Art préroman

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Palais royal puis église de Santa María del Naranco, exemple d'Art asturien de la période Ramirense

L'art préroman est une période d'approximativement 400 ans dans l'art de l'Europe occidentale qui va de l'époque des Mérovingiens, VIe siècle, suivi par la Renaissance carolingienne, au VIIIe siècle et IXe siècle, jusqu'au début de la période romane autour de l'an 1000[1]. Le thème dominant pendant cette période est l'introduction et l'absorption des formes méditerranéennes et chrétiennes classiques avec celles germaniques, créant de nouvelles formes innovatrices, et menant à l'apogée qu'a connue l'Art roman aux XIe et XIIe siècles. Dans le contexte de l'art médiéval, cette période a été précédée par ce qui s'appelle généralement l'art de la période de migration.

Le nom même d'« art préroman » est sujet à discussion. D'après André Corboz, c'est un terme « aussi absurde que si l'on qualifiait le roman de « prégothique » »[2].

Art mérovingien[modifier | modifier le code]

L'art mérovingien s'étend sur la période de 460 à 750. L'architecture ne traduit plus un désir de construire des édifices robustes et harmonieux. Le savoir-faire des Romains a presque disparu. La sculpture régresse au point de n'être plus qu'une simple technique d'ornementation des sarcophages, des tables d'autel ou du mobilier ecclésiastique.

Articles détaillés : art mérovingien et enluminure mérovingienne.

Art carolingien[modifier | modifier le code]

Saint Marc des Évangiles d'Ebbon. Figurine au trait en couleur, exemple d'illustration carolingienne.

Les manifestations artistiques carolingiennes s'étendent sur une période d'approximativement 120 ans, de 750 à 930, pendant le règne de Charlemagne et de ses héritiers et connue sous le nom de « Renaissance carolingienne ». Bien que bref, il a été influent – dans le nord, les rois européens ont adopté des formes d'art romain méditerranéen classique pour la première fois ‒ tout en créant également de nouvelles formes telles que dessins naturalistes au trait de figurines qui seront d'influence durable.

Articles détaillés : Art carolingien et Architecture carolingienne.

Art ottonien[modifier | modifier le code]

L'art de l'Europe centrale, s'étend sur une période d'approximativement 100 ans, de 919 à 1024, appelé généralement art ottonien (une partie de ce qu'on appelle parfois la Renaissance ottonienne), et d'après les trois empereurs saxons appelés Otton : Otton le Grand, Otton II et Otton III qui ont régné sur le Saint-Empire romain entre 919 et 1024 ‒ Après le déclin de l'empire carolingien, le Saint-Empire romain a été rétabli sous la dynastie saxo-ottonienne. De ceci ont émergé une foi renouvelée dans l'idée de l'empire, et une église réformée, créant une période de ferveur culturelle et artistique intense. C'est dans cette atmosphère que des chefs-d'œuvre ont été créés, se fondant sur les traditions dont le nouvel art s'est inspiré : peintures de la défunte antiquité, de la période carolingienne et de Byzance.

Article détaillé : Art ottonien.

L'Art mosan est un des chapitres de cette période de l'histoire européenne de l'art.

Art anglo-saxon[modifier | modifier le code]

Une période de renaissance de la culture anglaise débute avec le règne du roi Alfred (885), après la fin des incursions vikings, et s'étend jusqu'au début du XIIe siècle, quand l'art roman domine. Avant le Roi Alfred, il y avait eu la culture de Hiberno-Saxon (la fusion de l'anglo-saxon et des techniques et motifs celtiques) qui avait cessé (en Grande-Bretagne) avec les invasions Vikings. L'art anglo-saxon est principalement connu aujourd'hui pour ses manuscrits enluminés.

Article détaillé : art anglo-saxon.

La France[modifier | modifier le code]

Après la fin de l'empire carolingien, la France est partagée en un certain nombre de provinces en compétition, manquant donc de direction générale. L'art français des Xe et XIe siècles a été produit par les monastères locaux à des fins de propagation de l'instruction (et de la piété) ; cependant les modèles primitifs produits n'ont pas repris les techniques de la période carolingienne.

Des modèles régionaux multiples se sont développés, basés sur la disponibilité hasardeuse des manuscrits carolingiens (comme modèles d'inspiration) et sur la disponibilité des artistes ambulants. Le monastère Saint-Bertin de Saint-Omer est devenu un centre important sous son abbé Odbert (986-1007) qui a créé un nouveau style basé sur des modèles anglo-saxons et des formes Carolingiennes. L'abbaye voisine de Saint-Vaast a créé un certain nombre d'œuvres. Dans le sud-ouest, un certain nombre de manuscrits ont été produits autour de l'an 1000, comme en ont été produits à Albi, Figeac et Saint-Sever-de-Rustan en Gascogne. À Paris, un style a été développé à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. En Normandie, un nouveau style s'est développé à compter de 975.

L'Italie[modifier | modifier le code]

L'Italie était une fourmilière d'art pré-roman. L'Italie méridionale a été dominée par les Byzantins, les Arabes, et les Normands, alors que le nord était contrôlé la plupart du temps d'abord par les Carolingiens, et puis par les Ottoniens. Cependant l'Italie a produit un certain nombre de mosaïques, de fresques et de manuscrits enluminés.

L'Espagne[modifier | modifier le code]

L'Espagne est en grande partie restée en dehors du courant principal de l'art pré-roman, de par son isolement géographique et l'occupation tardive par les envahisseurs musulmans. Après la reconquête lancée par Alfonso III des Asturies, l'art espagnol a été revigoré par les monastères qui ont produit de nouveaux manuscrits illuminés dans un style espagnol.

Article détaillé : Art préroman en Espagne.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Fontaine, L'art pré-roman hispanique, Nuit des temps, Éditions Zodiaque, 1995. ISBN 2-736-90215-7
  2. Entretien entre André Corboz et Thierry Paquot, site web de l'Institut d'urbanisme de Paris, 20 novembre 2000