Bleu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la couleur. Pour les autres significations, voir Bleu (homonymie).
Le ciel et la mer dans diverses nuances de bleu

Le bleu est un champ chromatique, regroupant les teintes rappelant celles du ciel ou de la mer par temps clair[n 1].

On rencontre des pierres, des oiseaux, des fleurs et des papillons bleus, mais les matières bleues sont moins fréquentes dans la nature que les vertes, les rouges et les jaunes[réf. souhaitée].

Colorimétrie et perception des couleurs[modifier | modifier le code]

Le champ chromatique « bleu » comprend de nombreuses nuances soit saturées, comme le bleu outremer, soit désaturées, comme le bleu ciel, soit claires, soit foncées comme le bleu nuit. Il s'étend des bleu-verts ou turquoise aux bleus outremer et bleus violacés.

Les longueurs d'ondes des lumières bleues s'étendent de 450 à 500 nanomètres environ[1] ; la norme AFNOR X08-010 « Classification méthodique générale des couleurs » fixe ces limites de 476 à 483 nm, et de 466 à 490 nm en incluant les bleu-violet et les bleu-vert. Au contraire des rouges qui deviennent roses, les couleurs les plus lavées de blanc s'appellent toujours bleu, jusqu'à la limite avec les gris[2].

Champ des bleus selon AFNOR X08-010 « Classification méthodique générale des couleurs »[n 2]
466  471   476   479   483   486   490 
bleu-violet bleu bleu-vert

La lumière monochromatique centrale du champ des bleus a une longueur d'onde de 479 nm environ. La couleur complémentaire de ce bleu central dépend de l'illuminant (blanc de référence) choisi ; elle se situe dans les jaunes, entre 573 et 579 nm.

Dans le système de description de la perception des couleurs de Hering, présentant probablement une bonne approximation du système visuel au-delà de la sensibilité des cônes dans la rétine, le bleu est une des quatre teintes élémentaires, l'opposition bleu-jaune venant, avec l'opposition rouge-vert, créer l'impression de couleur[3].

Dans la synthèse additive des couleurs, une des couleurs primaires est le plus souvent un bleu, choisi parmi les teintes les plus saturées de ce champ, selon les possibilités techniques d'en obtenir, soit par des luminophores, soit par un filtre optique à partir d'une lumière moins saturée[n 3].

Dans la synthèse soustractive, le bleu se constitue par la superposition de deux couleurs fondamentales, le cyan, qui retire les radiations de l'aire des rouges, et le magenta, qui retire les radiations de l'aire des verts, ne laissant que celles de l'aire des bleus.

Dans les arts visuels les bleus se situent sur le cercle chromatique entre les verts et les rouges, à l'opposé des jaunes.

Discrimination des nuances de bleu[modifier | modifier le code]

Pour les lumières monochromatiques, la discrimination[n 4] du bleu 480 nm est de l'ordre de 1 nm sur la longueur d'onde, au minimum et au même niveau que pour les orangés ; mais elle croît rapidement jusqu'à cinq fois cette valeur quand la longueur d'onde décroît (bleu-violet). Il semble que les cônes S de la rétine, sensibles au bleu, aient un seuil de discrimination à peu près cinq fois moindre que celle des deux autres types, M et L, sensibles au vert et au rouge[4] ; mais cela ne veut pas dire que le nombre total des bleus soit moindre. La perception colorée implique toujours à la fois les trois types de cône et la partie nerveuse de l'appareil visuel[5], et comme le champ chromatique des bleus n'est pas entamé par d'autres classes de couleur, comme celui des rouges l'est par celui des roses, il se pourrait qu'on y distingue autant ou plus de nuances.

Azurage[modifier | modifier le code]

Le mot blanc suscite de nombreuses associations mentales. Du point de vue de la colorimétrie, il désigne une forte luminosité, dépourvue de sensation colorée. Mais on sait avec certitude qu'une surface légèrement bleutée est jugée plus blanche qu'une surface idéalement neutre, même plus claire[6].

Les lessives contiennent des grains bleus afin de donner ainsi plus de blancheur au linge (de plus une légère coloration bleue compense le jaunissement des tissus blancs). Les cachets effervescents destinés à nettoyer les appareils dentaires sont aussi colorés en bleu, pour les mêmes raisons.

La pratique de l'azurage, pour obtenir une sensation de blancheur supérieure, en s'éloignant du blanc défini par l'analyse trichrome par l'ajout de bleu, témoigne d'une limite de cette description des couleurs.

Codage du bleu primaire[modifier | modifier le code]

Le bleu primaire des écrans de télévision et d'ordinateur est un bleu-violet à la limite du violet, selon la classifications des couleur AFNOR X08-010. Sa longueur d'onde dominante est, avec l'illuminant D65, de 466 nm, avec une pureté d'excitation de 93% pour les écrans conformes sRGB ou Adobe RGB.

Valeur du bleu primaire de la synthèse additive dans les systèmes de codage :

Le Nuancier de Munsell et les systèmes CIE L*a*b* et NCS s'appliquent aux couleurs de surface, et ne sont pas pertients pour les couleurs primaires d'écran.

Étymologie et synonymes[modifier | modifier le code]

Bleu vient de l'ancien français blef, blev, qui dérive lui-même de blanc ; du franc blao à rapprocher de l'allemand blau[7].

Azur (du latin médiéval azurium, tiré de l'arabe al-lazward, ou du persan lazhward) est synonyme de bleu, et le désigne en héraldique. C'est l'origine du mot qui signifie généralement bleu dans les langues romanes, sauf le français et le roumain[8].

Les anciens Grecs appelaient κυανός, kuanos une nuance de bleu sombre, en sanskrit shyam, d'où le jargon scientifique de la chimie a produit le préfixe cyan— pour désigner les produits ayant une affinité pour le bleu (comme le ferrocyanure ferrique dit bleu de Prusse. Le nom cyan a été choisi pour désigner la couleur fondamentale de la synthèse soustractive des couleurs utilisée en photographie argentique et pour l'impression en quadrichromie, complémentaire du rouge.

Dans l'augmentation progressive du nombre de termes de couleur notée dans les langues du monde, le bleu apparaît seulement en sixième, quand les langues ont déjà séparé le noir, le blanc, le rouge, le vert et le jaune[9]. Dans les langues européennes, cette distinction est apparue au Moyen Âge[10]. Auparavant, les bleus se décrivent comme soit comme des nuances de blancs[n 5], soit comme des variétés de noirs ou de verts.

Colorants[modifier | modifier le code]

Des phénomènes de diffusion donnent une couleur bleue au ciel par temps clair. Cette lumière est diffuse et polarisée, et se combine à des diffractions, diffusions et réflexions pour donner le bleu de la mer[11]. Cependant, la couleur bleu marine n'a qu'un rapport indirect avec celle de la mer par beau temps : c'est celle des uniformes de la marine[7].

Les ailes de certains papillons, des parties des plumes du paon ont une couleur structurelle bleue sans l'intervention d'aucun pigment.

Teintures et pigments[modifier | modifier le code]

Difficiles à fabriquer et à maîtriser les pigments bleus furent longtemps rares et le bleu outremer était la couleur la plus chère, obtenue par broyage de la pierre semi-précieuse lapis-lazuli importée du Moyen-Orient.

Azurite
  • Le premier pigment bleu fut découvert par les Égyptiens et obtenu à partir de l’azurite, un minéral naturel (carbonate de cuivre).
  • Au cours de la IIe dynastie, les Égyptiens mettent au point un bleu à partir de verre coloré au cuivre et broyé en poudre pigmentaire, que les Romains adoptent sous le nom de bleu d’Alexandrie, qui devient plus tard le bleu égyptien. La recette se répand rapidement à travers le monde antique mais se perd au cours du Moyen Âge.
  • L’indigo foncé est aussi connu pendant l’Antiquité : obtenu en broyant des feuilles de guède (Isatis tinctoria). La culture du pastel en Languedoc à partir du XIIe siècle va faire la richesse de la région : c’est le bleu de guède ou bleu de pastel, concurrencé au XVIe siècle par l’arrivée de plantes tinctoriales en provenance des Amériques (indigo importé par les Portugais) et des Indes colonisées. Il fut surtout utilisé en teinture, car mélangé à l'huile, leur couleur vire au gris.
  • Pendant le Moyen Âge, les seuls bleus disponibles pour les peintres sont le bleu de lapis-lazuli (le ‘’bleu outremer’’) venu d’Afghanistan et le bleu d’azurite, moins précieux.
  • Au XVe siècle (ré)apparaît le smalt, mis au point à partir de verre coloré au cobalt puis broyé. Il sera très prisé des peintres flamands, malgré sa tendance à se décolore et à prendre dans l'huile une teinte brunâtre.
  • Le premier pigment synthétique moderne est le bleu de Prusse, découvert par hasard en 1704 à Berlin par Heinrich Diesbach et Johann Conrad Dippel. Il est produit par réaction de la potasse sur du sulfate de fer. Dès 1710 Antoine Watteau l'utilise dans son tableau de la Mariée du village. Malheureusement, la solidité du bleu de Prusse laisse à désirer avec le passage du temps.
  • Un siècle plus tard exactement Louis-Jacques Thénard invente le bleu de cobalt, employé dès 1806 par Joseph Turner dans son paysage Goring Mill and Church. Ce pigment admiré de Vincent van Gogh reste un des plus chers de ceux mis à la disposition des artistes.
  • En 1826, Jean-Baptiste Guimet parvient à effectuer la synthèse du bleu outremer véritable, si onéreux. Le bleu Guimet est chimiquement identique, pour une petite fraction du prix.
  • George Rowney met au point le bleu céruléum, bleu à base de cobalt comme celui de Thénard, en 1860.
  • Au XXe siècle l’industrie des colorants produit le bleu de phtalo, appelé à ses débuts bleu monastral.
  • En 1960, l'artiste Yves Klein a breveté un bleu particulier, très profond, sous le nom de International Klein Blue (IKB)[12].
Eclairage bleu de la grotte de la flûte de roseau à Guilin (Chine).

La difficulté à produire du bleu s'est avérée encore récemment au niveau des diodes électroluminescentes. Les premières diodes lumineuses (rouges et vertes, puis jaunes et orange) ont été inventées et produites dans les années 1960, mais il a fallu attendre la fin des années 1990, soit plus de 30 ans, pour que l'on parvienne à produire des diodes bleues.

Colorants alimentaires[modifier | modifier le code]

Code Origine Nom chimique D.J.A. (mg/kg m.c)
E 131 synthèse bleu patenté V 2,5
E 132 synthèse indigotine, carmin d'indigo 5,0
E 133 synthèse bleu brillant FCP
C37H34N2Na2O9S3
...
E 163 Pigments naturels de
fleurs, de feuilles, de fruits.
anthocyanes
nuances de
rouge, bleu et violet
-

Symbolique[modifier | modifier le code]

Le bleu est une des couleurs préférées dans le monde occidental

Une couleur froide et fuyante[modifier | modifier le code]

Dans les arts graphiques, le bleu est une couleur froide. Elle a un effet psychologique d'éloignement, c'est pourquoi on la dit aussi couleur fuyante[13].

Dans les images thermographiques en fausse couleur, le bleu dénote invariablement le froid ; comme sur la robinetterie domestique, la pastille bleue indique l'eau froide.

Antiquité[modifier | modifier le code]

L'Antiquité privilégie le noir, le blanc et le rouge pour leur symbolique, à l'exception de l'Égypte pharaonique qui y voit une couleur porte bonheur liée à l'immortalité et à la vérité[14]. Au temps de l'Égypte ancienne, le bleu foncé de la mer symbolisait la femme tandis que le bleu ciel (du ciel) était associé au principe mâle[réf. souhaitée].

Colorant ou pigment difficile à fabriquer, la couleur bleue a longtemps été écartée, notamment chez les Grecs et les Romains qui considèrent que c'est la couleur des barbares. Le vocabulaire atteste de cet ostracisme : le lexique grec met le bleu, le gris et le vert dans une seule catégorie ; en latin classique, le lexique des bleus est instable, imprécis[15]. On observe la même évolution dans la plupart des langues ; la catégorie bleu n'apparaît qu'après qu'on ait distingué, d'abord le noir du blanc, puis le rouge, le jaune et le vert[16].

Toutefois, le bleu est la couleur qui distingue le sébastokrator, marquant une subornination par rapport à la pourpre et au cinabre impériaux.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La querelle entre prélats chromophiles (partisans de la couleur, en tant qu'elle représente le divin, conception des clunisiens) et prélats chromophobes (adversaires de la couleur, en tant qu'elle représente la matière vile et est un artifice futile ajouté par l'homme à la Création, conception des cisterciens) aboutit à la victoire des premiers à la fin du XIIe siècle, les six couleurs principales médiévales (blanc, jaune, rouge, vert, bleu et noir) se diffusent dans la vie sociale, religieuse et symbolique de l'époque. Considéré auparavant comme une simple variété de noir, le bleu acquiert à partir de la fin du XIe siècle une signification autonome : couleur céleste représentée sur le voile de la Vierge obtenu de la pierre azurite. La robe est bleue avec éventuellement un manteau rouge chez les orthodoxes, alors que chez les catholiques le manteau est bleu vec une robe ou un corsage rouge[17] ou sur les vitraux (obtenue avec le bleu de cobalt), il devient le symbole de la sérénité, de la candeur et se répand sur les vêtements (bleu roi des rois de France qui s'inspirent du bleu marial puis est adopté par les aristocrates alors que les vêtements noirs deviennent ceux de l'Église et de la justice) et les armoiries. Le noir est adopté dans toutes les cours européennes du XIVe siècle et du XVe siècle, sa promotion semblant partir d'Italie dans les années 1350-1380 suite aux lois somptuaires qui interdisent aux aristocrates romains de porter des vêtements bleus ou rouges jugés ostentatoires alors que le pays est touché par la peste noire. Le textile coloré en bleu, qui stimule la culture du pastel, est dès lors concurrencé par le noir mais finit par être la couleur préférée des Européens au XVIIIe siècle[18].

La pourpre royale ou pourpre de Tyr, tombée en désuétude après la chute de Byzance et la rareté (et cherté) des colorants bleus à partir de la guède (indigo) provoquent un changement d’attrait du pourpre au bleu. Les seigneurs s'empressent d'imiter les rois. Les gens du peuple s'habillent en vert et en brun[réf. souhaitée].

Les capétiens font du bleu la couleur royale au XIIe siècle. Parce qu'il est rare et cher ou parce qu'il est la couleur du vêtement de la Vierge, les premiers à l'adopter sont Philippe Auguste puis son petit-fils Louis IX (Saint Louis). Le blason royal porte des fleurs de lys d'or sur champ d'azur.

Les uniformes[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime, le bleu est la couleur de l'honneur. Le cordon bleu est l'insigne de la décoration de l'Ordre du Saint-Esprit.

Les soldats au service direct du roi de France portent du bleu depuis le XVIe siècle. Le régiment des Gardes françaises se distinguent par un manteau de ce qu'on appellera le bleu roi, avec des parements rouges et blancs. Cette tenue deviendra celle de la garde nationale. Après la Révolution française, les manteaux bleus clair ou bleu foncé se généraliseront.

Pour les secondes fêtes de la fédération en 1792, les Conventionnels revêtirent un uniforme bleu barbeau. Ce bleu clair a aussi servi pour des uniformes militaires, et une nuance similaire, sinon identique, a été adoptée par l'armée française en 1915 sous le nom de bleu horizon.

La marine française utilise le bleu marine depuis qu'un règlement du premier Empire lui a imposé l'uniforme en 1804. De nombreux autres état-majors de marine de part le monde, mais non tous, ont fait un choix similaire.

Le bleu pour ces uniformes se produit en France à partir de la guède (Pastel des teinturiers) ou, quand la guerre navale avec la Grande-Bretagne ne s'y oppose pas, à partir de l'indigo.

Le bleu se trouve ainsi, en France, fortement associé à l'idée nationale.

Après la seconde Guerre mondiale, les Nations unies choisissent une couleur qui n'a été arborée par aucun des combattants, le bleu clair, comme symbole des nouvelles relations entre les nations. Les soldats de la « force de maintien de la paix des Nations unies » utilisent des casques peints dans cette couleur et son surnommés couramment « casques bleus ».

En 1955, l'Union européenne, fondée entre des anciens belligérants, se donne un drapeau à cercle étoilé sur fond bleu.

Âge industriel[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, la fin des guerres permet l'importation de l'indigo et du coton. La révolution industrielle concentre la production textile. La chimie améliore le mordançage, facilitant la teinture en bleu. Le bleu foncé rivalise avec l'écru et le cachou pour la fabrication de vêtements de travail. La blouse ou le bourgeron du travailleur devient « bleu de travail »[19].

Levi Strauss and Co. crée le pantalon de travail Blue Jeans en 1850.

Le bleu de Prusse est le premier colorant synthétique ; il n'est malheureusement pas très stable. Le bleu de cobalt suit ; il est cher. En 1826, Guimet produit un bleu outremer synthétique, qui rend la teinture et la peinture bleues beaucoup moins chères. Ces inventions rencontrent un marché, dans le goût bourgeois qui recherche des teintes à la fois colorées et discrètes[20].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, le jeans devient le vêtement le plus porté en Europe.

Selon Michel Pastoureau, depuis que l'on dispose d'enquêtes d'opinion depuis 1890 environ, le bleu est devenu la couleur préférée de plus de la moitié de la population occidentale (50 %) devant le vert (20 %) et le rouge (10 %)[21].

  • Le bleu est la couleur du ciel et de l'eau[n 6]. Il symbolise l'infini, le divin, le spirituel. Il invite au rêve et à l'évasion spirituelle. Par extension, il évoque la paix, le calme, la volupté. Dans le désert du Sahara, les couleurs intenses rouge orangé des couchers de soleil, font que les zones dans l'ombre paraissent de plus en plus bleues.
  • Couleur des veines, de l'ombre et de la nuit, le bleu réfère aussi, dans les pays anglo-saxons notamment, à la tristesse. L'expression « blue devils » signifie « idées noires ». Le « blues » est un état de mélancolie (spleen) qui a donné le blues, un genre musical. Le baby blues est le nom donné à l'état dépressif de la mère pouvant survenir après l'accouchement.

Religion[modifier | modifier le code]

Dans l'hindouisme 
La divinité Krishna, dont le nom signifie bleu-noir, est présenté sous les traits d'un homme à la peau bleue.

« Krichna est l'incarnation de la vérité divine, son corps est azuré; mais abaissé à la condition humaine, il s'est soumis aux tentations du mal et la symbolique indienne lui consacre également le bleu foncé et le noir. »

— Portal, Des couleurs symboliques, 1837[22].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Signaux bleus[modifier | modifier le code]

Utilisations commerciales[modifier | modifier le code]

  • Le « compteur bleu » Électricité de France lancé dans les années 1960. Le tarif bleu de l'EDF (tarif réduit).
  • Les cartouches de la marque Campingaz sont bleues. La couleur bleue est associée au gaz car celui-ci produit une flamme bleue durant sa combustion.
  • La marque allemande Blaupunkt (connue pour ses autoradios) a pour symbole un point bleu sérigraphié sur ses appareils. Blaupunkt signifie exactement "point bleu" en allemand.
  • Les « petites pilules bleues » est la dénomination populaire des pilules de Viagra, du fait qu'elles sont effectivement de couleur bleue.
  • En informatique c'est la couleur de référence d'IBM («Big Blue»).

Utilisations politiques[modifier | modifier le code]

  • Dans les guerres de Vendée, pendant la Révolution française, le nom de Bleus fut donné aux soldats de l'armée républicaine par les royalistes, à cause de la couleur de leur uniforme. Entre 1914 et 1941 (lorsqu'elle fut assimilée aux alliés après la déroute de 1940) ce fut la couleur de l'uniforme de l'armée française et donc indirectement celle de la majorité à la chambre des députés de 1919.
  • En politique française, canadienne, britannique, belge et grecque, elle symbolise les milieux plutôt conservateurs. Aux États-Unis, c'est l'inverse, puisqu'elle symbolise les démocrates (libéraux, classés plutôt de gauche) alors que le rouge symbolise les républicains (conservateurs).
  • Au Québec, les Bleus sont les souverainistes opposés aux fédéralistes, les Rouges. Cela est dû à la couleur des partis (Parti québécois et Parti libéral du Québec) ainsi qu'aux couleurs traditionnelles des uniformes français (bleu) et britannique (rouges).
  • Le bleu est la couleur principale du drapeau du Québec, le fleurdelisé.
  • Le bleu céleste est la couleur des peuples turcophones.

Expressions et proverbes[modifier | modifier le code]

  • Ventrebleu, palsembleu, corbleu, maugrebleu, parcorbleu, morbleu, parbleu, sacrebleu, tubleu, vertubleu, nom de bleu : expressions utilisées pour dire "nom de dieu" sans blasphème[7].
  • Dicton : « les yeux bleus vont aux cieux, les yeux gris au paradis, les yeux verts en enfer, les yeux noirs au purgatoire[réf. souhaitée]. »
  • « Yeux bleus : yeux d'amoureux[réf. souhaitée] »
  • Avoir une peur bleue : avoir énormément peur
  • Le grand bleu désigne l'océan, la grande bleue la mer ;

Alimentation et gastronomie[modifier | modifier le code]

  • Le bleu étant particulièrement rare dans les aliments, certaines bonnes pratiques d'hygiène et sécurité recommandent que des objets qui risquent de se retrouver par inadvertance dans le processus de fabrication de nourriture soient bleus (poils de pinceau, balais ou balayette, tissus, bouchons, etc, de manière à les repérer plus facilement).
  • C'est la couleur du bouchon des bouteilles de lait 2 % demi-écrémé (en opposition au rouge pour le lait entier et au vert pour le lait écrémé) en France. Dans les pays anglo-saxons, le bleu est la couleur du lait entier.
  • Une viande dont la cuisson est dite bleue est saignante au cœur - température 45° à 50°.
  • Une truite est dite cuite au bleu lorsqu'elle est pochée dans du vinaigre ce qui fait virer sa couleur au bleu. La méthode de la cuisson au bleu exige que la truite vienne d'être tuée juste avant sa cuisson. La fermeté et la saveur de la truite sont ainsi conservées.

Tissus et vêtements[modifier | modifier le code]

  • Le peuple des Touaregs du Sahara doivent leur surnom d'« hommes bleus » à leur peau bleue due à la teinture de leur chèche qui déteint sur eux.
  • Il existe une technique artisanale de tissus imprimés dans cette couleur, l'impression bleue sur tissus (de).

Usages sportifs[modifier | modifier le code]

Usages divers[modifier | modifier le code]

  • Dans les mesures de black-out de défense antiaérienne passive, les lumières étaient munies de filtres bleus, afin de donner une lueur difficile à détecter du ciel[26].
  • Dans la théorie ésotérique des « 7 Rayons » le « Rayon Bleu » serait le rayon de l'archange Michaël.
  • En 2003, Lewis Trondheim édite une bande dessinée de trente pages ((ISBN 2-84414-143-9)) à la couverture monochrome bleue ne portant aucune inscription. Cet ouvrage édité par L'Association ne comporte aucun texte et montre ce qui semble être les aventures d'organismes unicellulaires.

Galerie[modifier | modifier le code]

Minéraux[modifier | modifier le code]

Végétaux[modifier | modifier le code]

Animaux[modifier | modifier le code]

Objets fabriqués[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Ball (trad. Jacques Bonnet), Histoire vivante des couleurs [« Bright Earth: The Invention of Colour »], Paris, Hazan,‎ 2010, notamment chapitre 10 « Ombres de minuit — Le problème du bleu ».
  • Pierre Laszlo, Pourquoi la mer est-elle bleue?, Le Pommier,‎ 2002 (ISBN 978-2-7465-0020-4).
  • Annie Mollard-Desfour (préf. Michel Pastoureau), Le Bleu : Dictionnaire des mots et expressions de couleur. XXe et XXIe siècles, CNRS éditions, coll. « Dictionnaires »,‎ 2013 (1re éd. 1998)
  • Michel Pastoureau, Bleu. Histoire d'une couleur, Paris, éditions du Seuil,‎ 2000 (ISBN 2-02-055725-8) ; version illustrée (ISBN 2-02-020475-4) ; repr. Points. Histoire, 362, Paris, 2002 (ISBN 2-02-086991-8)
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 1, Puteaux, EREC,‎ 1999, p. 376sq « Bleu »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. « Bleu : qui est de la couleur du ciel quand il est pur », indique le Dictionnaire de l'Académie française.
  2. Calcul des couleurs d'illustration. Ces couleurs supposent un écran sRGB conforme. Les fonctions colorimétriques CIE donnent la position des lumières monochromatiques dans l'espace CIE XYZ au pas de 5 nm. Les valeurs intermédiaires sont obtenues par interpolation cubique. Les matrices de conversion sRGB transforment ces coordonnées dans l'espace sRGB linéaire. La valeur du rouge étant ici toujours négative, les couleurs sont hors du gamut. On y mélange un gris de même luminosité, en quantité suffisante pour ramener le rouge à 0. On obtient une couleur de même luminosité et de même longueur d'onde dominante. Les coefficients sont multipliés par 1,16, coefficient calculé pour augmenter autant que possible la luminosité dans la plage de couleurs, sans obliger à ajouter du blanc. La transformation sRGB non-linéaire est ensuite appliquée, et les résultats entre 0 et 1 sont convertis en valeurs entre 0 et 255.
  3. Les autochromes Lumière utilisaient un violet, comme les écrans d'ordinateur. L'efficacité lumineuse du bleu est supérieure, mais réduit le gamut.
  4. En psychophysique, la discrimination est la capacité à distinguer deux stimulus faiblement différents par une grandeur physique. On donne en général la valeur de cette grandeur pour laquelle les sujets font la différence une fois sur deux.
  5. (fr) blef comme dans blafard ; (ro) abalastru, de abalaster.
  6. C'est entre le XVe et XVIIe siècles que s'est opéré le passage du vert au bleu pour coder la couleur de l'eau[réf. souhaitée].
Références bibliographiques
  1. Richard Taillet, Loïc Villain et Pascal Febvre, Dictionnaire de physique, Bruxelles, De Boeck,‎ 2013, p. 247
  2. Robert Sève, Science de la couleur : Aspects physiques et perceptifs, Marseille, Chalagam,‎ 2009, p. 246-251 ;
    Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 2, Puteaux, EREC,‎ 2001, p. 159 ;
    « NF X08-010 Février 1977 », sur afnor.org (consulté le 18/10/2014).
  3. Sève 2009, p. 6.
  4. Sève 2009, p. 122-125.
  5. Sève 2009, p. 23.
  6. Sève 2009, p. 205-222, particulièrement 209.
  7. a, b et c Trésor de la langue française.
  8. (it) : azzuro ; (es), (pt) : azul.
  9. Berlin et Kay 1969.
  10. Pastoureau 2000.
  11. Laszlo 2002.
  12. Pour toute l'histoire des pigments bleus, voir Ball 2010 ; Petit, Roire et Valot 1999 ; Pastoureau 2000 ; aussi Philippe Walter et François Cardinali, L'art-chimie : enquête dans le laboratoire des artistes, Michel de Maule,‎ 2013, p. 124-132.
  13. Maurice Déribéré, La couleur, Paris, PUF, coll. « Que Sais-Je » (no 220),‎ 2014, 12e éd. (1re éd. 1964), p. 70-71.
  14. François Delamare, Bleus en poudres. de l'art à l'industrie : 5000 ans d'innovations, Presses des Mines,‎ 2008, 422 p. (lire en ligne)
  15. Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, Le petit livre des couleurs, Seuil,‎ 2007, p. 17
  16. (en) Brent Berlin et Paul Kay, Basic Color Terms : Their Universality and Evolution, Berkeley, Ca, USA, University of California Press,‎ 1969. Voir Champ chromatique.
  17. revue Eurasie, Fonctions de la couleur en Eurasie, L'Harmattan,‎ 2000, p. 129.
  18. Michel Pastoureau, Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental, Editions du Seuil,‎ 2004, p. 158
  19. Couleur attestée dans l' acte d'accusaion pour l'attentat contre le duc d'Aumale en 1841.
  20. Hélène Dionne, Infiniment bleu, Les Editions Fides,‎ 2003 (lire en ligne), p. 36
  21. Michel Pastoureau, Couleurs, images, symboles, Léopard d'Or,‎ 1989, p. 13
  22. Frédéric Portal, Des couleurs symboliques dans l'antiquité, le moyen-âge et les temps modernes, Paris,‎ 1837 (lire en ligne), p. 155
  23. Association française de normalisation « NF X 08-100 Février 1986 : Couleurs - Tuyauteries rigides - Identification des fluides par couleurs conventionnelles » (consulté le 18/10/2014).
  24. Association française de normalisation, « NF C15-100 COMPIL Décembre 2013 - Installations électriques à basse tension - Version compilée de la norme NF C15-100 de décembre 2002 (…) » (consulté le 18/10/2014).
  25. « Pourquoi la Squadra Azzurra ? », sur calciomio.fr (consulté le 28 août 2014)
  26. Instruction pratique sur la défense passive., 1940, « Éclairage d'alerte », sur gallica.fr.