Sarepta

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33° 27′ 27″ N 35° 17′ 45″ E / 33.4575, 35.29583

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Souffleur de verre à Sarafand

Sarepta (parfois transcrit Tsarephat, en hébreu biblique צרפת, Tzarfat[1]), était une ville phénicienne fortifiée sur la côte méditerranéenne entre Sidon et Tyr, dont l'emplacement était situé juste au nord de l’actuelle ville de Sarafand.

Le tertre contenant les restes de Sarepta a fait l'objet de fouilles par James B. Pritchard de 1969 à 1974. Le site archéologique de Sarepta n'étant pas habité à l'époque contemporaine, c'est la seule ville située au cœur de l'ancien territoire de la Phénicie qui a pu être fouillée et étudiée complètement. Avant les fouilles de Sarepta, la plupart des objets historiques considérés comme caractéristiques de la culture phénicienne provenaient de colonies ou de comptoirs situés en dehors de la Phénicie (Espagne, Sicile, Sardaigne, Tunisie).

La découverte majeure sur le site de Sarepta concerne le culte de la déesse Tanit / Astarté.

Sarepta était renommée pour son activité de soufflage du verre, activité qui existe encore aujourd'hui à Sarafand.

Sarepta a fait partie du royaume de Tyr jusqu'à la conquête romaine. Elle a par la suite été le siège d'un évêché latin.

Histoire biblique[modifier | modifier le code]

Élie et la pauvre veuve de Serepta, Bernardo Strozzi (c 1640-44)

Dans le premier livre des Rois de la Bible, le prophète Élie se rend à Sarepta qui est présentée comme une cité de Sidon. La lecture chrétienne de ce récit biblique le reçoit traditionnellement comme une typologie de l'Eucharistie. Cette lecture typologique — essentiellement allégorique — est fondée sur la doctrine des quatre sens de l'Ecriture, résumée dans le distique médiéval Littera gesta docet, quid credas allegoria // Moralis quid agas, quo tendas anagogia. La lecture biblique de la Bible appartient à l'histoire de la Bible, l'intertextualité faisant partie intégrante du corpus biblique et de sa genèse[2].

« Alors la parole de l’Éternel lui fut adressée en ces mots : Lève-toi, va à Sarepta, qui est près de Sidon, et tu t'y établiras. Là est une femme veuve, que j'ai chargée de te nourrir. Il se mit en route et alla à Sarepta. Arrivé à l'entrée de la ville, il y vit une veuve qui ramassait du bois ; il l'appela et lui dit : “Prends-moi, je te prie, un peu d'eau dans un vase, pour que je boive.” »

— I Rois XVII, 8-10

« Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon. »

— Extrait de l’Évangile selon saint Luc - chapitre 4, 25-26

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pritchard, James B. Recovering Sarepta, a Phoenician City, Princeton University Press, Princeton, 1978.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis le Moyen Âge, le mot hébreu « צרפת » (Tzarfat) désigne la France
  2. cf. Henri de Lubac, Exégèse médiévale. Histoire et Esprit, Paris, Cerf, 1993, 4 volumes. Les quatre sens de l’Écriture constituent une magistrale synthèse des différentes formes de lecture de l’Écriture, depuis les héritiers d’Origène jusqu’aux précurseurs de l’époque moderne. Cette synthèse prend acte de ce processus herméneutique mis en place dès le début de notre ère, inhérent au corpus biblique.