dominique Jamet (qui avait été secrétaire de rédaction de 1961 à 1963), sont nommés conseillers éditoriaux. Le 15 février, ce dernier devient directeur de la rédaction du quotidien jusqu'au 28 avril suivant, date à laquelle il est remercié, selon la version donnée par son employeur, ou démissionne de son poste, selon sa propre version, du fait d'un désaccord avec la ligne éditoriale du quotidien. Sa nomination avait été en grande partie à l'origine du départ de Jean-Pierre Thiollet.

Le journal adopte une nouvelle formule à partir du 31 mars 2008. Gilles Bornais devient à son tour directeur de la rédaction le 3 février 2009 mais quitte ses fonctions deux mois plus tard.

France-Soir a un OJD de 24 000 exemplaires pour le premier semestre 2007, soit une progression de plus de 14 % par rapport au deuxième semestre 2006, date de la reprise. L'étude EPIC du 01/07/06 au 30/06/07 attribue près de 200 000 lecteurs quotidiens au journal.

Sur le plan technique, France-Soir est un quotidien national publié six jours par semaine du lundi au samedi. Une forte place est faite au traitement des informations générales. La grande spécificité de France-Soir est le cahier Courses. Ce cahier quotidien de huit pages est imprimé sur papier jaune. Il est inséré au centre du journal. Sa numérotation est en chiffres romains (I à VIII, XII le samedi) alors que le cahier principal est numéroté en chiffres arabes. France-Soir est imprimé au Centre Impression Presse Paris (CIPP) à Saint-Denis. Il est également imprimé dans cinq autres imprimeries réparties sur le territoire français.

Le journal imprime plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires en trois éditions :

  • une édition bouclée à 20 h 30 (Nantes Nancy),
  • une édition intermédiaire (pour les sites d’impression distants) vers 21 h 45
  • et la « CTD » à 23 h.

La pagination moyenne est de quarante pages berlinois. Le journal est réalisé par une équipe d'une quarantaine de personnes installées à Paris dans le 17e arrondissement. Selon la direction de l'entreprise, les objectifs de développement ont été validés après de nouvelles études marketing.

La marque France-Soir reste connue, essentiellement parmi les personnes les plus âgées. Selon la direction de l'entreprise, « il y aurait en France une large place pour un journal populaire de qualité ». L’équilibre financier du journal dont la masse salariale et les frais fixes auraient été considérablement réduits, se situerait aux alentours de 40 000 exemplaires vendus (pour une diffusion de 90 000 exemplaires).

En 2006, la direction de la société avait affiché son intention de mettre en place une « véritable politique de diffusion et de parution », « avec l’acquisition d’une fréquence de télévision sur la TNT et une fréquence radio organisées dans le même esprit éditorial que le journal », devant « renforcer encore le développement de France-Soir dans une interactivité journal-télévision-radio-internet ».

Reprise en 2009[modifier | modifier le code]

En janvier 2009, France-Soir est racheté par le jeune milliardaire russe Alexandre Pougatchev. Le 17 mars 2010, une nouvelle version du journal, qui se veut plus proche du lecteur, est lancée à grand renfort de publicité (six millions d'euros)[20], et le but affiché est de relancer les ventes du journal grâce à « un concept très novateur et élégant » et l'arrivée de nouvelles signatures (Patrick Poivre d'Arvor, Laurent Cabrol, Thierry Roland). 22 722 exemplaires sont alors vendus quotidiennement. Avec cette nouvelle formule, la direction de France-Soir espère augmenter ses résultats pour atteindre 100 000 à 200 000 exemplaires par jour à moyen terme[21].

Dans son édition week-end datée du samedi 18 et dimanche 19 septembre 2010, France-Soir annonce la plus forte augmentation d'audience sur l'ensemble de la presse quotidienne nationale (+ 34,7 %) soit 58 000 lecteurs supplémentaires entre la période juillet 2009 - juin 2010 (selon la dernière étude EPIQ, portant sur la période d'enquête juillet 2009 - juin 2010). Grâce à cette annonce, les ventes journalières du journal s'élèveraient à 80 722 lecteurs environ.

Après l'été 2010, la diffusion totale baisse à nouveau. Le bilan de la relance montre que le recours à la vente aux tiers (diffusion par les compagnies aériennes, etc.) a permis de contrecarrer la progression limitée des achats au numéro[22].

En septembre 2010, France-Soir - qui veut alors miser sur des "scoops", et se démarquer de la concurrence - se fait remarquer en "comptant le nombre de manifestants" dans les grands défilés syndicaux parisiens hostiles à la réforme des retraites. Le journal, qui a fait appel à une société espagnole spécialisée dans le comptage scientifique du nombre des manifestants, révèle que les chiffres syndicaux sont excessivement "gonflés". L'initiative est suivie par le site Mediapart et l'AFP, qui à leur tour confirment que les comptages de la Préfecture de police sont plus proches de la réalité que ceux des organisations syndicales. Ce sera le dernier "coup d'éclat" du journal. Cette opération coûte finalement beaucoup d'argent pour un résultat en termes de ventes plus que mitigé.

Le lundi 17 janvier 2011, pour la deuxième fois en moins d'un an, France-Soir lance une nouvelle formule qui se veut « plus claire, plus aérée et plus moderne » et dans l'objectif de « créer un journal populaire de demain »[23]. Cette nouvelle formule, tirée à 160 000 exemplaires entraîne aussi une augmentation du prix de vente au numéro, passant de 0,50 euro à 0,60 euro. L'objectif de la direction de France-Soir est d'atteindre « au plus vite les 100 000 exemplaires »[23] et « 140 000 exemplaires vendus en 2012 »[23].

La nouvelle formule ne convainc pas et la diffusion payée tourne désormais autour des 60 000 exemplaires (OJD début 2011), d'autant que les traditionnelles « Pages courses » (hippiques) sont supprimées et les journalistes spécialisés licenciés. C'est un échec pour le repreneur russe du titre. Le 2 juillet, le prix augmente à 0,80 euros. La formule d'été apporte des jeux et dévoile le nouveau Spirou. Le 30 août 2011, à la suite d'importantes pertes financières, le journal est placé sous procédure de sauvegarde pour une durée de quatre mois.

Le 10 octobre 2011, les salariés de France-Soir se mettent en grève à la suite de l'annonce dans plusieurs médias que la parution papier allait disparaître au profit d'une édition exclusivement web. Alexandre Pugachev se déclare prêt à céder le journal pour un euro symbolique[24]. Alexandre Pugachev a refusé le projet de reprise de France Soir proposé par Christiane Vulvert[25]. Une partie des salariés sont sceptiques face au "projet Vulvert", qui ne parait pas financé. Le tribunal de commerce rendra sa décision en décembre 2011.

Le 14 octobre 2011, alors qu'une réunion du Conseil d'Entreprise se déroule, plus de 300 personnes manifestent à Paris devant le siège avenue des Champs-Elysées à l'appel du Comité inter CGT (Syndicat des imprimeries parisiennes CGT et Info'Com-CGT) et des salariés de France Soir pour protester contre l'édition exclusivement web. L'AFP précisera d'ailleurs que lors de cette journée de mobilisation, le site web du quotidien français était alimenté par des stagiaires.

Le 24 octobre 2011, une manifestation spectaculaire a eu lieu devant le siège du SPQN, où des milliers d'exemplaires invendus ont été jetés sur les trottoirs[26].

L'arrêt de la version papier en décembre 2011[modifier | modifier le code]

Il avait été décidé en octobre par la direction du titre (en la personne d'Alexandre Pougatchev) d'arrêter la version papier le jeudi 15 décembre[27]. L'ensemble de la presse nationale s'émeut, insistant particulièrement sur l'importante histoire du titre[28]. Une proposition, iconoclaste, est lancée le 14 décembre par le journal le Ravi, d'une reprise par souscription nationale[29].

La fin du journal papier s'est adjointe de 89 suppressions d'emplois sur 127 (hors pigistes)[27]. Il avait aussi été prévu d'officialiser ces décisions durant le Comité d'Entreprise du mardi 13 décembre au matin[27].

Les militants du Comité Inter CGT (Syndicat des imprimeries parisiennes CGT et Info'Com-CGT) s'opposent à cette double décision, qu'ils jugent illégale — aussi bien le plan social que le déroulement forcé du Comité d'Entreprise. À cette occasion le porte-parole d'Info'Com-CGT déclare: "Nous déposerons aujourd'hui une assignation en référé pour que le droit soit respecté, la direction de France Soir a violé les règles de fonctionnement du CE et son plan social est illégal"[27]. Le syndicat accompagne son action en justice d'une action coup de poing le 13 décembre, en interrompant le Comité d'Entreprise et en déversant des exemplaires du journal sur les Champs-Élysées.

En réaction, Alexandre Pougatchev entérine immédiatement sa décision et arrête la version papier le 13 décembre au lieu du 15. L'édition du 14 ne verra pas le jour[27].

Après l'arrêt de sa version papier, France Soir entame un nouveau projet, entièrement numérique sur le web, smartphones et tablettes[30]. France Soir devient un pure player de l'info. En conservant une partie de son équipe rédactionnelle issue du papier, la mutation s'opère entre fin décembre 2011 et janvier 2012.

Début janvier 2012, France Soir annonce un accord[31] important avec Orange (entreprise) dont la régie publicitaire (Orange Adverising Network) assure désormais la commercialisation[32] de ses publicités sur les supports numériques.

Fin janvier 2012, la nouvelle équipe emménage dans de nouveaux locaux à Issy-les-Moulineaux, quittant l'Avenue des Champs-Élysées. Une nouvelle organisation de la rédaction, qui travaille désormais 7 jours sur 7 dans un rythme d'information en temps réel, est mise en place. À la tête de France-Soir version numérique se retrouvent Dominique de Montvalon, rédacteur en chef, chargé de la politique, et Charles Desjardins, rédacteur en chef chargé des « nouveaux contenus ». En mai 2012, l'audience atteint 4 millions de visiteurs uniques.

Les dernières offres de reprise et la liquidation[modifier | modifier le code]

Au total, Alexandre Pougatchev aura injecté 75 millions d'euros jusqu'à la fin du journal, auxquels se sont ajoutés une dizaine de millions d'aides publiques[33]. Malgré ces efforts et l'accord avec Orange, les décisions de son PDG n'améliorent pas la situation économique du journal. Le 29 août 2011, le titre demande au Tribunal de commerce de Paris à être placé pour six mois en procédure de sauvegarde[34]. Après s'être déclaré contre ce type de solution, Alexandre Pugachev se résout à chercher un repreneur[35].

En juillet 2012, dans le cadre de la procédure de redressement judiciaire, Robert Lafont, le PDG de Lafont presse, proposait de racheter France-Soir pour 56 000 euros et de ne reprendre que 6 salariés. Il aurait conservé le site Internet et voulait créer un hebdomadaire papier. Cette offre est repoussée par les salariés et les élus du comité d'entreprise le 19 juillet 2012. Cards Off, société de paiement spécialisée dans l'e-commerce, fondée par Philippe Mendil, proposait de reprendre entre 8 et 10 salariés et l'activité du site francesoir.fr pour la somme de 50 000 euros. Enfin, l'ancien propriétaire de France Soir de 2006 à 2009, le promoteur immobilier Jean-Pierre Brunois, avait été contacté par le comité d'entreprise. Malgré ces différentes options de reprise, le Tribunal de commerce de Paris a prononcé l'enclenchement de la procédure de liquidation de France-Soir le 23 juillet 2012[33],[36].

Relance de FranceSoir version numérique[modifier | modifier le code]

Après la liquidation judiciaire de France-Soir prononcée le 23 juillet 2012, la société Cards Off rachète la marque, le site, les applications et la base de données. Avec l'aide de Dominique de Montvalon (ancien rédacteur en chef de francesoir.fr), CardsOff lance un nouveau produit FranceSoir l'e-mag le 29 mars 2013. L'e-mag est un magazine hebdomadaire disponible sur iPad[37] et sur tablette Android[38].

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Personnalités[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Directeurs de la rédaction de 2006 à 2011[modifier | modifier le code]

Écrivains[modifier | modifier le code]

Ont écrit dans France-Soir (hors tribunes)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Article France-Soir sur Universalis.fr
  2. Julien Mielcarek, « France-Soir célèbre son 20.000ème numéro » sur Ozap.com, 7 janvier 2008
  3. a, b et c « France-Soir est issu d'un journal clandestin sous l'occupation. »
  4. a, b, c et d Pierre Haski, « France Soir ne sera plus imprimé, la fin d’un dinosaure de la presse », Rue89, publié le 11 octobre 2011, consulté le 23 juillet 2012
  5. « Participation des jeunes dans la conception et l'écriture des journaux clandestins : André Bollier. », consulté le 7 avril 2010.
  6. Biographie de Philippe Viannay., consultation le 7 avril 2010.
  7. Raymond Ruffin, La Vie des français au jour le jour : De la Libération à la victoire (1944-1945) sur Google Books, consulté le 7 avril 2010.
  8. « Chronologie : Des années fastes au déclin ». sur le site de Paris-Presse, consulté le 7 avril 2010.
  9. Debouté, « France-Soir, un quotidien qui a écrit l'histoire de la presse », sur lefigaro.fr,‎ 15 novembre 2011
  10. Le nom de Carmen Tessier sera repris par Pierre Dac et Francis Blanche, dans le feuilleton radiophonique Le Boudin sacré, pour désigner le cargo qui emmène, de Tanger à Diego Suarez, les personnages de Klakmuf, Grougnache et Théo Courant. L'explication du nom de ce navire est donnée par la réplique d'un personnage : « On l'appelle le Carmen-Tessier, parce qu'il fait beaucoup de potin. », « potin » étant employé ici au singulier, à la différence de la rubrique tenue par Carmen Tessier dans les colonnes de France-Soir.
  11. Jean-Claude Lamy, « Le France Soir de Pierre Lazareff » dans La Marche de l'Histoire, 14 décembre 2011
  12. "Les déboires de France Soir - page 25"
  13. « Valérie Lecasble à la tête de la rédaction de France-Soir », sur Le Nouvel Observateur,‎ 19 octobre 2004
  14. « Valérie Lecasble a été nommée directrice générale de iTélé », sur MediaBB.com,‎ 6 septembre 2005
  15. « Vers un dépôt de bilan ? », sur L'Humanité,‎ 10 octobre 2005
  16. « Valérie Lecasble quitte "France Soir" pour i-Télé », sur Le Monde,‎ 2 septembre 2005
  17. http://www.avmaroc.com/actualite/france-soir-est-a22619.html
  18. "France Soir 03 05 2006 blog de François Lazareff"
  19. "France Soir : ce qu'en aurait réellement pensé son créateur 02 05 2006 Blog de François Lazareff"
  20. Le Monde, 2 mars 2010
  21. Correspondance de la presse, lundi 15 février 2010. Un tirage exceptionnel à 500 000 exemplaires est prévu le jour du lancement de la nouvelle formule, le 17 mars 2010.
  22. "Les déboires de France Soir - pages 50 à 59"
  23. a, b et c Lejdd.fr, 16 janvier 2011, « France-Soir : « Je n'investirai pas plus de 100 millions d'euros. » »
  24. Alexandre Pougatchev prêt à vendre France Soir... et à voter Marine Le Pen, Céline Asselot, Franceinfo.fr, 11 novembre 2011
  25. "France-Soir : Pougatchev refuse l'offre de reprise de son ex-DG - Les Echos 31 10 2011"
  26. "Presse en crise : des militants déversent des journaux dans la rue à Paris - AFP 24 10 2011"
  27. a, b, c, d et e [1], Le Figaro:Des militants CGT occupent France Soir (paru le 13 décembre 2011)
  28. Le Monde:Triste fin pour France Soir version papier (paru le 15 décembre 2011)
  29. "le Ravi candidat à la reprise de France Soir"
  30. « France Soir va devenir 100 % numérique en 2012 »
  31. "France Soir en régie chez Orange Advertising Network"
  32. "francesoir.fr chez Orange Advertising Network"
  33. a et b France Soir mis en liquidation, Xavier Ternisien, Le Monde, 23 juillet 2012
  34. France-Soir en grande difficulté, Le Figaro économie, 26 août 2011
  35. France Soir, journal en crise, cherche repreneur. Mise à prix : 1 euro, Julien Bellver, pure médias by Ozap, 14 novembre 2011
  36. Merci, France-Soir, 23 juillet 2012
  37. FranceSoir l'e-mag sur iPad, FranceSoir l'e-mag, itunes
  38. FranceSoir l'e-mag sur tablette AndroidFranceSoir l'e-mag, google play
  39. « Une de France-Soir du 29 mars 2008 » sur le site officiel de France-Soir, consulté le 22 janvier 2009
  40. « Une de France-Soir du 31 mars 2008 » sur le site officiel de France-Soir, consulté le 22 janvier 2009
  41. Who's Who in France, 2009, p. 1291
  42. "France-Soir : le mystère de la chambre noire", Isabelle Hanne, Libération, 5 décembre 2012, pages 28-29, http://www.liberation.fr/medias/2012/12/04/france-soir-le-mystere-de-la-chambre-noire_865115