Jacques-Germain Soufflot

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Jacques-Germain Soufflot
Image illustrative de l'article Jacques-Germain Soufflot
Présentation
Naissance
Irancy, France
Décès (à 67 ans)
Paris, France
Mouvement(s) Néoclassicisme
Œuvre
Réalisations Temple du Change à Lyon
Panthéon à Paris

Jacques-Germain Soufflot (, Irancy - , Paris) est un grand architecte français qui a exercé une profonde influence sur le mouvement néoclassique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est l'aîné des treize enfants de Germain Soufflot (1687 - 1758), avocat au parlement de Bourgogne et lieutenant au bailliage d'Irancy et de Catherine Milon (1692 - 1743)[1].

Selon la légende familiale[2] il commence des études en droit à Auxerre et à Paris car il aurait dû hériter de la charge de lieutenant au bailliage de son père mais il devient passionné par l'architecture. Il aurait alors emporté un sac de 1 000 livres de la maison familiale pour quitter son foyer à l'âge de 19 ans, contre l'avis de ses parents. Sur un coup de tête, cet autodidacte part étudier l'Antiquité ainsi que les œuvres de Palladio en Italie. Il reste de 1733 à 1738 à l'Académie de France à Rome, sans avoir été vainqueur du grand prix. Après sa formation, il s'installe d'abord à Lyon où il réalise les plans d’agrandissement de l'Hôtel-Dieu en 1738 et de nombreuses commandes privées (palais archiépiscopal, maison des Génovéfains) et publiques (construction du quai Saint-Clair, Temple du Change en 1747)[3]. En 1747, Soufflot présente un mémoire sur l'architecture gothique[4], sujet qui compte peu d'adeptes à l'époque mais dont Soufflot admire, non les décors, mais l'économie de ses structures et l'élancement de ses voûtes. À la demande de la marquise de Pompadour, il accompagne le futur marquis de Marigny (appelé à être le surintendant des Bâtiments de France) dans son Grand Tour en Italie où il retient les leçons de Paestum et de l'Antiquité romaine (découvertes de Pompéi et d’Herculanum) mais aussi des édifices de la Renaissance et plus particulièrement les dômes[5]. Malade (maladie réelle ou prétexte ?[2]), il revient à Lyon en 1751 où il réalise le théâtre du quartier Saint-Clair de 1753 à 1756, puis s'installe à Paris en 1754 à la demande de Marigny, devenu son protecteur, qui lui confie la construction de son hôtel particulier (aujourd'hui disparu).

Devenu surintendant des bâtiments du roi, le marquis de Marigny nomme Soufflot contrôleur des bâtiments du Roi et le fait admettre dans la première classe de l'Académie royale d'architecture de Paris en 1749, décoré chevalier de l'ordre de Saint-Michel et nommé directeur de la manufacture des Gobelins. Il est également convié à réfléchir à la rénovation du Louvre ; il émet quelques propositions qui n'auront pas le temps d'être mises en pratique. Il est notamment pendant vingt ans architecte en chef de la cathédrale Notre-Dame de Paris[6].

Son œuvre la plus connue est l'église Sainte-Geneviève à Paris (qui lui fut commandée par le marquis de Marigny), nommée Panthéon à partir de 1791, et où il repose trente ans plus tard, ses cendres y ayant été transportées le 19 août 1829[7].

Soufflot a été l'un des principaux artisans du retour au « grand goût » dans les années 1750, mouvement qui s'opposait à l' art rocaille. Son architecture reprend des principes de l'architecture gothique adaptés à un vocabulaire antique et classique comparable à celui de Claude Perrault (architecte de la colonnade du Louvre). L'autre grand architecte néoclassique de cette époque, Ange-Jacques Gabriel, a un style plus mesuré face à la sensibilité et l'inquiétude qui prédominent chez Soufflot et qui annoncent l'architecture romantique[3].

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Le Panthéon de Paris
Le Temple du Change dans le Vieux-Lyon

Quelques élèves[modifier | modifier le code]

  • Maximilien Brébion
  • Jean-Baptiste Rondelet, avec qui il a collaboré pour l'église Sainte-Geneviève
  • Jean-Antoine Morand, architecte urbaniste lyonnais créateur du quartier des Brotteaux à Lyon, amis et collaborateur de Soufflot
  • Barthélemy Jeanson : architecte de la Cristallerie du Creusot devenue demeure de la famille Schneider
  • Melchior Munet : architecte de l'Hôtel-Dieu de Mâcon
  • Claude Jean-Baptiste Jallier de Savault : Château de Montvillers (Ardennes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pérouse de Montclos, Jacques-Germain Soufflot, Éd. du patrimoine,‎ 2004, p. 7
  2. a et b Alexandre Gady, « Soufflot et le nouveau style », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 13 septembre 2013
  3. a et b Jacques-Germain Soufflot, sur universalis.fr
  4. « Prosper Mérimée, l'inspecteur des monuments historiques — La conservation, une idée révolutionnaire », sur http://www.merimee.culture.fr/accueil_flash.html (consulté le 6 octobre 2007)
  5. Gilles Bertrand, Le grand tour revisité. Pour une archéologie du tourisme : le voyage des français en Italie (milieu XVIIIe siècle-début XIXe siècle), École française de Rome,‎ 2008, p. 151
  6. Maurice Vloberg, Notre-Dame de Paris et le vœu de Louis XIII,‎ 1926, p. 125
  7. Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle,‎ 1842, p. 672
  8. « La Rivette », sur ville-caluire.fr (consulté le 7 septembre 2012)
  9. Frédéric Edelmann, Soufflot, le fantôme du Panthéon, Le Monde, 23 octobre 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Soufflot et l'architecture des lumières, École nationale supérieure des beaux arts, Paris (France), (ISBN 2-903639-00-0), 1986.
  • Gallet, Michel, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, Éditions Mengès, Paris (France), (ISBN 2-85620-370-1), 1995.
  • Pérouse de Montclos (Jean-Marie), Jacques-Germain Soufflot, Paris (France), (ISBN 2-85822-752-7), 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]