Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais
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| Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais | |||
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| Présentation | |||
| Culte | Catholique romain | ||
| Type | Cathédrale | ||
| Rattaché à | Diocèse de Beauvais, Noyon et Senlis (siège) | ||
| Début de la construction | XIIIe siècle | ||
| Fin des travaux | XVIe siècle | ||
| Style(s) dominant(s) | Gothique | ||
| Protection | |||
| Site web | www.cathedrale-beauvais.fr | ||
| Géographie | |||
| Pays | |||
| Région | Picardie | ||
| Département | Oise | ||
| Ville | Beauvais | ||
| Coordonnées | |||
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Géolocalisation sur la carte : France |
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La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais est une église située à Beauvais, dans le département de l'Oise, dans la région Picardie en France. Elle possède le plus haut chœur gothique au monde (48,50 m).
Sommaire |
[modifier] Histoire
De la première cathédrale du Xe siècle il ne reste que quelques travées de la nef : les Beauvaisiens la nomment « Notre-Dame de la Basse Œuvre », en opposition avec la « Haute Œuvre » qui est la cathédrale gothique. La « Basse Œuvre » fut détruite sur la décision de l'évêque-comte, après un énième incendie, et à mesure de la construction de la nouvelle église ; elle occupe l'emplacement initialement prévu pour la construction de la nef.
C'est après un incendie de la « Basse Œuvre » qu'a commencé, en 1225[1], la construction de la cathédrale. Le 3 octobre 1272, les vêpres sont chantées dans le nouveau chœur. En 1284, une partie du chœur s'effondre du fait d'une faiblesse au niveau de la deuxième pile séparant les bas-cotés et qui a provoqué la rupture de l'arc-boutant supérieur[2],[3]. On décide de consolider en modifiant la structure des travées et ajoutant des piliers intermédiaires dans le chœur. Les réparations semblent terminées en 1347. La guerre de Cent Ans passe et marque une période de pause dans la construction de la cathédrale. C'est seulement 150 ans après l'édification du chœur que le transept va être construit sous l'impulsion du comte-évêque Louis de Villiers de L'Isle-Adam et sous la direction de l'architecte Martin Chambiges. Celui-ci ne connaîtra pas la fin des travaux : il meurt le 29 août 1532. Une fois le transept érigé (entre 1500 et 1548), on décide de construire la flèche la plus haute de toute la chrétienté.
« Nous construirons une flèche si haute, qu'une fois terminée, ceux qui la verront penseront que nous étions fous. »
Les travaux commencent en avril 1563 et se terminent en 1569, elle atteint alors 153 m de hauteur. Le 30 avril 1573 est un jour noir dans l'histoire de la cathédrale : alors que les fidèles sortent de la célébration de l'Ascension, la flèche et les trois étages du clocher s'effondrent. La reconstruction des voûtes du transept prive la cathédrale des fonds nécessaires pour édifier la nef. La cathédrale reste depuis inachevée.
La Révolution a, elle aussi, laissé sa marque sur le monument : en octobre 1793, les sans-culottes décapitent les statues et pillent la cathédrale qui devient pour un temps un temple dédié à la Raison.
En 1840, la cathédrale est classée sur la première liste des monuments historiques.
Les grilles de clôture en fer forgé des chapelles Sainte Anne, Sainte Marie et Saint Joseph sont réalisées vers 1853 par le ferronnier d'art Pierre Boulanger auteur des pentures de la porte latérale de l'église Saint-Étienne de Beauvais et du portail central de la cathédrale Notre-Dame de Paris[4].
Des échafaudages sont installés presque en continu autour de sa structure en fonction des nombreux travaux toujours en cours. Contrairement à une légende tenace, la cathédrale est solidement ancrée sur un sol stable comme l'ont confirmé les mesures effectuées durant la décennie 2000[5], mais sa très grande hauteur et le fait qu'elle ne soit pas épaulée à l'ouest par une nef, lui créent une grande fragilité qui est étroitement surveillée par ses différents responsables[6]. Cette fragilité avait toutefois failli entraîner la fermeture de l'édifice au milieu des années 1990. En 2006, des chutes de pierre détachées de l'édifice ont imposé des travaux urgents de purge[7].
En 2010, la restauration des 120 tonnes de plaques de plomb de la toiture est engagée. Elle est réalisée grâce à un échafaudage autonome, sans appui sur l'édifice en raison de sa fragilité. Les compagnons travaillent à soixante mètres de hauteur, sur ce chantier d'une durée de neuf ans[8].
[modifier] Architecture
Ses façades, particulièrement celle au sud, exposent toutes les richesses de la sculpture gothique et renaissance. Les vantaux en bois des portails nord et sud sont l'œuvre de maîtres artisans beauvaisiens de très grand talent. Les portes de la cathédrale du côté nord sont sculptées de l'emblème du roi François Ier, la salamandre surmontée de la couronne de France. Derrière les portes sud et nord étaient également sculptées des fleurs de lys, emblème de la monarchie française, qui ont malheureusement été ravagées par la violence des révolutionnaires de 1789. Du côté du portail sud, c'est dans la pierre que nous retrouvons le chiffre du roi François Ier avec un F surmonté de la couronne royale. Une chose est à remarquer, c'est que les révolutionnaires n'ont pas détruit cette marque de la monarchie, il est peut-être envisageable de dire que le peuple beauvaisien affectionnait tout particulièrement ce roi de France.
Des vitraux des XIIIe, XIVe et XVIe siècles sont encore en place ; la famille beauvaisienne des Leprince, au XVIe siècle, orna les deux façades du transept de roses, et leur chef de file, Engrand Leprince, a laissé une grande verrière. On doit à celui-ci quelques-uns des remarquables vitraux de l'église Saint-Étienne.
[modifier] Problèmes structurels
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Plan de la cahédrale, tiré d'un relevé laser réalisé en 2007 par l'association CyArk afin de participer à la stabilisation de l'édifice
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Dans leur course à l'élévation de l'édifice, les constructeurs du XIIIe siècle poussèrent les techniques de l'époque à leurs limites. Bien que la structure de l'édifice fut très élevée, ils réduisirent l'épaisseur des contreforts afin de faire pénètrer un maximum de lumière naturelle dans la cathédrale. En 1284, douze ans seulement après son achèvement, une partie de la voûte du choeur s'effondra, en même temps que quelques uns des contreforts supérieurs. Il a depuis lors été démontré que cet effondrement résultait des vibrations causées par la mise en résonance des structures hautes par les vents violents[9].
Les tirants métalliques latéraux des contreforts supérieurs, visibles sur les clichés, n'ont pu être datés avec précision. La technique employée était disponible lors de la construction initiale mais ces renforts ne furent peut être pas jugés indispensables avant l'effondrement de 1284, ou peut être même plus tardivement. Dans les années 1960, ces tirants furent retirés. L'opinion de l'époque était qu'ils étaient à la fois inesthétiques et inutiles. Cependant, les oscillations dues au vent s'amplifièrent et une dissociation partielle du choeur et du transept apparut. Par conséquent les tirants furent réinstallés mais cette fois en acier. Comme l'acier était moins souple que le fer des tirants originels, la structure devint plus rigide, causant peut être de nouveaux désordres[10].
Bien que prévue à l'origine, la nef ne fut jamais construite. Son absence pour épauler la structure du transept et du choeur contribue à la faiblesse structurelle de l'édifice.
Avec le temps, d'autres problèmes de vieillissement firent surface, dont certains exigèrent des mesures d'urgence.
[modifier] Le mobilier
L'église possède une horloge astronomique (1866) animée par un spectacle « son et lumière », et la plus ancienne horloge médiévale à carillons toujours en état de marche. Elle dispose toujours de deux ensembles de tapisseries de chœur remarquables (XVe et XVIIe siècles) et d'autres tapisseries, dont un ensemble visible au musée départemental de l'Oise, situé en face de la cathédrale.
Saint-Pierre de Beauvais dispose d'un des plus beaux trésors de cathédrale en France, constitué de plus d'un millier d'objets, celui-ci n'ayant pas été pillé durant la Révolution française, contrairement à de nombreux autres édifices, comme Amiens par exemple. Ces pièces restent toutefois invisibles pour le grand public en 2010[11].
[modifier] L'horloge médiévale
Elle est située à proximité de l’horloge astronomique. Un escalier de pierre permet d’accéder à ses mécanismes. Elle se compose de trois parties principales :
- Un support creux en pierre, de forme hexagonale, décoré de petites fenêtres et d’arcatures sculptées. C’est à l’intérieur de ce support que descendent les poids de l’horloge (XIVe siècle).
- La cage de bois, qui se trouve en encorbellement, contient les rouages de l’horloge. Une partie de cette cage et des mécanismes date du XIVe siècle. Par contre, la façade, ornée d’anges supportant le cadran (refait au XVIIIe siècle) a été peinte ou repeinte au XVe siècle.
- Un campanile de bois, restauré récemment, dans lequel se trouve la cloche des heures, donnée au début du XVe siècle par Étienne Musique.
[modifier] L'horloge astronomique
[modifier] Les orgues
La cathédrale de Beauvais possède deux orgues: le grand orgue de tribune Des Oliviers, 1532 / Cosyn, 1827 / Danion-Gonzalez, 1979 (4 claviers et pédalier, 77 jeux) ; et un orgue de chœur Ducroquet, 1850 / Gutschenritter, 1943 (2 claviers et pédalier, 21 jeux).
[modifier] Le Grand-Orgue
L'instrument a été construit en 1979 par les Etablissements Danion-Gonzalez. Il remplace en réutilisant une bonne part du matériel ancien l'orgue construit en 1827 par Cosyn, sous la direction de P.M Hamel.
L'instrument est réparti en deux buffet, le grand corps et le positif dorsal. La façade du Positif s'articule autour de trois tourelles encadrant deux larges plates-faces. Le grand corps présente une structure plus complexe. Au premier niveau, la façade du Grand-Orgue est composée de deux tourellees et d'une grande plate-face. Un peu en arrière et légèrement surélevée, la façade de Pédale encadre la façade du Grand-Orgue de deux petites plates-faces et deux grandes tourelles. Au centre, derrière le Grand-Orgue, apparaît la boite du Récit surmontée de la tuyauterie de Bombarde disposée en mitre, laissant voir une partie de la rosace. Le Positif mesure 3m. 60 de largeur à l'avant, 1m.50 de profondeur pour une hauteur totale d'environ 15 mètres[12].
| I. Positif, 56 notes Ut1-Sol5 |
II. Grand-Orgue, 56 notes Ut1-Sol5 |
III. Récit, 56 notes Ut1-Sol5 |
IIII. Bombarde, 56 notes Ut1-Sol5 |
Pédalier (à l'allemande) 32 marches Ut1-Sol3 |
|---|---|---|---|---|
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Montre 8 |
Montre 16 |
Principal 8 |
Grand Cornet V rangs (à partir de Sol 2) |
Principal 32 |
[modifier] Orgue du chœur
L'orgue a été construit en 1850 par Ducroquet. Il a été restauré et modifié par Gutschenritter en 1943. Le buffet est de style néogothique. Deux plates-faces surélevées de 9 tuyaux encadrent une grande plate-face centrale qui possède également 9 tuyaux. Le buffet mesure 4m. 15 de largeur, environ 7m. 20 de hauteur et 2m.25 de profondeur[13].
| I. Grand-Orgue, 56 notes Ut1-Fa5 |
II. Récit, 56 notes Ut1-Fa5 |
Pédalier (à l'allemande) 27 marches Ut1-Ré3 |
|---|---|---|
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Montre 8 |
Flûte 4 (en réalité 8) Bourdon 8 |
Bourdon 16(emprunt) |
[modifier] Quelques chiffres
- La longueur totale (du chœur jusqu'à la façade ouest) est de 72,5 m
- À l'intérieur, le transept a une longueur de 58,6 m
- La longueur du chœur est de 47 m, (contre 64 m pour la cathédrale d'Amiens)
- La hauteur extérieure de l'édifice est de 67,2 mètres (à comparer avec la hauteur des deux tours de Notre-Dame de Paris qui font 69 mètres)
- Hauteur de la façade méridionale : 64,4 mètres
- La hauteur du chœur atteint 48,50 m, record mondial pour une cathédrale gothique (à comparer avec Amiens 42,3 m, Metz 41,41 m, Narbonne 41 m, Reims 38 m et Bourges 37,5 m)
- Diamètre des deux rosaces (nord et sud) : 11 m (Notre-Dame de Paris : 13,1 m)
- Hauteur des trois niveaux de la nef et du chœur :
- Grandes arcades : 21,2 m
- Triforium : 4 m
- Fenêtres hautes : 17 m
- Hauteur de l'ancienne tour : 151,6 m
- Largeur du vaisseau central de la nef : 16 m
- Hauteur sans les tours : 120 m
[modifier] Galerie
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Plan hypothétique de la cathédrale achevée, proposé par Eugène Viollet-le-Duc (seuls le chœur et le transept ont été réalisés.
[modifier] Notes et références
- Erlande-Brandenburg, Alain, L'art gothique, Paris : Citadelles & Mazenod, 2004, ISBN: 2-85088-083-3.
- Thiebaut Jacques, Les cathédrales gothiques en Picardie, C.R.D.P.d'Amiens, 1987 ISBN 2-86615-001-5. p. 152.
- Murray Stephen, The choir of the church Saint Pierre, cathedral of Beauvais, A study of Gothic architectural planning and constructional chronology in the historical context, dans The Art Bulletin, LXII, 1980, p 533-551 : ISSN 0004-3079.
- Pierre Boulanger, sculpteur sur fer, Raymond Subes, Presses du Compagnonnage, Paris 1961
- Le Parisien - Non, la cathédrale de Beauvais ne s’écroule pas, article du 10 novembre 2010
- Le Parisien - La cathédrale fragilisée a retrouvé sa stabilité, article du 19 septembre 2008
- Le Parisien - Travaux d'urgence à la cathédrale de Beauvais, article du 12 septembre 2006
- Le Parisien - Un chantier à 60 m du sol, article du 3 décembre 2010
- Découvrir la Cathedrale Saint-Pierre de Beauvais, Philippe Bonnet-Laborderie, 2000
- Stephen Murray, Beauvais Cathedral, Architecture of Transcendence, Princeton University Press, 1989
- Le Parisien - Les incroyables trésors de la cathédrale, article du 26 juin 2009
- Orgues de Picardie, ASSECARM, 1989, p.15
- Orgues de Picardie, ASSECARM, 1989, p.19
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Bibliographie
- Collectif, La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais : architecture, mobilier et trésor, éd. Agir-Pic, 2000.
- Philippe Bonnet-Laborderie, La Cathédrale de Beauvais
- La cathédrale St Pierre de Beauvais, éd. du Patrimoine
[modifier] Liens externes
- Site de la cathédrale de Beauvais (association ESPACES)
- Site officiel de la ville de Beauvais
- Fiche sur le site Structurae.de
- Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais (site Architecture religieuse)
- Vues intérieures remarquables
- Orgues de France Le grand orgue Des Olivier (1532), Cosyn (1827) et Danion-Gonzalez (1979).