Corneille (centurion)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint Corneille et Corneille.
Pierre baptisant le centurion Corneille
Francesco Trevisani, 1709

Le centurion Corneille (en grec : Κορνήλιος) est, dans la tradition chrétienne basée sur les Actes des apôtres, le premier « gentil » à devenir disciple de Jésus-Christ après la mort de celui-ci et à recevoir le baptême, au premier siècle de notre ère.

Un Romain « craignant Dieu »[modifier | modifier le code]

Corneille était un centurion de l'armée romaine d'occupation en Palestine, faisant partie, d'après les Actes des apôtres d'une cohorte italique[1] et résidant à Césarée, capitale de la Judée romaine entre 30 et 60. Il appartient au groupe de prosélytes de la porte qui sont appelés par les juifs les « craignant-Dieu ».

Le récit[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est en prière un ange lui apparaît en vision l'informant que le « Seigneur a entendu sa prière » et l’invitant à faire venir chez lui Simon « que l'on surnomme Pierre », lequel se trouvait alors à Joppé (Ac 10:1-8). Les envoyés de Corneille rencontrent Pierre alors qu’il cherche à comprendre la vision que lui-même a reçue, lui enjoignant de manger de la nourriture que, comme juif, il considérait impure (Ac 10:19-22).

Répondant à l’invitation de Corneille, Pierre arrive le surlendemain à Césarée où il est cordialement reçu par Corneille, sa famille et une grande assistance. Il comprend alors le sens de sa propre vision : il ne doit pas craindre d’avoir des contacts avec des étrangers (Ac 10:28) : « aucun homme n’est impur ». Corneille l’invite : « nous voici devant toi pour écouter ce que le Seigneur t’a chargé de nous dire ». (AC 10:33).

Pierre parle et reprend en bref la vie de Jésus (le kérygme) : de la Galilée à Jérusalem, avec sa crucifixion et sa résurrection. De cela, lui doit rendre témoignage. Cependant - c’est la nouveauté - il se rend compte que Dieu est impartial : « en toute nation quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui » (Ac 10:34).

Pierre n’a pas fini de parler que l’Esprit Saint descend sur ceux qui écoutent sa parole (une autre Pentecôte), à la stupeur des circoncis qui accompagnent Pierre : « Ainsi jusque sur les nations païennes l’Esprit de Dieu s’est répandu ! ». Pierre en tire la conclusion : « peut-on refuser le baptême à ceux qui ont reçu l’Esprit Saint comme nous ?» (Ac 10:47). Ils sont tous baptisés « au nom de Jésus-Christ » (Ac 10 :48).

Importance[modifier | modifier le code]

Corneille et les membres de sa famille sont les premiers païens à être admis à part entière dans la communauté chrétienne des premiers temps, jusque-là exclusivement juive[2]. L’événement est si important, et révolutionnaire, que le livre des Actes des Apôtres lui consacre un chapitre entier (chapitre 10).

Cet événement est présenté comme une œuvre de l'Esprit envoyé par Jésus de Nazareth pour continuer son œuvre, dans une nouvelle Pentecôte[3], et non comme une initiative personnelle de Pierre. C'est d'ailleurs Dieu qui à travers un ange[4] incite Corneille à aller rencontrer Pierre.

La réception de gentils dans la communauté chrétienne suscitera néanmoins d'âpres débats, Corneille, un craignant-Dieu, n'étant pas « fils de la circoncision ». Mais la décision de Pierre sera finalement[5] avalisée par la réunion de Jérusalem (vers l’an 50), réunion provoquée par les nouveaux chrétiens d’Antioche qui y envoient Paul et Barnabé (Ac 15:1-35). Cette décision de Pierre d'ouvrir la communauté aux païens (Ac 15 :7-11), est confortée par des témoignages donnés par Paul et Barnabé, et Jacques le Juste, chef de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, se range à leur avis (Ac 15:13-21).

Évêque de Césarée ?[modifier | modifier le code]

La tradition fait parfois de Corneille le premier évêque de Césarée, ou encore de Scepsis en Mysie. Liturgiquement il est commémoré comme saint par l'Église catholique romaine le 2 février et par l'Église orthodoxe le 13 septembre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ac 10. 1
  2. Paul-Irénée Fransen, Pierre qui passait partout, in Aux origines du christianisme, éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2000, p. 252
  3. François Brossier, Corneille, premier païen converti, in Aux origines du christianisme, éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2000, p. 266
  4. Ac 10. 3
  5. Ac 11. 17

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Geoltrain (dir.), Aux origines du christianisme,éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2000