Georges Darboy

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Georges Darboy
Image illustrative de l'article Georges Darboy
Mgr Darboy vers 1865.
Biographie
Naissance 16 janvier 1813
à Fayl-Billot (Haute-Marne)
Ordination sacerdotale 17 décembre 1836
Décès 24 mai 1871 à Paris
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 30 novembre 1859
Dernier titre ou fonction Archevêque de Paris
Fonctions épiscopales Évêque de Nancy-Toul (1859-1863)
Archevêque de Paris (1863-1871)

Blason

Georges Darboy, né à Fayl-Billot, près de Langres (France) où ses parents sont épiciers, le 16 janvier 1813, et mort à Paris, assassiné par les Communards, le 24 mai 1871, fut évêque de Nancy de 1859 à 1863, puis archevêque de Paris de 1863 à 1871.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ordonné prêtre en 1836, il fut quelque temps vicaire à l'église Notre-Dame de Saint-Dizier et professeur au grand séminaire de Langres.

En 1845, il rejoignit Mgr Denys Affre, archevêque de Paris ; d'abord prêtre auxiliaire à la Maison des Carmes et aumônier du lycée Henri-IV, il fut bientôt élevé aux postes de chanoine à Notre-Dame, de vicaire général et d'archidiacre de Saint-Denis, ayant auparavant été nommé protonotaire apostolique. Républicain convaincu, Darboy accueillit avec enthousiasme la IIe République en 1848.

En 1859, il fut nommé évêque de Nancy, grâce à l’appui des milieux gallicans, où, pendant les trois ans où il eut la charge de ce diocèse, il s'intéressa spécialement aux questions d'éducation, créa l'école Saint-Léopold, agrandit le grand séminaire et écrivit (1862) sa lettre célèbre Sur la nécessité de l’étude.

Transféré par un décret impérial du 10 janvier 1863 à l'archevêché de Paris, laissé vacant par la mort du cardinal Morlot, il consacra cette année-là la cathédrale Notre-Dame, alors complètement restaurée, et fut honoré des titres et fonctions de Grand aumônier, de sénateur du Second Empire et de conseiller impérial. Il soutient avec fermeté la politique romaine de Napoléon III contre l'hostilité d'une grande partie de l'opinion catholique et du clergé sensibles aux thèses ultramontaines. Il est nommé sénateur en 1864.

Bien qu'il lui manquât l'indépendance de son prédécesseur et ami Mgr Affre, la compétence administrative de Mgr Sibour et l'affabilité du cardinal Morlot, Mgr Darboy était un prélat instruit, consciencieux et respecté. Avec l'aide d'hommes tels que Buquet, Isoard, Langénieux, Meignan et Foulon, il donna une impulsion nouvelle à l'administration ecclésiale que dans sa vieillesse son prédécesseur avait quelque peu négligée.

Alors que, de plus en plus, le clergé français passait à l'ultramontanisme, Mgr Darboy restait un des derniers gallicans, ce qui lui valut de ne jamais recevoir le chapeau de cardinal et de se voir réprimander par le pape dans une lettre privée qu'une erreur fit publier. On lui reprocha de se montrer plus soumis qu'il n'aurait dû aux vœux impériaux et d'adopter contre les exemptions des religieux une attitude que Rome le contraignit à abandonner en 1869.

Ce fut la raison principale qui, pendant le Concile du Vatican de 1869/1870, le rangea, avec la minorité qui considérait que bien qu'elle fût réelle, la définition de l'infaillibilité pontificale était inopportune. Ses motivations étaient de nature plus politique que théologique. Darboy fut un de ceux qui pensèrent à une intervention diplomatique comme au moyen de mettre un terme à ces difficultés. Il quitta Rome avant le vote final du 18 juillet 1870 en exprimant des sentiments qu'il rétracta cependant plusieurs mois après la définition du dogme.

Arrêté le 4 avril 1871 selon l’ordre de la Commune de Paris, il fut enfermé à la prison Mazas. Les efforts de ses amis ne parvinrent pas à le sauver, le gouvernement versaillais de Thiers ayant notamment refusé toutes les propositions d’échange formulées par les Communards, contre le socialiste Blanqui, enfermé dans une prison de Bretagne. Il fut exécuté comme otage pendant la Semaine sanglante, le 24 mai, à la prison de la Roquette (avec Gaspard Deguerry, curé de la Madeleine, trois pères jésuites et Louis Bernard Bonjean). Après la Commune, il reçut des obsèques nationales.

L’église Saint-Georges de la Villette a été construite ultérieurement à sa mémoire avenue Simon-Bolivar dans le 19e arrondissement de Paris[1].

Son exécution lui aurait été prédite par Maximin Giraud[réf. nécessaire], un des jeunes voyants de la Salette, le 4 décembre 1868, au cours d'une entrevue au cours de laquelle Mgr Darboy s'était exprimé de manière assez négative sur les apparitions de la Vierge Marie qui eurent lieu en 1846 :

- "Votre prétendue Belle Dame, dit l'archevêque au jeune homme, il est stupide son discours"

- "Monseigneur, répondit Maximin avec force, il est aussi vrai que la Sainte Vierge m'est apparue et qu'elle m'a parlé, qu'il est vrai qu'en 1871 Paris sera brûlé par la canaille"[2][réf. à confirmer].

Aux personnes qui, trois ans plus tard à la prison de La Roquette où il était détenu, tentaient de le sauver Mgr Darboy répondait :

« C'est inutile, Maximin m'a dit que je serais fusillé »[3].

Sa cellule de détention et le mur où il fut fusillé sont gardés depuis le début du XXe siècle dans la crypte de la grande chapelle du séminaire Saint-Sulpice d'Issy-les-Moulineaux.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Œuvres de saint Denys l'Aréopagite, traduites du grec (Paris, 1845)
  • Les Femmes de la Bible (Paris, 1846-1849)
  • Les saintes femmes (Paris, 1850)
  • Lettres à Combalot (Paris, 1851)
  • Jérusalem et la Terre Sainte (Paris, 1852)
  • L'Imitation de Jésus-Christ, traduction nouvelle (Paris, 1852)
  • Statistique religieuse du diocèse de Paris (Paris, 1856)
  • Saint Thomas Becket (Paris, 1858)

Il collabora aussi au Correspondant (1847-1855) et fut pendant une année (1850) directeur du Moniteur Catholique.

Études[modifier | modifier le code]

  • Jacques-Olivier Boudon : Mgr Darboy, archevêque de Paris entre Pie IX et Napoléon III (188 p., Cerf, septembre 2011)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jérôme Baconin, Paris 1870-1871, l'année terrible, 37542 Saint-Cur-sur-Loire cedex, Éditions Alain Sutton, coll. « Mémoire en images »,‎ septembre 2007, 160 p. (ISBN 978-2-84910-705-8)
  2. Léon Bloy, Celle qui pleure, Mercure de France,‎ 1908, 253 p., p.93.
  3. Léon Bloy, Celle qui pleure, Mercure de France,‎ 1908, 253 p., p.94.

Référence de traduction[modifier | modifier le code]