Cathédrale Saint-Fulcran de Lodève

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Cathédrale Saint-Fulcran de Lodève
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Fulcran de Lodève
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Montpellier
Début de la construction XIIIe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Commune Lodève
Coordonnées 43° 43′ 55″ N 3° 19′ 02″ E / 43.731944, 3.317222 ()43° 43′ 55″ Nord 3° 19′ 02″ Est / 43.731944, 3.317222 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Saint-Fulcran de Lodève

La cathédrale Saint-Fulcran de Lodève est un bâtiment typique du gothique méridional. La ville de Lodève dans l'Hérault, ville antique d’origine celte, se situe un peu à l’écart de la côte méditerranéenne, au pied des montagnes dans la région Languedoc-Roussillon, à environ 54 km au nord-ouest de Montpellier. L’ancien diocèse de Lodève, fondé probablement vers la fin du IVe siècle, fut supprimé pendant la Révolution française ; son territoire fut ensuite rattaché au diocèse de Montpellier. Puis le siège de Lodève fut restauré en 1877 en la personne de l'évêque de Montpellier.

La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Patrons[modifier | modifier le code]

Primitivement la cathédrale était dédiée au saint martyr Geniez (Geniès, Genès), greffier de la ville d’Arles au IIIe siècle, victime de la persécution de Dioclétien, décapité en 303 (son martyre est représenté sur la clef de voûte de l’abside). Depuis 1410 la cathédrale est placée sous le vocable de saint Fulcran, évêque rénovateur du diocèse au Xe siècle.

Les premières cathédrales[modifier | modifier le code]

Quelques vestiges de plusieurs bâtiments antécédents sont conservés dans la crypte. La première cathédrale du temps de la fondation de l’évêché vers la fin du IVe siècle reste inconnue. Des chapiteaux des VIe et VIIe siècles, conservés au Musée Fleury, laissent supposer un chantier aux temps du royaume des Wisigoths. Les murs extérieurs de la crypte semblent provenir de cette période. Au Xe siècle l’évêque Fulcran (949-1006) fit rebâtir ou agrandir la cathédrale qu’il consacra en 975. Le dédoublement des murs de la crypte vers l’extérieur et sa voûte font partie de cet édifice.

L’architecture de la cathédrale gothique[modifier | modifier le code]

L'édifice mesure 58 mètres de longueur; la nef principale 15 mètres de large avec une hauteur sous voutes de 25 mètres ; 45 mètres de largeur au niveau du transept. La grande rose fait 7 mètres de diamètre.

Un chœur à nef unique, très large, avec une abside polygonale à neuf pans, éclairée par neuf fenêtres gothiques d'une hauteur remarquable de 12 m , se prolonge vers l’ouest par une nef basilicale à trois vaisseaux. Le portail principal, richement profilé, se trouve au milieu du bas-côté nord, sous un porche. En face s’élève un clocher de plus de 57 m de hauteur. La nef est entourée de chapelles latérales. La façade occidentale, sans tours, est ornée d’une belle rose et d’un chemin de ronde. Le cloître se trouve au sud du chœur. La cathédrale est un bâtiment typique du gothique méridional, majestueux et austère, et reflète une influence stylistique de l’architecture des ordres mendiants.

L’histoire de la construction[modifier | modifier le code]

Les sources écrites de l’époque de la construction de la cathédrale gothique, peu nombreuses, qui ont été transmises par les évêques Bernard Gui (1324-1331) et Guillaume Briçonnet (1489-1519), également évêque de Meaux et directeur spirituel de Marguerite de Navarre, ne donnent que des indices indirects sur la construction ; il est nécessaire de recourir à une datation stylistique comparative (d’après Curtius).

L’édifice gothique fut commencé par l’abside vers 1265/1270. La deuxième phase aux années 1270 comprend le chœur à nef unique et la chapelle du Sacré-Cœur (anciennement Saint-André) qui longe le mur nord du chœur.

Dans la troisième phase de construction vers la fin des années 1270 et début des années 1280 on construit les deux travées orientales du bas-côté nord avec la chapelle adjacente (Saint-Fulcran) et le portail avec son porche. Le chœur fut voûté et fermé provisoirement pour pouvoir servir au culte.

Dans une quatrième phase vers 1295/1300 on termina le bas-côté nord avec sa chapelle Saint-Roch (anc. Saint-Martin) et commença le bas-côté sud avec les chapelles Notre-Dame et Saint-Michel. Au-dessus de cette dernière on érigea un clocher de plus de 57 m de hauteur, qui sera terminé vers 1320. Il servit également de tour de guet.

Au temps de l’évêque Bernard Gui (1324-1331), anciennement Grand inquisiteur, la construction n’avançait plus pour raison de problèmes de financement. Seulement vers 1345 les bas-côtés furent terminés et voûtés et la moitié inférieure de la façade ouest fut érigé. Plusieurs épidémies de la Peste noire et la Guerre de Cent Ans interrompirent de nouveau les travaux. Ce n’est qu’entre 1413 et 1430 que la façade est terminée, fortifiée avec un chemin de ronde et des échauguettes et que la nef principale est voûtée. Vers la fin du XVe siècle la chapelle Saint-Fulcran fut agrandie et un baptistère fut ajouté au sud-ouest.

Destruction et restaurations[modifier | modifier le code]

Pendant les Guerres de religion, la cathédrale fut pillée et endommagée gravement. Les troupes protestantes ont fait sauter les quatre grands piliers de la nef pour faire s'écrouler les arcades, les murs de la claire-voie et les voûtes de la nef. Seuls restaient intacts le chœur, les murs extérieurs de la nef et toutes les chapelles. C’est l’évêque Jean VI de Plantavit de La Pause (1625-1648) qui fit rétablir à l’identique les parties détruites. Sous la Révolution, la cathédrale fut profanée et servit d’entrepôt. Au XIXe et XXe siècles, une série de restaurations furent exécutées (renforcement des contreforts, enlèvement des enduits originaux, réouverture de fenêtres obturées). Finalement, on a ajouté un toit de pierre au clocher.

Sculptures[modifier | modifier le code]

Le clocher est orné de quatre grandes statues en haut-relief, qui représentent des saints vénérés au diocèse : saint Michel (archange), saint Geniez (premier patron de la cathédrale), saint Flour (premier évêque légendaire de Lodève et apôtre de l’Auvergne) ou bien saint Amans (évêque de Rodez) et saint Fulcran (évêque de Lodève au Xe siècle et patron actuel de la cathédrale). L’édifice est orné d’un nombre de culots, chapiteaux et gargouilles sculptés. Le tympan du portail est néogothique.

Mobilier[modifier | modifier le code]

À cause des dévastations des guerres et du vandalisme huguenot, rien n’a subsisté du mobilier antérieur aux Guerres de Religion. Dans la chapelle Saint-Michel se trouve le monument funéraire de l’évêque Plantavit de la Pause (vers 1650). Le murs du chœur sont décorés par huit toiles monumentales des XVIIe et XVIIIe siècles, par Sébastien Bourdon, J. Coustou et Étienne Loys. Les vitraux de l’abside de 1854 sont de l’artiste Mauvernay. La chaire de bois avec quatre atlantes (Caïn, Holopherne, Hérode, Judas) date de 1867. On notera aussi un important vol de mobilier dont deux anges en marbre du maître autel ... ( voir objets volés base Palissy ).

Les cloches[modifier | modifier le code]

La cathédrale de Lodève est dotée de 7 cloches dont 6 de volée ainsi qu'une petite cloche de tintements pour l'horloge (actuellement hors-service).

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L'orgue[modifier | modifier le code]

Photographies[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00103478 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du Patrimoine : Languedoc, Roussillon, Ministère de la Culture, Hachette, Paris (France), (ISBN 2-01-242333-7), 1996 ; p. 274–276.
  • Andreas Curtius, Die Kathedrale von Lodève und die Entstehung der languedokischen Gotik, Hildesheim: Olms, 2002, (ISBN 3-487-11486-0), 617 p., 588 Ill., 2 planches, annexe de sources, bibliographie.