Hygiénisme

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Page d'aide sur l'homonymie Le mot hygiénisme est aussi utilisé pour désigner une médecine non conventionnelle se basant sur les théories de l’hygiène vitale.

Fréquemment utilisé dans une acception généraliste, l’hygiénisme désigne un courant du milieu du XIXe siècle qui, selon Georges Vigarello, se base sur « le principe nouveau de rentabilité « combustive » [pour réorienter] les valeurs données à la nourriture, aux boissons, à l’air respiré, au travail, au repos, à la propreté d’un corps censé laisser pénétrer l’oxygène par la peau[1] ». L'hygiénisme s'est ensuite appuyé sur les découvertes de Louis Pasteur en 1865, et de ce fait sur le rôle des bactéries et des micro-organismes dans la contamination des maladies humaines. Les théories hygiénistes, courants de pensée regroupant des mouvances politiques et sociales, des doctrines urbanistiques et des pratiques médicales, apparaissent pour l’essentiel au cours du XIXe siècle dans le prolongement des découvertes de Louis Pasteur.

Applications[modifier | modifier le code]

La doctrine hygiéniste a révolutionné l’ensemble des sociétés occidentales tant ses applications sont variées : médecine, architecture, urbanisme, crémationetc. On peut ainsi mettre à son actif le développement des réseaux d’égouts, le traitement des eaux usées, le ramassage des déchets, la prophylaxie ou encore la lutte contre la tuberculose.

C’est dans le domaine de l’urbanisme que les théories hygiénistes ont connu le plus grand nombre d’applications : face aux transformations induites par la révolution industrielle, elles préconisent notamment d’ouvrir les villes « intra muros » souvent délimitées par d’anciennes fortifications afin de permettre une meilleure circulation de l’air et un abaissement de la densité de population. Les préfets Rambuteau et Haussmann à Paris mettront pour partie en pratique certaines de ces préconisations, notamment la création des transports en commun qui permettent à la ville de s’étendre. L’hygiénisme est également à l’origine du comblement de certains bras de fleuves (Loire à Nantes, Seine à Paris, voûtement de la Senne à Bruxelles).

C’est aussi à cette époque que se développe le thermalisme : la bourgeoisie se rend à Deauville prendre des bains d’eau froide. De même, la mode est aux constructions en fer et en verre qui laissent passer la lumière, et aux matières « propres ».

La mise en pratique des préconisations des théories hygiénistes a permis la disparition des grandes épidémies en France et un allongement significatif de l’espérance de vie.

Développements ultérieurs[modifier | modifier le code]

L’hygiénisme est à l’origine du développement de la pratique sportive en France avec la construction de stades dédiés et la naissance de compétitions (cf. Jeux olympiques, P. de Coubertin), l’activité physique étant devenue un moyen de se maintenir en bonne santé (elle reste toutefois l’apanage de la haute-société jusqu’à sa démocratisation au XXe siècle).

Les Dents de Scie construite en 1931 à Trappes

Dans le prolongement des théories hygiénistes, le mouvement hygiéniste se présente comme un mouvement essentiellement architectural principalement animé par la volonté de lutter contre l'insalubrité des logements parisiens et la propagation de la tuberculose qui constitue alors un enjeu de santé publique de premier ordre.

Le Congrès international d'assainissement et de salubrité de l'habitation qui se tient à Paris en 1904 est l'occasion de promouvoir une architecture scientifique en s'inspirant du modèle hospitalier et des sanatoriums.

C'est pour partie dans le cadre scolaire que de multiples applications du mouvement hygiéniste vont voir le jour. La troisième république accorde une place centrale au développement d'une école républicaine de qualité. Dans de nombreux établissements, l'oxygénation et l'ensoleillement des classes furent calculés scientifiquement de façon à être optimisés pour les jeunes élèves. On peut ainsi aujourd'hui remarquer que la plupart des écoles construites durant cette période obéissent au même schéma. On retrouve la salle de classe des garçons avec à l'étage la chambre de l'instituteur et la salle de classe des filles avec au-dessus le logement de fonction de l'institutrice[2].

Controverse[modifier | modifier le code]

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A l'heure actuelle, de nombreuses voix commencent à s'élever[évasif] en défaveur de « l'hygiénisme sanitaire ». Encore sujet à controverse, le sujet divise quant à cet excès de propreté régnant au sein de nos logements. Ainsi, les écologistes commencent à considérer comme potentiellement néfaste l’excès de consommation de produits d'entretien d'origine uniquement chimique, là où des méthodes dites douces ou vertes peuvent être appliquées. Il en va de même pour l’hygiène corporelle, dont les excès sont de plus en plus fréquemment montrés du doigt[Par qui ?]. Ces derniers pourraient potentiellement générer plus d'effets délétères sur la flore bactérienne de la peau que de bénéfices.

Théoriciens et opérationnels[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Vigarello, Le sain et le malsain, Paris, éditions du Seuil,‎ 1993.
  2. Musée de l'école rurale à Trégarvan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barles, S, L’Invention des déchets urbains, Seyssel : Champ Vallon, 2005.
  • Barles, S, La Ville délétère, Seyssel : Champ Vallon, 1999.
  • Benevolo, L. Histoire de l’architecture moderne, tome II, Paris, Dunod, 1980.
  • Bourdelais, P, Les Hygiénistes : enjeux, modèles, pratiques, Paris : Belin, 2001.
  • Bourgeois-Gavardin, J, Les Boues de Paris sous l’Ancien Régime. Contribution à l’histoire du nettoiement urbain au XVIIe et XVIIIe siècles, 2 volumes. Paris : EHESS, 1985.
  • Chalot, F, La Commune et les Déchets, Paris : Éditions Sorman, 1990.
  • Charvet, M. 2005, Les fortifications de Paris. De l’hygiénisme à l’urbanisme, 1880-1919, Rennes, PUR.
  • Chatzis, K, La Pluie, le métro et l’ingénieur : contribution à l’histoire de l’assainissement et des transports urbains, Paris : L’Harmattan, 2000.
  • Chiffoleau, S, 2001, « L’utopie hygiéniste dans l’Égypte libérale (1920-1950) » dans Patrice Bourdelais (dir.), Les hygiénistes : enjeux, modèles et pratiques, Paris, Belin.
  • Dupuy, G. Knaebel, G, Assainir la ville hier et aujourd’hui, Paris, Dunod : 1982.
  • Foucart, B, 1981, « Au paradis des hygiénistes », Monuments historiques, no 114, avril-mai.
  • Jeudy, H.-P, Le choix public du propre. Une propriété des sociétés modernes. Les Annales de la recherche urbaine, Décembre 1991. no 53. p. 102-107.
  • Jugie, J.-H, Poubelle - Paris (1883 - 1896) : la collecte des ordures ménagères à la fin du XIXe siècle, Paris : Larousse, 1993.
  • Kokoreff, M, La propreté du métropolitain. Vers un ordre post-hygiéniste ? Les Annales de la recherche urbaine, décembre 1991. no 53. p. 92-102.
  • Moriceau Caroline, Les douleurs de l'industrie : l'hygiénisme industriel en France, 1860-1914, EHESS, 2009
  • Mory, P, 2001, « Architecture et hygiénisme à Paris au début du 20e siècle. L’architecte entre savoir médical et pouvoir politique » dans Patrice Bourdelais (dir.), Les hygiénistes : enjeux, modèles et pratiques, Belin.
  • Ragon, M. Histoire mondiale de l’architecture et de l’urbanisme moderne, tome II, Paris, Casterman, 1972.
  • Rasmussen, A, 2001, « L’hygiène en congrès (1852-1912) : circulation et configuration internationale » dans Patrice Bourdelais (dir.), Les hygiénistes : enjeux, modèles et pratiques, Paris, Belin.
  • Silguy (de), C, La Saga des ordures du Moyen Âge à nos jours, Montrouge : Instant, 1989.

Articles connexes[modifier | modifier le code]