Jean-Baptiste Cloots

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Anacharsis Cloots

Description de l'image  Cloots01.jpg.
Nom de naissance Jean-Baptiste Cloots
Naissance 24 juin 1755
Clèves
Décès 24 mars 1794 (à 39 ans)
Paris
Nationalité Flag of the Kingdom of Prussia (1750-1801).svg Royaume de Prusse, puis Drapeau de la France France
Profession Révolutionnaire

Jean-Baptiste Cloots dit Anacharsis, baron de Cloots, né au château de Gnadenthal (Val-de-Grâce), près de Clèves en Allemagne le 24 juin 1755 et guillotiné le 24 mars 1794 à Paris, est un ardent révolutionnaire francophile et athée militant prussien, naturalisé français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une riche famille hollandaise installée en Allemagne et héritier d’une grande fortune, érudit, critique des religions révélées, Cloots se fait connaître, dès avant la Révolution pour ses opinions francophiles, puisqu’en 1786 dans un ouvrage intitulé Vœux d’un Gallophile, il prévoit le rattachement de la rive gauche du Rhin à la France.

À la fin de 1789, il s’installe en France et tente de faire agir les différents gouvernements pour répandre les idées révolutionnaires en Europe. Ayant changé son nom en Anacharsis, il se proclame « Orateur du genre humain » et publie à partir de 1792 L’orateur universel. Il est proclamé citoyen français par l’Assemblée nationale législative le 26 août 1792[1], devient membre de la Convention en septembre en tant que député de l’Oise et se rapproche un temps de Roland puis de Brissot. En janvier 1793 dans le procès du roi (qu'il appela Louis le Dernier) il vote contre l'appel au peuple, pour la mort et contre le sursis et se rapproche ainsi de la Montagne. En avril il vote contre la mise en accusation de Marat. Il est avant tout le penseur de la République universelle (titre d’un de ses ouvrages de février 1792). Cette république et cet attachement au genre humain ont leurs limites car en 1791, il défend le statu quo esclavagiste et ségrégationniste dans les colonies. Il sera brièvement président du club des Jacobins fin 1793.

À l’instigation de Robespierre, qui ne pardonne à Cloots ni son parti pris du parti de la guerre ni son athéisme militant, encouragé par les remarques acerbes de Camille Desmoulins formulées dans le numéro 2 du Vieux Cordelier, la Convention vote son exclusion, ainsi que celle de Paine, en tant qu’étrangers le 6 nivôse de l’an II. Arrêté deux jours plus tard, amalgamé aux hébertistes et traduit devant le Tribunal révolutionnaire, il est condamné à mort et exécuté le 4 germinal de l’an II.

Joseph Beuys (1921-1986), qui admirait en Anacharsis Cloots l’esprit et le cosmopolitisme, lui a rendu un honneur tardif, allant jusqu’à se faire appeler JosephAnacharsis Clootsbeuys.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 26 août 1792.

Œuvres de Cloots[modifier | modifier le code]

  • Écrits révolutionnaires (1790-1794), présentés par Michèle Duval, volume relié, Paris, éditions Champ Libre, 1979.
  • Certitude des preuves du mahométisme ou réfutation de l’examen critique des apologies de la religion mahométane, Londres, 1780.
  • Lettre sur les juifs à un ecclésiastique de mes amis, Berlin, 1782.
  • L’Alcoran des princes, Saint-Pétersbourg, 1783.
  • Vœux d’un gallophile, 1786.
  • Motion, 1790.
  • Adresse d’un Prussien à un Anglais [Edmond Burke], 1790.
  • Anacharsis à Paris, 1791.
  • Correspondance avec le chevalier d'Éon, 1791.
  • L’Orateur du genre humain ou dépêche du prussien Cloots au prussien Hertzberg, 1791.
  • La république universelle ou adresse aux tyrannicides, 1792.
  • Bases constitutionnelles de la république du genre humain , 1793.
  • Appel au genre humain, 1793.
Anacharsis ClootsSignature.jpg

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Avenel, Anacharsis Cloots, L'Orateur du genre humain, Paris, Champ Libre, 1977. Première édition à Paris en 1865, Librairie internationale
  • Roland Mortier, Anacharsis Cloots ou l’utopie foudroyée, Paris, Stock, 1995.
  • François Labbé, Anacharsis Cloots, le Prussien francophile, Paris, L’Harmattan, 1999
  • Anne Kupiec, « L’« ici » et l’« ailleurs ». Anacharsis Clootz et le cosmopolitisme », in Tumultes, n° 24, 2005, p. 27-45.
  • Guy Ikni, « Cloots Jean-Baptiste dit Anacharsis Cloots » dans Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 1989, p. 233-234.
  • Augustin Kusinsky, Dictionnaire des Conventionnels, Paris, 1916
  • Jean-Philippe Giboury, Dictionnaire des régicides, Paris, 1989.

Lien externe[modifier | modifier le code]