Cathédrale Notre-Dame de Grenoble

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Cathédrale Notre-Dame de Grenoble
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame de Grenoble
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse de Grenoble
Début de la construction Xe siècle
Fin des travaux XIXe siècle
Style dominant Roman, Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
 Inscrit MH (2013)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Isère
Commune Grenoble
Coordonnées 45° 11′ 33″ N 5° 43′ 56″ E / 45.1925, 5.732245° 11′ 33″ Nord 5° 43′ 56″ Est / 45.1925, 5.7322  

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Cathédrale Notre-Dame de Grenoble

La cathédrale Notre-Dame de Grenoble est une cathédrale catholique romaine située à Grenoble en Isère. Construite à partir du Xe siècle, elle est le siège de l’évêché de Grenoble. Lentement abandonné en raison des travaux inachevés de restauration de 1966, l'édifice a retrouvé sa place dans la vie du diocèse et de la société civile grâce à la découverte inattendue en 1989 des restes de son premier baptistère datant du IVe siècle.

La cathédrale a été classée sur la liste des Monuments historiques en 1862[1]. Puis, par arrêté du 12 juin 2013, cette protection est étendue par une inscription concernant les abords de la cathédrale : les parties restantes du cloître et sa cour, le jardin de la cathédrale et de l'ancien évêché, les vestiges archéologiques[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La cathédrale en 1880 avant la construction de la nouvelle façade

L’emplacement actuel de la cathédrale se trouvait à l’époque romaine près du rempart qui entourait la ville, près de la porte viennoise ou Herculea, dédiée à l’empereur Maximien. Des lieux de culte existaient déjà en ce lieu. En 1989-1990, les travaux d’une ligne de tramway ont révélé la présence d’un baptistère à quatre absides symétriques, remontant à la fin du IVe siècle mais abandonné vers la fin du Xe siècle. Ce baptistère est toujours visible dans une crypte archéologique du Musée de l'Ancien Évêché. La cathédrale fait donc partie d’un vaste ensemble de bâtiments très fortement remaniés au cours des siècles, qui comprenait l’évêché, une église dédiée à saint Hugues, la cathédrale elle-même, les maisons du chapitre, un cloître. La cathédrale n’apparaît donc, extérieurement, de la place Notre-Dame, que par son clocher-porche massif, de plan carré, qui a la particularité d’être construit en brique sur un soubassement en pierre gris clair provenant de la carrière de la Porte de France utilisée jusqu'au XIXe siècle[3].

Les bas-côtés sud, depuis la nef
Le bas-côté extérieur Sud, ancienne aile du cloître

L’église Saint-Hugues se trouve à gauche de la cathédrale. Elle est dédiée à Saint Hugues, évêque de Grenoble, qui y rencontra saint Bruno, créateur de l'ordre des Chartreux, scène illustrée par le vitrail central du chœur. D’époque pré-romane, elle était primitivement dédiée à saint Vincent et fut édifiée contre le rempart romain. Elle fut reconstruite au XIIIe siècle.

Entre-temps, on avait construit ou reconstruit à côté la cathédrale actuelle, à partir des Xe et XIe siècles, suivant un système d'église double dont les exemples ne sont pas rares depuis le Ve siècle. Si l’église Saint-Hugues a une nef unique, la cathédrale possède des bas-côtés, celui du nord[4] (à gauche) étant plus large que son pendant au sud, lequel est doublé d'un autre bas-côté, dans des styles architecturaux qui témoignent des remaniements successifs : le bas-côté extérieur sud a été construit au XVe siècle aux dépens d’une aile du cloître qui jouxtait la cathédrale, et qui avait servi de nécropole, notamment pour les Dauphins Guigues IV (mort en 1142) et Guigues V (mort en 1162). Les piles carrées de la nef remontent au XIIe siècle. Reliées par des arcades en brique, surélevées au XIXe siècle, elles sont surmontées de grandes baies du XVIIe siècle. La chaire en bois sculpté, du XVIIIe siècle, classée, présente un panneau central avec une scène de la Visitation et, à la base, les symboles des Évangélistes.

Les chapelles donnant sur le bas-côté nord, ainsi que le bas-côté extérieur sud, sont surmontés d'une large galerie, avec balustrades XVIIIe siècle. Une voûte croisée d’arêtes en brique recouvre l’ensemble de la nef. L’abside fut reconstruite au XIIIe siècle, sans doute à l'époque des évêques Falcon et Guillaume II de Sassenage. Deux chapelles dissymétriques flanquent l'abside de chaque côté.

Au XIXe siècle, la cathédrale a abrité le Reliquaire de la Sainte Épine de Grenoble avant qu'il ne soit installé au Musée de l'Ancien Évêché. Le 4 juillet 2012, des reliques du Bienheureux Jean-Paul II sont accueillies dans la Cathédrale. Ce jour-là, de nombreuses messes, veillées et témoignages sont organisés.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le chœur[modifier | modifier le code]

Le ciborium (XVe siècle)

Dans le chœur, du côté droit, on admire le ciborium qui fut commandé en 1455 par l'évêque Siboud Alleman. De style gothique flamboyant, en pierre de Voreppe, haut de 14 mètres, cet ouvrage se présente comme une sorte de façade très ouvragée, terminée par un clocher à arcs-boutants, orné de crochets. L'armoire à ciboire elle-même est au premier étage de cette construction, encadré par des niches vides dont les statues furent détruites en 1562 par les calvinistes du baron des Adrets lors des guerres de religion. La partie droite habille une porte en simulant une façade avec baie en arc brisé, surmontée d'un gâble et d'arcatures décoratives.

Du côté gauche, le tombeau des évêques construit en 1407 par Aymon Ier de Chissé.

Au centre, l'autel contemporain a été installé en 2008, ainsi que la cathèdre, siège de l'évêque, qui porte les armoiries de Mgr de Kerimel.

Le fond du chœur est orné de panneaux de bois sculpté et doré, représentant des scènes de la vie du Christ (XVIIIe siècle). Le maître-autel présente un double tabernacle sous un baldaquin : le tabernacle supérieur (XVIe siècle) provient du monastère de la Grande Chartreuse, à qui il avait été donné par la Chartreuse de Pavie.

Les chapelles[modifier | modifier le code]

Des chapelles latérales s'ouvrent sur les bas-côtés. À l'extrémité du bas-côté nord, on trouve une chapelle d'abside, consacrée à la Vierge : selon la tradition, c'est à cet endroit que l'évêque saint Hugues accueillit saint Bruno en 1084. Puis, en descendant vers l'entrée, les chapelles latérales, peu profondes. La première est dédiée à Notre-Dame de la Salette. Sur la gauche, on voit un « pilier saxon » massif, sans doute vestige d'un édifice antérieur. Puis la chapelle Sainte-Anne, et la chapelle Sainte-Philomène, anciennement dédiée à Jeanne d'Arc. Une plaque rappelle le passage du père Lacordaire en 1844. La chapelle suivante est le passage qui mène à l'église Saint-Hugues. Suivent la chapelle Notre-Dame du Sacré-Coeur, et l'ancienne chapelle Saint-Georges où se trouve une porte d'accès à l'atrium de Saint-Hugues. À gauche du porche se trouve encore une chapelle, qui est dite chapelle des Alleman, car elle fut édifiée par cette famille importante dont plusieurs membres, Siboud Alleman (1450-1476), Laurent Ier Alleman (1476-1482 et 1484-1518), et Laurent II Alleman (1518-1561), furent évêques. Elle présente une belle voûte à liernes et tiercerons.

Du côté sud, en remontant le bas-côté vers l'abside, on longe d'abord un mur rythmé par des pilastres et des chapiteaux sculptés en molasse très érodée, d'époque Renaissance. Puis une série de chapelles, qui formaient autrefois une aile du cloître : cette aile fut incorporée à la cathédrale à l'époque de Laurent Ier Alleman. La première chapelle est consacrée à Saint Louis. Un vitrail représente le cardinal Le Camus, évêque majeur de Grenoble au XVIIe siècle. Puis la chapelle Saint-Victor, ancienne chapelle Saint-Sébastien, présente une arcade d'entrée sculptée de pampres et de raisins, et une belle voûte en étoile avec liernes et tiercerons. La chapelle consacrée à Notre-Dame de Lourdes, ancienne chapelle de l'Adoration des mages, offre aussi un encadrement sculpté représentant une guirlande de feuilles de chardons. On y voit une clé de voûte représentant le Couronnement de la Vierge par la Sainte Trinité. Suit la chapelle de Saint Vincent de Paul, ancienne chapelle de la Nativité. L'ancienne chapelle des Griffon, ou de Sainte-Anne, donne accès au cloître. Enfin, la chapelle au fond du bas-côté, à droite du chœur, est la chapelle du Sacré-Coeur, décorée de deux fresques de l'abbé Laurent Guétal.

Le clocher-porche[modifier | modifier le code]

Cathédrale vers 1897
La nef centrale

Édifié au XIIIe siècle, sur le soubassement en pierre calcaire, probablement après un incendie qui obligea aussi à reconstruire les voûtes, on opta alors pour la brique. Le clocher, de plan carré, haut de 17 m sur 12 m de large, présente trois étages dans lesquels s’ouvrent des baies en plein cintre, de nombre croissant et de taille décroissante : deux baies au premier étage, trois au second, quatre au troisième. Une porte en plein cintre donnait accès à un vestibule, qui s'ouvre ensuite dans l’axe de la nef. Aujourd’hui on entre dans la cathédrale par une deuxième porte ogivale, à droite de la première, qui donne accès au bas-côté droit.

En 1885, on plaqua une fausse façade en ciment moulé, matériau alors très en vogue à Grenoble. Œuvre de l’architecte diocésain Alfred Berruyer, cette façade en pseudo-style roman réclamée par les évêques successifs, désireux de « faire ressortir la cathédrale au milieu des immeubles qui l'avoisinent », était supposée assurer une liaison entre les bâtiments de part et d’autre, tout en lui donnant une « visibilité » qu’elle n’avait pas auparavant.

Toutefois en 1990, à l'occasion des travaux de construction de la ligne B du tramway de Grenoble passant devant la cathédrale, il a été préféré de supprimer cette façade pour revenir à l'état du bâtiment en 1810, montrant par là même combien l'intervention de Berruyer se justifiait[5]. Cette démolition a privé la région grenobloise de l'une de ses constructions en ciment moulé les plus emblématiques du XIXe siècle.

L'église Saint-Hugues[modifier | modifier le code]

À gauche de la cathédrale se trouve l'église paroissiale Saint-Hugues, à laquelle on peut accéder par un atrium depuis la place, mais aussi par un passage depuis l'intérieur de la cathédrale. Construite au début du XIIIe siècle, sa nef unique est composée de trois travées voûtées d'arêtes. On y remarque un vitrail XIXe s. représentant saint Hugues et saint Bruno et, au-dessus, un second vitrail qui représente saint Vincent, ancien patron de cette église. Au fond de la nef, se trouvent des fonts baptismaux en marbre blanc que fit réaliser Mgr de Bruillard (1826-1853)[6], en remplacement de ceux où furent baptisés les Grenoblois célèbres Antoine Barnave et Stendhal, entre autres.

La permanence jusqu'à nos jours d'un tel système d'église double (cathédrale et église paroissiale accolées), assez fréquent dans les premiers siècles chrétiens, est extrêmement rare.

Le cloître des chanoines[modifier | modifier le code]

Sans doute édifié à l'époque de l'évêque Hugues II, puis remanié au XIIIe siècle, il n'en subsiste qu'une aile, actuellement fermée au public. Cette aile, acquise par le diocèse de Grenoble en 2010, a été restaurée et inaugurée en 2014.

L’évêché[modifier | modifier le code]

La cathédrale, dans les bâtiments qui l'enserrent

Le bâtiment de l'ancien évêché fut construit en 1680 par le cardinal Le Camus, évêque de Grenoble, succédant à un édifice du XIIIe siècle[7]. Désaffecté, il devint un musée des Instituts de Géologie et de Géographie alpines. Ravagé par un incendie, l’ensemble du bâtiment a été restauré pour abriter le Musée de l'Ancien Évêché, ouvert en 1998, présentant les découvertes archéologiques du site et en particulier le baptistère, ainsi que de nombreux témoignages sur l’histoire de Grenoble et de sa région depuis la Préhistoire. La visite du musée permet de découvrir le bâtiment, ses parties subsistant du XIIIe siècle, la chapelle de l'évêque et son ornementation Restauration, etc. L'évêché actuel se trouve 12 place de Lavalette (juste en face du Musée de Grenoble), il s'agit de la « Maison diocésaine » du diocèse de Grenoble-Vienne.

Le Chapitre cathédral[modifier | modifier le code]

Comme dans la plupart des cathédrales se trouvait autrefois un Chapitre de chanoines. Mentionné pour la première fois vers 1040, le Chapitre comprenait 18 chanoines ayant à leur tête un doyen. Ses armoiries étaient D’argent à une Notre-Dame d’azur, sous un chef de gueules. Dispersé à la Révolution, le Chapitre fut reconstitué en 1803 par Mgr Simon, mais il ne comprenait alors plus que 8 chanoines, doyen compris. Le chanoine Joseph Rousselot (1785-1865), doyen du Chapitre de 1855 à 1865, fut chargé de l'enquête qui conclut à l'authenticité des apparitions de La Salette. Le dernier doyen en date fut le chanoine Joannès Praz (1906-2004), membre de l'Académie Delphinale, doyen de 1978 à sa mort. Le dernier chanoine étant décédé en 2005, le Chapitre est actuellement éteint.

Personnalités liées à la cathédrale de Grenoble[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00117178 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Liste des immeubles protégés au titre des monuments historiques en 2013 (JORF n° 0107 du 8 mai 2014 page 7804) sur Légifrance, consulté le 21 juin 2014.
  3. Les nouvelles de Grenoble N°160 janvier-févier 2014, page 46.
  4. Entendre le côté gauche en regardant vers l'abside, la cathédrale n'étant pas strictement « orientée » — l'abside est sensiblement dirigée vers le sud-est.
  5. Baucheron, Gabayet et Montjoye 1998, p. 288
  6. Baucheron, Gabayet et Montjoye 1998, p. 279
  7. Baucheron, Gabayet et Montjoye 1998, p. 263-264

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]