Marguerite de France (1553-1615)

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Marguerite de France

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Portrait de Marguerite de France (vers 1573).

Titres

Reine de France

2 août 158917 décembre 1599
(10 ans, 4 mois et 15 jours)

Prédécesseur Louise de Lorraine-Vaudémont
Successeur Marie de Médicis

Reine consort de Navarre

18 août 157217 décembre 1599
(27 ans, 3 mois et 29 jours)

Prédécesseur Antoine de Bourbon
Successeur Marie de Médicis
Biographie
Titulature Fille de France
Duchesse de Lauragais
Dynastie Maison de Valois-Angoulême
Nom de naissance Marguerite de France
Surnom Margot
Naissance 14 mai 1553
Saint-Germain-en-Laye (France)
Décès 27 mars 1615 (à 61 ans)
Paris (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Henri II de France
Mère Catherine de Médicis
Conjoint Henri IV de France
Religion Catholicisme
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Reines de France

Marguerite de France ou Marguerite de Valois, est une princesse française de la branche dite de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne, née le 14 mai 1553 et morte le 27 mars 1615.

Par son mariage avec Henri de Navarre (futur roi de France Henri IV), elle devint reine de Navarre et reine de France lors de l'accession au trône de son mari dont elle fut démariée en 1599. Elle était la fille du roi Henri II et la sœur des rois François II, Charles IX et Henri III.

Son mariage qui devait célébrer la réconciliation des catholiques et des protestants fut terni par le massacre de la Saint-Barthélemy et la reprise des troubles religieux qui s'ensuivirent.

Dans le conflit qui opposa le roi Henri III aux Malcontents, elle prit parti pour François d'Alençon son frère cadet. Sa participation aux complots de la cour lui valut l'aversion profonde du roi qui l'assigna longtemps à résidence à la cour.

En tant qu'épouse du roi de Navarre, elle joua également un rôle pacificateur dans les relations orageuses entre son mari et la monarchie. Ballotée entre les deux cours, elle s'efforça de mener une vie conjugale heureuse mais la stérilité de son couple et les tensions politiques propres aux guerres de religion eurent raison de son mariage. Malmenée par un frère ombrageux, rejetée par un mari léger et opportuniste, elle choisit en 1585 la voie de l'opposition. Elle prit le parti de la Ligue et fut contrainte de vivre en Auvergne dans un exil qui dura vingt ans.

Femme de lettres reconnue, esprit éclairé, mécène extrêmement généreuse, elle joua un rôle considérable dans la vie culturelle de la cour, en particulier après son retour d'exil en 1605. Elle fut un vecteur de la pensée néoplatonicienne qui prône notamment la suprématie de l'amour platonique sur l'amour physique.

Au XIXe siècle, sa vie a donné naissance au mythe de la Reine Margot, d'après le surnom que lui a donné Alexandre Dumas dans son roman.

La jeunesse d'une princesse[modifier | modifier le code]

Née au château de Saint-Germain-en-Laye, elle est le septième enfant de Henri II et de Catherine de Médicis. Trois de ses frères sont devenus rois de France : François II, Charles IX et Henri III. L'une de ses sœurs, Élisabeth de France, fut la troisième épouse du roi Philippe II d'Espagne; l'autre, Claude de France, fut la femme du duc Charles III de Lorraine. Elle est baptisée dans la religion catholique et reçoit pour marraine sa tante paternelle, la princesse Marguerite de France, future duchesse de Savoie (d'où le choix de son prénom) et pour parrain le prince de Ferrare Alphonse II d'Este.

Elle a peu l'occasion de connaître son père, mortellement blessé lors d'un tournoi en 1559. Avec sa mère, elle entretient des rapports distants, éprouvant pour elle un mélange d’admiration et de crainte. Elle est principalement élevée avec ses frères Alexandre, duc d'Anjou (le futur Henri III) et le dernier-né Hercule (ensuite renommé François), duc d'Alençon puisque ses sœurs partent également en 1559 se marier à l’étranger. Lorsque Charles IX monte sur le trône à la mort de François II en 1560, elle vit à la cour de France au côté de ses deux frères aînés, ainsi que du jeune Henri de Navarre. Elle est présente aux États généraux de 1560 au côté de Renée de France, duchesse de Ferrare, fille du roi Louis XII. Elle accompagne également le roi durant son grand tour de France de 1564 à 1566.

Marguerite (vers 1560).

Elle entretient d'abord d'excellents rapports avec ses frères (à tel point que des rumeurs feront par la suite état de relations incestueuses avec Henri et François — voire Charles). C'est ainsi que lorsque Henri part en 1568 prendre le commandement des armées royales, il confie à sa sœur âgée de 15 ans la défense de ses intérêts auprès de leur mère. Ravie de cette mission, elle s’en acquitte consciencieusement mais, à son retour, il ne lui en témoigne aucune gratitude. C'est du moins ce qu'elle raconte dans ses mémoires qu'elle rédige à partir de 1594[1].

Entre-temps, une idylle est née entre la princesse et Henri de Lorraine, duc de Guise, l'ambitieux chef de file des catholiques intransigeants. Les Guise étant partisans d’une monarchie placée sous la tutelle des Grands et préconisant des mesures radicales contre les protestants (soit l’opposé de ce que souhaitent les Valois), une union est absolument inenvisageable. La réaction de la famille royale est donc très violente, d’autant que des négociations matrimoniales sont en cours. Cet épisode est peut-être à l'origine de la « haine fraternelle durable »[2] qui s’établit entre Marguerite et son frère Henri, ainsi que du refroidissement, non moins durable, des relations avec sa mère.

Le duc de Guise est le premier d’une longue série d'amants prêtés à Marguerite. La princesse a reçu une éducation soignée et possède toutes les qualités pour briller à la cour, à commencer par son éclatante beauté (« S’il y en eust jamais une au monde parfaicte en beauté, c’est la royne de Navarre », écrira Brantôme). Toutefois, il est difficile de faire la part de vérité et de la rumeur parmi les liaisons qu’on lui prête. Comme pour les autres membres de sa famille (notamment sa mère et son frère Henri), les ragots circulant sur son compte pendant cette période troublée ont été particulièrement nombreux. Parmi ces prétendues aventures, certaines, telles les relations incestueuses avec ses frères, sont sans fondement, d'autres simplement platoniques.

Les noces vermeilles[modifier | modifier le code]

Henri et Marguerite, roi et reine de Navarre (vers 1572). Miniature du livre d'heures de Catherine de Médicis.

À la fin des années 1560, Catherine de Médicis propose sa fille en mariage au fils de Philippe II d'Espagne, l'infant Charles, mais le mariage ne se fait pas. De sérieuses négociations ont aussi lieu pour marier Marguerite au roi du Portugal Sébastien Ier, mais elles sont aussi abandonnées.

Resurgit donc l’idée, déjà évoquée par Henri II, d’une union avec le jeune chef du parti protestant, le jeune roi Henri de Navarre. Héritier présomptif de la couronne de France après les fils de France — mais la perspective d'une accession au trône de France est alors très lointaine —, Henri est aussi l’héritier de vastes possessions dans le Sud-Ouest. Cette union a surtout pour objectif la réconciliation entre catholiques et protestants à la suite de la troisième guerre de religion.

Des négociations s'engagent entre Catherine de Médicis et la mère d'Henri, la très huguenote reine de Navarre Jeanne d'Albret. Les discussions sont longues et difficiles. Jeanne d’Albret se méfie de la reine mère, et exige au préalable la conversion de Marguerite au protestantisme. Mais elle doit céder face à l’entêtement de la princesse à conserver sa religion et finit, sous la pression du parti protestant, par donner son consentement, non sans avoir obtenu pour sa future belle-fille une dot considérable. Elle meurt peu après, Henri devenant roi de Navarre. Quant à Marguerite, c'est non sans réticences qu'elle consent à épouser le souverain hérétique d’un résidu de royaume[3].

Sans attendre la dispense pontificale requise en raison de la différence de religion et du cousinage des futurs époux — tous deux sont les arrière-petits-enfants de Charles d’Angoulême —, l’ « union exécrable » — selon les termes du général des jésuites — est célébrée le 18 août 1572. Le déroulement des noces a été réglé de façon à satisfaire les protestants, venus nombreux assister au mariage de leur chef : la bénédiction nuptiale a lieu devant le parvis de Notre-Dame de Paris, leur évitant ainsi d’assister à la messe ; et elle est donnée par le cardinal de Bourbon en qualité d’oncle d’Henri et non de prêtre. Les noces sont suivies de trois jours de fêtes somptueuses.

L’entente entre catholiques et réformés dure peu. Quelques jours seulement après les noces a lieu l’attentat manqué contre l’amiral de Coligny, l’un des chefs du parti huguenot qui s'efforce d'entraîner la France dans une guerre contre l'Espagne. Le surlendemain, 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, les protestants sont massacrés jusqu'à l'intérieur du Louvre — un gentilhomme gravement blessé trouve même refuge dans la chambre de Marguerite. La proximité du massacre a valu au mariage le surnom de « noces vermeilles ». Il n’est alors plus question de conciliation et la dissolution du mariage pourrait être prononcée, mais Marguerite choisit de faire preuve de loyauté envers son mari et refuse l'offre que sa mère lui aurait faite de la démarier.

Le complot des Malcontents et le début des intrigues[modifier | modifier le code]

Marguerite et François d'Alençon à droite (tapisserie).

En 1573, la santé du roi Charles IX commence à sérieusement décliner, mais l'héritier naturel, son frère Henri, favorable à une politique de fermeté contre les protestants, a été élu roi de Pologne. De grands seigneurs catholiques modérés soutiennent alors le projet de faire monter sur le trône de France, en cas de vacance, le frère cadet, François d’Alençon, réputé favorable à un compromis confessionnel dans les affaires religieuses.

En 1574, alors que Charles IX se meurt, ceux qu'on surnomme désormais les Malcontents, alliés aux protestants, mettent en œuvre plusieurs complots pour s’emparer du pouvoir. Par inclination pour ses deux frères aînés Charles et Henri, Marguerite dénonce dans un premier temps cette fronde à laquelle son mari est partie prenante, mais elle finit par changer d'alliance dans l'espoir peut-être d'améliorer la situation inconfortable où l'avait mise la Saint-Barthélemy. Depuis le massacre, elle était tenue en suspicion à la fois par son mari et la couronne. L'avènement de François au trône aurait pu lui permettre de retrouver la confiance des deux camps[4].

Mais la conspiration est déjouée, et l'un des chefs du complot arrêtés et décapités est Joseph Boniface de la Môle, prétendu amant de Marguerite — et héros du roman La Reine Margot d'Alexandre Dumas — l'autre est Annibal de Coconas. Après l’échec de la conjuration, François d'Alençon et Henri de Navarre sont retenus prisonniers au château de Vincennes. Marguerite de France rédige une plaidoirie, le Mémoire justificatif pour Henri de Bourbon pour qu’il se défende devant le roi[5]. À l'avènement d'Henri III de France, ils sont laissés en liberté sous surveillance à la cour, mais ce dernier ne pardonne pas à sa sœur de l'avoir trahi.

Les rapports du couple de Navarre se détériorent, Marguerite n'arrive toujours pas à être enceinte, bien que, s'il n'a jamais été question d'amour avec son époux, ce dernier continue à assurer assidument son devoir conjugal. Mais ce dernier a de nombreuses maîtresses et trompe ouvertement Marguerite avec la belle Charlotte de Sauve. Dame de compagnie de Catherine de Médicis, elle provoque également une brouille entre Alençon et Navarre, tous deux ses amants, que Marguerite s’employait à allier. Cet épisode relativise l’image d’un couple multipliant certes les infidélités mais à l’alliance politique solide. En réalité, Henri ne se rapproche de sa femme que lorsque cela sert ses intérêts mais n’hésite pas à la délaisser sinon. De son côté, Marguerite profite de l'absence de jalousie de son époux pour prendre peut-être un amant en la personne du fameux Bussy d'Amboise.

Alençon et Navarre parviennent finalement à s'enfuir, l'un en septembre 1575 et l'autre en 1576. Henri n’avertit même pas sa femme de son départ. Marguerite se retrouve recluse au Louvre, des gardes aux portes de sa chambre, car Henri III la tient pour complice. Mais Alençon, qui s’est allié aux huguenots, a pris les armes et refuse de négocier tant que sa sœur sera captive. Elle est donc libérée et assiste avec sa mère aux pourparlers de paix. Ils aboutissent à un texte extrêmement avantageux pour les protestants et pour Alençon : l’édit de Beaulieu.

Henri de Navarre, qui s'est à nouveau converti à la réforme, cherche à obtenir que Marguerite le rejoigne dans son royaume de Navarre. Durant ce conflit, ils se sont réconciliés au point qu'elle lui rapporte fidèlement ce qu’elle apprenait à la cour. Mais pendant un temps, Catherine de Médicis et Henri III refusent de la laisser partir, Marguerite étant susceptible de devenir un otage aux mains des huguenots ou de renforcer l’alliance entre Navarre et Alençon. Catherine est alors persuadée qu'Henri de Navarre est récupérable pour le parti catholique et utilise sa fille comme un appât pour l'attirer à Paris.

L'aventureuse expédition aux Pays-Bas[modifier | modifier le code]

François d'Alençon (miniature de Nicholas Hilliard).

En 1577, alors que la guerre civile reprend, Marguerite fait valoir qu’elle est partagée entre la loyauté due à son mari et à son frère aîné (même si, s’agissant de ce dernier, elle est toute relative) et réclame l’autorisation de partir en mission dans le sud des Pays-Bas (Nord de la France et Belgique actuels) pour le compte de son frère cadet. Les Flamands, qui se sont soulevés en 1576 contre la domination espagnole, semblent disposés à offrir un trône à un prince français tolérant et susceptible de leur apporter l’appui diplomatique et militaire nécessaire à la conquête de leur indépendance. Henri III accepte finalement l’expédition de sa sœur, y voyant l’occasion de se débarrasser de ce frère gênant.

Prenant prétexte d’une cure aux eaux de Spa, Marguerite part donc à l’été, en grand équipage. Elle consacre deux mois à sa mission. À chacune des étapes de son voyage, elle s’entretient, à l’occasion de rencontres fastueuses, avec des gentilshommes hostiles à l’Espagne et, leur vantant les mérites de son frère, tente de les persuader de l’intérêt qu’ils auraient à se rallier à lui. Elle fait aussi la connaissance du gouverneur des Pays-Bas, Don Juan d'Autriche, le vainqueur de Lépante, avec qui elle a un entretien cordial. Mais pour Marguerite, que les réceptions intéressent davantage que les réalités politiques locales, le retour en France est mouvementé, à travers un pays en pleine insurrection, alors que, de surcroît, elle craint que les troupes espagnoles ne tentent de s'emparer d'elle.

Finalement, si elle noua quelques contacts utiles, Alençon ne put ni ne sut en tirer parti.

Nérac : littérature et amour[modifier | modifier le code]

La reine Marguerite en 1577.

Après avoir rendu compte de sa mission à son frère cadet, Marguerite revient à la cour, où l’atmosphère est toujours aussi tendue. Les combats se multiplient entre mignons d’Henri III et partisans d’Alençon, au premier rang desquels Bussy d'Amboise, amant de Marguerite, « né, écrit-elle, pour estre la terreur de ses ennemis, la gloire de son maistre et l’esperance de ses amis. » La situation est telle qu’en 1578 Alençon demande à s’absenter. Mais Henri III y voit la preuve de sa participation à un complot : il le fait arrêter en pleine nuit et le consigne dans sa chambre, où Marguerite le rejoint. Quant à Bussy, il est conduit à la Bastille. Quelques jours plus tard, François s’enfuit de nouveau, grâce à une corde jetée par la fenêtre de sa sœur.

Peu après, Marguerite, qui a nié toute participation à cette évasion, obtient enfin l’autorisation de rejoindre son mari. Henri III et Catherine de Médicis ôtent ainsi à Henri de Navarre un motif de mécontentement. Catherine voit aussi les années passer et n'a toujours pas d'héritier. Elle espère de nouvelles noces et invite son gendre à faire « acte de bon mari ». Peut-être espèrent-ils aussi que Marguerite pourra jouer un rôle conciliateur et ramener l’ordre dans les provinces troublées du Sud-Ouest.

Pour son retour en grande pompe, Marguerite est accompagnée de sa mère et de son chancelier, un humaniste, magistrat et poète de renom, Guy Du Faur de Pibrac. Ce voyage est l’occasion d’entrées fastueuses dans les villes traversées, façon de resserrer des liens distendus avec la famille régnante. Au terme de leur voyage, elles retrouvent enfin Navarre (qui a mis peu d'empressement à venir à leur rencontre). Catherine et son gendre s’accordent sur les modalités d’exécution du dernier édit de pacification — c’est l’objet de la conférence de Nérac en 1579 — puis la reine mère regagne Paris.

Après son départ, les époux séjournent brièvement à Pau où Marguerite souffre de l’interdiction du culte catholique. Ils s’installent ensuite à Nérac, capitale de l’Albret (qui fait partie du royaume de France et où ne s'applique donc pas la réglementation religieuse intolérante en vigueur au Béarn). Elle va s'employer à créer une cour raffinée. « La reine de Navarre eut bientôt dérouillé les esprit et verrouillé les armes », écrit Agrippa d’Aubigné. Il se forme en effet autour de Marguerite une véritable académie littéraire. Outre Agrippa, compagnon d’arme de Navarre, et Pibrac, le poète Saluste du Bartas ou encore Montaigne fréquentent la cour. Marguerite eut d'ailleurs de nombreux échanges avec l’auteur des Essais.

La cour de Nérac devient surtout célèbre pour les aventures amoureuses qui s’y multiplient, au point d’avoir inspiré Shakespeare pour sa pièce Peines d'amour perdues. « L’aise y amena les vices, comme la chaleur les serpents », dénonce Agrippa. « La cour y fut un temps douce et plaisante ; car on n’y parlait que d’amour, et des plaisirs et passe-temps qui en dépendent », se félicite en revanche Sully. On prête à Marguerite une liaison avec l’un des plus illustres compagnons de son mari, le vicomte de Turenne. Henri de Navarre s'emploie de son côté à conquérir l'ensemble des filles d'honneur qui ont accompagné son épouse.

Mais en 1580 éclate la « guerre des Amoureux », ainsi nommée parce qu’on a prétendu à tort qu’elle avait été déclenchée par Marguerite par rancœur envers son frère aîné. Elle y aurait poussé le vicomte de Turenne et aurait incité ses dames d’honneur, également liées à des capitaines huguenots, à l’imiter. Il est vrai que pendant le conflit, Marguerite prend plutôt le parti de son mari. Mais, en réalité, le conflit fut provoqué par la mauvaise application du dernier édit de pacification et par un conflit entre Navarre et le lieutenant général du roi en Guyenne — province dont Henri est gouverneur. Il dure peu, en partie grâce à Marguerite qui suggère de faire appel à Alençon pour mener les négociations. Elles sont rapides et aboutissent à la paix de Fleix.

C’est alors que Marguerite s’éprend du grand écuyer de son frère, Jacques de Harlay, seigneur de Champvallon. Les lettres qu’elle lui a adressées illustrent sa conception de l’amour, empreinte de néoplatonisme. Il s’agit, en privilégiant l’union des esprits sur celle des corps — ce qui ne signifie pas pour autant que Marguerite n’apprécie pas l’amour physique — d’aboutir à la fusion des âmes. Cette conception est illustrée par un dialogue intitulé La Ruelle mal assortie (dont l'attribution à Marguerite a toutefois été discutée).

Entre deux cours[modifier | modifier le code]

Après le départ d’Alençon, la situation de Marguerite se détériore. Responsable de cette situation, l’une de ses filles d’honneur, la jeune Françoise de Montmorency-Fosseux, dite Fosseuse, dont son mari s’est épris alors qu'elle n'a que quatorze ans, et qui est tombée enceinte. Elle ne cesse de monter Henri contre sa femme, espérant peut-être se faire épouser. Le roi de Navarre exige même de son épouse qu’elle couvre sa grossesse. Mais « Dieu voulut qu’elle ne feit qu’une fille, qui encores estoit morte » (Mémoires).

Henri III par François Quesnel.

Finalement en 1582, Marguerite revient à Paris. Elle n'a atteint aucun des deux objectifs qui auraient affermi sa situation. Cependant, les vraies raisons de son départ sont obscures. Sans doute veut-elle échapper à une atmosphère devenue hostile, peut-être aussi se rapprocher de son amant Champvallon, ou soutenir son frère cadet. De plus, Henri III et Catherine la pressent de rentrer, espérant ainsi attirer Navarre à la cour.

Mais elle est accueillie froidement, le roi la tenant pour responsable du dernier conflit. Et la situation se dégrade encore. Alors qu’Henri III alterne vie dissolue et crises de mysticisme, Marguerite encourage les moqueries contre ses mœurs et mène une vie scandaleuse — elle serait tombée enceinte de Champvallon. De plus, elle encourage Alençon à poursuivre son expédition aux Pays-Bas que le roi souhaite interrompre, craignant une guerre avec l’Espagne.

Finalement, en 1583, le roi chasse sa sœur de la cour, mesure sans précédent qui fait grand bruit en Europe, d’autant plus que le départ de Marguerite s’accompagne d’humiliations : Henri III, croisant le cortège de sa sœur, l’ignore ; puis, il fait fouiller sa litière — en quête de preuves, notamment à propos d’un éventuel avortement — puis, n'ayant rien trouvé, il fait arrêter certains de ses serviteurs qu’il interroge lui-même.

De plus, averti des rumeurs, Navarre refuse de recevoir sa femme. Il réclame à un Henri III embarrassé des explications, puis des compensations. Marguerite reste pendant huit mois dans l’incertitude, entre la cour de France et celle de Navarre, attendant que les négociations aboutissent. Les bellicistes protestants trouvent là le casus belli qu’ils attendaient et Navarre en profite pour s'emparer de Mont-de-Marsan, qu’Henri III accepte de lui céder pour clore l’incident.

Huit mois après son départ, Marguerite peut enfin retrouver son mari, qui ne s’est pas pressé pour la rejoindre et lui témoigne peu d’intérêt, passionné qu’il est par sa maîtresse du moment, Corisande. Aux malheurs de Marguerite s’ajoute encore la nouvelle de la mort de François d’Alençon, en juin 1584, ce qui lui fait perdre son plus sûr allié.

D'Agen à Usson : la révolte et l'emprisonnement[modifier | modifier le code]

En 1585, alors que la guerre reprend, Marguerite, rejetée par sa famille comme par son mari, rallie la Ligue, qui rassemble aussi bien les catholiques intransigeants que toutes les personnes hostiles à la politique d'Henri III. Elle prend possession d’Agen, ville faisant partie de sa dot et dont elle est la comtesse, et en fait renforcer les fortifications. Recrutant des troupes, elle les lance à l’assaut des cités alentour. Mais, las des exigences de Marguerite, les Agenais se révoltent et s’entendent avec le lieutenant du roi. À l'arrivée des troupes royales, Marguerite doit fuir précipitamment.

Marguerite s’installe alors au château de Carlat, dont elle est propriétaire. Elle y tombe malade. Le gouverneur de la forteresse entre en conflit avec son amant, Gabriel d'Aubiac dit le Bel Athis, qu'elle a nommé capitaine de ses gardes et qui sera par la suite pendu par ordre du roi à Aigueperse[6]. Elle repart au bout d'un an. On ne connaît pas les raisons exactes mais l'approche des troupes royales semble être la plus probable.

Elle veut trouver refuge un peu plus au nord de l'Auvergne, au château d’Ibois, qui lui a été proposé par sa mère. Mais elle s’y retrouve assiégée par les troupes royales qui s’emparent de la forteresse. Elle doit alors attendre près d’un mois que l’on statue sur son sort. Son amant Aubiac est pendu.

Henri III décide finalement de l'assigner à résidence dans le château d'Usson, au cœur de l'Auvergne, lequel avait servi de prison sous Louis XI. « Plus je vais en avant, plus je ressens et reconnais l’ignominie que cette misérable nous fait. Le mieux que Dieu fera pour elle et pour nous, c’est de la prendre », écrit-il même. Sa mère n’étant pas mieux disposée (d’autant qu’elle envisage de remarier Navarre à sa petite-fille préférée, Christine de Lorraine), il n’est pas étonnant que Marguerite craigne alors pour sa vie.

À partir de 1586, Marguerite est donc retenue prisonnière « parmy les déserts, rochers et montagnes d’Auvergne » (Brantôme). Elle parvient néanmoins rapidement à adoucir sa détention en achetant son gardien[7]. Marguerite prend le commandement de la forteresse et de cette haute vallée de l'Allier, mais elle n’en souffre pas moins du manque de revenus et de l’isolement et doit mener une vie spartiate mais relativement libre à l'abri des agressions extérieures.

Pour s’occuper, elle entreprend la rédaction de ses Mémoires, qu’elle dédie à Pierre de Bourdeille dit Brantôme. Elle lit beaucoup (notamment des ouvrages religieux) et reçoit la visite d’écrivains, à commencer par le fidèle Brantôme, mais aussi Honoré d'Urfé, qui s’inspira sans doute de Marguerite pour créer le personnage de Galathée dans L’Astrée[8].

La réconciliation[modifier | modifier le code]

La reine Marguerite imaginée par Rubens au sacre de Marie de Médicis (vers 1622-1625).

L'année 1589 débute le 5 janvier avec la mort de la reine mère, Catherine de Médicis, puis, le 1er août, c'est l'assassinat de son frère, le roi Henri III. Son époux, Henri de Navarre, devient roi de France sous le nom d'Henri IV. Marguerite reprend contact avec lui pour tenter de redresser sa situation financière. Bien qu'à son nom s'attache un lourd parfum d'intrigues et de scandales et que sa stérilité soit avérée, elle sait que le nouveau roi a besoin d'un fils légitime pour consolider son pouvoir. Pour cela il a besoin de l’appui de son épouse car il souhaite se remarier et avoir enfin cette descendance légitime qu'il espère.

Les négociations commencent en 1593, après le retour de la paix et son retour au catholicisme. Pour appuyer la non-validité du mariage auprès du pape, le roi et son épouse mettent en avant la stérilité de leur couple, sa consanguinité, et les vices de forme du mariage[9]. Pendant les pourparlers, la situation financière de la reine s’améliore, mais Henri songe à épouser sa maîtresse, Gabrielle d'Estrées, mère de son fils, César. Marguerite refuse de cautionner un remariage déshonorant et lourd de risques politiques avec cette « bagasse » (« femme de mauvaise vie » selon le Littré). Elle exige que la future épouse soit « une princesse de sa qualité », ce qui bloque les négociations, mais après la mort providentielle de Gabrielle dans la nuit du 9 au 10 avril 1599, elle revient sur son exigence pour des motifs de conscience, en échange de fortes compensations financières et du droit de conserver l'usage de son titre royal. Clément VIII prononce la bulle d'annulation le 24 octobre 1599[10]. Henri IV épouse un an après Marie de Médicis qui, neuf mois plus tard, lui donne un fils.

De bons rapports désormais peuvent se rétablir entre les deux ex-époux : « Vous m'êtes et père, et frère, et roi » et lui promet « une volonté toute soumise aux siennes et une résolution de n'avoir autre loi que ses commandements ». Après vingt ans d'exil, Marguerite rentre dans les grâces du roi de France mais elle n'est pas encore de retour à Paris. Son cas n'est pas prévu par la coutume, mais sa nouvelle position lui permet de recevoir à Usson de nouveaux visiteurs charmés de la qualité culturelle de ce « nouveau Parnasse » et de la générosité de leur hôtesse.

D'autre part, bien implantée en Auvergne et bien informée, elle ne manque pas de repérer les manigances du comte d'Auvergne, fils bâtard du roi Charles IX de France et frère utérin d'Henriette d'Entragues — une maîtresse évincée du roi Henri IV. Dûment informé, le roi ordonne en 1604 la capture du comploteur et la confiscation de tous ses biens. Or, Marguerite aurait dû en son temps hériter de l'Auvergne, un bien propre de sa mère Catherine de Médicis qui l'avait déshéritée sur manigance de son frère Henri III au profit de cet allié. Marguerite engagea un long procès et le roi l'autorisa à revenir s'installer à Paris pour pouvoir gérer son affaire judiciaire.

Le retour à Paris[modifier | modifier le code]

En 1605, après dix-neuf années de présence à Usson, Marguerite fait son retour dans la capitale. Elle a peu changé — tout au moins en ce qui concerne ses goûts ; quant au physique, elle est devenue « horriblement grosse » à en croire Tallemant des Réaux. Elle est aussi désormais très dévote et Vincent de Paul est un temps son aumônier.

Hôtel de la reine Marguerite

Riche des dédommagements qui lui permettent désormais de tenir son rang, elle se fait bâtir sur la rive gauche de la Seine un vaste et somptueux hôtel qui va vite devenir le nouveau rendez-vous des écrivains et des artistes. Face au Louvre — il ne reste aujourd’hui rien de ce bâtiment qui initia le caractère aristocratique de ce quartier jusque là plutôt voué à l’Église et à l’Université —, seule une chapelle, dite des louanges, dans la cour Bonaparte de l’école de Beaux-Arts, rue Bonaparte, témoigne de la présence de la propriété en ce lieu[11]. Par son amour des lettres, par les réceptions qu’elle donne (des ballets notamment), par les poètes et philosophes dont elle s’entoure (Marie de Gournay, Philippe Desportes, François Maynard, Étienne Pasquier, Mathurin Régnier, Théophile de Viau...), son hôtel va devenir un haut lieu de la vie parisienne intellectuelle, politique et aristocratique.

Finalement, Marguerite gagne son procès et récupère l'Auvergne. Mais ne retenant que l'usufruit elle fait don par testament de la province au Dauphin, le futur Louis XIII. Sa victoire en justice marque aussi la défaite définitive d'Henriette d'Entragues qui osait contester la légitimité de la reine Marie de Médicis, faisant de cette dernière une solide alliée. Désormais, elle pouvait mener librement la vie fantasque qui lui plaisait en compagnie de nombreux jeunes favoris, sans que personne puisse trouver à redire contre cette grande et généreuse dame qui savait perpétuer le souvenir de la brillante cour des Valois.

Marguerite meurt en 1615, survivant cinq ans à l'assassinat de son ancien mari, le roi Henri IV de France.

« Unique héritière de la race des Valois », comme elle s’intitule, Marguerite a réalisé, en ses dernières années, la transition, non seulement entre sa dynastie et celle des Bourbons, mais aussi entre l’esprit de la Renaissance et celui du Grand Siècle. Elle est d’autant plus apte à jouer ce rôle de trait d’union entre deux époques qu’elle sut entretenir d’excellentes relations avec la reine puis régente Marie de Médicis, qu’elle conseille à l’occasion, et avec le dauphin, dont elle a fait son héritier.

En 1608, lors de la naissance du prince Gaston de France, duc d'Anjou et futur duc d'Orléans, troisième fils d'Henri IV et de Marie de Médicis, elle est choisie par le roi lui-même pour être la marraine du nouveau-né. Elle lui donne d'ailleurs ce prénom de Gaston, en hommage au comte Gaston IV de Foix, ascendant navarrais du jeune prince.

La légende de la reine Margot[modifier | modifier le code]

Historiographie[modifier | modifier le code]

L’histoire de la princesse Marguerite de Valois est aujourd’hui voilée par la légende de la « reine Margot », le mythe d’une femme lubrique née dans une famille maudite. Si de nombreuses calomnies ont été répandues du vivant même de la princesse, ce sont celles de son ennemi Agrippa d’Aubigné avec le Divorce Satyrique qui ont eu le plus de succès. Broyée entre les deux camps, entraînée dans les conflits qui déchiraient sa fratrie, elle fut la cible de pamphlets qui en fait visaient à travers elle sa mère, ses frères ou son mari. D'autant plus que ses contemporains reconnaissaient que de tous les enfants de Catherine de Médicis, elle était la seule à posséder à la fois beauté (elle fut surnommée « la perle des Valois »), santé, intelligence et énergie. Remarquable latiniste, elle était très cultivée et savait briller en société comme dans le salon littéraire de la Maréchale de Retz.

Son influence fut considérable au XIXe et XXe siècles. Mise en lumière par les romantiques, c’est au XIXe siècle que naît le mythe de la Reine Margot. On compte parmi les auteurs qui ont le plus contribué à faire de Marguerite un personnage de fiction Alexandre Dumas, après la parution en 1845 de son roman La Reine Margot relatant ses intrigues mouvementées. Michelet l'utilisa aussi pour dénoncer les « turpitudes » de l'Ancien régime.

D'autres historiens du XIXe siècle s'essayèrent à une véritable réhabilitation en tentant de dégager de la gangue des scandales la réalité de la femme de tête qu'elle était, bravant les turbulences de la guerre civile entre catholiques et protestants et opérant finalement un remarquable rétablissement. Elle ne s'est jamais sentie inférieure à ses frères et souhaitait participer aux affaires du royaume.

Par la multiplication d'ouvrages légers sur Marguerite, le XXe siècle constitue une régression. Guy Breton inaugure notamment dans les années 1950 une période de fictions érotiques qui mina pour longtemps l'image de la « reine Margot » auprès du grand public supposé friand de scandales et d'histoires scabreuses.

Si depuis les années 1990, des historiennes plus sérieuses, comme Éliane Viennot et Janine Garrisson, ont permis de réhabiliter l’image des derniers Valois et de rappeler le distinguo à faire entre Marguerite de Valois et la légende de la Reine Margot, des fictions cinématographiques et des ouvrages littéraires contribuent à entretenir l'image d'une femme paillarde et aliénée.

Les erreurs les plus courantes[modifier | modifier le code]

Il s'agit pour la plupart de ces erreurs de falsifications du XVIIe et XVIIIe siècles. Malgré leur extravagance, elles ont été longtemps reprises par les historiens qui, par manque de rigueur, n'en ont pas vérifié la source. Son contemporain, l'austère Agrippa d'Aubigné est aussi en partie responsable des informations qui ont couru sur elle.

  • Marguerite aurait été nymphomane. Origine de cette légende : un pamphlet protestant rédigé contre Henri IV, le Divorce Satyrique (1607). C'est le trait de la légende le plus persistant. Son séjour à Usson est souvent présenté comme une période de décadence où la reine occupe son temps à se donner à de jeunes paysans robustes du pays. Au contraire, la reine célébra l'amour courtois et fut le chantre du néoplatonisme[12]. Dans l'aristocratie française, il était d'usage pour une femme mariée d'être « servie » avec l'accord du mari par plusieurs jeunes « galants »[13]. Quant aux relations extraconjuguales de Marguerite, les lettres adressées à son amant le plus célèbre, Champvallon, conservées aujourd'hui, montrent l'exaltation que pouvait éprouver la reine à travers l'amour platonique, cet « amour supérieur »[14].
  • Elle aurait eu des relations incestueuses avec ses frères. Origine de cette légende : un pamphlet protestant rédigé contre les Valois intitulé Le réveil-matin des Français (1574). Certains auteurs imaginèrent même qu'elle fut violée par ses frères[15].
  • Elle aurait manifesté de la résistance pour ne pas épouser Henri de Navarre. Le jour du mariage, le roi lui aurait poussé la tête pour qu'elle donne son consentement. Origine de cette légende : l’historien Mézeray dans Histoire de la France (1646)[16].
  • Elle aurait emporté la tête décapitée de son amant (La Môle) pour le faire enterrer. Origine de cette légende : le Divorce Satyrique (1607)[17]. Cette légende romantique fut popularisée au XIXe siècle par Stendhal dans son roman Le Rouge et le Noir.
  • Elle aurait fait assassiner Du Guast, le favori du roi. Origine de la légende : Historiarum sui temporis (traduit en français en 1659) de l'historien De Thou connu pour ses partis pris contre les Valois[18].
  • Elle aurait été par ses intrigues amoureuses la cause de la septième guerre de religion. Origine de cette légende : Aubigné dans Histoire universelle (1617) et Sully dans ses mémoires, pour cacher leur propre responsabilité et celles des protestants dans la reprise du conflit. Cette légende fut allégrement reprise par les romantiques et depuis, ce conflit fut appelé la « guerre des amoureux »[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Mourgue, Margot, reine d'Usson, Editions Le Manuscrit,‎ 2008 (lire en ligne), p. 10.
  2. Selon J. Garrisson .
  3. Éliane Viennot, Marguerite de Valois : “la reine Margot” », Perrin, coll. « Tempus », 2005, p. 59-60, p. 258-259. Réticente, la reine n'opposa cependant aucune résistance au contraire de ce que raconte la légende. Son silence sur le parvis de Notre-Dame au moment du consentement des époux est une invention du XVIIe siècle.
  4. Mémoires et autres écrits, 1574-1614, édition critique par Éliane Viennot, Honoré Champion, 1999, p. 48.
  5. [1].
  6. Anne Danclos, La vie tragique de la reine Margot, Sorlot/Lanore,‎ 1988 (lire en ligne), p. 158.
  7. Éliane Viennot, Marguerite de Valois, “la reine Margot”, Perrin, coll. « Tempus », 2005, p. 234-235. C'est Brantôme qui a malencontreusement fait répandre l'image d'une reine séduisant son geôlier : « car celui qui la tenait prisonnière en devint prisonnier en peu de temps » (ibid.). E. Viennot précise que c'est justement pour corriger cette erreur de Brantôme que Marguerite va écrire ses mémoires.
  8. Michel Moisan, L'exil auvergnat de Marguerite de Valois, la reine Margot : Carlat-Usson, 1585-1605, 216 p. (ISBN 2909797422, lire en ligne).
  9. Éliane Viennot, « Autour d'un « démariage » célèbre : dix lettres inédites de Marguerite de Valois» in Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, année 1996, vol. 43, n°43, pp. 5-24. Selon E. Viennot, la contrainte exercée sur la mariée en 1572 ne serait qu'une affabulation inventée au moment du démariage pour appuyer la procédure auprès du pape. Le consentement des époux est un principe basique du mariage chrétien.
  10. Janine Garrisson, Marguerite de Valois, Fayard,1994 -.
  11. 6/8, rue de Seine Paris VIe[PDF].
  12. Éliane Viennot, Marguerite de Valois : “la reine Margot”, réédition poche, Perrin, 2005, p. 117-118 ; 161-162.
  13. Éliane Viennot, Marguerite de Valois : “la reine Margot”, réédition poche, Perrin, 2005, p. 79.
  14. Éliane Viennot, Marguerite de Valois : “la reine Margot”, réédition poche, Perrin, 2005, p. 193.
  15. Éliane Viennot, Marguerite de Valois : “la reine Margot”, réédition poche, Perrin, 2005, p. 313.
  16. Éliane Viennot, Marguerite de Valois : “la reine Margot”, réédition poche, Perrin, 2005, p. 357.
  17. Éliane Viennot, Marguerite de Valois : “la reine Margot”, réédition poche, Perrin, 2005, p. 321.
  18. Éliane Viennot, Marguerite de Valois : “la reine Margot”, réédition poche, Perrin, 2005, p. 327.
  19. Éliane Viennot, Marguerite de Valois : “la reine Margot”, réédition poche, Perrin, 2005, p. 166.

Inspirations littéraires et cinématographiques[modifier | modifier le code]

Le personnage de la reine Margot a inspiré à Alexandre Dumas un roman et pièce de théâtre, La Reine Margot, publié en 1854 et adapté de nombreuses fois au cinéma et au théâtre :

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Correspondance, 1569-1614, édition critique par Éliane Viennot, Paris, Honoré Champion, 1998, [compte rendu en ligne].
  • Mémoires et autres écrits, 1574-1614, édition critique par Éliane Viennot, Paris, Honoré Champion, 1999.
  • Mémoires et discours, édition établie, présentée et annotée par Éliane Viennot, Saint-Étienne, Presses universitaires de Saint-Étienne, coll. « La cité des dames », 2004.
  • Mémoires. Lettres choisies. Documents inédits, édition établie, présentée et annotée sous la direction de Vladimir Chichkine en collaboration avec Éliane Viennot et Laurent Angard, Eurasia, Saint-Pétersbourg, 2010 (en russe et français).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éliane Viennot :
    • « Marguerite de Valois et La Ruelle mal assortie : une attribution erronée », in Nouvelle Revue du Seizième Siècle, no 10, 1992, p. 81-98, [lire en ligne].
    • « De la reine Marguerite à La Reine Margot : les lectures de l'Histoire d’Alexandre Dumas », in L'École des lettres, no 13-14, juillet 1994, p. 81-105, [lire en ligne].
    • Postface et notes à La Reine Margot d'Alexandre Dumas, Paris, Le Livre de Poche classique, 1994, [lire en ligne].
    • Marguerite de Valois : histoire d'une femme, histoire d'un mythe, Paris, Payot, coll. « Histoire Payot »,‎ 1993, 24 cm, 477-[8] p. (ISBN 2-228-88617-3, notice BnF no FRBNF35564863)
      • Marguerite de Valois : “la reine Margot”, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 111),‎ 2005, 18 cm, 660 p. (ISBN 2-262-02377-8, notice BnF no FRBNF40030768)[Postface (édition de 2005) en ligne].
        Réédition au format de poche, avec un nouveau sous-titre, de l'ouvrage initialement publié en 1993. Le livre comporte, par erreur, le numéro « 109 » dans la collection Tempus.
    • « Autour d'un « démariage » célèbre : dix lettres inédites de Marguerite de Valois  », in Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, 1996, no 43, p. 5-24, [lire en ligne].
    • « À propos de la Saint-Barthélemy et des Mémoires de Marguerite de Valois : authenticité du texte et réception au XVIIe siècle », in Revue d'histoire littéraire de la France, 96e année, no 5, septembre-octobre 1996, p. 894-917, [lire en ligne].
    • « Agrippa d'Aubigné, Marguerite de Valois et le Divorce satyrique » , in Albineana, Cahiers d’Aubigné no 7, Varia, Niort, 1996, p. 87-111, [lire en ligne].
    • « Marguerite de Valois et Henri IV », in Bulletin de la Société des Amis du Château de Pau, 1er semestre 1997, [lire en ligne].
    • « L'heureux voyage de Flandres : temps du récit, temps de l'écriture, dans les Mémoires de Marguerite de Valois », in Belinda Cannone (dir.), Le Bonheur en littérature, Représentations de l'Autre et de l'Ailleurs, Klincksieck, 1998, p. 97-109, [lire en ligne].
    • « Les métamorphoses de Marguerite de Valois, ou les cadeaux de Brantôme », in Jean-Philippe Beaulieu & Diane Desrosiers-Bonin (dir.), Dans les miroirs de l’écriture. La réflexivité chez les femmes écrivains de l'Ancien Régime, Montréal, Paragraphes, 1998, p. 83-94.
    • « Marguerite de Valois et le comté d’Auvergne : stratégies pour la reconquête du pouvoir », in Kathleen Wilson-Chevalier & Éliane Viennot (dir.), Royaume de Femynie. Pouvoir, contraintes, espaces de liberté des femmes, de la Renaissance à la Fronde, Paris, Honoré Champion, 1999, p. 91-102, [lire en ligne].
    • « Une intellectuelle, auteure et mécène parmi d’autres : Marguerite de Valois (1553-1615) », in Clio, no 13, Intellectuelles, 2001, p. 125-134, [lire en ligne].
    • « Le corps signifiant des souverains dans La Reine Margot d'Alexandre Dumas», in Jean-Marie Roulin (dir.), Corps, littérature, société, 1789-1900, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2005, [lire en ligne].
    • « Parler de soi : parler à l'autre. Marguerite de Valois face à ses interlocuteurs », in Tangence, no 77, 2005, p. 37-59, [lire en ligne].
    • « Marguerite de Valois et l'écriture de l'histoire, 1574-1614 », in Études Épistémè, no 17, printemps 2010, [lire en ligne].
  • Janine Garrisson, Marguerite de Valois, Paris, Fayard, 1994. Cette biographie a été critiquée pour son « caractère fantaisiste » par Denis Crouzet dans l'article « La caravane des perles : note critique à propos de la « dame aux chameaux » », in L'Information historique, vol. 57, Paris, Armand Colin, p. 25-31.
  • Jean-François Dubost, « La légende noire de la reine Margot », in L'Histoire, no 177, mai 1994, p. 8-16.
  • Madeleine Lazard et Jean Cubelier de Beynac, Marguerite de France, reine de Navarre et son temps. Actes du colloque d'Agen (12-13 octobre 1991), Agen, Centre Matteo Bandello, 1994, 356 p.
  • Jacqueline Boucher, Deux épouses et reines à la fin du XVIe siècle : Louise de Lorraine et Marguerite de France, Saint-Étienne, Presses universitaires de Saint-Étienne, 1998, 413 p.
  • Laurent Angard :
    • « La nuit de la Saint-Barthélemy (1572) : un cas extrême d'écriture, d'interprétation et de création (Marguerite de Valois, Agrippa d'Aubigné, Prosper Mérimée) », in Entr'actes. Regards Croisés en Sciences Humaines, Strasbourg, 2005, p. 297-313.
    • « Les Mémoires de Marguerite de Valois : un retour salutaire sur soi », in Variations Literaturzeitschrift der Universität Zürich, no 14, Zürich, 2006, p. 115-130.
    • « Les Mémoires de Marguerite de Valois : une autobiographie au XVIe siècle ? Entre (pré)-texte et (pré)-histoire d'un genre », in Texte, université de Toronto, 41-42, 2007, p. 81-102.
    • « À propos des genres littéraires dans les Mémoires de Marguerite de Valois », in Les genres littéraires de la mémoire dans l’Europe des XVIe et XVIIe siècles, coll. « Europe XVI-XVII », Pierre Demarolle et Marie Roig Miranda (dir.), Nancy, Université de Nancy 2, 2008, p. 137-164.

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