Maurice Barrès

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Maurice Barrès
Maurice Barrès en 1923.
Maurice Barrès en 1923.
Fonctions
Député de Nancy
Député de Paris
Président de la Ligue des patriotes
Prédécesseur Paul Déroulède
Membre de l'Académie Française (fauteuil 4)
Prédécesseur José-Maria de Heredia
Successeur Louis Bertrand
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Charmes, Vosges
Date de décès (à 61 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine, Seine
Nationalité Française
Conjoint Paule Couche
Enfant(s) Philippe Barrès
Profession Écrivain
Journaliste

Maurice Barrès [baʁɛs][1], né le [2] à Charmes (Vosges) et mort le [3] à Neuilly-sur-Seine (Seine), était un écrivain et homme politique français, figure de proue du nationalisme français.

Le premier axe de sa pensée est « le culte du Moi » : Barrès affirme que notre premier devoir est de défendre notre moi contre les Barbares, c'est-à-dire contre tout ce qui risque de l'affaiblir dans l'épanouissement de sa propre sensibilité. Le second axe est résumé par l'expression « La terre et les morts » qu'approfondissent les trois volumes du Roman de l'énergie nationale : Les Déracinés (1897), L'Appel au soldat (1900) et Leurs Figures (1902) qui témoignent de l'évolution de Maurice Barrès vers le nationalisme républicain et le traditionalisme, l'attachement aux racines, à la famille, à l'armée et à la terre natale.

Il est resté l'un des maîtres à penser de la droite nationaliste durant l'entre-deux-guerres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts (1862 - 1887)[modifier | modifier le code]

Plaque devant le logement de Maurice Barrès, lorsqu'il était étudiant à Nancy.
Maurice Barrès en 1885.

La famille paternelle de Maurice Barrès est originaire d'Auvergne (sud-ouest de Saint-Flour). À la fin du XVIe siècle, une des branches de la famille s'installa plus au nord, à Blesle, dont Jean-Francis Barrès (arrière-grand-père de Maurice Barrès) fut maire et conseiller général. L'un de ses fils, Jean-Baptiste Auguste[4], après s'être engagé dans les vélites de la Garde impériale, prit sa retraite en 1835, à Charmes, dans le département des Vosges, où il s'était marié. De ce mariage avec une Lorraine, il eut un fils, Auguste (père de Maurice) qui lui-même épousa Mlle Luxer, dont le père fut maire de Charmes en 1870. Auguste Barrès, ancien élève de l'École centrale, fut un moment professeur, puis percepteur, avant de cesser tout travail[5].

Maurice Barrès nait le 19 août 1862. À l'âge de dix ans, il entre comme pensionnaire au collège de La Malgrange, près de Nancy. Il passe quatre années dans cet établissement et fait la rencontre de Stanislas de Guaita[6]. Il gardera de cette première expérience de l'internat un souvenir douloureux. Ses camarades l'appellent « le corbeau » parce qu'il est « un petit garçon noir de cheveux, grave et isolé »[5].

« Il naquit dans l'Est de la France et dans un milieu où il n'y avait rien de méridional. Quand il eut dix ans, on le mit au collège où, dans une grande misère physique (sommeils écourtés, froids et humidité des récréations, nourriture grossière), il dut vivre parmi des enfants de son âge ; fâcheux milieu, car à dix ans ce sont précisément les futurs goujats qui dominent par leurs hâbleries et leur vigueur, mais celui qui sera plus tard un galant homme ou un esprit fin, à dix ans, est encore dans les brouillards. »

— Maurice Barrès, Sous l’œil des Barbares, 1888.

Il termine ses classes élémentaires et poursuit ses études à l'internat du lycée de Nancy. Il y reçoit un « enseignement qui éveille sans exciter », et passe sa vie entre les cours de morale et la lecture des lyriques modernes. En 1878, Stanislas de Guaita lui apporte en cachette les Émaux et Camées, les Fleurs du Mal et Salammbô. L'année suivante, il obtient d'être externe et partage sa chambre rue de la Ravinelle avec Stanislas de Guaita. « Toute la journée, et je pourrais dire toute la nuit, nous lisions à haute voix des poètes... En même temps que les chefs-d’œuvre, nous découvrions le tabac, le café et tout ce qui convient à la jeunesse[7],[6]... »

Il effectue une année de droit à la faculté de Nancy et publie son premier article au Journal de la Meurthe et des Vosges pour soutenir la candidature de Paul de Saint-Victor à l'Académie française. En 1882, il écrit une étude littéraire dans la Jeune France, un périodique mensuel. Ses manuscrits sont remarqués par Leconte de Lisle et Anatole France qui souhaitent le faire venir à Paris. Il retourne à Charmes au mois de juillet, puis part pour Paris en janvier 1883 pour continuer officieusement ses études en droit. Il continue d'écrire des articles pour la Jeune France mais ne trouve pas d'éditeur à son Départ pour la vie. Devant le refus des éditeurs, il décide de s'imprimer lui-même et fonde une revue : les Tâches d'encre[6]. Il assume à lui seul la rédaction des quatre numéros. Dans le premier numéro, il expose son credo esthétique et politique :

« Notre tâche sociale, à nous, jeunes hommes, c'est de reprendre la terre enlevée, de reconstituer l'idéal français qui est fait tout autant du génie protestant de Strasbourg que de la facilité brillante du Midi. Nos pères faillirent un jour : c'est une tâche d'honneur qu'ils nous laissent. Ils ont poussé si avant le domaine de la patrie dans les domaines de l'esprit que nous pouvons, s'il le faut, nous consacrer au seul souci de reconquérir les exilés. Nous dirons la France est grande et l'Allemagne aussi. Quels que soient, d'ailleurs, les instants de la politique, trois peuples guident la civilisation dans ce siècle : la France, l'Angleterre, l'Allemagne aussi. Et ce serait pour nous une perte irréparable si l'un de ces flambeaux disparaissait. Le patriotisme d'aujourd'hui ne ressemble pas plus au chauvinisme d'hier qu'au cosmopolitisme de demain. Nous avons des pères intellectuels dans tous les pays. Kant, Goethe, Hegel ont des droits sur les premiers d'entre nous. »

Ces fascicules ne sont pas un succès mais il continue à donner des articles à La Vie Moderne, la Revue Illustrée, la Revue des Lettres et des Arts, au Paris Illustré, dans les Chroniques, etc. À Paris, Maurice Barrès fréquente les cénacles littéraires. Il rencontre Paul Bourget, Charles Maurras, Leconte de Lisle, les frères Goncourt. Sursitaire pour poursuivre ses études, il est ensuite exempté du service militaire[8]. Comme toute la jeunesse de son temps, il est très influencé par la pensée d'Hippolyte Taine et celle d'Ernest Renan, qu'il n'hésite pourtant pas à brocarder dans deux courts récits de 1888, Monsieur Taine en voyage et Huit jours chez Monsieur Renan. En janvier 1887, sa santé fragile l'amène en Italie où il écrit les pages principales de Sous l’œil des Barbares. À son retour à Paris en avril il trouve un éditeur et publie son livre à la fin de l'année 1887. Confronté au silence de la presse et à la méconnaissance de l’œuvre, Barrès repart en Italie[6].

Les premiers romans (1888 - 1896)[modifier | modifier le code]

C'est Paul Bourget qui le premier, en 1888, dans un article au Journal des Débats, attire l'attention sur l'auteur, encore inconnu, de Sous l'œil des Barbares[6]. Les trois volumes du Culte du Moi lui valent l'admiration de la jeunesse, ainsi Léon Blum se souvient-il dans un article de 1903 :

« À une société très positive, très froidement sceptique, que Renan et Taine avaient dressée soit à la recherche tranquille des faits, soit au maniement un peu détaché des idées, Barrès venait apporter une pensée sèche en apparence, mais sèche comme la main d'un fiévreux, une pensée toute chargée de métaphysique et de poésie provocante. Il parlait avec une assurance catégorique, à la fois hautaine et gamine, et si dédaigneuse des différences ou des incompréhensions ! Toute une génération, séduite ou conquise, respira cet entêtant mélange d'activité conquérante, de philosophie et de sensualité. »

Ainsi Jean Tharaud :

« Le phénomène, devenu depuis assez banal, d'un écrivain qui connaît le succès à vingt-cinq ans, était rare en ce temps-là, d'autant qu'il s'agissait d'un écrivain qui ne s'intéressait qu'à lui, qui ne parlait que de lui, mais lui c'était nous-mêmes (...) Maurice Barrès nous promenait dans ce domaine de l'idéologie pure, le seul que nous connaissions un peu et où nous nous sentions à notre aise. Son dédain pour ce qui n'était pas méthode pour voir clair en soi-même, son mépris des choses extérieures et de la société (nous savions, par ailleurs, qu'il vivait en jeune seigneur élégant), son art délibéré qui ne se souciait pas d'exprimer une grossière réalité extérieure, mais uniquement les mouvements de flux et de reflux de son esprit, comment cela ne nous eût-il pas enchantés ! Et, merveille !, à ses dégoûts, à ses impertinences et à ses ironies, la vie commune, bafouée par lui, répondait par des faveurs ! Nous nous réjouissions, comme d'une réussite personnelle, de voir monter l'étoile de ce jeune intellectuel, dont nous nous sentions les frères. »

En ces années où Émile Zola (et le naturalisme) est au sommet de sa gloire, Maurice Barrès, pour qui les écrits de Zola ne sont alors que « grossièretés retentissantes », est sacré « prince de la jeunesse ». Ainsi, Henri Massis rappelle « qu'en 1890, au Conseil supérieur de l'Instruction publique, le recteur Octave Gréard exprimait le regret que Barrès fût, avec Verlaine, l'auteur le plus lu par les rhétoriciens et les philosophes de Paris ». Le guide Paris-Parisien, qui le considère en 1899 comme une « notoriété des lettres », relève son « culte du moi » tout en le considérant comme un « ironiste délicat et subtil », un « polémiste violent » et un « styliste hors ligne »[9].

Dans Le Culte du Moi, Maurice Barrès « affirme les droits de la personnalité contre tout qui se conjugue pour l'entraver », y revendiquant « le petit bagage d'émotions qui est tout mon moi. À certains jours, elles m'intéressent beaucoup plus que la nomenclature des empires qui s'effondrent. Je me suis morcelé en un grand nombre d'âmes. Aucune n'est une âme de défiance ; elles se donnent à tous les sentiments qui la traversent. Les unes vont à l'église, les autres au mauvais lieu. Je ne déteste pas que des parties de moi s'abaissent quelquefois. » Maurice Barrès, le futur apologiste de la terre et des morts, y fait alors également le vœu « d'habiter n'importe où dans le monde ».

Le Culte du Moi[modifier | modifier le code]

Dans Sous l'œil des Barbares (1888), premier roman de ce triptyque, Maurice Barrès s'attache à démontrer que notre moi n'est pas immuable, il faut constamment le défendre et le créer. Le culte du moi est d'abord une éthique qui réclame des efforts réguliers. Notre premier devoir est de défendre notre moi contre les Barbares, c'est-à-dire contre tout ce qui risque de l'affaiblir dans l'épanouissement de sa propre sensibilité.

« Attachons-nous à l'unique réalité, au moi. — Et moi, alors que j'aurais tort et qu'il serait quelqu'un capable de guérir tous mes mépris, pourquoi l'accueillerai-je ? J'en sais qui aiment leurs tortures et leurs deuils, qui n'ont que faire des charités de leurs frères et de la paix des religions ; leur orgueil se réjouit de reconnaître un monde sans couleurs, sans parfums, sans formes dans les idoles du vulgaire, de repousser comme vaines toutes les dilections qui séduisent les enthousiastes et les faibles ; car ils ont la magnificence de leur âme, ce vaste charnier de l'univers »

— Maurice Barrès, Sous l’œil des Barbares, 1888.

Dans le second roman, Un Homme libre (1889), Maurice Barrès fixe les trois principes de sa méthode :

« Premier principe : Nous ne sommes jamais si heureux que dans l'exaltation.
Deuxième principe : Ce qui augmente beaucoup le plaisir de l'exaltation, c'est de l'analyser.
Troisième principe : Il faut sentir le plus possible en analysant le plus possible »

— Maurice Barrès, Un Homme libre, 1889.

Manifestation de la Ligue des patriotes le 14 juillet 1912. Maurice Barrès est au côté de Paul Déroulède.
Maurice Barrès et Paul Déroulède à un rassemblement de la Ligue des patriotes lors de la fête de Jeanne d'Arc à Paris en 1913.

Cependant, cette méthode lui fait prendre conscience que le fait de s'analyser le fait remonter à son passé, dont il est le produit, et notamment à son origine géographique, la Lorraine.

« C'est là que notre race acquit le meilleur d'elle-même. Là, chaque pierre façonnée, les noms mêmes des lieux et la physionomie laissée aux paysans par des efforts séculaires nous aideront à suivre le développement de la nation qui nous a transmis son esprit.
En faisant sonner les dalles de ces églises où les vieux gisants sont mes pères, je réveille des morts dans ma conscience (...) Chaque individu possède la puissance de vibrer à tous les battements dont le cœur de ses parents fut agité au long des siècles.
Dans cet étroit espace, si nous sommes respectueux et clairvoyants, nous pourrons reconnaître des émotions plus significatives qu'auprès des maîtres analystes qui, hier, m'éclairaient sur moi-même. »

— Maurice Barrès, Un Homme libre, 1889.

Dans le dernier volet du Culte du Moi, Le Jardin de Bérénice (1891), Maurice Barrès, député boulangiste de Nancy depuis 1889, retrace une campagne électorale. Le récit se déroule en Provence, dans la région d’Aigues-Mortes, qu'il compare aux forêts du Nord :

« Et la terre avait aussi son charme, car ces doux hivers du Midi mettent des mollesses de Bretagne sous le ciel abaissé d’Aigues-Mortes. Telle était cette lande et tel notre débat qu’il me semblait que nous revenions d’une promenade sur l’emplacement de la forêt des Ardennes défrichée. »

— Maurice Barrès, Le Jardin de Bérénice, 1891.

Premier mandat de député[modifier | modifier le code]

Discours de Maurice Barrès aux obsèques de Paul Déroulède en 1914.
Portrait de Maurice Barrès dans un album de famille, 1880-1910.
Maurice Barrès chez les Ismaéliens de Khawabi (en) au Proche-Orient en 1914.
Maurice Barrès prononce un discours à la cérémonie des morts sur le front des Vosges près de Gerbéviller en 1914.

Barrès est élu député boulangiste de la troisième circonscription de Nancy le 22 septembre 1889 à 27 ans. Il se veut aussi socialiste et siège à l'extrême gauche. Il se bat en duel le 3 novembre 1889 contre un avocat de Nancy. Nouveau duel à l'épée le 11 novembre 1889 à Nancy, contre Groulette, directeur de l'Est républicain (boulangiste), à la suite d'un article polémique dans le Courrier de l'Est, dont il sort légèrement blessé. Barrès se battra de nouveau en duel en 1894 contre Francis de Pressensé. Barrès épouse Paule Couche, catholique fervente, le 11 juillet 1891, à Paris en l'église Saint-Séverin. De cet union naitra un fils unique : Philippe Barrès, né en 1896 à Neuilly-sur-Seine[8].

En 1893 parait L'ennemi des Lois, dont le personnage principal passe trois mois à Sainte-Pélagie pour propagande anarchiste. Maurice Barrès revient sur la nécessité de trouver « l'énergie de conformer nos mœurs à nos façons de sentir », tâche d'autant plus difficile à réaliser que « notre malaise vient de ce que nous vivons dans un ordre social imposé par les morts, nullement choisi par nous-mêmes. »

En 1894, dans Du sang, de la volupté et de la mort, Maurice Barrès délivre des impressions de voyages, effectués en Espagne et en Italie autour de 1892. La mélancolie, le spleen élégant de ces récits de voyage marqueront la sensibilité de la fin de siècle[10].

De 1893 à 1897, Maurice Barrès suit les cours de Jules Soury à l'École pratique des hautes études. Pour l'historien Zeev Sternhell, Jules Soury fut le véritable maître à penser de Barrès. Or Jules Soury tente de fonder le respect des traditions, la défense de la race et le caractère sacré de la patrie sur la « continuité substantielle des caractères héréditaires ».

L'écrivain engagé (1897 - 1905)[modifier | modifier le code]

Barrès dirige la revue nationaliste La Cocarde de septembre 1894 à mars 1895 et fait l'éloge funèbre[11] du Marquis de Morès en 1896. Il adhére ensuite à la Ligue de la patrie française en 1899 puis à la Ligue des patriotes de Paul Déroulède, et est un antidreyfusard antisémite[12].

Alors que le jeune Léon Blum vient lui rendre visite en espérant le rallier au combat pour la réhabilitation de Dreyfus, il refuse et écrit un certain nombre d'articles antisémites, affirmant notamment dans Scènes et doctrines du nationalisme : « Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race[13]. » Proche de Charles Maurras, son cadet mais qui exerce sur lui une réelle fascination, Barrès refuse pourtant d'adhérer aux idées monarchistes tout en marquant, jusqu'à sa mort, sa sympathie pour l'aventure intellectuelle de l'Action française.

De 1897 à 1902, Barrès publie le Roman de l'énergie nationale. Cette trilogie témoigne de l'évolution de Maurice Barrès vers le nationalisme républicain et le traditionalisme, l'attachement aux racines, à la famille, à l'armée et à la terre natale. Dans Les Déracinés (1897), « le livre qui eut le plus de succès dans les premières années du XXe siècle » selon Pierre de Boisdeffre, un groupe de lycéens lorrains est incité par leur professeur de philosophie à poursuivre leurs études à Paris. Tous partent pour la capitale tenter l'aventure politique et la réussite sociale, où chacun suit son destin. Dans L’Appel au soldat (1900) et Leurs figures (1902), les anciens lycéens connaissent des parcours différents : si les uns se sont avilis en se vendant corps et âme, en pratiquant le chantage, l’un d’entre eux, devenu boulangiste, connaît le succès politique et affronte leur ancien professeur, devenu député de l’opposition. Vaincu à la fin de l’œuvre, compromis dans le scandale de Panama, le maître s’inclinera devant l’élève.

Dans son célèbre discours du à la Ligue de la patrie française, intitulé La Terre et les Morts, Maurice Barrès revient longuement sur la nécessité de « restituer à la France une unité morale, de créer ce qui nous manque depuis la révolution : une conscience nationale ».

« Cette voix des ancêtres, cette leçon de la terre que Metz sait si bien nous faire entendre, rien ne vaut davantage pour former la conscience d'un peuple. La terre nous donne une discipline, et nous sommes le prolongement des ancêtres. Voilà sur quelle réalité nous devons nous fonder. »

— Maurice Barrès, La Terre et les Morts, 1899.

En 1902, dans Scènes et doctrines du nationalisme, Barrès affirme et définit sa doctrine politique. Il plaide pour un fédéralisme, plus conforme à la tradition française. La nation est considérée comme une multiplicité de familles : « Familles d'individus, voilà les communes ; familles de communes, voilà la région ; familles de régions, voilà la nation ; une famille de nations, citoyens socialistes, voilà l'humanité fédérale où nous tendons en maintenant la patrie française et par l'impulsion de 1789[14]. » Ainsi la « nationalité » a un sens aussi bien local (nationalité lorraine) que national (nationalité française) : « La nationalité française, selon nous, est faite des nationalités provinciales. Si l'une de celles-ci fait défaut, le caractère français perd un de ses éléments[15]. » L'individualisme des débuts laisse la place à théorie organique du lien social : « l'Individu n'est rien, la société est tout[16]. »

En 1903, dans Amori et Dolori Sacrum, Maurice Barrès retrace son évolution personnelle dans son texte « Le 2 novembre en Lorraine ». Dans ce texte, véritable « point d'orgue » de sa pensée, Barrès développe l'idée que notre « Moi » n'est que « l'éphémère produit de la société », et en vient, à nouveau, à la conclusion que « notre raison nous oblige à placer nos pas sur les pas de nos prédécesseurs » :

« Certaines personnes se croient d'autant mieux cultivées qu'elles ont étouffé la voix du sang et l'instinct du terroir. Elles prétendent se régler sur des lois qu'elles ont choisies délibérément et qui, fussent-elles très logiques, risquent de contrarier nos énergies profondes. Quant à nous, pour nous sauver d'une stérile anarchie, nous voulons nous relier à notre terre et à nos morts. »

— Maurice Barrès, Amori et Dolori Sacrum, 1903.

Maurice Barrès est aussi le grand écrivain de la Revanche contre l'Allemagne victorieuse en 1871. C'est aux fins de « service national » qu'il rédige les trois volumes des Bastions de l'Est : Au service de l'Allemagne (1905), Colette Baudoche (1909) qui obtient un immense succès, puis, bien plus tard, Le Génie du Rhin (1921).

L'académicien (1906 - 1921)[modifier | modifier le code]

Discours de Barrès au monument commémoratif de la guerre franco-allemande de 1870 à Champigny-sur-Marne en 1915.
Visite de Maurice Barrès sur le front italien à Maggio en 1916.
Une séance à la Chambre des députés : Maurice Barrès et Aristide Briand en 1921.
Funérailles nationales de Maurice Barrès à Paris en 1923.

L'homme politique[modifier | modifier le code]

Maurice Barrès est élu le 18 janvier 1906 à l'Académie française où il succède à José-Maria de Heredia[17] et entre également à l'Académie de Stanislas comme membre associé[18]. Il est élu la même année comme député de Paris (premier arrondissement, circonscription des Halles) le 6 mai 1906 au premier tour de scrutin. Il siège alors au sein de l'Entente républicaine démocratique. Après avoir échoué aux élections de 1893 (Neuilly-Bourgogne), 1896 (Boulogne-Billancourt), 1898 (Nancy, troisième circonscription), 1903 (Paris, quatrième arrondissement)[8], il ne cessera plus dès lors d'être député jusqu'à sa mort (élections générales des 24 avril 1910, 26 avril 1914, 16 novembre 1919)[5].

Ses principaux discours de 1906 portent sur l'affaire Dreyfus[19] et sur la loi de séparation des Églises et de l'État. Le 8 juillet 1908, il défend la peine de mort[5]. Le 19 mars 1908, un vif duel oratoire l'oppose à Jean Jaurès au Parlement, Barrès refusant la panthéonisation d'Émile Zola défendue par Jaurès[20]. Adversaire politique mais ami de Jaurès et des pacifistes à la veille de la Grande Guerre, Barrès vint un des premiers[21] s'incliner, le , devant le corps de Jaurès, assassiné la veille par le nationaliste Raoul Villain.

À partir de 1910, Barrès lance une fameuse campagne pour les églises menacées par les effets de la loi de séparation de 1905. Il polémique avec Aristide Briand, écrit une lettre ouverte au ministre de l'Intérieur, lance une pétition signée de 450 artistes, et prononce à la Chambre les trois discours retentissants qui seront recueillis dans La Grande pitié des églises de France (1914)[5].

Le romancier-voyageur[modifier | modifier le code]

Parallèlement à son activité politique, Maurice Barrès publie plusieurs essais (Les amitiés françaises, 1903 ; Ce que j'ai vu au temps du Panama, 1906), des recueils d'articles ou de discours (Chronique de la Grande Guerre, 1914-1920), ainsi que ses Cahiers (1896-1929). En 1907, il rachète le château de Mirabeau à l'écrivaine Gyp.

En 1913, Barrès publie La Colline inspirée dont l'introduction « il est des lieux où souffle l'esprit » est restée. Dans ce récit mystique, où il se tourne vers « lieux élus de toute éternité pour être le siège de l'émotion religieuse, » il recommande un retour au christianisme pour des raisons sociales et politiques.

Barrès voyage beaucoup, notamment en Espagne[22], et en Grèce d'avril à mai 1900, un périple qu'il retrace dans son récit de voyage Voyage à Sparte (1906), voyage dont il revient un peu déçu : « Je me suis aperçu que ma terre sainte était ailleurs ! L'hellénisme est la propriété de mes professeurs. Cela ne parle pas à mon cœur, cela ne frappe pas mon imagination et j'ai horreur des exercices littéraires. »

Il remonte le Nil entre décembre 1907 et janvier 1908. De ce voyage, on ne connaît que quelques notes dans ses Cahiers. En 1911, dans Greco ou Le secret de Tolède, où il décrit la ville de Tolède et la peinture du Greco, Barrès cherche à reproduire « les expériences d'un étranger qui veut se soumettre aux influences de Tolède » et donner « un chemin royal à chacun de nous pour pénétrer dans la connaissance du génie espagnol ». Barrès retourne en Orient en mai-juin 1914 : Alexandrie, Beyrouth, Damas, Alep, Antioche, etc. Son récit de voyage Une Enquête aux pays du Levant parait, un peu avant sa mort, en novembre 1923.

Le rossignol des carnages[modifier | modifier le code]

Pendant la Grande Guerre, Barrès est un acteur important de la propagande de guerre qui lui valut d’être élu par Le Canard enchaîné, chef « de la tribu des bourreurs de crâne[23]. » L'écrivain se fait le champion du « jusqu'auboutisme » dans les articles qu'il écrit chaque jour pendant quatre ans à l’Écho de Paris[5]. Il exalte les combats en cours et se voit décerné par Romain Rolland le surnom de « rossignol des carnages[24]. » Il inaugure une campagne de presse pour la création d'une décoration pour récompenser les soldats de la Grande Guerre, qui deviendra la Croix de guerre 1914-1918. Pendant la bataille de Verdun, il nomme « Voie Sacrée » la ligne de ravitaillement menant à Verdun, en référence à l'antique Via Sacra qui menait au triomphe : « C’est la route sacrée. Elle deviendra légendaire, elle continuera à parler à jamais à cette longue plaine meusienne qui vit passer tant d’invasions[25]. » Le pacifisme était certes devenu une opinion très minoritaire, et la lutte contre l'Allemagne impériale pangermaniste, « la guerre du droit », avait emporté l'adhésion même d'une majorité des socialistes et des anarchistes. Ses carnets montrent cependant qu'il n'était pas dupe de l'optimisme de commande qu'il affichait dans ses propres articles : ils révèlent des poussées de pessimisme et un fréquent désabusement, parfois à la limite du défaitisme.

Atténuant en partie l'expression de son antisémitisme, Maurice Barrès rend pendant la Grande Guerre un hommage aux Juifs français dans Les familles spirituelles de la France (1917) où il les place au côté des traditionalistes, des protestants et des socialistes comme un des quatre éléments du génie national. Barrès rend notamment hommage aux Juifs tués pendant la Grande Guerre : Amédé Rothstein, Roger Cahen, Robert Hertz. Il immortalise la figure du rabbin Abraham Bloch[26], frappé à mort au moment où il tendait un crucifix à un soldat mourant[27].

Avec un certain nombre de chefs nationalistes et militaires tel Ferdinand Foch, il plaida pour une nouvelle frontière plus sûre sur la rive gauche du Rhin. Le , la Chambre des députés adopta son projet visant à instituer une fête nationale de Jeanne d'Arc.

Dernières années (1922 - 1923)[modifier | modifier le code]

On sait qu'il aima, de façon semble-t-il platonique, la poétesse Anna de Noailles, et que cet amour lui inspira peut-être Un Jardin sur l'Oronte (1922), roman qui choqua nombre de ses lecteurs catholiques. Pierre de Boisdeffre remarque que « l'on ne comprendrait rien à l'œuvre de Barrès si l'on n'y soupçonnait pas le filigrane, les intermittences du cœur ». La « querelle de l'Oronte » démarre à partir d'un article de José Vincent, paru dans La Croix du 9 juillet 1922. Rejoint par Vallery-Radot, Bernoville et Henri Massis, José Vincent s'inquiète de l'influence de ce roman sur le public et met en accusation Barrès du point de vue de la morale religieuse. Barrès répond dans l’Écho de Paris[28] :

« Je suis d’accord avec la critique catholique : la morale c’est la morale chrétienne. Est-ce à dire que l’artiste ne doit connaître et peindre que des situations édifiantes ? Voulez-vous écarter le monde immense des émotions, des passions de l’âme et des affections du coeur ? »

— Maurice Barrès, « Comment la critique catholique conçoit le rôle de l’artiste », l’Écho de Paris, 16 août 1922.

Quelques mois avant sa mort Maurice Barrès publie Souvenirs d'un officier de la grande armée, dans la préface duquel il a ce singulier pressentiment : « J'ai achevé ma matinée en allant au cimetière de Charmes causer avec mes parents. Les inscriptions de leurs tombes me rappellent que mon grand-père est mort à soixante-deux ans et tous les miens, en moyenne, à cet âge ; elles m'avertissent qu'il est temps que je règle mes affaires. »

Maurice Barrès meurt le 4 décembre 1923, à l'âge de 61 ans, dans sa maison de Neuilly-sur-Seine, foudroyé par une congestion pulmonaire[5]. Après des funérailles nationales célébrées à Notre-Dame de Paris en présence d'Alexandre Millerand, de Raymond Poincaré et du maréchal Foch, il est enterré au cimetière de Charmes[8].

Postérité[modifier | modifier le code]

Avec Paul Bourget, René Bazin et Henry Bordeaux, il est l'un des « 4B », auteurs dits de référence des milieux traditionalistes, auxquels on peut ajouter la plume de Marcel Prévost. La plupart des penseurs de la nouvelle école royaliste (Jacques Bainville, Henri Vaugeois, Léon Daudet, Henri Massis, Jacques Maritain, Georges Bernanos, Thierry Maulnier, etc.) reconnurent d'ailleurs leur dette vis-à-vis de Barrès, qui fut l'inspirateur de plusieurs générations d'écrivains (parmi lesquels Henry de Montherlant, André Malraux, François Mauriac, Louis Aragon). Pendant la Seconde Guerre mondiale, son fils, l'écrivain Philippe Barrès, mit sa plume au service de Charles de Gaulle et de la France libre.

L'hommage que lui rendit le jeune Léon Blum dans La revue blanche est resté célèbre :

« Je sais bien que Monsieur Zola est un grand écrivain ; j'aime son œuvre qui est puissante et belle. Mais on peut le supprimer de son temps par un effort de pensée ; et son temps sera le même. Si Monsieur Barrès n'eût pas vécu, s'il n'eût pas écrit, son temps serait autre et nous serions autres. Je ne vois pas en France d'homme vivant qui ait exercé, par la littérature, une action égale ou comparable. »

André Malraux célèbrera l'écrivain tout en rejetant l'homme politique : « Il était caporal en politique alors que dans le domaine de la littérature, il était général. » François Mauriac reconnaîtra en lui « un grand écrivain français et un grand Français[29]. » Pierre Drieu la Rochelle rencontrera Barrès en 1923, peu avant sa mort. Il lui rendra hommage dans « Paul Adam » (NRF, avril 1920) : « Barrès, Péguy, Maurras ont chanté la geste française du XIXe siècle, l'aventure spirituelle d'un peuple à travers les champs de bataille du monde entier[30]. » En 1925, deux ans après sa mort, Henry de Montherlant publie Barrès s'éloigne, une étude sur Maurice Barrès[10]. Marguerite Yourcenar, rejetant le « côté patriotique » et le caractère artificiel d'une partie de l’œuvre, estimait néanmoins que « le Barrès de La Colline inspirée était bouleversant, parce que, de nouveau, c'était à la fois le monde invisible et l'autre, celui de la réalité paysanne » et précisait: « je continue à croire que c'est un grand livre »[31].

Le 23 septembre 1928 est inauguré le monument Barrès sur la colline de Sion, en présence de Henry Bordeaux, du président du Conseil Raymond Poincaré, et du maréchal Lyautey[32]. Sur les différentes faces sont gravées trois citations de Barrès :

  • « L'horizon qui cerne cette plaine, c'est l'horizon qui cerne toute vie. Il donne une place d'honneur à notre soif d'infini en même temps qu'il nous rappelle nos limites. » (La Colline Inspirée)
  • « Honneur à ceux qui demeurent dans la tombe les gardiens et les régulateurs de la cité. » (Le mystère en pleine lumière)
  • « Au pays de la Moselle, je me connais comme un geste du terroir, comme un instant de son éternité, comme l'un des décrets que notre race, à chaque saison laisse émerger en fleur et si j'éprouve assez d'amour, c'est moi qui deviendrai son cœur. » (Les amitiés françaises)

En 1978, le fonds Maurice Barrès est donné par Madame Paul Bazin à la Bibliothèque nationale de France. Il comprend la bibliothèque de Maurice Barrès (1862-1923) et de son fils Philippe (1896-1975) ainsi que des manuscrits. Il est le sujet régulier de colloques : Maurice Barrès - Actes du Colloque de Nancy en 1962, Barrès. Une tradition dans la modernite en 1991[33], Maurice Barrès, la Lorraine, la France et l’étranger en 2011[34].

Le procès fictif de Maurice Barrès[modifier | modifier le code]

Au printemps 1921, les dadaïstes organisent le procès, présidé par André Breton, de Maurice Barrès, accusé de « crime contre la sûreté de l'esprit » ; Georges Ribemont-Dessaignes est l'accusateur public, la défense est assurée par Aragon et Soupault, et, parmi les témoins se trouvent Tzara, Péret, Drieu la Rochelle, Jacques Rigaut. André Breton expose ainsi l'acte d'accusation : « Le problème est de savoir dans quelle mesure peut être tenu pour coupable un homme que la volonté de puissance porte à se faire le champion des idées conformistes les plus contraires à celles de sa jeunesse. Comment l'auteur d'Un Homme Libre a-t-il pu devenir le propagandiste de l'Écho de Paris ? »

Cette manifestation, à l'issue de laquelle Barrès est condamné à vingt ans de travaux forcés, est à l'origine de la dislocation du mouvement dadaïste (1922), les fondateurs du mouvement (Tristan Tzara en tête) refusant toute forme de justice, même organisée par Dada.

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

Romans
  • Le Culte du Moi (trilogie romanesque)
    • Sous l'œil des barbares. – Paris : Lemerre, 1888 [lire en ligne]
    • Un homme libre. – Paris : Perrin, 1889 [lire en ligne]
    • Le Jardin de Bérénice. – Paris : Perrin, 1891 [lire en ligne]
  • L'Ennemi des Lois. – Paris : Perrin, 1893 [lire en ligne]
  • Le Roman de l'énergie nationale (trilogie romanesque)
  • Les Bastions de l'Est (trilogie romanesque)
  • La Colline inspirée. – Paris : Émile Paul, 1913 [lire en ligne]
  • Huit jours chez M. Renan. – Paris : Émile Paul, 1913 [lire en ligne]
  • Un jardin sur l'Oronte. – Paris : Plon, 1922
  • Le Mystère en pleine lumière. - Paris : Plon, 1926
Théâtre
  • Une journée parlementaire, comédie de mœurs en 3 actes. – Paris : Charpentier et Fasquelle, 1894 [lire en ligne]
Impressions de voyages
  • Du sang, de la volupté, de la mort : Un amateur d'âmes. Voyage en Espagne, Voyage en Italie, etc.. – Paris : Charpentier et Fasquelle, 1894 [lire en ligne]
  • Amori et Dolori sacrum. La mort de Venise. – Paris : Juven, 1903 [lire en ligne]
  • Le Voyage de Sparte. – Paris : Juven, 1906 [lire en ligne]
  • Greco ou Le secret de Tolède. – Paris : Émile-Paul, 1911 [lire en ligne]
  • Une enquête aux pays du Levant. – Paris : Plon, 1923 [tome I], [tome II]
Écrits politiques
  • Scènes et Doctrines du nationalisme – Paris : Juven, 1902 [lire en ligne]
  • Les amitiés françaises. – Paris : Juven, 1903 [lire en ligne]
  • Ce que j'ai vu au temps du Panama. - Paris : E. Sansot et Cie, 1906
  • La Grande pitié des églises de France. – Paris : Émile-Paul, 1914
  • Une visite à l'armée anglaise. – Paris : Berger-Levrault, 1915 [lire en ligne]
  • Les Diverses familles spirituelles de la France. – Paris : Émile-Paul, 1917 [lire en ligne]
  • L'âme française et la Guerre (11 volumes). – Paris : Émile-Paul, 1915-1920
  • Souvenirs d'un officier de la Grande armée, par Jean-Baptiste-Auguste Barrès ; publiés par Maurice Barrès, son petit-fils. – Paris : Plon-Nourrit, 1923 [lire en ligne]
  • Chronique de la Grande Guerre (14 volumes). – Paris : Plon, 1920-1924 [lire en ligne]
Discours
  • La terre et les morts : sur quelles réalités fonder la conscience française. - Paris : Bureaux de La Patrie française, 1899 [lire en ligne]
Correspondance
  • La République ou le Roi, Correspondance Barrès-Maurras, édition établie par Guy Dupré. – Paris : Plon, 1965
Autre
  • Mes cahiers (11 volumes). – Paris : Plon.
    • Mes cahiers, tome I : 1896-1898
    • Mes cahiers, tome II : 1898-1902
    • Mes cahiers, tome III : 1902-1904
    • Mes cahiers, tome IV : 1904-1906
    • Mes cahiers, tome V : 1906-1907
    • Mes cahiers, tome VI : 1907-1908
    • Mes cahiers, tome VII : 1908-1909
    • Mes cahiers, tome VIII : 1909-1911
    • Mes cahiers, tome IX : 1911-1912
    • Mes cahiers, tome X : 1913-1914
    • Mes cahiers, tome XI : 1914-1918

Éditions de référence[modifier | modifier le code]

  • Romans et voyages, préface de Eric Roussel, 2 tomes, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », 1994.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Thibaudet, La vie de Maurice Barrès, Nouvelle Revue Française, Paris, 1924
  • René Benjamin, Le Soliloque de Maurice Barrès, Arthème Fayard, 1924
  • Paul Bourget, La leçon de Barrès, À la cité des livres, Paris, 1924
  • François Mauriac, La rencontre avec Barrès, 1945, Paris ; nouvelle édition : La Table ronde, 1993 (ISBN 978-2-7103-0609-2)
  • Joseph Desaymard, Bourget, Barrès et l'Auvergne. Notes et souvenirs, L'Auvergne Littéraire, p. 11-19, no 115, 1946
  • Henri Mondor, "Maurice Barres avant le Quartier Latin", éditions Ventadour, Paris, 1956
  • Jean Godfrin, Barrès Mystique, Éditions La Baconière, Neuchâtel, 1962, 290p.
  • Jean-Marie Domenach, Barrès par lui-même, Éditions du Seuil, Paris, 1962
  • Marcel Laurent, Pascal et Barrès, L'Auvergne Littéraire, p. 1-21, no 187, 1965
  • Bernard-Henri Lévy, L'Idéologie française, Grasset, 1981
  • Zeev Sternhell, Maurice Barrès et le nationalisme français, Éditions Complexe, Bruxelles, 1985
  • François Broche, Maurice Barrès, Lattès, 1987
  • Yves Chiron, Barrès et la terre, Sang de la Terre, 1987
  • Emmanuel Godo, La Légende de Venise, Maurice Barrès et la tentation de l'écriture, Presses universitaires du Septentrion, 1996.
  • Emmanuel Godo (éditeur), Ego scriptor, Maurice Barrès et l'écriture de soi, Kimé, 1997.
  • Maurice Barrès, Blaise Pascal et l'Auvergne, préface d'Emmanuel Godo, Au Signe de la Licorne, 1999, 240 p.
  • Jean-Michel Wittmann, Maurice Barrès romancier. Une nosographie de la décadence, Champion, 2000
  • Sarah Vajda, Maurice Barrès, Flammarion, Grandes biographies, Paris, 2000, (ISBN 978-2-08-067770-9)
  • Philippe Bedouret, Barrès, Maurras et Péguy face au germanisme (1870-1914), (thèse de doctorat en Histoire des idées politiques de l'École Pratique des Hautes Études), ANRT, Lille, 2007, 2 vol, 748 p., (ISBN 2-7295-6533-6)
  • Jean Pierre Colin, Maurice Barrès, le prince oublié, Infolio, 2008, 249 p.
  • François Broche, Vie de Maurice Barrès, Bartillat, 2012, 352 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • François Miclo, « La visite chez Barrès - Portrait de l’antidreyfusard en philosémite », 2010 [lire en ligne]
  • Philippe Zard, « L'arbre et le philosophe. Du platane de Barrès au marronnier de Sartre », 2009 [lire en ligne]
  • Sarah Al-Matary, « À la frontière des «races»: la géographie morale de Maurice Barrès », Romantisme, 2005 [lire en ligne]
  • Claire Bompaire-Evesque, « Barrès au travail : notes sur la genèse de La Colline inspirée », Revue d'histoire littéraire de la France, 2002 [lire en ligne]
  • Jean-Pierre Rioux, « Maurice Barrès : «ma soumission à mon innéité» », Mil neuf cent no 11, 1993 [lire en ligne]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 103.
  2. La date de naissance est donnée ici en référence à la consultation des archives départementales des Vosges numérisées. L'acte de naissance porte le n° d'ordre 81 et l'ordre des prénoms a été modifié. D'autres dates de naissance sont données par le site de l’Assemblée nationale. Cette date est également indiquée dans la nécrologie parue dans le numéro daté du jeudi 6 décembre 1923 du Petit Journal. Le site de l’Académie française donne pour sa part la date du 17 août 1862, cependant que d’autres sources donnent la date du 19 août.
  3. Entre 22 h 00 et 23 h 00 selon les journaux de l’époque : Le Temps, numéro du jeudi 6 décembre 1923, page 3.
  4. Maurice Barrès, Souvenirs d'un officier de la grande armée, 1922.
  5. a, b, c, d, e, f et g Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly) [lire en ligne]
  6. a, b, c, d et e René Jacquet, Notre maître Maurice Barrès, Paris, 1900 [lire en ligne]
  7. Chronique des lettres françaises n°29, décembre 1927 [lire en ligne]
  8. a, b, c et d Arlette Schweitz, Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République, Publications de la Sorbonne, p. 48 [lire en ligne]
  9. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1899, p. 42
  10. a et b « Barrès, Maurice », La Grande Encyclopédie, Larousse, 1972 [lire en ligne]
  11. Un extrait dans Le Figaro du 20 juillet 1896 [lire en ligne]
  12. En 1896, il fait partie d'une commission chargée de départager les candidats à un concours organisé par La Libre Parole d'Édouard Drumont « sur les moyens pratiques d'arriver à l'anéantissement de la puissance juive en France ». Les autres membres de cette commission étaient le colonel-comte Gaston de Brémond d'Ars, le publiciste Paul de Chamberet, l'ouvrier typographe Conty, le député Théodore Denis, le député Julien Dumas, le médecin Dupouy, le journaliste Urbain Gohier, le vicomte d'Hugues, député, l'ancien député Lucien Millevoye, le comte Louis de Montfort, député, le journaliste Nemours-Godré, le vicomte Fernand de Pontbriand, député, l'ingénieur Émile Rouyer, l'ancien député Edmond Turquet, le journaliste Charles Vincent et le lieutenant-colonel Wilbois. Souhaitant lutter directement contre les préjugés antisémites, Bernard Lazare, historien de l'antisémitisme et lui-même juif, fait brièvement partie de cette commission avant d'en démissionner « à la suite d'un incident regrettable » (cf. A. J. Jacquet, République plébiscitaire, Paris, Nouvelle bibliothèque nationale, 1897, p. 5-6.)
  13. Alain-Gérard Slama, « Maurras (1858-1952): ou le mythe d'une droite révolutionnaire », L'Histoire, 2002.
  14. Maurice Barrès, Scènes et Doctrines du nationalisme, 1902
  15. Brigitte Krulic, « Le peuple français chez Maurice Barrès : une entité insaisissable entre unité et diversité », 2007 [lire en ligne]
  16. Maurice Barrès, Les Déracinés, 1897
  17. Discours de réception et réponse de Melchior de Vogüé [lire en ligne]
  18. (fr) « BARRÈS Maurice », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 22 octobre 2013)
  19. Textes choisis de Maurice Barrès [lire en ligne]
  20. Discussion à la Chambre des députés, le 19 mars 1908 [lire en ligne]
  21. Maurice Barrès, Les diverses familles spirituelles de la France, coll. Acteur de l'histoire, Imprimerie Nationale, 1997, page 7.
  22. Jean Bécarud, « Las Españas de Maurice Barrès », Bulletin d'histoire contemporaine de l'Espagne, nº 32-36 (2000-2003), p. 179-198 [(es) lire en ligne]
  23. Biographie de Barrès sur le site de l'Académie Française [lire en ligne]
  24. Zeev Sternhell, 2) De Jérusalem en passant par la Lorraine
  25. M. Philippe Gosselin, Rapport visant à affirmer le caractère intangible de l’appellation de la « Voie sacrée nationale » [lire en ligne]
  26. Paul Netter, Un Grand Rabbin dans la Grande Guerre, éditions Italiques
  27. Mauric Barrès, Les Diverses familles spirituelles de la France, 1917
  28. Mouna Alsaid, L’image de l’orient chez quelques écrivains français, Thèse de doctorat en Lettres et arts, Université lumière Lyon 2, 2009 [lire en ligne]
  29. Herbert Lottman, L'écrivain engagé et ses ambivalences, Odile Jacob, 2003, p. 90-91 [lire en ligne]
  30. Drieu la Rochelle, écrivain et intellectuel, sous la direction de Marc Dambre, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1993, p. 138 [lire en ligne]
  31. Matthieu Galey, Les Yeux ouverts : entretiens avec Marguerite Yourcenar, Ed. du Centurion, 1980, p. 46
  32. Chronique des lettres françaises no 36, novembre 1928 [lire en ligne]
  33. Josef Jurt, André Guyaux et Robert Kopp, Barrès. Une tradition dans la modernité, Actes du colloque de Mulhouse, Paris : Champion, 1991
  34. Maurice Barrès, la Lorraine, la France et l’étranger


Précédé par Maurice Barrès Suivi par
José-Maria de Heredia
Fauteuil 4 de l’Académie française
1906-1923
Louis Bertrand