Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées

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Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées

Description de l'image  Rmn-Grand-Palais.png.
Création 1895
Personnages clés Jean-Paul Cluzel (président)
Forme juridique EPIC
Siège social 254-256 rue de Bercy, 12e arrondissement de Paris
Activité Diffusion culturelle
Produits Édition, images, produits dérivés
Effectif 1000
Site web www.rmngp.fr www.grandpalais.fr

La Réunion des musées nationaux et du Grand Palais des Champs-Élysées, est un établissement public issu de la fusion de la Réunion des musées nationaux ou RMN et du Grand Palais, dont l'objet est la gestion et la valorisation de 34 musées nationaux[1] et de leurs collections, ainsi que du Grand Palais des Champs-Élysées à Paris. Il est placé sous la tutelle du ministère de la Culture, plus spécialement exercée par le Service des Musées de France (SMF).

Sommaire

Historique [modifier]

Genèse [modifier]

Sous la Troisième République, le rôle de l'État va changer. Il se reconnaît le droit d'intervenir dans la protection des créations nationales. Jules Ferry précise, dans le discours du 24 juin 1881, que l'État «a pour tâche de conserver ce que la société moderne pourrait bien laisser dépérir, de lutter enfin contre l'invasion de l'art par l'industrialisme, le péril, le fléau des sociétés riches contre la nôtre. (Il doit) récompenser les formes de l'art les plus nécessaires au maintien des traditions nationales».

En 1872, Charles Blanc, directeur des Beaux-Arts, se plaint du manque de crédit pour l'achat d'œuvres d'art. En 1873, c'est le député Agénor Bardoux, rapporteur du budget du ministère de l'Instruction Publique, qui signale la faiblesse des crédits : «Le crédit destiné à acquérir des objets d'art est dérisoire. Il est de 75 000 francs. Que peut-on acheter aujourd'hui avec d'aussi faibles ressources ? Aujourd'hui les objets d'art ont acquis une très grande valeur, on se les dispute à chers deniers dans toutes les ventes publiques. Il existe une rivalité dans les ventes publiques et les enchères rendent témoignage entre toutes les grandes galeries de l'Europe. Que d'occasions a ainsi manqué le musée du Louvre de faire des acquisitions qui auraient complété nos admirables collections !»

En 1874, le collectionneur Charles Timbal note l'accroissement de la concurrence dans les enchères et estime que l'administration des musées doit avoir un budget sensé, si elle veut pouvoir lutter contre les marchands. Il note que les règles de la comptabilité publique qui imposent à chaque direction de rendre au Trésor public les fonds votés non dépensés une année, empêchent l'achat d'objets d'art de grande qualité. Cette argumentation est reprise, en 1875, par le critique d'art Charles Clément, qui propose la création d'un fonds de réserve bâti sur une fiction légale par laquelle les sommes rendues chaque année au Trésor seraient restituées l'année suivante à l'administration, à titre de crédits supplémentaires. Frédéric Reiset, directeur des musées entre 1874 et 1879, propose la mise en place d'un fonds d'acquisition, l'augmentation des crédits accordés aux musées et la réforme de la comptabilité publique, pour permettre au «musée du Louvre d'être représenté dans les grandes ventes».

La vente des joyaux de la Couronne de France, en 1887, va être l'occasion de réfléchir sur le mode de financement de l'acquisition d'objets d'art. Le produit de la vente est géré par la Caisse des dépôts et consignations. La partie des recettes réservée à l'acquisition d'œuvres est attribuée à une Caisse des musées, administrée par un comité de 11 membres choisis par le Conseil supérieur des Beaux-Arts. Cette Caisse est «une institution nationale chargée de pourvoir aux acquisitions d'œuvres d'art destinées aux musées de l'État, et qui ne pourrait être suffisamment pourvue avec les crédits annuels alloués par la loi de finances».

Loi du 16 avril 1895 [modifier]

C'est la loi du 16 avril 1895, portant loi de finances pour 1896, qui reconnaît la personnalité juridique de la Réunion des musées nationaux :

  • article 52 : « est investie de la personnalité civile, sous le titre de Musées nationaux, la réunion des musées du Louvre, de Versailles, de Saint-Germain-en-Laye et du Luxembourg ».
  • article 54 : les ressources de la Caisse des musées sont constituées par « les dons et les legs ; les versements à titre de souscriptions individuelles ou collectives ; les sommes allouées par l'État à titre de subventions pour l'acquisition d'objets d'art ou d'antiquités ; le produit de la vente par ces musées des estampes, moulages et autres reproductions ; le revenu de la moitié du produit de la vente des diamants de la couronne ; toutes autres ressources qui pourraient leur être affectées par la loi »[2].

Le décret du 14 janvier 1896 organise le Conseil de la Réunion des musées nationaux. Il prévoit que le Conseil peut délibérer sur l'acceptation des libéralités faites en faveur d'un établissement. En 1897, le Conseil obtient le droit de statuer sur les legs en nature. Grâce à cette loi, les mécènes vont pouvoir participer à l'enrichissement du patrimoine culturel des musées de l'État.

Évolutions [modifier]

La Réunion des musées nationaux a été initialement créée en 1896, sous l'impulsion de Raymond Poincaré et de Georges Leygues[3], pour procéder à l'acquisition d'œuvres d'art destinées à enrichir les collections nationales. Elle acquiert le statut d’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) par le décret du 14 novembre 1990[4]. L'établissement est doté aujourd'hui de trois nouvelles missions : l'accueil du public, l'organisation d'expositions temporaires et la diffusion culturelle autour de ces expositions et des collections permanentes des musées.

L'établissement public a la charge de 34 musées nationaux. Deux statuts existent pour ces musées nationaux : la plupart sont eux aussi des établissements publics, disposant donc d'une autonomie juridique et financière, sachant que deux ou trois musées nationaux peuvent être regroupés au sein d'un établissement public. Les autres constituent des services à compétence nationale (SCN), rattachés au Servide des Musées de France (SMF).

Le 1er janvier 2011, la Réunion des musées nationaux fusionne avec l'établissement public du Grand Palais des Champs-Élysées, qui avait été créé en 2007. Le nouvel établissement public est désormais régi par le décret no 2011-52 du 13 janvier 2011[5].

Identité visuelle (logo) [modifier]

Missions [modifier]

Acquisition d’œuvres d’art [modifier]

Acquérir des œuvres d’art pour enrichir les collections nationales, telle est la première mission de la Réunion des musées nationaux. Elle gère ces acquisitions pour l'ensemble des directions patrimoniales et des établissements publics relevant du ministère de la culture et de la communication. Elle procède à des achats auprès de particuliers et de marchands ou en ventes publiques, et gère les donations et les dations. L'année 2005 a permis de contribuer à l'enrichissement des collections des musées et services à compétence nationale (SCN) pour un montant de 3,26 millions d'euros.

Pour les acquisitions dépassant un certain montant, il est nécessaire de consulter le Conseil artistique des musées nationaux.

Expositions [modifier]

Depuis 1930, la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais assure l’organisation administrative et logistique de la plupart des expositions temporaires présentées dans les musées nationaux. Producteur de grandes manifestations culturelles, la RMN gère les Galeries nationales du Grand Palais (GNGP) où elle présente d'importantes expositions rétrospectives thématiques et monographiques qui font la renommée internationale de ce lieu prestigieux. La plupart d'entre elles sont aussi des coproductions internationales avec les plus importants musées du monde, notamment en Europe, Amérique du Nord et en Asie.

L’organisation d’une grande exposition internationale représente une somme considérable de travail qui s’étale sur une période de quatre ou cinq années. La programmation des expositions des musées nationaux est arrêtée, plusieurs années à l’avance, par une commission spéciale qui se réunit régulièrement au siège de la RMN. Celle-ci détermine et assure le suivi du budget des expositions. Elle négocie et signe les contrats de coproduction avec les musées étrangers, quand il s’agit de grandes expositions internationales présentées successivement dans deux ou trois pays, ou avec des collectivités territoriales françaises, dans le cas d’expositions présentées en région. Elle gère directement les demandes de prêt, le transport et l’assurance des œuvres. En accord avec les commissaires de chaque exposition, elle choisit l’architecte-scénographe qui en assure la présentation. Une fois l’exposition organisée, la RMN en assure la promotion (relations avec la presse, publicité...) ; elle recherche aussi les mécènes et les partenaires qui souhaitent apporter leur soutien aux expositions qu’elle organise.

La RMN coproduit également des expositions, ou intervient dans l’organisation d’expositions présentées dans des établissements qui ne sont pas des musées nationaux ; elle le fait à leur demande, mettant à leur service son expérience et son savoir-faire. Elle collabore avec une trentaine d'établissements culturels et participe à la réalisation d'environ une vingtaine d'expositions par an. C’est ainsi qu’elle travaille régulièrement avec certains musées de région, avec des établissements rattachés à la direction générale des Patrimoines, ainsi qu’avec l’Association française d'action artistique (AFAA) devenue Cultures France, pour certaines expositions internationales.

La RMN est un des premiers organisateurs d'expositions d'art dans le monde. Elle a pris l'initiative du Bizot group qui réunit les dirigeants des grands musées internationaux organisateurs d'expositions.

Édition d'art [modifier]

La RMN est l'un des premiers éditeurs d'art en Europe : dans le cadre des expositions temporaires et des événements culturels, elle édite et diffuse systématiquement des catalogues, livres, produits dérivés et produits d'art.

Elle promeut également les collections permanentes en éditant des guides de musées et autres supports d'aide à la visite, sur papier, en audiovisuel et multimédia. La RMN diffuse l'ensemble de ses produits éditoriaux et commerciaux grâce à un réseau de plus de quarante boutiques et comptoirs de vente de musées, à Paris et en région.

Agence photographique [modifier]

L'agence photographique de la RMN est l'une des trois premières agences du monde dans le domaine des arts plastiques et des musées, et la première en France. Présente dans plus de 160 pays, elle conserve la mémoire de tout un patrimoine culturel pour mieux le faire vivre et le diffuser. Elle protège un vaste catalogue de près de 700 000 images d'œuvres d'art, de la préhistoire jusqu'à nos jours. Ayant acquis des fonds photographiques d'origine différentes, elle offre aux chercheurs des ressources précieuses : certaines œuvres, dont la localisation actuelle est inconnue, sont néanmoins documentées grâce à des clichés conservés par l'agence.

Les 35 établissements [modifier]

La RMN intervient dans l’aménagement des zones d’accueil et assure la gestion des services proposés au public (accès, vestiaires, visites-conférences…), de la billetterie et des réservations dans la plupart des musées nationaux et les expositions qu’elle organise avec eux. Pour toutes les expositions présentées dans les Galeries nationales du Grand Palais, elle propose également :

  • un système de réservation pour visiteurs individuels, permettant d’éviter les files d’attente ;
  • la carte d’abonnement Sésame, qui permet un accès gratuit, illimité et sans file d’attente aux expositions des Galeries nationales du Grand Palais pendant un an.

En outre, la RMN est étroitement associée à la gestion du Paris Museum Pass, qui permet aux touristes, pour un prix forfaitaire calculé pour deux personnes et pour quatre ou six jours, de visiter 60 musées et monuments de Paris et de la région Île-de-France.

Paris [modifier]

Région parisienne [modifier]

Autres régions françaises [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Il existe au total 41 musées nationaux relevant du ministère chargé de la culture. La liste figure dans le Code du Patrimoine
  2. Sous la direction de Jean-Pierre Allinne, Renaud Carrier, La culture au risque du marché: le mécénat face à ses acteurs, p. 99-102, L'Harmattan, Paris (ISBN 978-2-296-11324-4) Extraits
  3. Jacques Sallois, Les musées de France, 4e éd., Paris, PUF, « Que sais-je ? », 2008, page 26.
  4. Décret no 90-1026 du 14 novembre 1990 relatif à la Réunion des musées nationaux et à l'École du Louvre, JORF no 268 du 18 novembre 1990, p. 14232–14236, NOR MCCB9000487D, sur Légifrance.
  5. Texte du décret du 13 janvier 2011 sur Légifrance.

Annexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]