Marguerite de Provence

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Marguerite de Provence

Description de cette image, également commentée ci-après

Sceau de la reine Marguerite de Provence.

Titre

Reine consort de France

27 mai 123425 août 1210
(36 ans, 2 mois et 29 jours)

Prédécesseur Blanche de Castille
Successeur Isabelle d'Aragon
Biographie
Dynastie Maison de Barcelone
Naissance 1221
Forcalquier (Provence)
Décès 20 décembre 1295
Paris (France)
Sépulture Basilique de Saint-Denis
Père Raimond Bérenger IV de Provence
Mère Béatrice de Savoie
Conjoint Louis IX de France
Enfants Blanche
Isabelle
Louis
Philippe III Red crown.png
Jean
Jean Tristan
Pierre
Blanche
Marguerite
Robert
Agnès
Religion Catholicisme

Marguerite de Provence, née en 1221 à Forcalquier et morte le 20 décembre 1295 à Paris, est une reine consort de France, épouse de Louis IX.

Elle est la fille de Raymond-Bérenger IV, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie.

Enfance[modifier | modifier le code]

Fille de Raymond-Bérenger IV, comte de Provence, et de Béatrice de Savoie, Marguerite de Provence née en 1221 (peut-être dans le château familial paternel) dans une riche cour qui a connue beaucoup d’évènements historiques. Nous ne savons pas grand-chose d’elle excepté qu'elle était cultivée, spirituelle, vive et enjouée.

Raymond-Bérenger IV, son père, était quelqu'un d'intelligent, brave et intrigant, qui dut se battre pour défendre sa place dans le comté. Il était animé par l’idée folle de réunifier tout le comté de Provence; son enfance se déroule donc au rythme des nombreux déplacements organisés par son père et les autres membres de sa famille à la découverte du comté de Provence; cette Provence qu'elle aimait beaucoup et qu'elle finira par connaître par cœur.

Béatrice de Savoie, sa mère, était quant à elle une femme réputée pour son intelligence et sa beauté. Chantée par les troubadours elle fit de la cour de Provence, une cour brillante. Avec ses autres sœurs, Éléonore, Sancie et Béatrice, elle reçoit une éducation digne de leur rang, Béatrice de Savoie enseigne ses filles selon des principes élevés pour des jeunes femmes destinées à devenir reines.

Fiançailles et mariage[modifier | modifier le code]

Le mariage de Louis et Marguerite (gauche). Le roi et la reine pratiquant l'abstinence (droite). Guillaume de Saint-Pathus, Vie et miracles de saint Louis, 1330-1340.

Guillaume de Nangis fait du mariage la conséquence d'un désir de Saint Louis mais, selon Jacques Le Goff, le jeune roi n'a fait que se conformer à l'usage et à l'avis de sa mère et des conseillers[1].

Marguerite est à peine nubile : elle n'a que treize ans. En 1233, le roi Louis IX ordonne au chevalier Gilles de Flagy, en mission à Toulouse, de passer par la cour comtale de Provence, probablement afin, selon Gérard Sivéry, de se renseigner sur la jeune princesse dont les rumeurs louent la perfection[2]. Marguerite et Louis sont de lointains parents, mais, le 2 janvier 1234, le pape Grégoire IX les relève de l'empêchement de mariage pour consanguinité[3],[N 1].

Le 30 avril 1234, à Sisteron, le comte et la comtesse de Provence reconnaissent devoir une dot de 8 000 marcs d'argent, à payer avant le 1er novembre 1239, et donnent en gages le château de Tarascon et ses revenus au le roi de France. La réponse se fait peut attendre ; Jean de Nesle et Gauthier Cornut, chargés d'aller chercher la fiancée en Provence et de l'accompagner jusqu'au lieu du mariage, font rédiger par écrit la promesse de mariage du roi qui s'engage à épouser Marguerite avant l'Ascension, célébrée cette année le 1er juin[3]. Le 17 mai 1234, Raimond Bérenger complète la dot de 2 000 marcs supplémentaires en désignant Raimond Audibert, archevêque d'Aix, garant envers son futur gendre ; le comte cède alors les revenus du château d'Aix ainsi que la baillie d'Aix que détenait Guillaume de Cotignac. Mais la somme considérable de 10 000 marcs d'argent dépasse les capacités financières du comte qui n'en paiera en fait que le cinquième[2].

Le 27 mai 1234, le mariage est célébré dans la cathédrale de Sens, par Gauthier le Cornu. Les personnages importants du royaume sont présents et la suite de Louis comprend sa mère, ses frère Robert et Alphonse, son cousin Alphonse de Portugal, de nombreux nobles dont le fidèle Barthélemy de Roye et plusieurs dames qui assurent la suite de Marguerite[4]. La cérémonie se déroule en deux temps. La première phase, une cérémonie extérieure devant l'église, commence par la jonction des mains des fiancés par Guillaume de Savoie, évêque de Valence et oncle de Marguerite, symbolisant leur consentement, puis les anneaux sont échangés et, enfin, elle se termine par la bénédiction et l'encensement des époux[5]. La seconde phase est essentiellement une messe lors de laquelle sont lus et chantés plusieurs textes[6]. Au moment de l'invocation, le roi reçoit un baiser de l'archevêque qu'il va porter à sa jeune épouse, lui promettant ainsi amour et protection. Enfin, vient la bénédiction de la chambre nuptiale, rite soulignant leur devoir de procréer[7]. Le lendemain du mariage, le 28 mai 1234, la jeune Marguerite est couronnée reine[8].

Selon Guillaume de Saint-Pathus, confesseur et confident de la reine, Saint Louis ne la touche pas pendant la nuit de noces ; il passe ses trois premières nuits de jeune marié à prier, respectant ainsi les trois « nuits de Tobie » recommandées par l'Église[7].

Descendance[modifier | modifier le code]

Quelques années passent sans qu’aucune naissance n’arrive et la cour et l'entourage royal commencent à craindre que Marguerite ne soit stérile. Blanche de Castille lui propose de l'accompagner en pèlerinage auprès de la tombe de saint Thibaut, un moine de lignage de l'illustre famille Montmorency, réputé pour accorder la fécondité; mais les prières n'ont pas l'effet escompté. On désespère et la rumeur court d'une possible séparation, cependant après six ans de mariage naît un premier enfant, suivi de nombreux autres :

Reine consort de France[modifier | modifier le code]

Marguerite de Provence

Les croisades[modifier | modifier le code]

Courageuse, elle suit son époux en Égypte lors de la croisade de 1248, pays dans lequel elle accouchera de trois de ses enfants (Jean-Tristan, Pierre et Blanche).

Relation avec Éléonore[modifier | modifier le code]

Marguerite entretiendra avant et pendant son règne une correspondance avec sa sœur cadette Éléonore qui est devenu reine d’Angleterre en 1236. C'est elle pendant son enfance qui s'occupera d'elle bébé avec tendresse et admiration. Mais plus tard il y aura une division entre les deux femmes car Marguerite n'acceptait pas que sa sœur hérite du comté de Provence.

Sa belle-mère[modifier | modifier le code]

Elle s'impose aussi à sa belle-fille - celle-ci ayant trop d'influence sur son fils - quoique Marguerite reproduise là le schéma selon lequel Blanche de Castille s'opposait à elle dans sa jeunesse. Elle prête aussi appui à l'Angleterre, ayant des liens familiaux avec ce pays, car sa sœur Éléonore y est reine.

Mort[modifier | modifier le code]

Vers les dernières années de sa vie, elle tentera de récupérer le comté de Provence, sa région natale, sans y parvenir. Elle décèdera le 20 décembre 1295, à l'âge de soixante-quinze ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Louis et Marguerite ont pour ancêtre commun Raimond-Bérenger Ier de Barcelone, leur arrière-arrière-arrière grand-père. (Sivéry 1987, p. 19)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Goff 1996, p. 151
  2. a et b Sivéry 1987, p. 33
  3. a et b Le Goff 1996, p. 154
  4. Le Goff 1996, p. 155
  5. Le Goff 1996, p. 156
  6. Le Goff 1996, p. 157
  7. a et b Le Goff 1996, p. 158
  8. Le Goff 1996, p. 159

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]