Jacques de Zébédée
| Saint Jacques le Majeur | |
Peinture de Saint Jacques, par Rembrandt en 1661. |
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| Naissance | Ier siècle Bethsaïde (Galilée) |
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| Décès | 44 Judée |
| Vénéré à | Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle |
| Vénéré par | Chrétienté Islam |
| Fête | 25 juillet (christianisme occidental) 30 avril (christianisme oriental) 30 décembre (rite mozarabe) |
| Attributs | Coquille Saint-Jacques |
| Saint patron | Pueblo Acoma, Santiago de Querétaro, Galice, Gréasque (France), Guatemala, Nicaragua, Espagne Vétérinaires, cavaliers, tanneurs, fourreurs, pharmaciens |
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Jacques de Zébédée ou Jacques le Majeur ou saint Jacques est l'un des douze apôtres de Jésus Christ. Il est nommé « Jacques, fils de Zébédée » dans le Nouveau Testament.
Il y a trois personnages nommés Jacques dans le Nouveau Testament :
- Jacques fils de Zébédée, frère de Jean, un des Apôtres ;
- Jacques le Juste, frère du Seigneur ;
- Jacques le fils d'Alphée, un des Apôtres.
Il faut y ajouter le Jacques, rédacteur de l'Épître de Jacques qui selon l'exégèse contemporaine n'est aucun de ces trois (ce pourrait être un anonyme avec un prénom d'emprunt). Mais pour la Chrétienté médiévale et pour Compostelle en particulier, il n'y avait qu'un seul Jacques, apôtre et rédacteur de l’Épître.
Il est fêté le 25 juillet dans le christianisme occidental, le 30 avril dans le christianisme oriental et le 30 décembre dans le rite mozarabe.
Sommaire |
Dans le Nouveau Testament[modifier]
Il est le frère aîné de l'apôtre Jean, et tous deux sont surnommés Boanerges, qui d'après l'évangile selon Marc veut dire « fils du tonnerre » (Mc III,17). Une autre traduction possible serait « fils de la tourmente ».
Saint Jacques est l'un des tout premiers disciples à suivre Jésus, et il est un de ses plus proches. Il participe, avec Pierre et Jean, à des événements importants : résurrection de la fille du chef de la synagogue, Transfiguration, la prière de Jésus au Mont des Oliviers. Cependant, à l'instar des autres apôtres, il abandonne Jésus quand celui-ci est arrêté. Enfin Jacques est cité parmi les témoins de la troisième apparition de Jésus après sa mort, sur les bords du lac de Tibériade (épisode de la pêche miraculeuse rapporté par saint Jean).
Jacques est le seul apôtre dont la mort est rapportée dans le Nouveau Testament : « Il (Hérode) fit périr par le glaive Jacques, frère de Jean. » (Actes, XII:2)
Selon la tradition chrétienne[modifier]
Fils de Marie Salomé et de Zébédée, Jacques de Zébédée, est appelé aussi Jacques le Majeur : cette épithète lui venant de sa qualité d'aîné, peut-être car il est le frère aîné de l'apôtre Jean. Cela permet aussi de le distinguer d'un autre apôtre « Jacques Alphée », peut-être celui qui est appelé « Jacques le petit », dans l'expression « Marie, mère de Jacques le petit et de Joset » pour désigner une des trois femmes au pied de la croix dans l'évangile selon Marc. Cette expression donnera par la suite « Jacques le mineur », probablement pour en minorer le rôle, en assimilant ce Jacques le petit au frère de Jésus appelé Jacques le Juste qui dirigea l'église de Jérusalem et coordonna l'ensemble du mouvement après la crucifixion de Jésus, jusqu'à sa mort en 62.
Selon Sainte Catherine Emmerich[1], un an après la crucifixion du Christ, après la lapidation d’Etienne, les apôtres se partagèrent les contrées à évangéliser. Jacques partit pour l’Espagne pendant quatre années et plus particulièrement vers la cité de Gadès (l’actuelle Cadix), où le travail d’évangélisation rencontra de multiples obstacles et difficultés.
Après un voyage de six mois à Rome où il fut brièvement emprisonné, il revint à Gadès. Le nombre de disciples y avait notablement augmenté suite à une immigration. Jacques poursuivit son apostolat à Caesaraugusta (l’actuelle Saragosse), où il obtint des conversions massives. Il continua son évangélisation par la Galice se dirigeant vers Compostelle.
Suite à une nouvelle persécution à Jérusalem, Jacques retourna vers cette ville pour soutenir la communauté de croyants. Il y fut décapité et son exécution provoqua un soulèvement populaire. Ses dépouilles furent retenues par les persécuteurs. Les disciples purent récupérer le corps et l’embarquèrent à destination de l’Espagne, où il fut inhumé dans le palais de la reine Lupa, nouvellement convertie. Ce n’est que plus tard que le corps fut transféré à Compostelle.
Saint Jacques et l'Espagne[modifier]
Selon une tradition chrétienne, née à Compostelle au IXe siècle, le tombeau de saint Jacques serait situé en Galice, dans la ville de Compostelle, mais les historiens considèrent qu'il n'y a pas de preuves pour avancer une telle affirmation.
Toujours est-il que la tradition fait voyager les reliques de saint Jacques le Majeur en Espagne où elles furent retrouvées à Compostelle. D'après les récits, saint Jacques partit du Proche-Orient prêcher dans la péninsule Ibérique ainsi sous-entendues les rives africaines[pas clair], Mauritanie, Numidie, Carthage, puis retourna à Jérusalem où il fut décapité. Ses compagnons transportèrent ses reliques en Galice et le tombeau aurait été retrouvé quelques centaines d'années plus tard, au IXe siècle par l'ermite Pelayo (ou Pelagius) qui eut une révélation dans son sommeil. Théodomir, évêque d'Iria Flavia (aujourd'hui une paroisse rurale près de Padrón) reconnut ce tombeau comme étant celui de saint Jacques au IXe siècle. Le roi Alphonse II y fit édifier une église. Le pape Léon XIII officialisa la reconnaissance du tombeau de saint Jacques par l'Église en 1884. Mais les écrits qui relatent ces événements remontent, eux, au XIe siècle.
L’apôtre saint Jacques, jusqu’aux confins de la Terre selon saint Isidore de Séville.
Dans le De Ortu et Obitu Sanctorum Patrum, Isidore de Séville écrit : « Jacques, fils de Zébédée et frère de Jean [...] prêcha l'Évangile en Hispanie, dans les régions occidentales, et diffusa la lumière de sa prédication aux confins de la Terre. Il succomba sous le coup de l'épée du tétrarque Hérode. Il fut enseveli à Achaia Marmarica. »
C'est à cette époque (vers 650) que commence à circuler une traduction latine des catalogues apostoliques grecs qui présente comme particularité remarquable de faire prêcher à Jacques l'Évangile « en Espagne et dans les régions de l'Occident» (au lieu de Jérusalem). Comme lieu de sépulture, le texte latin nomme uniquement la Marmarique.
L'ouvrage le plus ancien qui contienne ce texte est le Breviarium apostolarum, « l’abrégé » ou « bréviaire des Apôtres. »
Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle se développa au Moyen Âge à partir de l'annonce de la découverte d'un tombeau qui lui fut attribué. D'abord pèlerinage local, il fut progressivement fréquenté par des pèlerins et voyageurs d'autres pays. Pour se rendre à Compostelle ils utilisaient les mêmes itinéraires que les autres voyageurs et bénéficiaient de conditions analogues selon leur rang social. L'idée que des infrastructures spécifiques, en particulier des hôpitaux avaient été développées pour les pèlerins est une erreur. Les pèlerins avaient pour coutume de rapporter comme témoignage de leur voyage des coquilles de pectens, qu'ils fixaient à leur manteau ou à leur chapeau, d'où le nom de coquilles Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques. Aujourd'hui encore, des dizaines de milliers de pèlerins continuent de se rendre à Compostelle chaque année.
Lors de la Reconquista, saint Jacques serait apparu miraculeusement et serait intervenu aux côtés des chrétiens et aurait reçu pour cette raison le surnom de Matamoros, « tueur de Maures ».
Un ordre militaire lui a été dédié, l'ordre de Santiago (Santiago qui est la contraction de Sant et Iago et qui peut se traduire par saint Jacques). Cet ordre a été créé pour participer à la Reconquista et non pour la protection des pèlerins comme il est souvent affirmé à tort.
Santiago Matamoros[modifier]
Saint Jacques, réputé être le plus « bouillant » des apôtres du Christ, est souvent représenté en Espagne sous l'aspect du matamore, c'est-à-dire le « tueur de Maures ». Sa statue le montre alors monté sur un cheval blanc, frappant de son épée un ou plusieurs guerriers musulmans.
Cette figure de saint Jacques Matamore date de la bataille de Clavijo, qui opposa en 844 le roi des Asturies Ramiro Ier à l'émir de Cordoue Abd al-Rahman II.
L'histoire raconte que, au plus fort de la mêlée, apparut un cavalier chevauchant un blanc destrier, portant un étendard blanc frappé d'une croix rouge, qui fendit littéralement de son épée les Maures qu'il trouvait sur son passage. Toujours selon la légende, la fougueuse apparition donna l'avantage aux combattants chrétiens, qui reconnurent en elle saint Jacques.
On voit dans cet épisode légendaire l'origine du fameux cri de guerre « ¡Santiago, cierra España! », équivalent espagnol du « Montjoie, saint Denis ! » français ou du « Prény, Prény » lorrain…
Saint Jacques allait être durant toute la Reconquista le symbole et le saint patron de la lutte contre l'Infidèle. Un ordre de moines soldats, les chevaliers de Santiago, allait même porter son nom.
La statue de saint Jacques Matamore a récemment fait l'objet d'une polémique concernant un éventuel retrait de la nef de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle et un transfert au musée attenant. La commission culturelle du sanctuaire voulait éviter de « risquer de heurter la sensibilité d'autres groupes religieux ».
Le terme matamores, dont la racine espagnole est matamoros, est parfois considéré par quelques-uns comme porteur de racisme. En effet, lors de la reconquista, l'acte d'élimination des maures (maghrébins) était grandement valorisé, et par la suite, dans le théâtre, notamment espagnol, le personnage participait à la dévalorisation des maghrébins. Ces sentiments étaient réciproques et se retrouvent à toutes les époques lors des guerres (par exemple, en France, il y avait des chansons populaires ouvertement germanophobes et même racistes anti-allemandes, pendant la Belle Époque).
Représentations et symboles[modifier]
L'apôtre est souvent représenté de trois façons :
- en majesté, assis : c'est la figure auréolée du saint qui trône sur le maître autel de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle ;
- en pèlerin, debout : à partir du XIIIe siècle, sous l’influence du pèlerinage de Compostelle, il porte la tenue traditionnelle du jacquet, avec le bourdon (bâton de pèlerin), la besace, la calebasse (gourde), le mantelet (grande cape) et le chapeau de feutre à larges bords orné d'une coquille Saint-Jacques. Cependant, si cette représentation inclut un chien, il s'agit non de saint Jacques mais de saint Roch. Parfois aussi, il porte une épée souvenir de son martyre.
- en tueur de maures, armé d'une épée sur un cheval blanc.
Les symboles qui le représentent et qui permettent de le reconnaître sur les peintures et les sculptures :
Bibliographie[modifier]
- Robert Beylot, Jacques-Noël Pérès et Pierluigi Piovanelli, « Prédication de Jacques fils de Zébédée et Martyre de Jacques fils de Zébédée », dans Écrits apocryphes chrétiens II, Paris, Gallimard, 2005, p. 933-957
Bibliographie liée à St Jacques de Compostelle :
- Denise Péricard-Méa, Compostelle et cultes de saint Jacques au Moyen Age, Paris, PUF, 2002 (ISBN 978-2-13-051082-6)
- Bernard Gicquel, La Légende de Compostelle, Le Livre de Jacques, Paris, Tallandier, 2003 (ISBN 978-2-84734-029-7)
- Denise Péricard-Méa, Brève histoire du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, Gavaudun, PUF, 2003 (ISBN 978-2-910685-33-1)
- Denise Péricard-Méa, Les Routes de Compostelle, Paris, Gisserot, 2002 (réimpr. 2006) (ISBN 9 782877 476720)
- Louis Mollaret et Denise Péricard-Méa, Dictionnaire de saint Jacques et Compostelle, Paris, Gisserot, 2006 (ISBN 978-2-87747-884-7)
- Père Georges Berson, Avec saint Jacques à Compostelle (ISBN 2-220-05603-1)
- Ferdinand Soler, Guide pratique du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle (ISBN 2-84454-334-0)
- Yves Morvan, Une page de l'histoire des chemins de Saint-Jacques en Haute-Auvergne in Vivre en moyenne montagne: Éditions du CTHS, 1995 (ISBN 2-7355-0293-7)
Notes et références[modifier]
- La Vie de Notre Seigneur Jésus Christ d'après les visions d'Anne Catherine Emmerich , chapitre XIV Clément Brentano, éditions Ambroise Bray, Paris 1861