Cathédrale Saint-Julien du Mans

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Cathédrale Saint-Julien du Mans
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Julien du Mans
Présentation
Nom local Saint Julien
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse du Mans (siège)
Début de la construction VIe siècle
Fin des travaux XIVe siècle
Style dominant romans
gothique angevin
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Sarthe
Commune Le Mans
Coordonnées 48° 00′ 33″ N 0° 11′ 56″ E / 48.009167, 0.1988948° 00′ 33″ Nord 0° 11′ 56″ Est / 48.009167, 0.19889  

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Cathédrale Saint-Julien du Mans

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Cathédrale Saint-Julien du Mans

La cathédrale Saint-Julien est un édifice religieux situé dans la ville du Mans, dans la Sarthe. Elle est le symbole du diocèse et de l'évêché du Mans où siège l’évêque de la ville. Elle est l’un des plus grands édifices de l’époque gothique-romane de France et un cas unique dans l’Ouest. Elle est un témoignage médiéval du style architectural du gothique angevin.

L’édifice est souvent comparé aux cathédrales de Reims ou de Chartres. Moins connue, celle du Mans a subi maintes constructions et reconstructions depuis sa fondation. Commencée vers 1060 par l’évêque Vulgrin, elle fut achevée sous sa forme actuelle vers 1430. Elle ne fut jamais véritablement finie. En effet, elle aurait dû être encore agrandie vers 1500, mais le manque de moyens fit se résigner les autorités religieuses de l’époque. Attaquée par la pollution de l'air au fil des ans, sujette au vieillissement naturel, la cathédrale Saint-Julien est un chantier quasi permanent de rénovation. Elle abrite les tombes de saint Julien et de Charles d’Anjou. Située sur la butte du Vieux-Mans, cet édifice unique possède une haute tour culminant à quelque 64 mètres d'altitude, ce qui en fait l'édifice le plus haut de toute l'agglomération mancelle[1]. Elle offre ainsi une vue panoramique exceptionnelle sur l'ensemble du Pays du Mans[2]. La grande tour ouest fait l'objet depuis début 2009 de la restitution de la flèche culminante qui était autrefois la sienne. Cela devrait augmenter de quelques mètres encore la hauteur maximale de l'édifice.

Avec 283 613 visiteurs, la cathédrale Saint-Julien a été le monument le plus visité des Pays de la Loire en 2009[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site sacré[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pierre Saint-Julien.
La pierre Saint-Julien, le menhir de la cathédrale.

Érigée sur un promontoire entre le vallon d'Isaac et la Sarthe, la cathédrale possède sur son flanc ouest, une pièce rare et précieuse attestant de la présence ancienne de mégalithes. Il s'agit d'un menhir en grès d'une hauteur de 4,55 mètres. Ce menhir date de l'époque préhistorique et a été installé « Place Saint Michel » en 1778, à la suite de la destruction du « Dolmen de la Pierre au lait ». Le menhir fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1889[4].

Première construction et accidents[modifier | modifier le code]

La fondation de la cathédrale remonterait au IVe ou Ve siècle. Les premières traces historiques sont celles de l’évêque Vulgrin en 1056. Il choisit lui-même l’emplacement de l’édifice, à l’opposé du mur d’enceinte nord de la ville. Ce choix ne s’avérera pas être le meilleur pour les futurs agrandissements de la cathédrale. C’est alors le « redressement moral et religieux du Mans ». Dix ans après cette première construction, l’édifice s’écroule. Les successeurs de Vulgrin décident de poursuivre son œuvre. L’évêque Arnaud, en fonction dès 1067, reprend la construction. En 1081, le chœur et la crypte sont bâties, de même que les fondations du transept et de ses tours. De cette « reconstruction », il ne reste aujourd’hui plus qu’un fragment d’arc du transept nord. L’évêque Hoël décide en 1085 d’achever les travaux de son prédécesseur. Admiratif du travail normand, il fait appel à des ouvriers de cette région pour poursuivre la construction. Les tours et les bas-côtés de la nef sont achevés dans ce style. Pendant cette longue construction, il est impossible pour les pèlerins d’approcher les reliques et les tombeaux de saint Julien, premier évêque du Mans et grande figure du christianisme oriental. L’économie mancelle en est entachée. Les habitants obligent alors l’architecte à ouvrir l’édifice aux visiteurs. Cela est fait le 17 octobre 1093. Une partie achevée de la cathédrale est montrée au public.

Entre agrandissements et reconstructions[modifier | modifier le code]

Trois ans passent avant que le nouvel évêque Hildebert de Lavardin ne reprenne la supervision des travaux. La direction en est en fait confiée à un moine de Vendôme : Jeans. La cathédrale est considérée comme pleinement achevée en 1120. La dédicace est célébrée par l’évêque Hildebert et les autorités de l’époque sont impressionnées par le résultat. En vérité, la cathédrale à cette époque ne ressemble pas tellement à celle qui est aujourd’hui visible. Grande pour l’époque, elle est comparable à la taille d’une grande église d’aujourd’hui. En 1134, un orage s’abat sur la ville du Mans. Toutes les maisons placées sur la « colline Plantagenêt » sont détruites dans un incendie. Les toits étant alors de chaume et de pailles, les éclairs embrasent les « demeurent rouges ». La cathédrale n’y échappe pas. On reconstruit rapidement les parties sinistrées, mais 4 ans plus tard, un autre incendie vient frapper la ville et l’édifice. La nef centrale et la tour sud sont alors refaites. La nef centrale devient un édifice superbe : 55 mètres de long sur 23 de largeur sont nécessaires pour créer cette pièce en style purement roman. On essaie de nouvelles techniques de fondation pour rebâtir la voûte. La croisée d’ogives est adoptée. Les piliers sont réhabilités et des baies plus hautes et plus grandes sont insérées. Face à la rue principale du Mans (l'actuelle Grande Rue du Vieux-Mans), un grand portail sculpté voit le jour. Placé sur le flanc sud de la nef, il n’a plus bougé depuis. Guillaume de Passavant, nouvel évêque, inaugure et dédicace la nouvelle cathédrale le 18 avril 1158. Les travaux reprennent en 1220. L’ancien chœur, apparaissant trop sombre et trop étroit pour l’évêque d’alors, une nouvelle construction est entreprise. Le résultat doit être selon ses dires « large et magnifique ». Dès 1217, le mur d’enceinte sud de la ville avait été détruit dans cette optique. Il est reconstruit, mais dans des matériaux différents de ceux utilisés par les premiers rois Plantagenêt. Sans cette initiative, la cité Plantagenêt aurait été, peut être encore aujourd’hui, pleinement entourée de sa muraille gallo-romaine. La cathédrale cumule deux arts majeurs en un seul bâtiment : l’art roman (la nef) et le nouvel art gothique (le nouveau chœur). Les vitraux sont encore aujourd’hui le symbole de cette « fusion des genres ».

Avec le soutien de la région, et les dons des citoyens, un projet de restitution de la flèche de la cathédrale, ainsi que ses quatre pyramidons est en cours. Dans un futur proche, la cathédrale Saint-Julien du Mans devrait retrouver toute sa splendeur.

La forme finale[modifier | modifier le code]

Le chœur

Les traces de l’histoire de la construction se perdent alors. La taille du chantier est gigantesque. C’est une véritable transformation. Seuls trois noms d’architectes restent sur les registres des archives de la ville. Il y en a certainement eu beaucoup plus… Le nouveau chœur est achevé en 1254. Il surpasse de 10 mètres de haut le reste de la cathédrale. Après 100 ans de tranquillité, les pierres de l’édifice sont de nouveaux sollicitées pour une reconstruction. Une sacristie est édifiée alors qu’elle communique au sud avec le déambulatoire qui a servi à la construction du chœur. Le bâtiment gagne encore en grandeur.

Les chanoines trouvent ensuite que la construction « à deux vitesses » de l’édifice a conduit à le rendre assez laid. La rencontre des genres entre les deux parties rénovées et non rénovées amoindrit la splendeur du bâtiment. Le transept et la nef doivent alors être relevés de 10 mètres, pour se situer à la même hauteur que le chœur lui-même. Les travaux sont entamés dès 1385 par l’architecte Jehan le Mazçon. Le transept sud est achevé vers 1392. C’est à cette date que Charles VI arrive au Mans. Une salle d’archives naît au-dessus du portail de la nef.

En 1403, les travaux du transept Nord commencent. C’est alors une période noire pour tout le Nord de la France. La guerre de Cent Ans stoppe les constructions. En 1419, la cathédrale menace de s’effondrer. Heureusement, ses fondations seront consolidées à temps. Le transept Nord est achevé vers 1430. C’est à cette date que la cathédrale prend le visage qu’on lui connaît aujourd’hui.

De nombreux autres projets avaient été faits dès la fin de la guerre de Cent Ans, pour agrandir ce bâtiment déjà impressionnant, notamment l'exhaussement de la nef. Mais les caisses étant vides, les agrandissements ne seront pas mis en œuvre. Le roi Louis XI soutient ces restaurations, notamment par ses lettres patentes expédiées le 21 novembre 1467[5]. Il confirme de nouveau sa protection royale en septembre 1482[6].

De nombreuses restaurations ont été faites au fil des siècles. Au XXe siècle, aucun bombardement ne touche le bâtiment lors des deux guerres mondiales contrairement aux ponts de la ville. La pollution de l'air donne à l'extérieur de la cathédrale un aspect sombre dès les années 1970.

Plans et architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture de la cathédrale est complexe. Elle est romane pour sa nef et gothique pour le chœur et transept.

Bon nombre de statuettes représentatives sur l'édifice n'auraient jamais du s'y trouver[réf. nécessaire]. En effet, taillées dans la pierre, certaines représentations sont des « manifestations d'artisans ». Ces derniers, alors qu'il travaillaient sur le projet, recevaient le strict minimum. Ils étaient logés et nourris par l'église. Lorsque leur statut leur déconvenait ou qu'ils souhaitaient se rebeller, ils créaient des petits personnages dans la pierre. On voit par exemple des oiseaux, symboles de liberté voulue... Éléments décoratifs, ils montraient la contestation artistique de beaucoup d'ouvriers.[réf. nécessaire] Les reliefs sculptés sur la nef, comme sur les portails témoignent aujourd'hui encore, de cette époque de construction.

Dimensions[modifier | modifier le code]

Dimensions de la cathédrale Saint-Julien
Longueur extérieure 134 mètres
Longueur de la nef 57 mètres
Longueur du transept 52 mètres
Hauteur de la nef romane, sous voûte 24mètres
Hauteur du transept et du chœur, sous voûte 34 mètres
Hauteur du double déambulatoire 11 mètres, 22 mètres

Description[modifier | modifier le code]

Intérieur[modifier | modifier le code]

Les vitraux[modifier | modifier le code]

Vitrail de l'Ascension.

Véritable musée de l'art du vitrail, la cathédrale abrite notamment le plus ancien vitrail sur site, le vitrail de l'Ascension[7].


La croix (« Le Christ aux bras ouverts »)[modifier | modifier le code]

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Réalisée par l'artiste Goudji à la demande du diocèse du Mans, cette croix a été bénite et élevée dans ce chœur le dimanche 20 octobre 2013 en présence d'une foule conséquente.

Dans son aspect général, le Christ est ici représenté comme le grand-prêtre de la Nouvelle Alliance. L'auteur du texte biblique de la Lettre aux Hébreux l'exprime ainsi : « Tel est bien le grand prêtre qu'il nous fallait… il n'a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d'offrir chaque jour des sacrifices… Cela il l'a fait une fois pour toutes en s'offrant lui-même » (He 7,26-27). Voilà pourquoi dans cette œuvre, le Christ ressuscité porte une grande tunique et certains attributs réservés à celui qui assumait la fonction de grand-prêtre dans l'Ancien Temple de Jérusalem.

L'orfèvre Goudji permet ainsi de sceller dans la pierre les liens intimes et fondamentaux qui unissent le peuple d'Israël et l'Église du Christ.

La couronne sertie de quelques pierres précieuses souligne la royauté du Christ. Et quel est le but de la fonction royale si ce n'est prendre soin des plus pauvres, veiller à la justice et guider vers le bonheur ? Le Christ est ce Roi « qui aime la justice et réprouve le mal » (He 1,9)

L'alpha et l'oméga suspendus au bras de la croix rappellent cette parole du livre de l'Apocalypse : « Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Ap 22,13). Cette mise en œuvre, spécifiquement de l'art paléochrétien, a été voulue afin de rappeler les origines très anciennes de l'Église du Mans (fin du IVe - début Ve siècle).

Les orgues[modifier | modifier le code]

Grandes orgues.

Les grandes orgues, installées au fond du croisillon sud du transept, furent réalisées, entre 1529 et 1535, par le facteur Pierre Bert dans un buffet de style Renaissance, conçu et sculpté suivant les directives de Symon Hayeneufve. En 1634, les frères Jean et François de Héman restaurent l'orgue qui a alors 42 jeux. En 1848, la division du Récit est agrandie et celle du pédalier est renforcée par les frères Claude qui portent le nombre de jeux à 46.

En 1913, le nombre de jeux est augmenté à 52. Louis Vierne inaugure l'instrument ainsi transformé.

En 1954, la partie instrumentale est classée par les Monuments Historiques.

De 1959 à 1963, Pierre Chéron entreprend une restauration qui sera achevée par Joseph Beuchet pour la partie mécanique et la maison Danion-Gonzalez pour la partie sonore néoclassique. L'instrument est inauguré par Gaston Litaize en 1974.

Les chapelles[modifier | modifier le code]

La chapelle de la Vierge et les anges musiciens[modifier | modifier le code]

Les peintures de la chapelle de la Vierge furent découvertes en 1842 : elles étaient dissimulées par un enduit. Elles sont célèbres par les quarante-sept anges musiciens qui décorent les voutes. Ces peintures datent de la fin du 14e siècle et sont l'œuvre d'un peintre anonyme de la Cour des rois de France Charles V et VI[8].

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les plus hauts édifices du Mans sur pss-archi.eu
  2. Vue panoramique de la cathédrale sur le site officiel du Mans
  3. Le Mans Notre Ville-Métropole n°313/146
  4. « Notice no PA00109848 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Lettres patentes de Louis XI, Le Mans, le 21 novembre 1467, [lire en ligne]
  6. Lettres patentes de Louis XI, Plessis-du-Parc-lèz-Tours, septembre 1482, [lire en ligne]
  7. Stéphane Arrondeau, in Le Vitrail au XIXème siècle et les Ateliers Manceaux, catalogue de l'exposition éponyme.
  8. « Les anges musiciens » (consulté le 26 août 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ambroise Ledru, La cathédrale du Mans (Saint-Julien) à travers la cité, initialement paru fin XIXe siècle, réédition Le Livre d'histoire, 2012.
  • Sous la direction de Louis Grodecki, Vitraux du Centre et des Pays de la Loire, Corpus vitrearum : Recensement des vitraux anciens de la France, volume II, p. 241-257, Éditions du CNRS, Paris, 1981 (ISBN 2-222-02780-2)
  • Michel Bouttier, La cathédrale du Mans, éditions de la Reinette, 2000.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]